DES MOTS ET DES LETTRES.
par Christophe Comentale
Article en français, synthèse en chinois
法语文章,中文概述

Théodore Didier Delamarre de Monchaux, couramment appelé Théodore Delamarre (1824-1889) est un peintre orientaliste. Une de ses œuvres est conservée au musée des beaux-arts d’Orléans. Le père de l’artiste, Théodore Casimir Delamarre (1797-1870), banquier, patron de presse et homme politique, est d’abord affecté au corps garde de Louis XVIII. Son neveu, Marcel Delamarre de Monchaux (1876-1953), est également peintre. Théodore Delamarre expose au Salon de 1859 à 1884. D’abord peintre de paysage, il est appelé le sinographe, lorsqu’il s’oriente sur une thématique privilégiant des scènes chinoises bien documentées, enveloppées dans une douceur exotique et une justesse technique qui ont charmé un public curieux.
西奥多·迪迪埃·德拉马尔·德·蒙绍(Théodore Didier Delamarre de Monchaux),通常叫做西奥多·德拉马尔(Théodore Delamarre,1824-1889),是一位东方主义画 家。他的一件作品收藏在奥尔良美术馆。画家的父亲西奥多·卡西米尔·德拉马尔 (Théodore Casimir Delamarre,1797-1870)是银行家、出版业老板和政治家,最初被分配到路易十八的卫队。他的侄子马塞尔·德拉马尔·德·蒙绍(Marcel Delamarre de Monchaux,1876-1953)也是画家。西奥多·德拉马尔在1859年到1884年期间在沙龙展出作品。一开始他是风景画家,当他开始偏向以中国产 景为主题的创作时,人们称他为“汉画派”(sinographe)。他的作品通过细致入 微的中国场景、带有异国情调的柔和手法和精准的技艺,吸引了很多好奇的观 众。
克里米亚战争、第二次鸦片战争以及1860年法英联军洗劫北京圆明园,逐渐迫使中国帝国向西方开放。与亚洲的贸易往来和法国的对外政策再次引起公众对这一地区的关注。从1860年代开始,对日本和中国的强烈兴趣促使艺术家们将目光投向这些新领域。随着多个商港的设立、法国获得交趾支那和对柬埔寨的保护权,最早的摄影报道开始提供资料,而一些收藏家如埃米尔·纪美和亨利·切尔努什从他们的旅行中带回游记和艺术品。也是在这时期,欧仁妮皇后在枫丹白露建造了一个中式客厅。这位身着漂亮服装的年轻人,于1874年展出,在写实与理想化之间摇摆,色彩的细腻与清朝(1644-1912)高官典型服饰近乎人种学的精确相互呼应,从蓝色带红扣的长袍、镶宝石的头饰,到弯曲的小鞋子。画家的场景作品一直很受欢迎,他一直展出到1882年,包括文官、中国渔民、吸鸦片的人以及茶叶或瓷器商人。这幅画的捐赠符合欧多克斯·马西尔(1814年,沙特尔—1890年,洛雷省谢西)积极的政策,他从1870年到1890年担任博物馆馆长,致力于在奥尔良的收藏中更好地呈现现代画派。
D’UN ARTISTE ORIENTALISTE AU 19E SIECLE
Les conquêtes des pays lointains par les principaux pays colonisateurs occidentaux battent leur plein dès la Renaissance. Les aires de conquête varient d’un siècle à l’autre avec, cependant, certaines récurrences, dont l’attrait pour la Chine est un reflet certain, Les actions violentes qui accompagnent ces implantations, notamment la guerre de Crimée, la seconde guerre de l’Opium et l’occupation de Pékin, qui s’achève en 1860 par le sac du Palais d’été — le Yiheyuan — , situé à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest du centre de la capitale, par les troupes franco-anglaises. La pression étrangère contraint peu à peu l’Empire du milieu à s’ouvrir sur l’Occident. Une ouverture qui s’accompagne d’échanges de produits d’exportation (céramiques, tissus, objets en matières précieuses) avec l’Asie. Ce nouvel état du monde et la politique extérieure menée par les puissances occidentales, dont la France, attirent à nouveau l’attention du public sur cette région du monde.
