Un salon du livre d’artiste singulier à Nevers

par Marie-Paule Peronnet

L’été est propice aux manifestations artistiques, les œuvres sont davantage sollicitées à la curiosité ordinaire. Souhaitons que ça dure. Tel doit être l’avis de Marc Vernier, commissaire général du Salon du livre d’artiste et des métiers du livre, qui a, après différents reports, pu rassembler une quarantaine de professionnels de ces domaines singuliers dans la superbe ville de Nevers.

 

Voilà deux ans que tout était prêt… Graveurs, relieurs, créateurs de livres d’artiste ou de livres-objet, peintres, illustrateurs, calligraphes, éditeurs indépendants, tous sont de retour pour montrer le dynamisme de leurs professions, multiples et complémentaires. Trente-neuf participants sont réunis sous les voûtes du Palais ducal, joyau architectural des 15e et 16e siècles.

Parmi les présents, Daniel Besace, Alain Cardenas-Castro, Dbl-j (Léonore Fandol, et pH), Odile Frachet, Pascale Simonet, Christine Verdini, Marc Vernier. Mentionnons également Marjon Mude, Marie-Sol Parant, Edith Schmid,, Patrick Van Acker, …

Daniel Besace

Alain Cardenas-Castro

Dbl-j (Léonore Fandol, et pH)

Odile Frachet

Pascale Simonet

Christine Verdini

Marc Vernier

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De PArC 2022 à Younique

par Alain Cardenas-Castro

Quarante-cinq galeries au neuvième PArC. Une seule galerie française orientée Pérou et échanges Est-Ouest donne le ton d’une meilleure visibilité sur la création contemporaine qui rassemble tendances hispanisantes et pluriethniques.

La neuvième édition de PArC, Peru Arte Contemporáneo, a eu lieu du 20 au 24 avril 2022. Intégrée à l’univers Pinta — nom donné à cette plateforme englobant Pinta Miami et Baphoto pour regrouper ses événements afin de renforcer son objectif d’expansion de l’art latino-américain depuis plus de 15 ans —, Pinta PArC sera bientôt rejoint par Pinta Sud au Paraguay et Pinta Basel en Suisse. La foire d’art internationale la plus remarquable du Pérou s’est caractérisée par un programme expérimental ambitieux. Pinta PArC qui se positionne parmi les plateformes d’échange culturel les plus pertinentes du moment s’est tenue durant une semaine à la Casa Prado au cœur du quartier de Miraflores à Lima.

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A propos de Failles [Sans titre], œuvre récente de Catherine Wintzenrieth

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Dans une vie antérieure, Catherine Wintzenrieth a dû être géologue ou stratigraphiste, à en juger par cet attrait dynamique qui la pousse à pénétrer dans un monde minéral à tout le moins secret et déroutant, tant la logique des strates produites par le temps et ses caprices saisonniers ou climatiques ont acquis ici une nouvelle dimension, celle de ce qui aurait pu se passer et passer inaperçu, si cette démiurge n’avait pas décidé de façon silencieuse et univoque, de transformer les matériaux d’une approche géologique classique en un réseau de verticales parasitées, percutées par les accidents qui se succèdent, venant à bout de duretés improbables et de vacuités qui renvoient à ces jeux de lettrés asiatiques pris entre plein et vide, ce que les Occidentaux, justement, appellent les pierres de lettré ou pierres bizarres en chinois.

Passée cette identification à un rattachement illusoire, avec, cependant, de l’aveu même de l’artiste, un besoin de concret, lié à « une formation de mosaïste et un travail autour du papier, du bois, du marbre, de l’ardoise et du métal », ces failles sont pénétrées d’une vacuité inquiétante, non pas en raison des hauteurs à pic qui ont, chacune, une ligne de crête, une existence ou apparition latérale, large ou ténue, ne prenant de véritable dimension que grâce aux jeux subtiles de cette graveuse qui dit de son approche, « mon travail est principalement de forme abstraite (…). Je me suis consacrée depuis plusieurs années à la gravure. J’ai étudié les différentes techniques de l’estampe. J’associe diverses pratiques, ce qui me permet d’affiner mes recherches autour de la matière et de la lumière. Pour certaines, les matrices se superposent à des tirages et font intégralement partie de la gravure ».

