Le salon du livre d’artiste de Nevers. Et sous vitrine, alors ?

par Alain Cardenas-Castro

Différents comptes-rendus ont permis de donner quelque écho de cette manifestation assez unique qui est quelque peu éloignée des événements habituels et récurrents.

Outre la présence des 39 artistes présents à nombre de salons de livres d’artistes ou livres-objets, chacun gérant son étal au sein de la salle du Conseil du Palais ducal (voir éléments bibliographiques), un certain nombre de présents étaient in situ à titre davantage patrimonial.

Daniel Besace. Nouvelles des forêts (2021)

Daniel Besace. Nouvelles des forêts (2021)

Daniel Besace. Nouvelles des forêts (2021)

Parmi les œuvres présentées sous vitrine par le commissaire de la manifestation, Marc Vernier, outre la série de cactées réalisées en papier et à l’encre par le Taiwanais YUAN Chin-taa, trois Journaux manuscrits et cousus de Christophe Comentale, deux titres de Daniel Besace, Nouvelles des forêts (2021), Océan [itinérêve à pied de Bayonne à Brest] (2016) montraient la diversité du livre de création.

Afin de ne pas perturber la densité d’un article à paraître sur Daniel Besace, auteur-plasticien et éditeur, quelques éléments de sa biographie autorisée sont reproduits ci-après. Deux versions assez proches en disent davantage sur la vie de ce créateur :

  • Daniel Besace est né en 1970 à Brest. Devenu mousse à 16 ans, il fait le tour du monde comme timonier sur un navire militaire. À 27 ans, il marche de Bayonne à Saint Malo en quarante jours, expérience racontée dans Océan. En 1998, il fait le tour de la péninsule Ibérique à vélo, 5500 kilomètres en 55 jours. En 2005, il fonde la maison d’édition artisanale Carnets-Livres, il a, à ce jour, fabriqué plus de 15 000 livres à la main. (www.lecteurs.com)
  • Né en 1970 à Brest, Daniel Besace devient mousse à 16 ans et fait le tour du monde comme timonier, marin qui participe à la conduite d’un bateau, sur un navire militaire. A 27 ans, il marche de Bayonne à Saint-Malo en quarante jours, ce qu’il raconte dans son récit de voyage, Océan. Son ouvrage est paru chez Carnets-Livres, maison d’édition qu’il a fondée en 2005 avec Francine Chatelain. Leur structure fabrique environ 100 livres à la main chaque mois. (Livres hebdo, 23 août 2018)

Une profonde originalité caractérise ces livres de tissu aux plats en wax, cousus main. Façonnage, assemblage et reliure sont réalisés par Francine Châtelain et Daniel Besace.

Daniel Besace. Océan [itinérêve à pied de Bayonne à Brest] (2016)

Daniel Besace. Océan [itinérêve à pied de Bayonne à Brest] (2016)

Daniel Besace annotant un livre

Que cela, lecteur, suffise, pour le moment à comprendre que cet homme-orchestre est radicalement attaché à ses approches image-texte qui n’ont rien à voir avec un style en continuité ou en résonance personnelle. Non. Souhaitons que 2023 permette une exposition monographique alliant un florilège bibliographique à une sélection d’œuvres à l’encre et à l’acrylique…

Eléments bibliographiques

  • https://www.youtube.com Daniel Besace. Éditions Carnets-Livres. Et les Tableaux-Livres Juin 2022
  • Daniel Besace, Nouvelles des forêts. Bois-Colombes : Editions Carnets-livres, 2021. Pagination multiple : ill. en noir et en coul. Reliure à ficelle, plats en wax. Recueil de 5 nouvelles de Daniel Besace : Orangeade, Vacances sur Mars, On fait un tour …, Eloge du plastique, Forêts d’hommes.
  • Daniel Besace, Océan [itinérêve à pied de Bayonne à Brest], suivi de Cimetière marin. Bois-Colombes : Editions Carnets-livres, 2016. Pagination multiple : ill. en noir et en coul. Reliure à ficelle, plats en wax.
  • Marie-Paule Peronnet. Salon du livre d’artiste de Nevers in Sciences et art contemporain, publié le 19 juillet 2022
  • Marie-Paule Peronnet, Un salon du livre d’artiste singulier à Nevers In : Science et art contemporain, 28 mai 2022.