Un engouement fort pour le Japon et la Chine conduit les artistes, à partir des années 1860, à se tourner vers ces nouveaux horizons. Avec l’installation de plusieurs ports de commerce, l’obtention de la Cochinchine et du protectorat sur le Cambodge par la France, les premiers reportages photographiques véhiculent une documentation large, tandis que des collectionneurs comme Émile Guimet et Henri Cernuschi, souvent bien conseillés, rapportent de leurs périples récits de voyage et objets d’art. C’est également à cette époque que l’Impératrice Eugénie fait aménager un salon chinois à Fontainebleau. Parmi les pièces collectionnées en Occident, peintures et porcelaines d’exportation, de même que des séries d’illustrations sur les métiers, les objets du quotidien, devenant des éléments de raffinement pour la vie quotidienne d’une certaine classe sociale.
Bien qu’il ne soit pas allé en Chine, Théodore Delamarre ne manque ainsi pas de sources assez précises pour réaliser les scènes de genre chinoises dont il devient spécialiste. Fils du directeur du journal La Patrie, il expose depuis 1859 au Salon et se consacre exclusivement à ce thème à partir de 1861. L’œuvre conservée au musée des Beaux-arts d’Orléans, un jeune homme en belle tenue, exposée en 1874, est traitée avec une relative précision, tirant parti d’une approche qui mêle le réalisme d’objets que Théodore Delamarre a pu trouver dans des collections privées ou reproduits dans les revues qui paraissent alors. A cela s’ajoute une esthétique fidèle avec l’idéalisation de ces contrées, formatée par les encyclopédistes : la délicatesse de la palette colorée est en phase avec la précision quasi ethnographique du costume typique des hauts fonctionnaires de la dynastie Qing (1644-1912), de la robe bleue à boutons rouges, changpao, à la coiffe surmontée d’une gemme, dingzhu, jusqu’aux petites chaussures recourbées, wulaxie.
Le peintre rencontre un succès attesté par les documents d’époque, notamment les catalogues du Salon, où il expose jusqu’en 1882 des mandarins, des pêcheurs chinois, des fumeurs d’opium et des marchands de thé ou de porcelaine.
Le don de ce tableau s’inscrit dans la politique offensive d’Eudoxe Marcille (1814, Chartres – 1890, Chécy, Loiret), directeur du Musée de 1870 à 1890, qui œuvre à mieux représenter l’école moderne dans les collections orléanaises.
L’œuvre conservée à Orléans est intéressante par son contenu documentaire, son luxe de détails qui la rattachent à l’illustration sur la Chine du 19e siècle telle qu’elle apparaît dans les revues illustrées de l’époque, et dont les articles sont signés parfois d’orientalistes sinisants. Ce type d’œuvre assez apaisante sur la vision d’un pays, interroge cependant sur certains points a priori passés inaperçus à première lecture du tableau.




Ci-dessus, de gauche à droite. Ill. 1. L’histoire de la cour du roi de la Chine, de Michel Baudier, Paris : Claude Cramoisy,1627 ; ill. 2. Chine ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d’après des documents chinois (…) de Guillaume Pauthier, Paris : Firmin Didot, 1837 ; ill. 3 et 4. Théodore Delamarre. Jeune lettré chinois écrivant au pinceau, détails
DE LA LETTRE ET DU CARACTERE
Un détail graphique bien en évidence sur cette œuvre renvoie à la longue tradition des écrits ornementaux qui accompagnent dès le 17e s. les documents traitant de la Chine. Ainsi, dans L’histoire de la cour du roi de la Chine, de Michel Baudier (ill.1) (1589 ca – 1645), Paris : Claude Cramoisy,1627, sont insérés en page 44, des caractères gravés de façon malhabile, tranchant sur la régularité des pavés typographiques. Sur cette même page, l’auteur traite aussi de la spécificité des caractères chinois. C’est à peu près ce même style de caractères impossibles, en fait de pseudo caractères chinois, que l’on trouve sur les cloisons murales du pavillon chinois — la palazzina cinese — construit à la fin du 18e siècle à Palerme pour Ferdinand III de Bourbon. L’exemple n’est pas unique. D’autres sont repérables dans certains palais européens.
