[Colloque] Bande dessinée en Asie orientale / Comics in East Asia

Notre consoeur, Marie Laureillard participe au colloque international qui aura lieu au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, le 14 octobre prochain, Bande  dessinée  en Asie  orientale   / Comics in East Asia.  Elle en est l’un des quatre membres organisateurs.

Elle présente un auteur taiwanais sous l’intitulé suivant :

L’esthétique du wuxia en bande dessinée : l’exemple de Chen Uen [Zhèng Wèn en phonétique pinyin, 鄭問 (1958-2017)].

Continuer la lecture

De l’esthétisme et de la sensualité de Sanyu : à propos d’une huile sur toile aux onze pivoines blanches

par Christophe Comentale

(ill. 0) – Pivoines blanches au vase jaune  [白牡丹及嫩黄瓶] (ca 1950), huile sur toile, 52 x 82, 5 cm. Coll. privée

Sanyu (Chang Yü 常玉) (1901, Nanchong – 1966, Pantin) naît dans la province du Sichuan au sein d’une famille possédant l’une des plus grandes usines de tissage de soie du Sichuan, la Dehe Silk Factory, que dirigeait son frère aîné, Chang Junmin. Le jeune garçon commence à étudier la calligraphie avec Zhao Xi (1877– 1938), il a alors douze ans. En 1919, il passe un an au Japon où il approfondit l’aspect technique de cet art, puis il s’installe à Paris deux ans après et résidera dans la capitale française jusqu’à son décès.

Continuer la lecture

A propos des publications des années 1970 en Chine

par Christophe Comentale

Il est, depuis une bonne vingtaine d’années, fréquent de souligner l’excellence de l’édition chinoise, un créneau chronologique en phase avec l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du Commerce, en 2001. Moins citée, moins connue à l’étranger, une édition populaire florissante a existé dès que la République a remplacé l’Empire, durant les premières décennies du 20e siècle. Propos sur une esthétique de la reprise.

Continuer la lecture

Des statues de culte domestique chinoises

par Christophe Comentale

La récente publication d’un ouvrage sur les statues de culte chinoises permet un regard autre sur un sujet délicat et encore confidentiel. Eléments de réflexion après lecture.

Alain Arrault, A History of Cultic Images in China. The Domestic Statuary of Hunan ; trad. de Lina Verchery. EFEO / Chinese University of Hong Kong Press, 2020. 188 p. : ill. (coll. Coéditions ; 19). Bibliog. Index.

Pourquoi les négociateurs de l’art en Occident n’ont-ils toujours pas pu introduire le concept si flou et paradoxal d’arts premiers en Asie ? Une des causes en est et reste le manque de stock de pièces ethnologiques, locales, populaires, devenues disponibles dans un contexte particulier… Ce qui renvoie, en quelque sorte, à la conquête occidentale du monde au XVIIIe siècle. Sans refaire l’histoire, a contrario des stocks de pièces africaines qui ont abouti à la création du musée de l’Homme, un des départements du Muséum, très peu d’exemples chinois y sont conservés pour ce qui a trait à la statuaire, les pièces provenant de ces régions étant souvent encore protégées ou exilées au fin fond de réserves excentrées quand elles n’ont pas rejoint celles du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac… Pour Lyon, au musée des Confluences, les pièces de la collection De Groot, à Lodève, quelques pièces provenant de la collection Dautresme et parfois, la volonté de collectionneurs désireux de léguer des souvenirs de missions en Chine, souvent du sud et des provinces côtières ou insulaires (Fujian, Taiwan,…).

Il en va tout autrement du splendide travail de terrain et d’enquête dû à un chercheur sinisant, Alain Arrault. Ce travail, auquel a participé Lina Verchery, se situe dans la lignée de recherches entreprises notamment par Kristofer Schipper et Patrice Fava. Cette approche permet, d’une certaine façon, de comprendre pourquoi ces œuvres restent aussi rares que mystérieuses. C’est aussi une façon très frontale de rappeler les différences qui subsistent dans les présences de l’homme au monde.

Continuer la lecture

Les Editions du Fenouil. Naissance d’une nouvelle collection, « Réceptions », des monographies entre Est et Ouest

par Christophe Comentale

 

Lieu de diversité textuelle et iconographique, creuset de sujets entre textes et image, les éditions du Fenouil ont fait leur apparition en 1985. Depuis plusieurs années, elles ont acquis une visibilité saisonnière ou plus vivace qui contribue de donner vie à des livres de types différents.

