Le puma à plume et autres motifs précolombiens. Des dessins scientifiques retrouvés dans l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro : l’art de l’Ancien Pérou enseigné par l’image

par Alain Cardenas-Castro

« C’est dans les paradoxes du travail artistique que se révèlent quelques-unes des mutations les plus significatives du travail et des systèmes d’emploi modernes.[1]». Il en va ainsi du travail créatif qui peut se penser autour des notions d’originalité, d’innovation et d’inégalité, à l’aune de la vie de nombreux artistes, qui, pour subvenir aux besoins de leur quotidien sont obligés d’avoir d’autres activités annexes. Tel a été le cas pour plusieurs artistes péruviens dont Elena Izcue et les frères Cardenas-Castro.

Pour mémoire, les frères Cardenas-Castro, après avoir entamé une carrière de peintres au Pérou, ont effectué leur voyage en Europe au début de la troisième décennie du XXe siècle. Juan Manuel Cardenas-Castro arrive à Paris en 1920 précédant son frère José Félix, qui, lui, arrive à Madrid l’année suivante[2]. Ils se retrouvent ensemble à Paris dans l’effervescence du Montparnasse des années dites « folles », poursuivant chacun leur œuvre tout en effectuant d’autres activités afin de pallier aux aléas financiers.

De la diffusion de contenu scientifique. Les esquisses et dessins de Juan Manuel Cardenas-Castro

Dans le corpus des œuvres dessinées du peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro, il existe quelques dessins de type scientifique[3] (ill. 1 à 15). Retrouvé dans son atelier parisien, ces dessins ont été réalisés durant la période pendant laquelle Juan Manuel Cardenas-Castro a travaillé au Musée d’Ethnographie du Trocadéro et au Musée de l’Homme — une période allant de 1928 jusqu’aux années 1950. Ces dessins témoignent de son activité de muséographe exercée pour des institutions notoires au sein du monde scientifique, activité qu’il a menée parallèlement au développement de son œuvre personnelle.


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas. (ill. 1 à 15) Le corpus des dessins scientifiques du fonds Cardenas-Castro réalisés par Juan Manuel Cardenas-Castro


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A propos d’une « saison culturelle » à l’IMA

par Alain Cardenas-Castro & Christophe Comentale

Ce vaste bâtiment parsemé d’essais architecturaux postorientalistes dresse sa dizaine de niveaux face à la Seine. Il semble toujours aussi tassé, ce qui se confirme dans les étages qui n’ont pas la hauteur si décontractée des bâtiments haussmanniens. C’est beau quand même, ça appelle la mélancolie d’une autre époque ! Le café du rdc est assez décontracté, l’accueil chaleureux, l’humain fait le reste. Somme toute, l’endroit reste un bastion entre élégance et marginalité parisienne.

 

L’exposition Habibi, les révolutions de l’amour

La manifestation, coordonnée par Elodie Bouffard, responsable des expositions, Khalid Abdel-Hadi, directeur éditorial de My Kali magazine et Nada Majdoub, commissaire associée, se tient du 27 septembre 2022 au 19 février 2023.

Comme l’indique un compte-rendu synthétique et bref,

« Poursuivant la mise en valeur par l’IMA des 1001 facettes de la culture arabe et de sa créativité, Habibi, les révolutions de l’amour, présente, déployées sur 750 m2, des œuvres récentes autour des identités LGBTQIA+. Autant de nouveaux regards, exprimant avec force les interrogations sociales, personnelles et esthétiques qui traversent la création contemporaine. À l’attention des visiteurs : l’accès à certaines œuvres présentées lors de cette exposition est réservé aux seules personnes majeures. Comment les identités sexuelles et de genre sont-elles représentées dans la création contemporaine ? Comment circulent-elles ? Quelles stratégies esthétiques déploient-elles pour décrire et confronter les sociétés ? Photographie, peinture, vidéo, performance, littérature, animation…: la parole aux artistes, et à leur récit singulier qui dessine leurs doutes et leurs fragilités ».

Certes, on voit des hommes dénudés, quelques femmes aussi, des transgenres, etc., d’autres qui prennent la pause (pose) à la façon des Odalisques de Matisse et autres œuvres orientalistes, etc. Quelques photos prises sur place donnent le ton, pas vraiment de scènes torrides… (ill.4 à 9).