Salon du livre d’artiste de Nevers

Compte rendu

par Marie-Paule Peronnet (*)

Pour ce premier Salon qui s’est déroulé les 2 et 3 juillet 2022, 39 participants étaient attendus dans les salles d’expositions du Palais Ducal (ill. 1), lieu historique de Nevers.

Comme le rappelle Marc Vernier (ill. 2), commissaire du Salon, « l’un des buts de ce salon consacré au livre d’artiste était de mettre en présence des graveurs, relieurs, peintres, calligraphes, illustrateurs. Une association très active dans le Nivernais, le Salon des Dames, de même qu’un partenariat avec la Médiathèque Jean Jaurès de Nevers, le soutien de la municipalité et de la revue Art et Métiers du Livre ont aidé à la préparation de ce salon. Cet événement pluridisciplinaire veut privilégier les rencontres du public avec les artistes et les artisans du livre et ainsi favoriser la découverte de leurs savoir-faire ».

Une conférence de Christophe Comentale a, dans une perspective chronologique et thématique, abordé la diversité des définitions possibles du livre de création Est-Ouest : « De la bibliophilie normée au manuscrit d’artiste ».

 

(ill. 1) Le salon du livre d’artiste et du livre-objet dans les salles d’expositions du Palais Ducal de Nevers

(ill. 2) Intervention de Marc Vernier à la Médiathèque Jean Jaurès de Nevers

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A propos du colloque international, « Images et représentations du Pérou en France – 1821-2021 » Musée d’Aquitaine, Bordeaux

par Alain Cardenas-Castro

Le Bicentenaire de l’indépendance du Pérou, 28 juillet 1821, voit la tenue d’un colloque international au Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Compte-rendu des vingt-deux interventions.

A l’initiative de Madame Isabelle Tauzin-Castellanos[1], professeur de l’Université Bordeaux Montaigne et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, le colloque international, Images et représentations du Pérou en France – 1821-2021 a eu lieu au Musée d’Aquitaine, à Bordeaux. Le colloque s’est déroulé au cours de deux journées, le vendredi 12 et le samedi 13 novembre 2021, au cours desquelles les thématiques abordées — faisant écho aux célébrations du Bicentenaire de l’indépendance du Pérou déclarée le 28 juillet 1821 — ont exploré les deux siècles d’histoire politique et sociale, culturelle et artistique à partir d’images populaires, de peintures, de photographies, de films, de lettres, de multiples témoignages recueillis à partir des premières décennies de l’Indépendance du Pérou.

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De PArC 2022 à Younique

par Alain Cardenas-Castro

Quarante-cinq galeries au neuvième PArC. Une seule galerie française orientée Pérou et échanges Est-Ouest donne le ton d’une meilleure visibilité sur la création contemporaine qui rassemble tendances hispanisantes et pluriethniques.

La neuvième édition de PArC, Peru Arte Contemporáneo, a eu lieu du 20 au 24 avril 2022. Intégrée à l’univers Pinta — nom donné à cette plateforme englobant Pinta Miami et Baphoto pour regrouper ses événements afin de renforcer son objectif d’expansion de l’art latino-américain depuis plus de 15 ans —, Pinta PArC sera bientôt rejoint par Pinta Sud au Paraguay et Pinta Basel en Suisse. La foire d’art internationale la plus remarquable du Pérou s’est caractérisée par un programme expérimental ambitieux. Pinta PArC qui se positionne parmi les plateformes d’échange culturel les plus pertinentes du moment s’est tenue durant une semaine à la Casa Prado au cœur du quartier de Miraflores à Lima.

