GALERIE QUAI D’ART, 100 boulevard Lefebvre, Paris 15e. Tél : 01 42 50 74 28 / 06 15 20 78 35 / Mail : asiakyquan@yahoo.fr Du lundi au vendredi, de 11h à 19h30. Le samedi et le dimanche, de 10h à 19h30.
Le milieu familial oriente, très tôt, le jeune garçon puis l’adulte à la proximité et à la connaissance d’un patrimoine constitué d’objets et de livres, essentiels pour la formation de son goût et l’acuité de ses regards sur les formes. Le milieu professionnel devient son quotidien de marchand d’estampes japonaises.
Chen Chao-pao (1948, Chenghua – 2026, Taipei) a vogué d’île en continent. Sa dernière demeure, le pavillon des Deux araucarias [双南洋杉的画斋] était situé dans la petite ville de Hsi-chi, perchée dans les collines autour de Taipei. Artiste féru de culture classique, il passe insensiblement du lavis à l’acrylique, maîtrise la technique mêlée de la peinture à l’huile et sablée, réalise des livres d’artiste et fait sien le réel, un réel qui puise à ses rencontres avec Dubuffet durant ses décennies de vie à Paris. Il s’est éteint le 5 avril dans un pays sillonné par les grues célestes qui l’ont enlevé vers les Monts Kunlun. Chen Chao-pao appartient-il pour autant à l’Ecole de Paris ou est-il un tenant de l’art brut international ?
Une acquisition récente, celle d’un encrier en grès de forme octogonale, une pièce produite dans un atelier breton vers les années 1920, remet au goût du jour l’influence esthétique et culturelle de cette région.
Réapparition de Carlo Mario Cernuschi ou Henri Cernuschi (1821, Milan – 1896, Menton), avec ce récit biographique adapté à un lectorat jeune, « de 10 à 14 ans » selon Stéphanie Ollivier, la directrice sinisante et sinophile de la maison d’édition. Un abord synthétique et captivant sur ce patriote, banquier, économiste, journaliste et collectionneur d’art italien naturalisé français. Fadjong, le nom de la maison d’édition, sous-tend la traduction phonétique dénormalisée des adjectifs au féminin singulier se rapportant à maison d’édition : franco-chinoise ! Ce qui redonne en traduction 法中[出版社]. Un amusement de sinisant, donc ! Pourquoi pas !].
Le Voyage au Japon d’Henri Cernuschi, texte de Séverine Thibaut, illustrations de Cao Yijia. Paris : Fadjong, 2026. 64 p. : ill. en noir et blanc. Bibliog. Glossaire
THE POLYCHROMES OF BERNARD CATHELIN IN THE FACE OF ASIA. PAINTINGS AND LITHOGRAPHS
伯纳德·卡特兰的多彩作品面对亚洲:画作与石版画
par Christophe Comentale
[Texte en versions française, anglaise et chinoise – text in French, English and Chinese versions – 法语、英语和中文翻译的文本]
Bernard Cathelin (1919-2004, Paris) left his mark on four decades of strong and lively creation with his still lifes, portraits, and distinctive landscapes. Adored in Japan, Taiwan, and China, and although he has been gone for two decades, this French painter, lithographer, and illustrator remains sought after between East and West.
Musée du Bastion, Quai Napoléon III, Menton. Ouvert tous les jours (sauf mardi, 25 décembre, 1er janvier et 1er mai), de 10h à 12h30 et de 14h à 18h. L’exposition a lieu du 13 décembre 2025 au 8 juin 2026.
La commune de Menton (ill.1), ville au climat tempéré, à été chaud et sec, est connue pour sa fête du citron, annuelle, une fête qui anime la fin de l’hiver avec une présentation quelque peu surréaliste de tonnes d’agrumes fixés sur des guirlandes de buis structurées sur des cages en fil de fer. De même, la présence de cet artiste hors normes, Jean Cocteau (ill.4) a laissé des œuvres et une présence uniques de la création.
L’aura dégagée par Jean Cocteau et la diversité des créations de ses amis, sont présentes dans le contexte superbe et éclectique de ce nouvel accrochage : plus de 150 œuvres de la collection Séverin Wunderman – musée Jean Cocteau et de plusieurs prêts d’œuvres.
The municipality of Menton, a town with a temperate climate and hot, dry summers, is known for its annual Lemon Festival, which enlivens the end of winter: a somewhat surreal presentation of tons of citrus fruits attached to boxwood garlands structured on wire cages, the presence of an extraordinary artist, Jean Cocteau, who left works and a unique imprint of creation. The aura radiated by Jean Cocteau and the diversity of creations by his friends are present within the superb and eclectic setting of this new display: more than 150 works from the Séverin Wunderman collection – Jean Cocteau Museum, along with several loaned pieces.
