De la sculpture contemporaine : à propos de « Vertèbre T1 », nouvelle œuvre de Didier Scuderoni

par Christophe Comentale

De l’infiniment petit au démesuré, le challenge est relevé par des artistes chercheurs désireux de pénétrer les formes les plus abstraites afin de leur insuffler une vie autre. Le rapport entre art et science trouve tout son impact en un siècle qui hésite entre la magie du virtuel et la sensualité de l’œuvre présente et source de patrimoine tangible. Portrait d’un sculpteur hédoniste.


(Ill. 1 et 2). Ci-dessus, de gauche à droite. Didier Scuderoni, Buste (2019) et Buste II (2019), résine synthétique, pigment acrylique, laiton, 60 x 56 x 36 cm. © Didier Scuderoni



(Ill. 3). Ci-dessus. Didier Scuderoni. Lierre de lettres (2013), résine synthétique, pigment acrylique, laiton, 150 x 56 x 36 cm. © Didier Scuderoni


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A propos de « LACAN l’Occidenté, accidenté d’être à l’Ouest ? » de Nathalie Moshnyager

Les Editions des crépuscules & la librairie des Presses Universitaires de France vous invitent à la présentation du livre de

Nathalie Moshnyager, Lacan l’Occidenté, accidenté d’être à l’Ouest ?

Un voyage vers la Chine des temps anciens, d’où Lacan serait lacanien d’avoir fait de la théorie psychanalytique une véritable clinique de l’écriture psychique. Introduction de Jean-Jacques MOSCOVITZ

La présentation aura lieu le mercredi 1er Juin à partir de 18 h 30, 60 rue Monsieur le Prince, 75006 PARIS. Contact : jeanmichelgentizon@gmail.com

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« Uluru », ou quand la création artistique sublime l’ethnologie

par Alain Cardenas-Castro, Christophe Comentale et Frédéric Harranger

Werner Lambersy, Uluru, ce que me dit le didjeridoo, poème de W. Lambersy, 7 héliogravures originales de Jacqueline Ricard. Paris : La cour pavée, 2005. [36] p.
tirage par l’artiste sur papier Lana 300 g, typographie gravée dans le cuivre et tirée sur presse taille-douce.

Justification de l’édition : 36 ex. sig. et num. dont 20 ex. courants
étui toilé, 17cm x 28 cm
10 ex. de tête comprenant le livre et la suite des 7 gravures num.et sig. coffret toilé, 30 x 36 cm

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Ai Weiwei: A Chinese Artist from Beijing to Palermo, through New York

by Giusi Tamburello[1]

In lieu of an introduction

According to Leo Spitzer (1887-1960), when dealing with a literary text to observe it from the point of view of stylistic criticism it is necessary to find a starting point. The starting point can be considered as the element that differentiates what that very writer does with the language from what other writers of the same epoch, or of other epochs, do. If the same technique is applied to works of art, then there is too a “starting point” to be considered while keeping in mind that the starting point depends on the sensibility of the critic, and that it can be changed at will.[2]

In “Odyssey”, the work of Ai Weiwei 艾未未 (1957 –   ) presented in Palermo,[3] at first gaze there are a few elements that attract the viewer’s attention: the dimension of the work, which develops over one thousand square meters of wallpaper; the fact that the wallpaper is transposed on the floor; the density of the drawings decorating the wallpaper. This paper will elaborate on these “starting point” elements, but before doing this, it seems necessary to underline some aspects which are characteristic of the artistic experience of Ai Weiwei, a contemporary Chinese conceptual artist well-known all over the world for his multi-faceted production as well as for his being politically engagée.[4]

In the Chinese tradition, not differently from other cultures, the intellectual not only produces art but also represents the cultural consciousness of the country. In traditional China, intellectuals would later become employed as officials in the imperial government. They were selected through examinations based on the knowledge of books, the five Classics,[5] characterized by their humanistic contents, and the position of official and intellectual would in most cases coincide. Therefore, in order to be loyal to the emperor, officials bore the burden of ‘informing’ him about what was not working in the deeds of the government. According to the emperor’s will, such sense of responsibility by the side of the official could be welcomed, or produce disappointment, followed by a subsequent order to exile, cause his detention or, in the worst cases, a death sentence.

Within this cultural frame, Chinese intellectuals have always preserved their right to dissent when convinced of the need for action in order to make things better for their Country. At the same time, they have consciously or unconsciously absorbed the idea of a kind of self-censorship as a means of self-preservation.

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A propos d’Agave, gravure en manière noire de Judith Rothchild

par Christophe Comentale

Avec le réchauffement climatique et ses conséquences diverses, la flore subit depuis plusieurs décennies des modifications importantes. Lors des visites à l’atelier d’Octon, dans l’Hérault, lieu où créent et travaillent les deux protagonistes des éditions Verdigris, Mark Lintott, typographe, compositeur et relieur et Judith Rothchild, pastelliste et graveuse en manière noire, j’ai eu l’occasion d’observer et d’apprécier la flore et ses développements exubérants. Cela ne vise pas directement les cultures, vigne, olivier, figuier de Barbarie, mais plutôt une plante dite succulente, l’agave.

