Notule relative à deux œuvres d’Anna Romanello

par Christophe Comentale et Emmanuel Lincot

Une mission de recherche prévue en Italie sur le tout début du premier semestre 2019, notamment à Rome et au Vatican, et relative à une réflexion sur des pièces patrimoniales asiatiques, modernes et contemporaines, est l’occasion de rencontres variées avec des confrères des musées et des plasticiens, dont Anna Romanello.

Rappelons que cette artiste originaire de Corigliano, diplômée de Brera (Milan) et des Beaux-arts de Paris n’a cessé depuis 1972 d’enchaîner œuvres et performances en parallèle à sa carrière d’enseignante en arts graphiques et appliqués, en particulier aux Beaux-arts de Rome. Son travail de plasticienne développé au fil des décennies concerne en particulier une approche sur les liens ténus qui unissent la couleur de l’œuvre unique aux variantes des multiples dont elle n’a cessé de développer une synthèse magistrale sur les œuvres sur papiers occidentaux et asiatiques, supports privilégiés de son parcours. Avec ses nombreuses expositions monographiques en Italie et à l’international, ses œuvres sont entrées dans les fonds patrimoniaux les plus prestigieux du monde occidental et asiatique.

Parmi cet œuvre dense, cette notule sera le temps d’un regard sur deux œuvres de formats importants (120 x 160 cm), Eruption (1983) et Le soleil couchant embrase l’horizon (1996).

Emule d’Hayter dont elle est l’assistante, Anna Romanello est coutumière d’une polychromie intense. Est-ce celle qui irradie les versants des demeures de Corigliano et des alentours de cette région ? Il doit plutôt s’agir, sur ces deux œuvres, de déflagrations qui émanent de flashes, d’intensités sublimées si propices à des créations dont l’immédiateté doit se concentrer en des points donnés, ceux que concentrent ces pièces quasi uniques.

Le soleil couchant embrase l’horizon (1996), 125 x 150 cm, Technique mixte sur bois et aluminium gravé.

Des renvois de rouge-noir et ocre jaune dans Le soleil couchant embrase l’horizon rappellent un Orient extrême qui sait combiner jeux baroques avec surfaces de terres, carnées et laquées, des nuances que l’on retrouve en ces superbes polices de caractères mobiles Song aux Xe et XI siècles. Peu importe en fait cette précision historique, seule, l’intensité forte, captivante, rejaillit de la même façon à ce regard du spectateur.

Quant à la cartographie d’Eruption, qu’elle soit celle d’un réseau d’embûches, d’entrelacs ou, plus vraisemblablement, de pétroglyphes – non identifiés – ou encore de radiographies de corps absents, ces deux œuvres scandent un rythme que cette enchanteresse sait rendre invisible et inexistant malgré une structure forte qui donne une ossature digne de Rouault, et aboutit à un creuset de signes nés des griffures de l’eau-forte, des taches de l’aquatinte, de la sécheresse veloutée de la pointe sèche.

Eruption (1993), 120 x 150 cm, Eau-forte, aquatinte, et pointe sèche sur cuivre. Gravure en couleurs simultanées

Une observation encore, les deux volets du diptyque que constitue Eruption s’inscrivent tout naturellement sans que la prouesse l’emporte sur la sensation. Mais le sens de l’inscription, calligraphique, sensitif, gestuel, ne perd rien chez cette praticienne des paysages taoïsants et au sein desquels il est toujours permis de pénétrer lorsque le spectateur en émet le désir.

Le face à face à l’œuvre devient osmose.




