Quelques considérations éparses sur le corps

DE LA TÊTE AUX PIEDS

par Christophe Comentale

Les addictions sont toujours les mêmes, entre ceux qui matent et ceux qui exhibent, ça se rejoint assez bien, et surtout, le jeu dure, ne cesse de se développer, de s’intensifier pour mourir puis renaître ici et là. Les graines parfois déposées, malencontreusement ou à dessein, vont s’incruster et ça repartira, autrement, mais toujours entre sadisme et masochisme, toujours vers deux pôles concomitants, complémentaires, à l’égal du yin et du yang.

Entre le souvenir d’une visite au Rijksmuseum et quelques regards sondés, scandés lors de parcours urbains, voire intraurbains récents, les éléments du réel se sont mis en place quasiment tout seuls…

Comme de coutume, entre une installation suscitée sur une durée éphémère dans un lieu idoine et la disposition de type scénographique d’une œuvre, dans un contexte privé, les éléments de coordination, d’union, sont à peu près constants. De là naît un parcours nécessaire, fût-il invisible.

Des expressions éclatées

Ainsi Johan Gregor van der Schardt, s’est déchargé de son envie d’exister in perpetuum, en laissant sa trace à Nuremberg où il évolue entre 1530 et 1581, faisant son travail de sculpteur pour le compte du monarque, alors Maximilien II.  Apparemment consciencieux, il trouve le temps de nourrir son ego avec un Autoportrait (ill.1) exécuté vers 1573, rendu à la moitié de la grandeur réelle. Cette terre cuite peinte donne un reflet assez banal de soi, mais qui dénote aussi une sûreté de son propos. Tout comme une patience dans les équipages impériaux et aussi une condition physique qui semblent le faire largement s’isoler dans des pensées plus intimes si l’on en juge à la direction portée vers une zone de retrait au social…

(ill. 1)
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300 dessins exposés à la Fondation Custodia de fin février à mai-2023

Une fois de plus, ça marche, et même bien !

Deux expositions conjointes, parallèles, complémentaires et, pour autant bien différentes ont lieu du 25 février 2023 au 14 mai 2023.

Et surtout, surtout, une sélection d’œuvres alliant le détail sublimé à des scènes plus totales de paysages. Et enfin, en rejoignant l’aube du XXe siècle, des éléments décoratifs exceptionnels qui permettent une superbe plongée dans l’inutilité et la saveur de la perfection…

par Alain Cardenas-Castro et Chirstophe Comentale

● Quelques mots sur Ger Luijten

Qu’il nous soit permis, avant de présenter succinctement ces deux événements, de rappeler la disparition le 19 décembre 2022 du directeur de l’institution, Ger Luijten présent depuis 2010 dans cet établissement muséal. Grâce à une politique d’expositions et d’acquisitions menée avec goût, discernement et une infatigable curiosité, Ger Luijten a su conforter la réputation de la fondation d’origine néerlandaise, établissement des plus importants dans le domaine du dessin, de l’estampe ou des lettres et autographes d’artistes, toutes époques confondues. Il a surtout su faire connaître cette magnifique institution à un public plus étendu et à conjuguer érudition et diffusion des connaissances.

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Le puma à plume et autres motifs précolombiens. Des dessins scientifiques retrouvés dans l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro : l’art de l’Ancien Pérou enseigné par l’image

par Alain Cardenas-Castro

« C’est dans les paradoxes du travail artistique que se révèlent quelques-unes des mutations les plus significatives du travail et des systèmes d’emploi modernes.[1]». Il en va ainsi du travail créatif qui peut se penser autour des notions d’originalité, d’innovation et d’inégalité, à l’aune de la vie de nombreux artistes, qui, pour subvenir aux besoins de leur quotidien sont obligés d’avoir d’autres activités annexes. Tel a été le cas pour plusieurs artistes péruviens dont Elena Izcue et les frères Cardenas-Castro.

Pour mémoire, les frères Cardenas-Castro, après avoir entamé une carrière de peintres au Pérou, ont effectué leur voyage en Europe au début de la troisième décennie du XXe siècle. Juan Manuel Cardenas-Castro arrive à Paris en 1920 précédant son frère José Félix, qui, lui, arrive à Madrid l’année suivante[2]. Ils se retrouvent ensemble à Paris dans l’effervescence du Montparnasse des années dites « folles », poursuivant chacun leur œuvre tout en effectuant d’autres activités afin de pallier aux aléas financiers.