Les matériaux les plus divers, carton, papier fin, japon ou chine, voire les matrices, tous ces éléments sont quasiment sublimés pour prendre la dimension d’un relief, celui d’un canyon, d’un haut relief devenu estampage ou découvert au sein d’un monde impossible.

Comme dans une certaine esthétique, le vraisemblable se substitue au réel, au vrai, il continue de tisser l’activisme d’un récit. Temps fort, temps passé ou impossible, peu importe, le voyage dans le temps conserve tout son attrait pour les explorateurs que nous devenons durant un clin d’œil ou une visite exploratoire.

Catherine Wintzenrieth est invitée à la 20e biennale internationale de la gravure de Sarcelles qui a lieu du 27 novembre au 12 décembre 2021.

 

 

A propos d’une œuvre de Daniel Dezeuze « Du châssis primordial il ne reste que quatre baguettes. »

par Boris Millot[1]

Art Paris 2020 a été un cru favorable à la redécouverte d’artistes rares, déjà consacrés au fil d’un œuvre singulier. Tel fut le cas de cette composition de Daniel Dezeuze.

Daniel Dezeuze, Triangulation, 1975, 132 x 121 cm, Galerie D. Templon

Du châssis primordial il ne reste que quatre baguettes, trop fines pour en assurer la rigidité mais suffisamment solides pour en maintenir l’ossature. Une traverse décentrée, qui aurait perdu sa fonction initiale, vient en partager inégalement le champ et en souligner la transparente vacuité. De la toile attendue, il ne reste que deux étroites bandes tissées, chacune fixée de biais sur l’un des montants verticaux et posée sur la barre transversale. Ainsi l’artiste semble avoir tracé, dans ce qui se rapproche d’un carré, les fragments décalés de deux diagonales. L’absence de toile ne se fait, cependant, pas sentir, le mur, support absolu, étale sa surface et vient par sa blancheur s’y substituer, créant, par contrastes chromatiques, une composition faite d’obliques et d’orthogonalités. Les jeux de déconstruction, menés par le groupe des douze[2], à ses débuts, semblent avoir, ici, perdu un peu de leur virulence au profit d’une nouvelle esthétique. Certes les plans se superposent et se confondent, (dé)mêlant toujours supports et surfaces, mais les lignes structurelles émergent et s’imposent par leur évidence. De la même façon, la matérialité s’exprime et refuse toute abstraction radicale. Le bois et le tissu s’affirment par leur teinte et leur texture et, par leur nature, rendent incertain le dessin. Ces subtiles déformations donnent au motif une grande vivacité, à la façon d’une figure angulaire tracée à la pointe du pinceau et non plus à la règle…

Daniel Dezeuze suit, une fois encore, ses premiers principes, lorsqu’il se présentait comme le partisan du châssis. Ce sont toujours ces mêmes cadres de bois, réduits à leur expression minimale, pour ne pas oublier que derrière le tableau se cache toujours une autre réalité… En souhaitant inverser les rôles, le choix des baguettes offrait l’occasion de malmener ce châssis immuable et de lui donner une souplesse habituellement réservée au tissu ainsi les lignes flottantes se tordent et les surfaces dépourvues s’animent… Les genres peu à peu s’entremêlent dans une grande confusion. Les volumes du tableau se désarticulent et le bois devient dessin quand la sculpture devient toile… C’est dans ce désordre apparent que l’imaginaire trouve sa place et ouvre toutes les voies du possible… défiant les grands discours pour plus de ravissements.

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Anna Romanello — CLIO ART FAIR — New-York

Félicitations à notre consoeur Anna Romanello qui présentera ses œuvres à la Clio Art Fair prochainement.

La CLIO ART FAIR, The Anti-Fair for Indépendant Artists, du 5 au 8 mars 2020 à New York, NY.

Nos lecteurs habituels pourront retrouver une actualité du travail de l’artiste en se reportant à l’article Notule relative à deux œuvres d’Anna Romanello publié le 9 décembre 2018.