 

Continuer la lecture

David Onri Anderson… Et livres d’artistes et zines

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Les éditions Nieves[1] ne cessent d’étoffer un catalogue riche de plusieurs centaines de titres dus à des créateurs de tous pays, de tous continents. C’est sur le site de cet éditeur, amateur de DIY, comme nous le sommes également lorsque nous collaborons avec des créateurs tel Olivier Allemane, que nous avons découvert le travail de David Onri Anderson. Créateur polyvalent, sa peinture, ses participations à un groupe et ses zines en font un plasticien étonnant et d’intérêt singulier (ill. 1).

(ill. 1) David Onri Anderson (2017), cliché Sam Angel

Continuer la lecture

De la conception chinoise du paysage dans l’étymologie du terme fengjing 風景

par HU Jiaxing[1]

Résumé

Si le terme bien connu shanshui 山水, renvoie par deux éléments concrets, « montagne » et « eau », à une forme classique de peinture de paysage, et encore à une pensée esthétique, il existe un autre terme pour « paysage », fengjing 風景, couramment utilisé mais beaucoup moins étudié. Ses deux caractères signifient littéralement « vent » et « lumière/ombre », matières abstraites, dans l’étymologie desquelles se trouvent un animal et le soleil. Quelle est la conception chinoise du paysage contenue dans ce terme mystérieux ? Les sources classiques littéraires et mythologiques, les découvertes archéologiques des temps modernes nous permettent de dévoiler une pensée symbolique de l’établissement cosmogonique de l’espace et du temps derrière les images de l’animal et du soleil. Cette conception du paysage constituant une mémoire collective a été profondément ancrée dans la vision du monde socioculturel des élites chinoises et a fortement contribué à former leurs sentiments envers le monde naturel.

Continuer la lecture

« A wake-up call for our non-stop world » : paysages dystopiques de la Chine en 2015

par Sarah Wilson

L’admiration anglaise pour la Chine et la « fusion » de nos paysages est bien connue, elle se situe autour de la figure de William Chambers qui a conçu les jardins de Kew, avec sa célèbre pagode érigée en 1762. Il est également l’architecte de la Somerset House, l’ancien siège de notre Royal Academy et actuellement le Courtauld Institute (Université de Londres), qui abrite ma vie professionnelle depuis toujours. [1]

Pourtant la vision de la révolution industrielle britannique et de ses paysages sont au cœur de mon intervention : sujet-précurseur de la situation de la Chine en 2015. Le film de Zhaou Liang, Béhémoth, et la vidéo du duo allemand UBERMORGEN, Chinese Coin, Red Blood, (Monnaie chinoise, sang rouge) nous offrent des paysages chinois où le feu et le sang remplacent le « paradis » d’un jardin ou les nuages entassés d’une peinture sur soie.

Continuer la lecture

Paysages Est-Ouest et plans d’eau, des paysages de Luis Chan  [ 陈福善 ] au jardin chinois du Musée de l’Homme

par Christophe Comentale,

Les expériences occidentales et occidentalisantes en matière de conception de jardin chinois sont légions. Au fil de l’histoire, de l’histoire du goût et celle des voyages, des histoires imaginaires aussi, de celles qui se répandent et deviennent des traces indicibles de ce qui, à un moment ou à un autre a frappé l’attention.

Toujours est-il que parmi ces périodes de sinomania, l’une des dernières correspond aux années 30-40 du XXe siècle.

L’entre deux-guerres permet des emballements incontrôlés pour une classe sociale désireuse d’oublier les atrocités de la guerre et la grisaille de celles qui proviennent des pays voisins. C’est également une époque où les voyages en Chine sont très prisés : médecins en poster outre-mer, artistes désireux de parfaire leurs visions esthétiques, esthètes et collectionneurs allant traquer les pièces rares auxquelles une esthétique nourrie des lieux et des lectures va donner une aura sans pareil.

Hong Kong, terre de transits voit s’installer des habitants aussi divers que Luis Chan dont les paysages chinois sont facilement assimilables à des chinoiseries en raison de leur simplification particulière. Echo lointain de cette vision, le jardin chinois surgi de la colline de Chaillot qui abrite le Musée de l’Homme.

Continuer la lecture