De la diffusion de contenu scientifique. Les esquisses et dessins de Juan Manuel Cardenas-Castro

Dans le corpus des œuvres dessinées du peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro, il existe quelques dessins de type scientifique[3] (ill. 1 à 15). Retrouvé dans son atelier parisien, ces dessins ont été réalisés durant la période pendant laquelle Juan Manuel Cardenas-Castro a travaillé au Musée d’Ethnographie du Trocadéro et au Musée de l’Homme — une période allant de 1928 jusqu’aux années 1950. Ces dessins témoignent de son activité de muséographe exercée pour des institutions notoires au sein du monde scientifique, activité qu’il a menée parallèlement au développement de son œuvre personnelle.


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas. (ill. 1 à 15) Le corpus des dessins scientifiques du fonds Cardenas-Castro réalisés par Juan Manuel Cardenas-Castro


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La série des fonds or. A propos d’un récent paysage de Fan Yifu

par Christophe Comentale

Le courant néolettré, revigoré depuis trois bonnes décennies, ne cesse de faire découvrir des pratiques reflétant une créativité surprenante. Les différentes périodes historiques ont privilégié des supports extrêmement divers et utilisé des matériaux des plus surprenants. Ainsi en est-il allé de la soie et de l’or, matières des plus précieuses qui ont produit des fleurons uniques de la civilisation chinoise.

Dès les Shang, la métallurgie de l’or fait naître des pièces d’orfèvrerie étonnantes, somptueuses sous celle des Han, délicates et naturalistes sous les Tang, délirantes et parfois inconséquentes sous les Qing, tandis que la soie tissée de façon subtile est affectée au vêtement, aux tentures ou devient le support d’œuvres précieuses. Avec sa récente série de paysages paradisiaques, Fan Yifu remet au goût du jour le raffinement qui préside à toute création. L’une d’entre elles est présentée ci-après.

(ill. 4) Fan Yifu. Ciel haut sur vol d’oiseaux (2022), encre sur carton or, 45, 5 x 50 cm (coll. privée) 天高任鳥飛

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A propos d’une « saison culturelle » à l’IMA

par Alain Cardenas-Castro & Christophe Comentale

Ce vaste bâtiment parsemé d’essais architecturaux postorientalistes dresse sa dizaine de niveaux face à la Seine. Il semble toujours aussi tassé, ce qui se confirme dans les étages qui n’ont pas la hauteur si décontractée des bâtiments haussmanniens. C’est beau quand même, ça appelle la mélancolie d’une autre époque ! Le café du rdc est assez décontracté, l’accueil chaleureux, l’humain fait le reste. Somme toute, l’endroit reste un bastion entre élégance et marginalité parisienne.

 

L’exposition Habibi, les révolutions de l’amour

La manifestation, coordonnée par Elodie Bouffard, responsable des expositions, Khalid Abdel-Hadi, directeur éditorial de My Kali magazine et Nada Majdoub, commissaire associée, se tient du 27 septembre 2022 au 19 février 2023.

Comme l’indique un compte-rendu synthétique et bref,

« Poursuivant la mise en valeur par l’IMA des 1001 facettes de la culture arabe et de sa créativité, Habibi, les révolutions de l’amour, présente, déployées sur 750 m2, des œuvres récentes autour des identités LGBTQIA+. Autant de nouveaux regards, exprimant avec force les interrogations sociales, personnelles et esthétiques qui traversent la création contemporaine. À l’attention des visiteurs : l’accès à certaines œuvres présentées lors de cette exposition est réservé aux seules personnes majeures. Comment les identités sexuelles et de genre sont-elles représentées dans la création contemporaine ? Comment circulent-elles ? Quelles stratégies esthétiques déploient-elles pour décrire et confronter les sociétés ? Photographie, peinture, vidéo, performance, littérature, animation…: la parole aux artistes, et à leur récit singulier qui dessine leurs doutes et leurs fragilités ».