Commune sur tout le pourtour de la Méditerranée, elle s’installe là où le climat est plutôt chaud et sec et lui permet ainsi de proliférer, en particulier sur les terrains bien drainés, voire sur les bords de routes, où lorsque la plante est en fin de vie, elle dresse une hampe de plusieurs mètres de haut. Lors de la floraison, qui indique cette fin de vie de la plante, sous le poids des plantules apparaissant aux emplacements des fleurs, la hampe tombe, permettant aux plantules de s’enraciner au contact du sol. Parallèlement, sur un diamètre d’un à deux mètres, des plantes apparaissent autour du pied mère.

Octon ne déroge pas à la règle, et, autour des hauteurs qui se succèdent entre Montpellier et ce village, des agaves forment comme des taches, des masses découpées et vertes ou davantage bariolées lorsqu’elles sont panachées et bordées de zones d’un jaune variable.

Manière noire et éléments végétaux

Apparue au 17e siècle, cette technique a, comme toutes les façons de créer, de produire des images, dû faire l’objet d’essais plus ou moins réussis avant que soit trouvée une définition acceptée du processus qui permet de donner ombre et lumière aux œuvres.

Les graveurs en manière noire ont laissé à la postérité des œuvres remarquables. Pour le 18e siècle, Valentine Green (1739-1813) talentueux graveur, meurt ruiné, il laisse près de 400 manières noires, des compositions où le détail fait passer plutôt agréablement des descriptions historiques très édifiantes, Le courant romantique qui parcourt le 19e siècle en parallèle aux atrocités et disettes sociales diverses, permet à Thomas Lewis Atkinson de produire, comme nombre de ses confrères, des œuvres d’interprétation, telle cette Flora (1876), la divinité est entourée d’une surabondance de fleurs digne des descriptions à venir de Zola dans La faute de l’abbé Mouret !

Outre l’œuvre de John Martin (1789, Haydon Bridge – 1854, île de Man), on se doit de mentionner le travail de Richard Earlom (1743, Londres – 1822) qui n’hésite pas, notamment dans sa série du Liber veritatis, dont il existe plusieurs éditions entre 1776 et 1802 à mêler manière noire et eau-forte. Il sait aussi traduire un faste et une abondance dignes des Flamands, comme avec A fruit piece, une manière noire qui montre toutes les ressources du sombre et du clair. Ce qu’avait noté Diderot dans ses Essais sur la peinture pour faire suite au Salon de 1765 : « Dans la gravure noire, la nuit est profonde : le travail fait poindre le jour dans cette nuit ».

Richard Earlom (1743-1822), A fruit piece. Gravure à la manière noire, 31,2 x 35,6 cm, éditée par J.Boydell. Épreuve doublée, pliure cassée horizontale dans le bas, petits manques dans les bords.

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A propos de la diversité des cartes de vœux d’artistes : Flammes, Tigre, Galion et Lotus rouges

par Christophe Comentale

Il est de tradition d’envoyer et de recevoir des cartes de vœux, des vœux des plus divers, du Nouvel an aux naissances, aux anniversaires, aux mariages en passant par les grandes occasions, les grandes dates, les rituels importants de la vie. Quelques œuvres d’Est en Ouest.

Au fil des millénaires, des siècles, des décennies, les pratiques sociales se sont modifiées – ont été manipulées – en parallèle à des changements plus ou moins radicaux qui rythment la vie de populations. A période de religiosité intense, cartes scandant les grandes fêtes comme la naissance d’un prophète, d’un ecclésiastique hors du commun, leur résurrection. A laïcité – voire totalitarisme pur et dur -, il faut séparer, remodeler les fêtes, la liesse à d’autres rituels : fêtes du Travail, de l’Armée, des amoureux, des mères, des grands-pères, … Parfois, il faut, dans le cas d’ethnies nombreuses et auxquelles l’Etat souhaite restituer une visibilité politique, fabriquer de toutes pièces des jours fériés, ce que rappelle le professeur Wei Ronghui, styliste, graphiste en renom en Chine, directrice honoraire du musée national des minorités de Chine : « durant les années 80, nous avons réfléchi au moyen de redonner des racines à des ethnies du Yunnan. Nous devions accompagner la réapparition de jours fériés de nouveaux environnements festifs graphiques ». Que l’on ajoute la mondialisation numérique, et ce sera la fin du réel tangible pour des applications où le virtuel va créer des joies nouvelles menant à une nouvelle approche du réel quelque peu appauvri mais plus nanti de stéréotypes sociaux…

Il n’empêche qu’à cette nouvelle forme de jansénisme sociétal, les tenants des images que sont les créateurs, même, souvent, ceux qui créent des applications numériques, le besoin de l’œuvre sur support papier se fait encore sentir en cette occasion que demeure le Nouvel an.