 

A propos du 64e Salon de Montrouge

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Du 27 avril au 22 mai 2019 ; de 12h à 19h, 7j/7
. Ouvert les jours fériés.                              Le Beffroi, place Émile Cresp, 
Montrouge.
 M 4-Mairie de Montrouge

Le parvis de la mairie de Montrouge et le beffroi où se tient le 64e Salon de Montrouge. Scènes au fil des stands. On était passés voilà un certain nombre d’années, quand le Salon investissait aussi les étages et présentait des artistes qui passaient un temps fou devant des matériaux assez traditionnels, voire peut-être assez nocifs pour l’environnement, par exemple en ôtant à la Nature des pans de sa richesse : pierre, pigment,…

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Art Paris 2019, une édition particulière ?

Salon Art Paris, compte-rendu narratif.

Du 4 au 7 avril 2019, sous la nef du Grand Palais, une 21e édition pour ce salon annuel Art Paris avec le développement d’un format dans le ton d’une foire internationale partagée sur deux thématiques : scène française d’un autre genre  et Étoiles du Sud avec exploration de l’art de l’Amérique du Sud.

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Cette année, une foire d’art contemporain qui conforte et cultive une identité particulière depuis plus d’une vingtaine d’années, approche qui met régulièrement en avant de nouvelles découvertes. L’accent est mis sur les scènes européennes envisagées de l’après-guerre à nos jours en proposant un tour d’horizon au fil d’une création internationale avec focus sur l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

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A propos d’une composition florale de Rica Araï présentée à l’exposition « Epiphytes »    

par Christophe Comentale

Le 6 septembre 2018, afin de préparer sa saison de ventes pour l’automne, la société Artcurial a eu l’heureuse idée de faire une présentation d’œuvres de provenances très diverses : occidentales, asiatiques, africaines aussi, en la couplant avec la mise en espace de compositions florales surprenantes.

Huit fleuristes reconnus sur les scènes française et internationale ont été invités pour la circonstance à créer des installations épiphytes : notamment Catalina Lainé, Claire Boreau, Jefferson Fouquet, Pierre Blanchereau, Jean-Louis Castor, Rica Araï,… Ces œuvres sont en symbiose avec des œuvres de créateurs modernes (Alberto et Diego Giacometti, Lucio Fontana, Ettore Sottsass,…) destinées à des ventes à venir.

Cette initiative permet de réfléchir au traditionnel art de l’ikebana représenté en l’occurrence par une composition de Rica Araï.

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Le 63e Salon de Montrouge : inquiétudes et signes urbains

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

 L’année 2018 est un crû décalé !

Le temps passé à regarder, à comprendre, à apprécier, a été, ce dernier week-end d’avril, bien plus rapide que l’an dernier ! Le temps ? Une morosité ambiante, des invités très inégaux — heureusement ! — parfois carrément décevants. En fait, un parcours plus architecturé, à l’aune des musées « nouvelles générations ».

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Salon de Montrouge 2017

Montrouge, le 26 avril 2017.

Avant de voir ce qui nous a intéressés, fait faire un grand tour, discuter avec les présent-e-s, sur les stands, dans les travées, quelques rappels pour qui lira la chronique sans être allé sur place. Citations en italique*

*62e salon de Montrouge, du 27 avril au 25 mai 2017. Montrouge : ville de Montrouge, 2017. N. p. : ill. Catalogue bilingue anglais-français. Impr. A 1000 ex.

En bref : le Salon se veut une exposition collective d’art contemporain, témoin des tendances multiples et des nouveautés singulières. Le commissaire, Ami Barak, critique d’art, assisté de Marie Gautier, a ratissé relativement large,à bon escient. En partie aussi grâce à une scénographie efficace et discrète de Vincent Le Bourdon et Ramy Fischler.

Comme nous aimons le patch-work, le collage et le trompe-l’œil et que nous vivons dans une société qui y est engluée, nous avons glané quelques propos conducteurs de cette édition, propos qui se recoupent assez bien. Ainsi, on apprend sur le site que « cette nouvelle édition permettra ainsi aux artistes et à leurs oeuvres d’entrer dans un dialogue sémantique et physique pour révéler les propos et tendances majeures actuelles. Se positionnant désormais comme un véritable baromètre, le Salon de Montrouge a pour mission d’être le lieu qu’attendent le public et les professionnels dans tous les champs de la jeune création ».
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