Certes, on voit des hommes dénudés, quelques femmes aussi, des transgenres, etc., d’autres qui prennent la pause (pose) à la façon des Odalisques de Matisse et autres œuvres orientalistes, etc. Quelques photos prises sur place donnent le ton, pas vraiment de scènes torrides… (ill.4 à 9).

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A propos d’un motif de saule bleu sur faïence anglaise, un plat à décor de paysage chinois, une chinoiserie de la toute fin du 19e s.

par Christophe Comentale

Un ami, créateur, collectionneur et curieux de tout, m’a présenté un plat (ill.1) chiné en province. Ce qui l’a attiré, c’est, bien sûr, d’une part, le paysage dont la composition renvoie assez justement pour l’imaginaire occidental, au thème du paysage classique montrant un équilibre entre plein et vide grâce à la présence de mont(agne) et de plan d’eau, lieu au sein duquel l’homme voit son échelle proportionnée à celle de la Nature, microcosme dans un macrocosme qui le pousse à une certaine modestie. Il a, d’autre part, été impressionné par l’imposante restauration du plat, dont le fond est parcouru d’énormes agrafes, quasiment invisibles sur la surface historiée, à l’exception de quelques éclats, probablement apparus lors de la chute de la pièce.

 

Un peu d’histoire sur l’origine et de la fortune d’un motif végétal, le saule bleu (ill.2)

Le motif du saule est familier en de nombreuses contrées car l’arbre croît sur le bord de tous les cours d’eau ou des lieux humides, en Asie comme en Europe ou en Amérique. Outre cette considération, son ombre permet aux uns et aux autres de se protéger du soleil sous ses branches, ou, aussi, de trouver une certaine intimité…

Ce plat, anglais, pose, implicitement, la question de l’original et de la copie. Si, en Chine, la copie est, parmi les six principes qui régissent la peinture, celui qui s’avère le meilleur moyen de devenir progressivement, autonome, a contrario de l’occident qui voit là un manque d’originalité, il n’en demeure pas moins que ce thème a eu et conserve encore une fortune édifiante.

La question de la datation reste la première chose à évoquer et à résoudre. Une importante littérature, de première main ou constituée de données trouvées sur des sites anglo-américains, montre qu’une ferveur importante reste constante autour de ce type précis de pièce, par ailleurs l’objet de rééditions actuelles. La pièce est aussi destinée à un usage quotidien.

Ce plat est, ainsi, lié à la connaissance de Extrême-Orient qui commence, pour la partie sud de l’Europe, au 14e siècle avec la présence des ordres mendiants envoyés en mission pour voir comment mettre en place le salut des âmes là-bas. Les choses continuent avec la présence des Polo en Chine. Marco (1254, Venise – 1324, Venise), parti à l’âge de 17 ans avec son père, Niccolò, et son oncle Matteo pour l’Asie. Marco est le plus connu, notamment par son œuvre parue sous différents titres, Le Million, Le Devisement du monde ou Le Livre des merveilles. En dépit d’éléments étranges, le monde décrit est aussi repoussant qu’admirable. Il sollicite l’imaginaire des destinataires et de la classe dirigeante qui constituent un lectorat en quête de nouveaux marchés. Les prospections continuent, toute l’Europe souhaitant tirer parti des richesses de ce monde inconnu. Les routes maritimes sont l’objet d’enjeux qui se concrétisent au fil du temps par la diplomatie et les canons. Les armateurs, les commerçants, les missionnaires parviennent en Chine par différentes routes maritimes. Les Anglais y débarquent au tout début du 17e siècle, avec la création de la Compagnie britannique des Indes orientales — d’abord anglaise, sous le nom de East India Company, EIC, puis britannique sous le nom de British East India Company, BEIC — le 31 décembre 1600 par une charte royale de la reine Élisabeth Ire d’Angleterre, conférant pour 20 ans le monopole du commerce dans l’océan Indien à la souveraine.

Les Anglais montrent leur sens fort du commerce au niveau international avec la fondation de cette première des compagnies européennes fondées au 18e siècle pour conquérir « les Indes » et dominer les flux commerciaux avec l’Asie. Elle se trouve d’emblée en concurrence avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, et prend l’avantage sur la Compagnie française des Indes orientales qu’elle conduit à la ruine en conquérant toutes ses possessions en Inde, tout en survivant à une grave crise financière. Elle marque profondément la création du futur Empire britannique.

