MARION DUMAINE. ARBRES ET VEGETAUX

par Christophe Comentale

Exposition d’un florilège d’œuvres : Atelier du temps passé, du 2 au 4 octobre 2026.

3, avenue Daumesnil, Paris 12e, de 10h à 19h.

Dessinatrice, peintre, plasticienne-chercheuse, pédagogue enfin, Marion Dumaine naît à Puteaux. Après des études à l’ENSAAMA Olivier de Serres, établissement spécialisé dans les arts appliqués et les métiers d’art, elle partage son temps entre la recherche graphique et l’enseignement, expose en différents lieux, des sites comme ce pavillon des arts au Parc floral de Paris, où son travail se trouve immergé dans la luxuriance d’une végétation qui rehausse la polychromie de pièces aux dimensions imposantes. Son travail exploite les ressources matérielles des papiers, comme avec ce florilège d’œuvres récentes sur le thème de la Nature dans la ville. L’approche de Marion Dumaine est originale à plus d’un titre, « la technique que j’emploie, dit-elle, est le collage. Je travaille en premier lieu à l’acrylique les couleurs et les matières sur de très fines feuilles. Je pense aux teintes dont j’aurai besoin pour les poissons, les feuilles des différentes plantes dans l’ombre et dans la lumière, l’eau, le ciel… Ensuite je compose mon image puis je déchire et découpe les papiers que je colle sur toile ». Marion Dumaine magnifie alors les arbres, conçus comme ce tronc assimilé à la présence désarmée d’un élément de mobilier urbain, agressé autant qu’ignoré. La rencontre silencieuse mais visuelle entre deux espèces bien différentes est réussie alors que tout aurait dû les séparer ou les confondre.


Marion Dumaine, Sans titre, s.d., technique mixte


Spécialiste des papiers extrême-orientaux, cette restauratrice de pièces patrimoniales est sensible à la douceur de tel papier japonais ou au grammage étonnant de ce papier chinois du Anhui. A partir d’empreintes d’écorce sur papier dont la forme est montée sur toile, elle met en couleur le fût ainsi sublimé, donne alors vie à une typologie de formes végétales qui ne sont plus limitées à une vie éphémère mais, à l’égal des troncs de Giuseppe Penone (1947, Garessio, Piémont), choisis, élus, d’une Nature sans pitié, révélés et transformés par l’artiste. Ainsi est exploré le lien entre l’homme, la matière et la nature. Marion Dumaine sait rester frontale et mystérieuse face à la vie implicite et silencieuse émanant de ces formes qui se construisent, évoluent et gardent des traces du temps.  

Marion Dumaine, Sans titre, s.d., technique mixte, détail

A l’artiste le mot de la fin, un long mot repris à un texte récent de Marion Dumaine : « Paris, où je vis, est mon terrain de jeu préféré mais bien d’autres lieux m’ont inspirée. Je suis une citadine qui aime la nature. Je m’installe par terre pour dessiner ou peindre des aquarelles, je prends des photos puis je rentre dans mon atelier et je rassemble les éléments recueillis. Je laisse divaguer mes émotions et je compose des paysages imaginaires. Je fais se côtoyer les tortues du zoo de Vincennes avec les lotus du parc floral. Mes grenouilles viennent des petits bassins du jardin des plantes et de la ville de Brou. Les carpes Koï de la porte dorée nagent parmi les nymphéas de Temple sur Lot ».

L’artiste dans son atelier, printemps 2026.
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