(ill. 1) Vue de Menton depuis le village de Falicon ; (ill. 4) Jean Cocteau. Autoportrait masqué (1919), lithographie sur papier
Exposition du 9 novembre 2025 au 24 janvier 2026. Fermeture pendant les fêtes du 19 décembre au 7 janvier) du jeudi au samedi de 16h à 20h et sur RDV. Galerie Younique, 65 rue Pascal 75013 Paris. Tél. +33 6 26 76 36 33 galerieyounique@gmail.com
compte-rendu par Alain Cardenas-Castro
A Paris, en ce mois de novembre consacré à la photographie, la galerie Younique présente une quinzaine d’œuvres d’un des photographes péruviens contemporains les plus reconnus. Après CHRONIQUES DE VIE, Javier Silva Meinel en 2019, cette deuxième exposition personnelle de Javier Silva Meinel chez Younique présente une sélection importante de l’œuvre de l’artiste qui a bénéficié dernièrement d’une importante retrospective au musée d’art contemporain de Lima (MAC). La luna del cóndor. Retrospetiva 1974-2024, a eu lieu du 21 août au 8 novembre dernier.
Vue panoramique de l’exposition Épiphanies, Javier Silva Meinel, Galerie Younique, Paris,
Des Vénus paléolithiques au 20e siècle, voire aux premières décennies du 21e siècle, le thème de la femme, sublimée ou mystifiée, sacralisée ou dévoyée, a beaucoup sollicité l’inspiration et l’imaginaire des artistes. Les différentes périodes historiques ont, selon des approches et des codes différents, tout autant traité de la beauté et du corps de la femme. La découverte récente d’un lot d’une dizaine de dessins de Robert Braud relance l’actualité de ces descriptions raffinées ou sensuelles, si fréquentes, des années 30 aux années 50, en France et dans tant d’états voisins ou lointains.
(ill. 1)(ill. 2)
Ci-dessus. (ill. 1) Robert Braud. Nu au palmier, couleurs en lavis, 24 x 32 cm ; (ill. 2) Robert Braud. Nu au parasol, couleurs en lavis, 24 x 32 cm
Karen Arbulú (1957, Lima) a reçu en don une habileté non seulement manuelle, mais aussi celui, plus mouvant de l’art de conter une histoire impossible : elle sait tirer parti d’une histoire et d’une culture qui se rejoignent à travers des pièces d’une orfèvrerie unique, celle de ses racines et de la culture péruvienne qui allie, au fil des siècles, tradition et rituels, nature et imposante civilisation.
Face à un tel poids du passé, il semble peu évident de se libérer de modèles devenus parfois pesants, sauf si l’on sait les sublimer. Portrait d’une orfèvre du 21e siècle
Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1) Karen Arbulù, Collar Plumas, cuivre et bronze oxydés ; (ill. 2) Alain Cardenas-Castro, fiche technique manuscrite
L’art floral est le résultat, la conclusion d’un processus individuel devenu la mise en scène présentée, à priori, au tout-venant, en fait à des catégories aussi diverses que sont le s spectateurs ou les acteurs, ceux qui vont redonner une approche autre à ces éléments d’une « nature » métamorphosée en une donnée autre, une approche qui peut vaincre le temps, lui-même limité à la durée de vie de cet art de l’éphémère.
Si l’on s’attarde sur les définitions…
Si l’on s’attarde sur les définitions du mot botanique, on peut constater une hiérarchie dans les différents domaines s’y rapportant, en commençant par la science qui a pour objet l’étude des végétaux, en fait, la botanique générale. On distingue ensuite, des sous domaines qui s’y rattachent tels que la taxonomie, la systématique, la morphologie végétale, l’histologie végétale, la physiologie végétale, la biogéographie végétale et la pathologie végétale. Il y a aussi d’autres disciplines plus spécialisées comme la dendrologie (du grec dendron signifiant « arbre » et logos signifiant « discours, science », c’est la science de reconnaissance et de classification des arbres, et plus généralement la science des végétaux ligneux) et plus spécialisée encore, la dendrochronologie (méthode de datation basée sur l’étude et la mesure des cernes de croissance annuelle de l’arbre). Ce sont aussi, pour terminer cette liste non exhaustive, les domaines de la botanique se rapportant aux connaissances précises et détaillées des végétaux. Des domaines trouvant leurs applications en pharmacologie, dans la sélection et l’amélioration des plantes cultivées, en agriculture, en horticulture, et en sylviculture. Tous ces métiers relatifs aux sciences botaniques sont exercés par des scientifiques (ill. 1 et 4) qui œuvrent à leurs recherches, animés par la passion des végétaux. Passion partagée par d’autres chercheurs et praticiens que sont les dessinateurs scientifiques (ill. 2), les fleuristes (ill. 3) et les peintres (ill. 3), prenant pour matériaux et modèles le végétal.
Ci-dessus, de haut en bas et de gauche à droite. (ill. 1) Patricia Salmón (1962) ; (ill. 2) Joseph de Jussieu (1704-1779) ; (ill. 3) Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) ; (ill. 4) Adrien de Jussieu (1797-1853).