La compagnie devient l’entreprise commerciale la plus puissante de son époque et acquiert des fonctions militaires et administratives régaliennes dans l’administration de l’immense territoire indien. Heurtée de plein fouet par l’évolution économique et politique du 19e siècle, elle décline progressivement, puis disparaît en 1858 après la révolte des cipayes, soulèvement populaire qui a lieu en 1857 contre la Compagnie anglaise des Indes orientales. Cette action forte d’opposition est également appelée première guerre d’indépendance indienne ou rébellion indienne de 1857.

Depuis ses quartiers généraux de Londres, l’influence de la Compagnie s’est étendue à tous les continents : elle a, entre autres, présidé à la création des Indes britanniques et du Raj, fondé Hong Kong et Singapour, répandu la culture du thé en Inde et l’usage de l’opium en Chine, retenu Napoléon captif à Sainte-Hélène, et s’est trouvée directement impliquée dans la Boston Tea Party qui servit de déclenchement à la guerre d’indépendance des États-Unis.

Comme cela est fatal, les conquérants deviennent, selon leurs motivations personnelles, des spécialistes du pays, dans différents secteurs : beaux-arts, arts décoratifs, connaissance des matériaux, … Ainsi en va-t-il de l’engouement que suscite la céramique chinoise auprès de toute l’Europe nantie et cultivée, au fil des exportations de pièces en différents pays, dont l’Angleterre. A une clientèle avisée sont présentés des modèles d’exportation puis des pièces fabriquées dans les différentes manufactures qui récupèrent in situ les informations, les procédés de création, et font des recueils de motifs en bleu et blanc dont l’effet ornemental est immédiat.

Dans le dernier quart du 18ème siècle, le marché des pièces céramiques de type bleu et blanc se développe alors que les pièces ont été vues sur les tables à manger de la classe la plus riche ; ce marché a commencé à apparaître dans les maisons des marchands et des banquiers. Il n’est donc plus réservé aux occasions spéciales mais utilisé pour une production moins chère, apparue dans les commerces. Les potiers peuvent fabriquer davantage de pièces pour un coût moindre en utilisant le processus de transfert innovant.

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Jean-Marc Scanreigh, Actualités

Le point sur 40 ans de création

Exposition à la galerie Actualités,

15, rue Gay-Lussac, Paris 5e.

Du 22 novembre au 23 décembre 2022.

Du mardi au samedi, de 14h à 19h.

Compte-rendu essentiel, par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Jean-Marc Scanreigh dérange, heureusement pour nous ! Sa polychromie éclatée, obsessionnelle, truculente fait a priori la part des choses entre vide et plein.

Comme l’écrivait Christophe Comentale dans un article destiné à la revue AML en septembre 2006,

« une formation sans lien a priori vers une carrière originale ou durable, voilà pourquoi depuis plus de trente ans, Jean-Marc Scanreigh poursuit avec un appétit et une soif insatiables un œuvre centré avec autant d’attention sur les dessins, les livres d’artiste que sur les huiles et estampes. Cet ensemble fourmillant est l’un des résultats tangibles de l’attention portée à tout ce qui va devenir réel : son réel ! ».

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Quentin Liu, mémorialiste de l’historiographie contemporaine

par Christophe Comentale

Quentin Liu et Wendy Wronski, Regards croisés, 2019, image numérique (2019), 刘险峰与刘文蒂 « 交叉点 »

Les confrontations Est-Ouest restent vecteur de surprises et de carrières qui se développent pratiquement à l’insu des créateurs eux-mêmes. Un regard à l’œuvre de Liu Xianfeng – Quentin Liu – en est une des illustrations actuelles : un parcours qui rappelle les amalgames structurants entre deux cultures, surtout lorsque celles-ci, assimilées, vécues au fil du temps et des événements qui passent, deviennent des marqueurs à valeur autre…

Quentin Liu [刘险峰] naît en 1978 dans la province méridionale du Hunan, aire géographique et politique située à plus de 1 300 km de Pékin au nord, à quelque 900 km de Shanghai à l’est et à 300 km de Canton au sud. Le Yangzijiang — le Fleuve Bleu — la traverse d’ouest en est.