Autre exemple, autre approche, dans l’ouvrage encyclopédique, Chine ou Description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d’après des documents chinois (…) de Guillaume Pauthier (1801-1873) Paris : Firmin Didot, 1837, où, dès l’introduction, l’auteur insère (p.3) (ill.2) des caractères parmi les textes en français, quelque peu disproportionnés par rapport aux lettres. Chercheur fécond, Pauthier est coutumier des insertions de caractères dans ses textes. Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine / Confucius et Mencius, sont traduits du chinois et publiés en 1846. Cet intérêt graphique et linguistique se double d’un plaisir des objets chinois, comme dans Des curiosités chinoises exposées aux Tuileries, paru en 1861. Les progrès de l’imprimerie et de la typographie étant notables, les sinologues de l’époque ont, notamment, une revue savante, T’oung Pao [通報], fondée en 1890, qui traite de tous les aspects de la Chine traditionnelle, comme l’indique le titre complet de la revue, T’oung Pao ou Archives pour servir à l’étude de l’histoire, des langues, la géographie et l’ethnographie de l’Asie Orientale (Chine, Japon, Corée, Indo-Chine, Asie Centrale et Malaisie. Les premiers co-rédacteurs en chef ont été le chercheur et politicien Henri Cordier (1849-1925) et le sinologue hollandais Gustav Schlegel (1840-1903), orientalistes et sinologues, qui, avec d’autres contributeurs comme Edouard Chavannes, n’ont jamais hésité à illustrer leurs propos en y insérant les textes originaux.
Dans l’œuvre de Théodore Delamarre, une inscription en sept caractères or tracés sur un montant de l’écritoire rouge auquel s’appuie le lettré attire le regard. Il est ainsi écrit « l’humble homme de ce cabinet a peint cette figure étrange » (ill.3) [此齋小人畫怪像]. La formule renvoie à une certaine modestie confucéenne. Une question se pose : qui a tracé ces caractères ? Le peintre ne sachant pas le chinois, ce tracé élégant qui respecte parfaitement l’ordre du tracé des traits est donc dû à une aide extérieure. Aucun élément précis n’ayant réapparu dans les fonds d’archives particulières, il semble assez plausible, comme cela s’est fait et continue de se faire dans l’univers de la sinologie, qu’un lettré chinois vivant en France et proche du peintre ait pu faire office de calligraphe pour conférer à cette œuvre une aura particulière. Pour le 20e siècle, un exemple amusant est l’aide que François Cheng, jeune enseignant, apporta à Jacque Lacan lorsque celui-ci avait en tête une étude relative au texte calligraphique qui accompagnait une peinture du pommier sauvage, le haitang. Pour Cheng, ce fut une aide matérielle, pour Lacan, une précision lexicale. Le juste milieu était atteint …
BIBLIOGRAPHIE FRANÇAISE DETAILLEE
1. Livrets des Salons de Paris
Société des artistes français, Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans, Paris, différents éditeurs, 1859–1884.
Delamarre expose au Salon de Paris pendant cette période. Le livret de 1859 donne notamment : n° 830, Saint Jérôme ; n° 831, La Via Mala.
Le livret de 1861 est particulièrement important puisqu’il mentionne : L’Occidentaliste de Shang-Haï ; Le Marchand de thé de Canton ; Le Peintre de lanternes de Canton ; Pêcheurs chinois, dessin.
2. Léon Lagrange — critique du Salon de 1861
LAGRANGE, Léon, « Salon de 1861 », Gazette des beaux-arts, 1861.
Lagrange explique notamment que Delamarre n’avait pas nécessairement voyagé en Chine et qu’il avait pu étudier les mœurs chinoises à Paris. Il mentionne également une notice imprimée par Delamarre lui-même, consacrée à ses tableaux chinois. Cette source est particulièrement intéressante parce qu’elle permet d’étudier non seulement ce que Delamarre peignait, mais aussi la manière dont il voulait que le public français comprenne ses peintures chinoises.
3. Charles Gueullette, Les Ateliers de peinture en 1864
GUEULLETTE, Charles, Les Ateliers de peinture en 1864. Visite aux artistes, Paris, 1864.
Gueullette visite directement l’atelier de Delamarre et explique qu’il souhaite examiner l’ensemble de son œuvre. Il rappelle ses débuts comme paysagiste, notamment La Via Mala et Saint Jérôme, puis décrit son évolution vers la peinture de caractère. Il donne aussi des informations sur des œuvres alors présentes dans l’atelier, dont : Le Peintre de lanternes ; L’Occidentaliste de Shang-Haï ; Le Marchand de thé ; Pêcheurs chinois ; Un Intérieur chinois ; Le Jeune malade.