Renvois bibliographiques

 Catalogues (sélection)

  • Promenades romaines, Paris : galerie Arte viva, 2001
  • Paris-Rome, Corigliano : Palais ducal, 2005
  • Tentative d’évasion, Rende : musée du présent, 2007
  • London reflections, Paris : galerie Arte viva, 2014
  • I luoghi della memoria, Rome : Ed. Gangemi, 2015
  • Attraversare il tempo, Rome : Case del Celio, 2016

Renvois critiques (sélection)

  • Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale, Du livre d’archéologie au livre d’artiste d’Est en Ouest, in Science et art contemporain, 23 juillet 2018.
  • Christophe Comentale, Les promenades romaines d’Anna Romanello, in Art & Métiers du Livre, oct.-nov.2001 (226), pp. 40-45 : ill.
  • https://www.rivistasegno.eu/events/anna-romanello-forme-incise

Eléments bibliographiques complémentaires sur le site

Site de l’artiste : annaromanello.it

 

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Mémoire. À propos d’une œuvre remarquable de Yuan Chin-taa, « Installation à quatre éléments » (2017)

par Christophe Comentale et Emmanuel Lincot

Yuan Chin-taa, artiste taiwanais né en 1949 est fréquemment invité à de prestigieuses expositions en Chine et en Europe. En 2017, une rétrospective de son œuvre peint et de ses prestigieuses installations de papier ont été montrées au Salon Pages de Paris où il était invité d’honneur, puis au musée Marcel Sahut de Volvic et enfin au musée chinois du quotidien de Lodève.

Différents articles publiés récemment font le point sur la création de ce créateur singulier. Ils sont listés dans l’orientation bibliographique sommaire qui suit ce mémoire.

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Regards sur l’art des aborigènes d’Australie, la collection Morteza Esmaili

Compte-rendu de l’exposition qui a eu lieu du 22 septembre au 17 novembre 2018. Château des deux amants, Les Deux Amants, 27380 Amfreville-sous-les-vents.     Contact : 06.76.29.53.36.

par Christophe Comentale et Ma Li Dautresme

« Au contact des aborigènes, on apprend à comprendre ce qu’il y a derrière les œuvres » M.E.

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De la diffusion des connaissances : sur la mise en place d’un projet bilatéral France Pérou relatif aux œuvres de Juan Manuel Cardenas-Castro (5)

par Alain Cardenas-Castro

Récemment, au fil de mes investigations dans l’important corpus documentaire relatif au peintre et muséographe Juan Manuel Cardenas-Castro, j’ai pu repérer un exemple exceptionnel parmi les éléments de cet ensemble d’œuvres peintes ou dessinées, conservées dans des collections privées en Europe et au Pérou. Il s’agit d’une peinture intitulée IMPRECION, qui a été acquise par l’état français à l’occasion du Salon du Franc[1] en 1926. Elle appartient au FNAC (Fonds National d’Art Contemporain). J’ai découvert également quelques rares documents audiovisuels, trois films courts composés de séquences dans lesquelles on peut voir Juan Manuel Cardenas-Castro.

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Des images entre renouveau et tradition : les estampes japonaises de la collection Wessels

Compte-rendu par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Outre des collections de gravures occidentales riches, la Fondation Custodia[1] présente au fil de somptueuses expositions patrimoniales des ensembles de gravures d’autres aires culturelles, notamment des gravures américaines. Année du Japon oblige[2], les événements relatifs à ce pays et à ses aspects les plus variés se succèdent, comme ce florilège de quelque 200 gravures[3] dues à une cinquantaine d’artistes et couvrant les années 1900 à 1960. Un créneau chronologique original, qui intrigue. Il s’agit d’un florilège de la collection rassemblée par Elise Wessels depuis 25 ans et actuellement au Musée de l’estampe japonaise (Nihon no hanga) à Amsterdam.

Exposition Vagues de renouveau, à la Fondation Custodia – Collection Frits Lugt, du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019, 121 rue de Lille, Paris 7e. tlj sauf le lundi, 12h-18h.

Le créneau chronologique proposé a un peu de quoi surprendre — agréablement —, il quitte le créneau traditionnellement lié à l’âge d’or de la gravure sur bois japonaise et à ses polychromies et rendus techniques qui savent allier minutie ou vastes effets de pochades restitués avec un effet de surprise renouvelé. Une partie de ces œuvres a été réalisée durant l’ère Meiji – politique éclairée – (1868-1912), ère impériale durant laquelle le Japon décide une ouverture du pays sur l’extérieur.


