compte-rendu
par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale
Nous avons relayé une précédente édition du Salon de Montrouge, la 64e, ça nous avait plus. Celle de cette année aussi. Parmi les organisateurs, la présence de Colette Aubry, 9ème Maire-adjointe à la Culture et au Patrimoine et d’Isabelle Lemée, Conseillère municipale déléguée aux Artistes montrougiens.
Comme prévient le contenu informatif des documents papier ou de la version en ligne, « l’intérêt de ce 69e Salon, c’est une originalité encore plus poussée que dans les précédents ». C’était déjà pas mal original, les précédents, et même, ça remontait dans les étages !
Les courants, multiples, vont du figuratif au très abstrait, carrément de l’observation via des microscopes permettant d’aller au-delà du réel. Cela dit, quel réel ? un réel pas mal revu à l’aune de matériaux, souvent de rebut, ou bien des objets réifiés autrement. Une esthétique de la réappropriation.



Un peu comme le livre qui porte le même titre « 69 », ce Salon accueille un nombre similaire de visiteurs : 16B EDITIONS, Abirami, 16B EDITIONS, Abirami, AIN Clarisse, BEN ABDALLAH , assine, BERNARD Margot, Bernardi Zoé, Boulesteix Célia,Bourgais Daniel, Collectif Grapain, DE CASTRO BARBOSA Anna, DE CHABOT Angélique, DEBERT Arthur, DIABY Ladji , DOLATYARI-DOLATDOUST Darius, FANTINO Céline, FILIPOVICH Lina, Fischer Deborah, FLORIMOND Elisa, GAUTIER VAN, TOUR Charlotte, GBONON Clémence, LANG Sophia, LANSARI Sido, LEFEBVRE Oscar, MARÉCHAL Marguerite, ,MARIE HERVE ET ELSA MARTINEZ, MARTINEZ AYSA Florencia, MAUXION Caroline, MICELI Miguel, MOËSL Thomas, , MONTIER Cynthia, NITZSCHE CYSNE Alexandre, OBADIA Dayane, PICCO Anna, RENARD Paola Siri, ROBERT Brice, TEBOUL Sacha, TOPOLANSKI Joséphine, VO TAN Louise, YOUSSEF Amir.
TENDANCES 2026
Pas de thème imposé, les artistes proposent leurs oeuvres en toute liberté [une fois le commissaire choisi]. Probablement féru de géographie, Andrea Ponsini, directeur artistique du Salon, prône le conseil suivant : « Je compare le Salon à un sismographe des événements qui alertent le monde. Et ses jeunes artistes, à des antennes qui perçoivent le futur ». Ils s’inspirent des secousses de la vie pour anticiper l’après et créer. Mais leur relation au réel et leur sensibilité transcendent l’existant en quelque chose d’esthétique, de poétique. »



CRITERES DE CHOIX
Sur les 2 040 candidatures reçues pour la 69e édition, le jury n’en retient, comme toujours, que quarante. Andrea Ponsini et sa coordinatrice artistique Marion Malissen proposent leurs 300 favorites au comité de sélection, composé de huit professionnels de l’art. « On regarde la qualité, l’originalité, la présentation. Parfois on est fasciné par la forme. Ou le talent d’un artiste encore inconnu nous saute aux yeux ». S’ils ne voient bien qu’avec leur coeur, les jurés observent les créations avec leurs yeux et leur tête. Sans a priori. Les prétendants au Salon sortent en majorité d’écoles d’art mais de nombreux sont autodidactes. Nul besoin d’être issu du sérail, chacun a ses chances. « Notre rêve : découvrir en 2026 des artistes qui, par leurs créations, seront toujours là en 2050. »


NOURRIR LA RENCONTRE
S’ils obtiennent chacun mille euros, les talents gagnent bien plus encore : le soutien des huit commissaires. Chaque professionnel suit cinq artistes de près. Discussions, visites d’ateliers, publication de textes sur le travail de leurs protégés participent de cet accompagnement et nourrissent la rencontre. « Notre collaboration avec eux passe aussi par des aides à la production et la mise à disposition du savoir-faire du Salon et de la Ville de Montrouge. » Un engagement fort auprès de ces artistes émergents. « Avec gentillesse, précise Andrea Ponsini, c’est un mot que j’aime beaucoup, car le Salon, c’est d’abord de la relation à l’autre. »
VISITEURS IMPLIQUES
« L’événement n’est pas conçu pour être statique. Le public ne subit pas, il se sent impliqué, il y a des œuvres participatives », s’enthousiasme Andrea Ponsini. Une énergie entre artistes, créations et visiteurs. Par essence, la primeur des productions à découvrir offrira une expérience nouvelle aux amateurs d’art. « Mais une création ou une performance peut se déclencher le dernier jour, en restitution d’échanges avec d’autres artistes ou des habitants. C’est super intéressant ».


MONTROUGE RESONNE
La force de ce Salon, c’est de s’adapter aux changements de la société, de la culture et de l’expérience artistique. La notion d’oeuvre d’art se redéfinit en permanence. Depuis 1955, Montrouge accueille ce Salon et accompagne sa transformation pour le faire résonner dans le monde de l’art contemporain. « On a vu de tout petits projets grandir et partir dans des grandes villes », se souvient Andrea Ponsini. « Le Salon cherche des réponses pour aider les artistes à avancer dans leur travail en les associant au plus grand nombre possible de professionnels. » Andrea Ponsini voit déjà grand pour le 70e !
DES EXPOSITIONS ET DES RENCONTRES HORS-LES-MURS
Le coeur du Salon de Montrouge prend place au Beffroi mais l’art contemporain traverse les murs, chaque année, grâce à des installations d’oeuvres dans la ville. Les habitants et le public les découvrent dans des lieux dédiés à la culture : la Médiathèque, l’Espace Colucci ou la galerie d’art-restaurant Les Jardiniers. La Ville de Montrouge nourrit l’ambition d’investir de nouveaux espaces pour créer davantage de synergies entre l’art émergent du présent et du futur, et la population.
ET APRES, QUELLE CARRIERE POUR LES ARTISTES ?
Décrocher une place au Salon de Montrouge n’est pas une fin en soi. On y récompense une oeuvre, on y découvre un artiste, un univers. Des partenaires spécialisés dans les rencontres entre artistes et professionnels impliquent leurs réseaux. La relation et les opportunités se créent. Les contacts se nouent, le mouvement s’enclenche, les collaborations s’amorcent. Ces expériences vont ouvrir des portes, booster des carrières. À l’instar de Julien Salaud, Théo Mercier, Tatiana Wolska, Giulia Andreani ou encore Dorian Cohen, tous révélés par le Salon qu’ils identifient tel un déclic dans leur vie d’artiste. Depuis, ils ont vu leur carrière décoller et s’envoler vers d’autres ailleurs.