Arrivé en France à l’âge de 24 ans, en 2002, après un cursus aux Beaux-arts et dans une école de photographie, il oriente sa création vers la peinture, médium qu’il juge le plus libre pour sa création artistique.

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Des Costumes espagnols d’Émile Gallois aux gouaches indigénistes de Juan Manuel Cardenas-Castro. L’histoire d’un album inachevé

par Alain Cardenas-Castro

Les aléas de la bibliophilie n’ont cessé de générer et de répandre des surprises au fil du temps, modulant les critères de rareté au gré des techniques, des esthétiques et des projets qui ont permis de laisser des œuvres toujours aussi séduisantes pour le plaisir des jeux et des regards. Certains de ces projets n’ont pu aboutir, le temps a eu raison de leur concrétisation. Ce recueil de planches permet de se pencher sur ces curiosa et d’en préciser d’autres.

L’époque actuelle, quelque peu insouciante et mouvante, malgré une volonté des structures globalisantes d’uniformiser les pratiques, permet encore aux artistes de se confronter à la conception de projets variés. Des projets artistiques, qui, parfois, ne trouvent pas d’issue ou bien n’aboutissent pas dans leur processus de fabrication.

Ces projets inachevés sont innombrables. On les retrouve dans tous les domaines que compte les réalisations humaines et à toutes les époques de l’Histoire. La construction inachevée de La Tour de Babel mentionnée dans la Genèse biblique en est un exemple mythique. Ce thème a inspiré de nombreux artistes tel que le peintre flamand, Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569) (ill. 1). Parmi les œuvres d’art inachevées, le tableau Traité de Paris a été commencé par Benjamin West (1738-1820) au cours des années 1783 et 1784 sans avoir pu être terminée. Une partie de la composition est manquante car les membres de la délégation britannique ont refusé de poser suite à la défaite de leur pays, ne permettant pas à l’artiste de finir cette peinture d’histoire (ill. 2).


Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1) Pieter Brueghel l’Ancien. La Tour de Babel (1563), huile sur toile, 114 x 155 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne ; (ill. 2) Benjamin West. Traité de Paris (1783-1784), huile sur toile, 72,3 x 92 cm, Winterthur Museum, Winterthur, Delaware


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A propos de l’exposition sur La peau de chagrin à la Maison de Balzac (Paris)

Rupert Shrive a exposé du 22 septembre au 30 octobre 2022 dans le savoureux dédale de ce lieu unique dédié à l’écrivain et devenu galerie hébergeant toiles et installations.

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

 

Actualité littéraire et beaux-arts ou De la métamorphose

C’est un peu ce qui se passe avec cette courageuse demande faite par Yves Gagneux, directeur du lieu, à un artiste assez introduit dans un concept jet set de l’art contemporain. Comme il le rappelle lors d’un échange récent

« je ne monte pas une exposition dans ce lieu, je passe quasiment commande à un créateur pour qu’il travaille sur une œuvre de Balzac [1799-1850] qui lui a plu et qui permette de la sorte de montrer l’impact de l’écrivain et, surtout, donne envie de le lire. D’où ce travail réalisé sur la Peau de chagrin, œuvre datant de 1831 ».

C’est dit, l’art conduit à la littérature ! En tout cas, chapeau bas à ce courageux lettré.

Ainsi, dans ce contexte particulier, Rupert Shrive a exposé du 22 septembre au 30 octobre 2022 dans le savoureux dédale de ce lieu qui, en dépit d’une restructuration récente, notamment une entrée devenue bastion postmédiéval donnant sur le jardin transformé en aire de pique-nique, reste accueillant. Il est vrai que si la vigne avait été plantée sur ce versant ensoleillé, le Clos Raynouard aurait pu faire la nique au cépage montmartrois. Le lieu ne s’y prêtait pas, le calme doit régner… Par ailleurs, impossible de connaître précisément le coût de cette superbe réfection à la charge des Parisiens. Elle devrait, disent certains technocrates solidaires et vertueux, inciter à davantage lire Balzac ! Différents enseignants, interrogés sur ces corrélations sont d’un avis sensiblement autre.

(ill. 1) Rupert Shrive parcourant son installation, galerie Orel art, Paris, 2011

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