J’ai, pour ce court développement sur un sujet qui tiendrait des volumes, choisi quelques cartes de vœux reçues cette année pour le Nouvel an occidental.

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Dong Baichuan, artiste et chercheur, un parcours entre peinture et ethnographie

A propos de la soutenance de thèse du 17 décembre 2021 qui confère à ce créateur le titre de docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, spécialité anthropologie culturelle.

董百川,艺术家和研究员,绘画与民族学之间的旅程。 关于2021年12月17日的论文答辩,授予这位创作者国家自然历史博物馆博士,专业文化人类学。

par Christophe Comentale

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A propos de Failles [Sans titre], œuvre récente de Catherine Wintzenrieth

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Dans une vie antérieure, Catherine Wintzenrieth a dû être géologue ou stratigraphiste, à en juger par cet attrait dynamique qui la pousse à pénétrer dans un monde minéral à tout le moins secret et déroutant, tant la logique des strates produites par le temps et ses caprices saisonniers ou climatiques ont acquis ici une nouvelle dimension, celle de ce qui aurait pu se passer et passer inaperçu, si cette démiurge n’avait pas décidé de façon silencieuse et univoque, de transformer les matériaux d’une approche géologique classique en un réseau de verticales parasitées, percutées par les accidents qui se succèdent, venant à bout de duretés improbables et de vacuités qui renvoient à ces jeux de lettrés asiatiques pris entre plein et vide, ce que les Occidentaux, justement, appellent les pierres de lettré ou pierres bizarres en chinois.

Passée cette identification à un rattachement illusoire, avec, cependant, de l’aveu même de l’artiste, un besoin de concret, lié à « une formation de mosaïste et un travail autour du papier, du bois, du marbre, de l’ardoise et du métal », ces failles sont pénétrées d’une vacuité inquiétante, non pas en raison des hauteurs à pic qui ont, chacune, une ligne de crête, une existence ou apparition latérale, large ou ténue, ne prenant de véritable dimension que grâce aux jeux subtiles de cette graveuse qui dit de son approche, « mon travail est principalement de forme abstraite (…). Je me suis consacrée depuis plusieurs années à la gravure. J’ai étudié les différentes techniques de l’estampe. J’associe diverses pratiques, ce qui me permet d’affiner mes recherches autour de la matière et de la lumière. Pour certaines, les matrices se superposent à des tirages et font intégralement partie de la gravure ».

Les matériaux les plus divers, carton, papier fin, japon ou chine, voire les matrices, tous ces éléments sont quasiment sublimés pour prendre la dimension d’un relief, celui d’un canyon, d’un haut relief devenu estampage ou découvert au sein d’un monde impossible.

Comme dans une certaine esthétique, le vraisemblable se substitue au réel, au vrai, il continue de tisser l’activisme d’un récit. Temps fort, temps passé ou impossible, peu importe, le voyage dans le temps conserve tout son attrait pour les explorateurs que nous devenons durant un clin d’œil ou une visite exploratoire.

Catherine Wintzenrieth est invitée à la 20e biennale internationale de la gravure de Sarcelles qui a lieu du 27 novembre au 12 décembre 2021.

 

 

Du bon usage de l’appui à la recherche

A propos de la thèse d’Alain Cardenas-Castro,

Création artistique et données ethno-anthropologiques péruviennes. 1915-2015 : une lignée de peintres muséographes, les Cardenas-Castro.

Afin de donner davantage d’informations sur la soutenance de thèse en esthétique, sciences et technologies des arts, spécialité arts plastiques et photographie, passée et obtenue avec succès à l’université de Paris 8 Vincennes-Saint Denis d’Alain Cardenas-Castro en date du 23 novembre 2021, un florilège d’œuvres et de documents administratifs sont rassemblés du 20 novembre au 10 décembre 2021 à la bibliothèque Yvonne Oddon sise au musée de l’Homme (Paris).

par Christophe Comentale

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A propos de l’ « Inferno dei viventi  » [l’Enfer des vivants], livre en plis et séquences, d’Alice Amoroso

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

« L’enfer des vivants n’est pas quelque chose qui sera ; s’il y en a un, c’est celui qui est déjà là, l’enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons en étant ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première s’avère facile à beaucoup : accepter l’enfer et en faire partie au point de ne plus le revoir. La seconde est risquée et exige une attention et un apprentissage continus : chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas un enfer, et ainsi, le faire durer, et lui donner de l’espace. » [Trad. en français de cet extrait par ChC].

Cette citation des Città invisibili d’Italo Calvino (1923, Cuba – 1985, Sienne) vaut un livre d’Alice Amoroso (2001, Paris) tout en plis sur fond de personnages à la fois splendides et tragiques comme on les voit dans la chapelle Sixtine, des corps entre l’horrible et le merveilleux. «Chacun — dit cette graveuse — peut manipuler l’objet à son gré et trouver le chemin qu’il préfère pour passer d’une image à l’autre (…). Un spectateur distrait, passif ne verra que l’enfer des vivants ».

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