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A propos d’un motif de saule bleu sur faïence anglaise, un plat à décor de paysage chinois, une chinoiserie de la toute fin du 19e s.

par Christophe Comentale

Un ami, créateur, collectionneur et curieux de tout, m’a présenté un plat (ill.1) chiné en province. Ce qui l’a attiré, c’est, bien sûr, d’une part, le paysage dont la composition renvoie assez justement pour l’imaginaire occidental, au thème du paysage classique montrant un équilibre entre plein et vide grâce à la présence de mont(agne) et de plan d’eau, lieu au sein duquel l’homme voit son échelle proportionnée à celle de la Nature, microcosme dans un macrocosme qui le pousse à une certaine modestie. Il a, d’autre part, été impressionné par l’imposante restauration du plat, dont le fond est parcouru d’énormes agrafes, quasiment invisibles sur la surface historiée, à l’exception de quelques éclats, probablement apparus lors de la chute de la pièce.

 

Un peu d’histoire sur l’origine et de la fortune d’un motif végétal, le saule bleu (ill.2)

Le motif du saule est familier en de nombreuses contrées car l’arbre croît sur le bord de tous les cours d’eau ou des lieux humides, en Asie comme en Europe ou en Amérique. Outre cette considération, son ombre permet aux uns et aux autres de se protéger du soleil sous ses branches, ou, aussi, de trouver une certaine intimité…

Ce plat, anglais, pose, implicitement, la question de l’original et de la copie. Si, en Chine, la copie est, parmi les six principes qui régissent la peinture, celui qui s’avère le meilleur moyen de devenir progressivement, autonome, a contrario de l’occident qui voit là un manque d’originalité, il n’en demeure pas moins que ce thème a eu et conserve encore une fortune édifiante.

La question de la datation reste la première chose à évoquer et à résoudre. Une importante littérature, de première main ou constituée de données trouvées sur des sites anglo-américains, montre qu’une ferveur importante reste constante autour de ce type précis de pièce, par ailleurs l’objet de rééditions actuelles. La pièce est aussi destinée à un usage quotidien.

Ce plat est, ainsi, lié à la connaissance de Extrême-Orient qui commence, pour la partie sud de l’Europe, au 14e siècle avec la présence des ordres mendiants envoyés en mission pour voir comment mettre en place le salut des âmes là-bas. Les choses continuent avec la présence des Polo en Chine. Marco (1254, Venise – 1324, Venise), parti à l’âge de 17 ans avec son père, Niccolò, et son oncle Matteo pour l’Asie. Marco est le plus connu, notamment par son œuvre parue sous différents titres, Le Million, Le Devisement du monde ou Le Livre des merveilles. En dépit d’éléments étranges, le monde décrit est aussi repoussant qu’admirable. Il sollicite l’imaginaire des destinataires et de la classe dirigeante qui constituent un lectorat en quête de nouveaux marchés. Les prospections continuent, toute l’Europe souhaitant tirer parti des richesses de ce monde inconnu. Les routes maritimes sont l’objet d’enjeux qui se concrétisent au fil du temps par la diplomatie et les canons. Les armateurs, les commerçants, les missionnaires parviennent en Chine par différentes routes maritimes. Les Anglais y débarquent au tout début du 17e siècle, avec la création de la Compagnie britannique des Indes orientales — d’abord anglaise, sous le nom de East India Company, EIC, puis britannique sous le nom de British East India Company, BEIC — le 31 décembre 1600 par une charte royale de la reine Élisabeth Ire d’Angleterre, conférant pour 20 ans le monopole du commerce dans l’océan Indien à la souveraine.

Les Anglais montrent leur sens fort du commerce au niveau international avec la fondation de cette première des compagnies européennes fondées au 18e siècle pour conquérir « les Indes » et dominer les flux commerciaux avec l’Asie. Elle se trouve d’emblée en concurrence avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, et prend l’avantage sur la Compagnie française des Indes orientales qu’elle conduit à la ruine en conquérant toutes ses possessions en Inde, tout en survivant à une grave crise financière. Elle marque profondément la création du futur Empire britannique.

La compagnie devient l’entreprise commerciale la plus puissante de son époque et acquiert des fonctions militaires et administratives régaliennes dans l’administration de l’immense territoire indien. Heurtée de plein fouet par l’évolution économique et politique du 19e siècle, elle décline progressivement, puis disparaît en 1858 après la révolte des cipayes, soulèvement populaire qui a lieu en 1857 contre la Compagnie anglaise des Indes orientales. Cette action forte d’opposition est également appelée première guerre d’indépendance indienne ou rébellion indienne de 1857.

Depuis ses quartiers généraux de Londres, l’influence de la Compagnie s’est étendue à tous les continents : elle a, entre autres, présidé à la création des Indes britanniques et du Raj, fondé Hong Kong et Singapour, répandu la culture du thé en Inde et l’usage de l’opium en Chine, retenu Napoléon captif à Sainte-Hélène, et s’est trouvée directement impliquée dans la Boston Tea Party qui servit de déclenchement à la guerre d’indépendance des États-Unis.

