2024, fin de l’année du lapin et début de l’année du dragon est une année favorable à la mise en ligne de la rubrique Objets et collections. Des objets acquis ou regardés, devenus des marqueurs d’un plaisir éphémère ou stabilisé dans la continuité du gardiennage affectif, scientifique, passionnel, … que constitue une collection.
Les visites aléatoires aux marchés d’ancien et d’occasion continuent de réserver des surprises. Les jeux de la découverte au fil du hasard s’avèrent parfois intéressants. Ainsi en va-t-il de quatre œuvres, très différentes au niveau des localisation, technique utilisée et format. Elles ont en commun d’avoir été réalisées entre la fin du XIXe siècle et les année 20 du suivant.
Akira Iumara, Toshi (Toshimi Ishii) et Sanzhar Zhubanov
Mairie du 8e arr., Paris. Compte-rendu d’exposition et nouveau florilège d’œuvres du sculpteur et peintre Sanzhar Zhubanov
De temps à autre, nos édiles savent cultiver les relations publiques, politiques au profit de la culture et de sa diversité incommensurable. Leurs liens avec des chercheurs de tous horizons ont permis, le temps de cette exposition originale de confronter trois artistes aux styles bien différents, deux créateurs japonais entre polychromie et cartoon et un troisième, kazakh, Sanzhar Zhubanov.
A l’initiative de Jeanne d’Hauterive, maire du 8e arrondissement et de son adjoint en charge de la culture, Jean-Pierre Hesse, une importante salle de la mairie, restructurée et modulable a accueilli les artistes invités.
Paul Richer (1849-1933). Tres in una [Idéal du nu féminin dans l’art selon les maîtres de la Renaissance, les Antiques, les Modernes] (1913), marbre blanc. Entrée de la salle des expositions, mairie du VIIIe arrondissement, Hotel Cail, Paris
The world of tea, Musée du Vieux palais, Cité interdite, Pékin. Exposition, du 2 septembre au 30 novembre 2023
茶起源于中国,盛行于世界
主办单位:故宫博物院
Hall principal de la Porte du Midi et salles d’exposition Est et Ouest de la Tour de l’Aile de l’Oie Sauvage
故宫博物院午门正殿及东西雁翅楼展厅
Compte-rendu par Christophe Comentale (柯孟德) et Alain Cardenas-Castro (阿蘭)
Ci-dessus, de haut en bas et de gauche à droite. Christophe Comentale, Wang Xudong, Alain Cardenas-Castro au département des expositions du musée du Vieux Palais et différents pavillons de la Cité interdite
Cette manifestation exceptionnelle par sa scénographie tire parti de l’unicité du lieu et aussi d’un florilège de pièces archéologiques et patrimoniales choisies au sein des collections du Palais et de grands musées de la Chine ayant des pièces évocatrices du propos des organisateurs. Comme l’a rappelé le président de l’établissement, Monsieur Wang Xudong, rencontré en octobre dernier dans cet établissement dont il ne cesse de valoriser les actions envers les collections et le public, « Le thé est originaire de Chine et a affirmé une popularité unique dans le monde entier. Les différentes campagnes de rénovation du musée ont permis de davantage mettre en valeur ses collections uniques. Elles permettent de révéler au public chinois des trésors rarement montrés, quant au public étranger, il reste sous le charme de ce lieu de quelque 72 hectares ».
Si, depuis une trentaine d’années le marché de l’art chinois a été comme dopé, suintant un dynamisme et une structuration stratégique déconcertants pour l’œil et l’oreille occidentaux avertis selon des critères trop cartésiens, une inflexion à cette période heureuse a été marqué par une situation politique quelque peu décalée et recalée selon d’autres critères, dont la visibilité des états dans et hors l’Europe a donné une nouvelle donne…
Ainsi en ce 23 novembre 2023, soit, à un jour près, à la veille de Noël – qui reste la grande cause de liesse dans un Occident traditionnel – afin de venir en aide à la situation sociale et humaine du Liban, une vente aux enchère caritative a eu lieu au Cercle Interallié sis à Paris. Sauver des vies au Liban, tel était le titre programmatique de la manifestation sous l’égide de Malte Liban, de l’Hôtel-Dieu de France et de la fondation USJ (Université Saint Joseph de Beyrouth). Retransmise en live via Drouot.com, la vente a eu lieu par le ministère de Maître Blandine Camper, commissaire-priseur (ill. 1).
Sculpteur curieux, parfois proche de l’artisan, car, comme lui, il fabrique ses propres outils, Dominique Babinet a conjugué l’enseignement, depuis 1982 au centre Albert Chanot à Clamart et la création, sa création personnelle. Elève de Robert Courtin, connu pour sa statuaire, notamment dans la cathédrale de Reims, Dominique Babinet est aussi inspiré par Rodin comme par Bourdelle.
Ci-dessus. Dominique Babinet, Sans titre (ca 2015), cire, H. 7 cm, larg. 5 cm ; Dominique Babinet, Sans titre (ca 2015), plâtre, H. 6 cm, larg. 6 cm, ép. 3 cm
Compte-rendu de mission en Chine – Pékin, Dunhuang, octobre 2023.
un cycle de missions centrées sur l’étude des peintures murales, les fresques de Dunhuang (ill. 1 à 3), vues dans une perspective comparatiste a permis une continuité de points de vue et d’observations menées dans un contexte plus large. Les contributeurs, français et chinois, ont développé des axes multiples (voir diaporama ill. 4 à 13).
Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1 à 3) Parvis du musée du Centre de recherches et de protection du patrimoine de Dunhuang ; les grottes de Mogao ; une salle du musée.
Ci-dessus. (ill. 1 et 2) Zhang Hua, Autoportrait, années 1940-1950, lavis sur papier, 34 x 26 cm ; (ill. 3) Zhang Hua, Autoportrait au pinceau (sd), gouache sur papier, 32 x 23 cm
Les grottes de différents sites, Mogao, Yulin, valent à Dunhuang un attrait constant, celui d’un public important. Il n’empêche qu’en ces lieux campés au beau milieu du désert, l’accueil est un point non négligeable pour les visiteurs de cette oasis.
Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1 à 3) le designer Chen Xiangjing dans son atelier
Après le livre du peintre Emile Gallois[1] (1882, Ligny en Barrois – 1965, Clichy la Garenne) qui m’a permis de rapporter le travail collaboratif de ce spécialiste du costume avec le peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro[2], un autre objet, trouvé également sur un marché d’occasion, m’a permis, cette fois, de mettre en avant quelques-unes de mes œuvres se rapportant à la thématique maritime.
L’objet trouvé est une peinture représentant le paquebot [« Aquitaine »] signée et datée [J. Dutoit, 1909] (ill. 1). En l’observant plus attentivement, cette marine de petit format (38 x 55 cm) se révèle d’une facture particulière. En effet, J. Dutoit a utilisé des timbres de collection découpés puis collés pour réaliser son œuvre que l’on peut ainsi rattacher à l’Art Brut défini par Jean Dubuffet (1901-1985).
Les œuvres d’Art Brut sont réalisées par des créateurs autodidactes. Ils créent un univers à leur propre usage sans se préoccuper de la critique du public et du regard d’autrui. […] Ne recherchant ni reconnaissance, ni approbation, ils conçoivent un univers à leur propre usage. Leurs travaux, réalisés à l’aide de moyens et de matériaux souvent inédits, sont indemnes des influences exercées par la tradition artistique, et mettent en application des modes de figuration singuliers. La notion d’Art Brut repose à la fois sur des caractéristiques sociales et des particularités esthétiques.[3]
(ill. 1) J. Dutoit. « Aquitaine » (1909), collage de timbres de collection et gouache sur carton, 38 x 55 cm
La Maison de l’Amérique latine, à Paris, est un espace culturel qui a été fondé en 1946 à l’initiative du ministère français des Affaires étrangères. Sise à Paris, au 217 boulevard Saint-Germain, cette institution est destinée aux échanges culturels, économiques et diplomatiques entre la France et les pays d’Amérique latine, quelle que soit leur tendance politique. Avant 1965, la Maison de l’Amérique latine était située au 96 avenue d’Iéna, non loin de la Place de l’Etoile. En 1956, le peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro y présente ses peintures lors d’une exposition monographique intitulée » Juan-Cardenas-Castro-Kanchacc »…
La Maison de l’Amérique latine
Je rappellerai ici les origines de cette institution dont le point de départ est la volonté du gouvernement français — conscient du développement considérable pris par l’Amérique latine dans le monde après la guerre de 1940 — de chercher le moyen d’organiser des rapports plus suivis et plus amicaux entre le ministère des Affaires étrangères, les personnalités françaises intéressées par l’Amérique latine et les représentants en France des nations latino-américaines. Effectivement, c’est Monsieur Etienne Dennery (1903-1979), directeur des affaires d’Amérique au ministère des Affaires étrangères, qui prend l’initiative de réunir dans son cabinet, en 1946, quelques personnes connu pour leur attachement à l’Amérique latine ou leurs connaissances particulières de ses problèmes : M. Luiz Martins de Souza Dantas (1876-1954), ancien ambassadeur du Brésil ; M. Luiz Ulmann, son secrétaire ; Paul Rivet (1876-1958), le fondateur du Musée de l’Homme ; le professeur Raymond Ronze (1887-1966), spécialiste des civilisations de l’Amérique latine ; M. Robert de Billy (1894-1991), connaisseur et amateur de l’Amérique latine. Parmi ces personnalités, Luiz Ulmann, décide de modifier les statuts d’une association créée en 1944 — ayant pour objet la réunion des Brésiliens à Paris et l’accueil des membres du corps expéditionnaire militaire brésilien en France — pour l’étendre à tous les Latino-Américains. De cette façon, le désir du gouvernement français et l’initiative franco-brésilienne de Luiz Ulmann ont constitués la base fondatrice de la Maison de l’Amérique latine. Plus d’une vingtaine d’années plus tard, en 1965, l’immeuble de l’avenue d’Iéna est mis en vente et l’association n’a pas les moyens de l’acquérir. C’est le soutien du Général de Gaulle qui permet à la Maison de l’Amérique latine de s’installer dans les deux hôtels particuliers des 217, bld Saint-Germain et 1, rue Saint-Dominique et de poursuivre ses objectifs (ill 1). Ainsi, au fil des années, la Maison de l’Amérique latine accompli sa mission en suivant l’évolution générale des politiques française et latino-américaine avec une intense activité permettant les échanges et les rencontres, rencontres le plus souvent culturelles…