Sa description de Un Intérieur chinois est particulièrement intéressante : un lettré mandarin lit la Gazette de Pékin, tandis que son épouse apparaît à l’entrée de la pièce.
4. Journal des arts, 1866. « Visite de l’atelier de Théodore Delamarre », Journal des arts, 26 juillet 1866, année I, n° 12.
Le numéro est bien identifié et contient une entrée consacrée à Delamarre. Cette source permet de voir ce qui a changé dans l’atelier entre 1864 et 1866.
5. Le Progrès, 5 juin 1862. DELAMARRE, Théodore, « Variétés », Le Progrès, 5 juin 1862.
La publication est particulièrement intéressante parce que Delamarre n’est plus seulement peintre : il intervient directement dans le débat français sur la civilisation chinoise. Cette publication est signalée parmi les sources biographiques de l’artiste.
Delamarre peintre de la Chine → Delamarre observateur de la Chine → Delamarre auteur sur la Chine. Cela permet de dépasser la simple histoire de l’orientalisme pictural.
II. Sources biographiques et dictionnaires
BELLIER DE LA CHAVIGNERIE, Émile et Louis AUVRAY, Dictionnaire général des artistes de l’école française depuis l’origine des arts du dessin jusqu’à nos jours, Paris, Renouard, 1882–1885.
THIEME, Ulrich et Felix BECKER (dir.), Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, Leipzig, E. A. Seemann, vol. 8, 1913, p. 583, notice « Delamarre, Théodore ».
BÉNÉZIT, Emmanuel (dir.), Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, Paris, Gründ, 1999, notice « Delamarre, Théodore », p. 375.
Saur, Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, notice « Delamarre, Théodore ».
III. Catalogues et inventaires des musées
Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon. Catalogue des peintures, dessins, sculptures et antiquités du musée de Besançon.
La notice de Saint Jérôme est très précise : l’œuvre est signée « Théodore Delamarre/1859 », mesure environ 1,35 × 1,40 m et a été donnée par l’artiste en 1860.
Une autre publication ancienne, Inventaire général des richesses d’art de la France, reprend également cette œuvre et précise son lien avec le Salon de 1859.
Palais des Beaux-Arts de Lille. Palais des Beaux-Arts de Lille, notice de collection : Théodore Didier Delamarre, Chinoiserie (ou Un magasin en Chine).
Cette œuvre est particulièrement intéressante pour votre conférence puisqu’elle est aujourd’hui utilisée par le Palais des Beaux-Arts dans une réflexion sur les circulations artistiques entre Chine et Europe.
Musée des Beaux-Arts de Mulhouse. Musée des Beaux-Arts de Mulhouse, notice de collection, Théodore Delamarre, Le Marchand de thé. Œuvre directement liée aux tableaux chinois exposés au Salon de 1861.
Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Musée des Beaux-Arts d’Orléans, notice de collection : Théodore Delamarre, Jeune Chinois lettré écrivant au pinceau.
→ Très intéressante pour l’étude de la représentation du lettré chinois dans la peinture française du XIXᵉ siècle.
IV. Sources iconographiques
Illustrated London News, 29 juin 1861
Theodore Delamarre, The Lantern Painter and The Occidentalist, Illustrated London News, 29 June 1861.
Une publication récente consacrée au japonisme et aux échanges artistiques utilise précisément cette illustration comme document sur Delamarre. Cela montre que l’image de Delamarre et de ses tableaux chinois a circulé au-delà de la France.
V. Sources contemporaines sur le marché de l’art
Elles ne doivent pas être utilisées comme sources biographiques principales, mais elles sont utiles pour rechercher des œuvres inconnues ou perdues.
On trouve par exemple Marchand chinois comptant ses sapèques, présenté comme une œuvre de Delamarre liée au Salon de 1866.
On trouve également des œuvres intitulées La déclaration chinoise dans les catalogues de ventes.
Attention : pour un catalogue raisonné, ces attributions doivent être vérifiées indépendamment. Les catalogues commerciaux contiennent encore des erreurs de dates — notamment 1883 au lieu de 1889.