Comme cela est fatal, les conquérants deviennent, selon leurs motivations personnelles, des spécialistes du pays, dans différents secteurs : beaux-arts, arts décoratifs, connaissance des matériaux, … Ainsi en va-t-il de l’engouement que suscite la céramique chinoise auprès de toute l’Europe nantie et cultivée, au fil des exportations de pièces en différents pays, dont l’Angleterre. A une clientèle avisée sont présentés des modèles d’exportation puis des pièces fabriquées dans les différentes manufactures qui récupèrent in situ les informations, les procédés de création, et font des recueils de motifs en bleu et blanc dont l’effet ornemental est immédiat.

Dans le dernier quart du 18ème siècle, le marché des pièces céramiques de type bleu et blanc se développe alors que les pièces ont été vues sur les tables à manger de la classe la plus riche ; ce marché a commencé à apparaître dans les maisons des marchands et des banquiers. Il n’est donc plus réservé aux occasions spéciales mais utilisé pour une production moins chère, apparue dans les commerces. Les potiers peuvent fabriquer davantage de pièces pour un coût moindre en utilisant le processus de transfert innovant.

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Des Costumes espagnols d’Émile Gallois aux gouaches indigénistes de Juan Manuel Cardenas-Castro. L’histoire d’un album inachevé

par Alain Cardenas-Castro

Les aléas de la bibliophilie n’ont cessé de générer et de répandre des surprises au fil du temps, modulant les critères de rareté au gré des techniques, des esthétiques et des projets qui ont permis de laisser des œuvres toujours aussi séduisantes pour le plaisir des jeux et des regards. Certains de ces projets n’ont pu aboutir, le temps a eu raison de leur concrétisation. Ce recueil de planches permet de se pencher sur ces curiosa et d’en préciser d’autres.

L’époque actuelle, quelque peu insouciante et mouvante, malgré une volonté des structures globalisantes d’uniformiser les pratiques, permet encore aux artistes de se confronter à la conception de projets variés. Des projets artistiques, qui, parfois, ne trouvent pas d’issue ou bien n’aboutissent pas dans leur processus de fabrication.

Ces projets inachevés sont innombrables. On les retrouve dans tous les domaines que compte les réalisations humaines et à toutes les époques de l’Histoire. La construction inachevée de La Tour de Babel mentionnée dans la Genèse biblique en est un exemple mythique. Ce thème a inspiré de nombreux artistes tel que le peintre flamand, Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569) (ill. 1). Parmi les œuvres d’art inachevées, le tableau Traité de Paris a été commencé par Benjamin West (1738-1820) au cours des années 1783 et 1784 sans avoir pu être terminée. Une partie de la composition est manquante car les membres de la délégation britannique ont refusé de poser suite à la défaite de leur pays, ne permettant pas à l’artiste de finir cette peinture d’histoire (ill. 2).


Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1) Pieter Brueghel l’Ancien. La Tour de Babel (1563), huile sur toile, 114 x 155 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienne ; (ill. 2) Benjamin West. Traité de Paris (1783-1784), huile sur toile, 72,3 x 92 cm, Winterthur Museum, Winterthur, Delaware


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Une revue singulière Le bois gravé. A l’honneur dans le n° 32 Médéric Bottin, « l’homme qui sait faire vibrer le bois »

La dématérialisation des données savamment entreprise par nos édiles depuis plusieurs décennies présente un avantage : nous pourrons aller partout les mains vides ou ne plus aller nulle part si l’on continue ainsi, — tout étant virtuel — cela dit, la situation ne devrait que compliquer davantage le regard sur les œuvres originales si l’on se range à cette étrange attitude qui oublie à la base de tout cela le goût, l’envie, le plaisir…

En marge à ces nouveaux standards découlant de nouvelles modélisations socioéconomiques, d’autres continuent de faire leurs preuves, et, de cette attitude hédoniste naissent encore et toujours des œuvres qui disent le plaisir des choses et de la vie !

(ill. 1) Médéric Bottin à la fondation Taylor, juin 2022 (cl. ChC)

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A propos de la diversité des cartes de vœux d’artistes : Flammes, Tigre, Galion et Lotus rouges

par Christophe Comentale

Il est de tradition d’envoyer et de recevoir des cartes de vœux, des vœux des plus divers, du Nouvel an aux naissances, aux anniversaires, aux mariages en passant par les grandes occasions, les grandes dates, les rituels importants de la vie. Quelques œuvres d’Est en Ouest.