Ci-dessus (ill. 4), Koizumi Kishio, Le temple Sengaku-ji sous la neige


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Claudio Mariani et le mutisme des symboles

par Christophe Comentale

J’ai, durant les années 80 – 90 du XXe siècle, développé un certain nombre de collaborations avec des artistes, notamment en rédigeant pour eux des parties liminaires à leur catalogue, préface, article de fond, postface et toutes variantes textuelles possibles qui contribuent à familiariser l’approche d’un créateur au public.

Cela a été le cas pour l’œuvre de Claudio Mariani (1942-1998), artiste italien francophone et francophile, humaniste et très versé dans une approche qui donne tout son poids à la civilisation de la Rome antique, au courant des hermétistes italiens,…

Une version partielle du catalogue de son exposition de 1990 est devenue le seul document d’accompagnement disponible sur cet artiste discret.

Sa fille, Silvia Mariani, a jugé nécessaire, pour la connaissance de l’œuvre de son père, de créer un site qu’elle gère en y montrant des œuvres.

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A propos d’une composition florale de Rica Araï présentée à l’exposition « Epiphytes »    

par Christophe Comentale

Le 6 septembre 2018, afin de préparer sa saison de ventes pour l’automne, la société Artcurial a eu l’heureuse idée de faire une présentation d’œuvres de provenances très diverses : occidentales, asiatiques, africaines aussi, en la couplant avec la mise en espace de compositions florales surprenantes.

Huit fleuristes reconnus sur les scènes française et internationale ont été invités pour la circonstance à créer des installations épiphytes : notamment Catalina Lainé, Claire Boreau, Jefferson Fouquet, Pierre Blanchereau, Jean-Louis Castor, Rica Araï,… Ces œuvres sont en symbiose avec des œuvres de créateurs modernes (Alberto et Diego Giacometti, Lucio Fontana, Ettore Sottsass,…) destinées à des ventes à venir.

Cette initiative permet de réfléchir au traditionnel art de l’ikebana représenté en l’occurrence par une composition de Rica Araï.

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克莱尔·莫罗:绘画与书法在文字中交融

撰文 孙成安、柯孟德

翻译 胡嘉兴

西方重新发现书法这一曾被遗忘的高雅艺术已有时日。这其中最具代表性、并且达到最高水准的艺术家之一,就是法国的克莱尔·莫罗(图),她不仅是艺术家,也是一位饱读诗书的文人。几十年来,她精熟地使用文字创作,并像维耶拉·达·思勒娃[1]或保罗·克利一样,通过画面的张力,激发着人们对另一空间乃至另一世界的想象。

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A propos de « Mémoire de choc », florilège de peintures récentes de l’artiste chinoise Zhang Qiongfei

张琼飞个人绘画展

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Le rôle d’une galerie, c’est de révéler ou de confirmer des talents, en tout cas des pratiques et des œuvres nouvelles. C’est en cela que depuis plusieurs décennies, la galerie-librairie Impressions assume ce rôle avec toute la liberté de choix qui préside à ces expositions, dont plus de trois cents ont permis de révéler l’œuvre de créateurs que les circuits institutionnels classiques auraient négligé, voire ignoré ! Portrait d’une artiste du quotidien qui s’effiloche et de la vie qui passe…

Cette exposition de Zhang Qiongfei permet, outre le plaisir de découvrir une soixantaine d’œuvres, de reprendre aussi un vieux débat, celui de l’origine des artistes chinois et de leur appartenance – ou pas – à un courant provincial, lié à leur origine géographique.

Zhang Qiongfei, le soir du vernissage de son exposition Mémoire de choc à la Galerie Librairie Impressions (7 septembre 2018).

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