VI. Bibliographie française sur le contexte : Chine, orientalisme et peinture française
L’orientalisme français au XIXᵉ siècle.
- la peinture orientaliste française sous le Second Empire ;
- les représentations françaises de la Chine ;
- les relations artistiques franco-chinoises au XIXᵉ siècle ;
- les « chinoiseries » ;
- les peintres français représentant la Chine sans y avoir nécessairement voyagé ;
- les images de Canton, Shanghai et des marchands chinois dans l’art occidental.
Une étude récente de Xavier du Crest est justement intéressante dans cette perspective : elle revient sur Delamarre et sur son Occidentaliste de 1861 dans le contexte de la perception française de l’Orient.
VII. Varia
Nathalie Moshniager, Lacan, le chinois et le moulin. Paris : Ed. du Fenouil, 2021
Christophe Comentale, Zhang Hua, l’ami très discret de Pan Yuliang. Paris : Ed. Naima, 2025. Bibliog. pp.137-138.
BIBLIOGRAPHIE CHINOISE — VERSION CORRESPONDANTE
Voici maintenant la même bibliographie présentée pour votre usage en Chine. Je conserverai toujours le titre français entre parenthèses.
一、原始文献
1. 巴黎沙龙展览目录
Société des artistes français,
Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans, Paris, 1859–1884.
中文:
法国艺术家协会:《在世艺术家绘画、素描、雕塑、建筑及版画作品说明目录》,巴黎,1859—1884年。
这是研究德拉马尔雷参加巴黎沙龙最重要的第一手资料之一。
1859年的目录记录了:
- 《圣哲罗姆》(Saint Jérôme)
- 《维亚马拉山谷》(La Via Mala)
1861年的目录尤其重要,记录:
- L’Occidentaliste de Shang-Haï
《上海的西方语文学者》/《上海的西方研究者》 - Le Marchand de thé de Canton
《广州茶商》 - Le Peintre de lanternes de Canton
《广州灯笼画师》 - Pêcheurs chinois
《中国渔民》
1861年目录的原始文本可以直接查阅。
二、同时代艺术批评
2. Lagrange, Léon, « Salon de 1861 », Gazette des beaux-arts, 1861.
中文:
莱昂·拉格朗日:《1861年沙龙》,《美术公报》(Gazette des beaux-arts),1861年。
这是研究德拉马尔雷中国题材绘画最重要的同时代评论之一。
拉格朗日特别指出,德拉马尔雷未必亲自到过中国,而是在巴黎通过中国人、书籍和资料进行观察与研究。
3. Gueullette, Charles, Les Ateliers de peinture en 1864. Visite aux artistes, Paris, 1864.
中文:
夏尔·盖莱特:《1864年的画家工作室:艺术家访问记》,巴黎,1864年。
这是非常珍贵的材料,因为作者亲自访问了德拉马尔雷的画室,不仅介绍他的艺术道路,还列举当时画室中的作品。
特别值得关注:
- Le Peintre de lanternes
- L’Occidentaliste de Shang-Haï
- Le Marchand de thé
- Pêcheurs chinois
- Un Intérieur chinois
- Le Jeune malade
4. « Visite de l’atelier de Théodore Delamarre », Journal des arts, 26 juillet 1866.
中文:
《参观泰奥多尔·德拉马尔雷的画室》,《艺术杂志》(Journal des arts),1866年7月26日。
这是研究1866年前后德拉马尔雷创作状态的重要材料。
5. Delamarre, Théodore, « Variétés », Le Progrès, 5 juin 1862.
中文:
泰奥多尔·德拉马尔雷:《杂谈》,《进步报》(Le Progrès),1862年6月5日。
这一文献尤其值得您在中国的演讲中使用,因为这里的德拉马尔雷已经不仅是一个**“画中国的法国画家”**,而且是一个直接谈论中国文明的法国作者。
八、法文辞典的中文对照
6. Bellier de La Chavignerie & Auvray
Bellier de La Chavignerie, Émile et Louis Auvray,
Dictionnaire général des artistes de l’école française depuis l’origine des arts du dessin jusqu’à nos jours, Paris, Renouard, 1882–1885.
