Javier Silva Meinel

Umbrales [Seuils]. Une poétique de l’image

par Alain Cardenas-Castro

PARUTION

Livre-Catalogue / Libro-Catálogo.

« Depuis plus de quatre décennies Silva Meinel n’a cessé de parcourir les côtes du Pacifique, les montagnes des Andes et la forêt amazonienne à la recherche de signes, d’interstices, de scintillements, d’épiphanies qui invitent le regardeur à franchir le seuil du connu pour pénétrer dans les profondeurs qui constituent l’inconscient du réel : un intermezzo » (…).

« En cette époque d’essentialisation de la représentation de l’autre, l’œuvre de Silva Meinel rappelle que d’autres figures du photographe sont possibles : peut-être est-il, avant tout, un tisserand de liens, d’histoires, de relations, d’imaginaires ».

Javier Silva Meinel, Umbrales. Une poétique de l’image. Textes de Jean-Marc Laforêt, Alejandro León Cannock, Héloïse Conésa, Maathias Bloch & Marisa Sanabria Sequeiros Villiers-Saint-Josse : HDiffusion, 2026. 154 p. : ill

Edition bilingue français-espagnol. Traductions : Maison de l’Amérique latine, Galerie Younique

Du 23 avril au 25 juillet 2026 la Maison de l’Amérique latine à Paris rend hommage à la photographie avec l’exposition d’une centaine d’œuvres du Péruvien Javier Silva Meinel. Figure majeure de cette discipline en Amérique latine, Javier Silva Meinel (1949, Lima) parcourt depuis plus de 50 ans le Pérou, devenu un lieu et une scène vecteurs d’œuvres aussi pénétrantes qu’étranges. Le noir et blanc permettent à ces non-couleurs de jouer des intensités multiples qui sillonnent chaque photographie. Les portraits et paysages captés par les photos sont une succession de rituels où le sacré et le profane le disputent à une ambivalence quelque peu baroque, l’excès devient scénique, rebondit sur un humour quelque peu déçu face à des environnement qui interrogent sur les liens entre l’humain, le territoire et le sacré.

Cet événement à caractère rétrospectif est placé sous le commissariat d’Alejandro León Cannock, en association avec la Galerie Younique. Cette centaine d’images mêle photographies argentiques, tirages digitaux contrecollés sur aluminium, boîtes de lumière rétro-éclairées et wallpapers. La rigueur et la discrétion de la scénographie — due à l’originalité conjointe d’Alejandro León Cannock et de Marisa Sanabria Sequeiros — permettent au visiteur d’aller à l’essentiel : un regard parfait sur les œuvres.


Ci-dessus, de gauche à droite. Javier Silva Meinel. Maria Reiche et les lignes de Nazca (1993) ; La risa (1998)


Différents textes s’attachent à remettre en contexte l’œuvre de ce photographe. Ainsi en va-t-il des propos d’Héloïse Conésa, Conservatrice en chef au Département de Photographie de la BnF :

« Dans les gestes des modèles se lisent les traces d’un héritage colonial, mais aussi la liberté de réinventer ce passé ; notamment lorsqu’il s’agit sous l’objectif du photographe, de céder à une forme de fantaisie libératrice. Ainsi, certains vont accepter de composer une forme de bestiaire allégorique où se lient hommes et animaux ; des animaux – poissons, oiseaux… – qui nous paraissent étonnants alors qu’ils font partie du quotidien de ces habitants et distillent cette familière étrangeté freudienne. D’autres vont apparaître déguisés ou masqués, se grimant afin d’exprimer leur liberté, s’appuyant sur l’exubérance festive et les symboles perdus, afin de donner à voir le mystère palpitant du réel transfiguré par l’imaginaire ».

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