Au fil des millénaires, des siècles, des décennies, les pratiques sociales se sont modifiées – ont été manipulées – en parallèle à des changements plus ou moins radicaux qui rythment la vie de populations. A période de religiosité intense, cartes scandant les grandes fêtes comme la naissance d’un prophète, d’un ecclésiastique hors du commun, leur résurrection. A laïcité – voire totalitarisme pur et dur -, il faut séparer, remodeler les fêtes, la liesse à d’autres rituels : fêtes du Travail, de l’Armée, des amoureux, des mères, des grands-pères, … Parfois, il faut, dans le cas d’ethnies nombreuses et auxquelles l’Etat souhaite restituer une visibilité politique, fabriquer de toutes pièces des jours fériés, ce que rappelle le professeur Wei Ronghui, styliste, graphiste en renom en Chine, directrice honoraire du musée national des minorités de Chine : « durant les années 80, nous avons réfléchi au moyen de redonner des racines à des ethnies du Yunnan. Nous devions accompagner la réapparition de jours fériés de nouveaux environnements festifs graphiques ». Que l’on ajoute la mondialisation numérique, et ce sera la fin du réel tangible pour des applications où le virtuel va créer des joies nouvelles menant à une nouvelle approche du réel quelque peu appauvri mais plus nanti de stéréotypes sociaux…

Il n’empêche qu’à cette nouvelle forme de jansénisme sociétal, les tenants des images que sont les créateurs, même, souvent, ceux qui créent des applications numériques, le besoin de l’œuvre sur support papier se fait encore sentir en cette occasion que demeure le Nouvel an.

J’ai, pour ce court développement sur un sujet qui tiendrait des volumes, choisi quelques cartes de vœux reçues cette année pour le Nouvel an occidental.

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Dong Baichuan, artiste et chercheur, un parcours entre peinture et ethnographie

A propos de la soutenance de thèse du 17 décembre 2021 qui confère à ce créateur le titre de docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, spécialité anthropologie culturelle.

董百川,艺术家和研究员,绘画与民族学之间的旅程。 关于2021年12月17日的论文答辩,授予这位创作者国家自然历史博物馆博士,专业文化人类学。

par Christophe Comentale

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[Colloque] Bande dessinée en Asie orientale / Comics in East Asia

Notre consoeur, Marie Laureillard participe au colloque international qui aura lieu au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, le 14 octobre prochain, Bande  dessinée  en Asie  orientale   / Comics in East Asia.  Elle en est l’un des quatre membres organisateurs.

Elle présente un auteur taiwanais sous l’intitulé suivant :

L’esthétique du wuxia en bande dessinée : l’exemple de Chen Uen [Zhèng Wèn en phonétique pinyin, 鄭問 (1958-2017)].

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A propos des publications des années 1970 en Chine

par Christophe Comentale

Il est, depuis une bonne vingtaine d’années, fréquent de souligner l’excellence de l’édition chinoise, un créneau chronologique en phase avec l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du Commerce, en 2001. Moins citée, moins connue à l’étranger, une édition populaire florissante a existé dès que la République a remplacé l’Empire, durant les premières décennies du 20e siècle. Propos sur une esthétique de la reprise.

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MONSTERAS & DÉCOUPES

par Christophe Comentale

 Une fleur solitaire sur une tige haute. Quant à la couleur, d’un blanc-crème, elle vire à un jaune parcheminé et rend un liquide blanchâtre. Floraison puis épanouissement donc. et des feuilles, somptueuses, monstrueuses.

   


Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1), Henri Matisse, Jazz (pages intérieures), Gouaches découpées et calligraphie, Paris : Tériade, 1947 ; (ill. 2) Composition, 1949, lithographie en coul., 21,5 x 26 cm. Couverture lithographique du catalogue d’exposition d’œuvres récentes de Matisse exécutées de 1947 à 1948. Paris :  musée national d’Art moderne de Paris, juin-sept. 1949


DÉPARTS

J’ai aimé le face à face avec les coloris des sérigraphies que Matisse a imprimées pour Jazz, pas les formes humaines, un peu trop simplifiées et assez dépersonnalisées car trop proches de découpes primordiales (ill.1 & 2) sans vraiment de cachet particulier – justement – pour les personnages, a contrario des formes végétales. Ce qui était, dans les faits, une façon plus habile de mettre en avant le sens et la force de ses couleurs.

Comme l’a noté ce magicien,

« le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur. Il s’agit pour moi d’une simplification. Au lieu de dessiner le contour et d’y installer la couleur – l’un modifiant l’autre -, je dessine directement dans la couleur, qui est d’autant plus mesurée qu’elle n’est pas composée. Cette simplification garantit une précision dans la réunion des deux moyens, qui ne font plus qu’un. » Henri Matisse, Ecrits et propos sur l’art.

 

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