中文:
埃米尔·贝利耶·德·拉·沙维涅里、路易·奥弗雷:《法国画家通用辞典:从绘画艺术起源至今的法国艺术家》,巴黎,1882—1885年。
7. Thieme, Ulrich & Becker, Felix (dir.),
Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, Leipzig, E. A. Seemann, vol. 8, 1913, p. 583.
中文:
乌尔里希·蒂梅、费利克斯·贝克尔主编:《从古代至今的艺术家通用辞典》,莱比锡,第8卷,1913年,第583页。
8. Bénézit, Emmanuel (dir.), Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, Paris, Gründ, 1999, p. 375.
中文:埃马纽埃尔·贝内齐:《各时代及各国画家、雕塑家、素描家与版画家批评及文献辞典》,巴黎,Gründ出版社,1999年,第375页。
9. Saur, Allgemeines Künstlerlexikon: Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker.
中文:Saur:《世界艺术家通用辞典:各时代及各民族视觉艺术家》。
九、博物馆资料的中文目录
| 法文资料 | 中文说明 |
| Musée des Beaux-Arts de Besançon — Saint Jérôme | 贝桑松美术与考古博物馆——《圣哲罗姆》 |
| Palais des Beaux-Arts de Lille — Chinoiserie / Un magasin en Chine | 里尔美术宫——《中国风 / 中国的一间商店》 |
| Musée des Beaux-Arts de Mulhouse — Le Marchand de thé | 米卢斯美术馆——《茶商》 |
| Musée des Beaux-Arts d’Orléans — Jeune Chinois lettré écrivant au pinceau | 奥尔良美术馆——《用毛笔书写的年轻中国文人》 |
| Théâtre de l’Odéon, Paris — La Leçon de lecture | 巴黎奥德翁剧院——《阅读课》 |
其中贝桑松的《圣哲罗姆》尤其有确切的馆藏历史:1859年作品、1860年由艺术家本人捐赠。
十、我特别建议您在两国会议中使用的一个研究框架
如果您的演讲主题涉及**“法国画家眼中的中国”**,我认为德拉马尔雷非常值得重新研究,因为他的情况其实很有意思:
第一层:法国人眼中的中国
→ Chinoiserie
→ 商人
→ 茶
→ 灯笼
→ 文人
→ 曼达林
→ 中国室内空间
第二层:他是否真正到过中国?
19世纪法国评论已经提出这个问题,而且倾向于认为他是在法国通过观察、阅读和资料进行创作。
第三层:他为什么创造“Occidentaliste”?
这是非常漂亮的一个切入口:
法国人用 Orientaliste 来描述“研究东方的西方人”,而德拉马尔雷却创造了 « Occidentaliste »,即一个研究西方、学习西方语言的中国人。
因此:
东方人看西方,西方人看东方。
这个“视线的倒转”非常适合中法两地的学术演讲。
而且,1861年《上海的西方研究者》恰恰是这方面最好的例子。19世纪评论家甚至注意到了德拉马尔雷创造这个词本身的语言趣味。
十一、最后给您一个可直接放进论文或讲稿的核心参考书目
如果篇幅有限,我会优先保留以下 12项:
- DELAMARRE, Théodore, « Variétés », Le Progrès, 5 juin 1862.
- GUEULLETTE, Charles, Les Ateliers de peinture en 1864. Visite aux artistes, Paris, 1864.
- LAGRANGE, Léon, « Salon de 1861 », Gazette des beaux-arts, 1861.
- « Visite de l’atelier de Théodore Delamarre », Journal des arts, 26 juillet 1866.
- Société des artistes français, Explication des ouvrages…, livrets des Salons, 1859–1884.
- BELLIER DE LA CHAVIGNERIE, Émile et Louis AUVRAY, Dictionnaire général des artistes de l’école française…, Paris, 1882–1885.
- THIEME, Ulrich et Felix BECKER, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler…, vol. 8, Leipzig, 1913, p. 583.
- BÉNÉZIT, Emmanuel (dir.), Dictionnaire critique et documentaire…, Paris, Gründ, 1999, p. 375.
- Saur, Allgemeines Künstlerlexikon.
- Catalogue des peintures, dessins, sculptures et antiquités du musée de Besançon.
- Inventaire général des richesses d’art de la France, section consacrée aux musées de Besançon.
- DU CREST, Xavier, travaux sur la perception française de l’Orient et l’orientalisme, notamment le passage consacré à Delamarre.