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Libres comme l’Art

Compte-rendu d’exposition

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Du 29 novembre 2021 au 29 janvier 2022 a eu lieu en l’Espace Niemeyer sis au siège du PCF (Parti communiste français), place du Colonel Fabien à Paris, l’exposition Libres comme l’art. Pour l’occasion, un ensemble d’œuvres provenant de fonds divers a fait l’objet d’un regroupement unique d’œuvres qui reflète la volonté politique d’une commémoration du centenaire du PCF et à l’initiative du sénateur Pierre Laurent[1] (1957, Paris), dont il est le secrétaire général..

Ce type de manifestation est révélateur du besoin des environnements politiques de s’accompagner d’un contexte au sein duquel la culture s’avère un moteur de diversité, de bonheur et aussi de source de justice…

Siège du PCF (achevé en 1971), Paris. Architecte Oscar Niemeyer

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A propos d’Agave, gravure en manière noire de Judith Rothchild

par Christophe Comentale

Avec le réchauffement climatique et ses conséquences diverses, la flore subit depuis plusieurs décennies des modifications importantes. Lors des visites à l’atelier d’Octon, dans l’Hérault, lieu où créent et travaillent les deux protagonistes des éditions Verdigris, Mark Lintott, typographe, compositeur et relieur et Judith Rothchild, pastelliste et graveuse en manière noire, j’ai eu l’occasion d’observer et d’apprécier la flore et ses développements exubérants. Cela ne vise pas directement les cultures, vigne, olivier, figuier de Barbarie, mais plutôt une plante dite succulente, l’agave.

Commune sur tout le pourtour de la Méditerranée, elle s’installe là où le climat est plutôt chaud et sec et lui permet ainsi de proliférer, en particulier sur les terrains bien drainés, voire sur les bords de routes, où lorsque la plante est en fin de vie, elle dresse une hampe de plusieurs mètres de haut. Lors de la floraison, qui indique cette fin de vie de la plante, sous le poids des plantules apparaissant aux emplacements des fleurs, la hampe tombe, permettant aux plantules de s’enraciner au contact du sol. Parallèlement, sur un diamètre d’un à deux mètres, des plantes apparaissent autour du pied mère.

Octon ne déroge pas à la règle, et, autour des hauteurs qui se succèdent entre Montpellier et ce village, des agaves forment comme des taches, des masses découpées et vertes ou davantage bariolées lorsqu’elles sont panachées et bordées de zones d’un jaune variable.

Manière noire et éléments végétaux

Apparue au 17e siècle, cette technique a, comme toutes les façons de créer, de produire des images, dû faire l’objet d’essais plus ou moins réussis avant que soit trouvée une définition acceptée du processus qui permet de donner ombre et lumière aux œuvres.

Les graveurs en manière noire ont laissé à la postérité des œuvres remarquables. Pour le 18e siècle, Valentine Green (1739-1813) talentueux graveur, meurt ruiné, il laisse près de 400 manières noires, des compositions où le détail fait passer plutôt agréablement des descriptions historiques très édifiantes, Le courant romantique qui parcourt le 19e siècle en parallèle aux atrocités et disettes sociales diverses, permet à Thomas Lewis Atkinson de produire, comme nombre de ses confrères, des œuvres d’interprétation, telle cette Flora (1876), la divinité est entourée d’une surabondance de fleurs digne des descriptions à venir de Zola dans La faute de l’abbé Mouret !

Outre l’œuvre de John Martin (1789, Haydon Bridge – 1854, île de Man), on se doit de mentionner le travail de Richard Earlom (1743, Londres – 1822) qui n’hésite pas, notamment dans sa série du Liber veritatis, dont il existe plusieurs éditions entre 1776 et 1802 à mêler manière noire et eau-forte. Il sait aussi traduire un faste et une abondance dignes des Flamands, comme avec A fruit piece, une manière noire qui montre toutes les ressources du sombre et du clair. Ce qu’avait noté Diderot dans ses Essais sur la peinture pour faire suite au Salon de 1765 : « Dans la gravure noire, la nuit est profonde : le travail fait poindre le jour dans cette nuit ».

Richard Earlom (1743-1822), A fruit piece. Gravure à la manière noire, 31,2 x 35,6 cm, éditée par J.Boydell. Épreuve doublée, pliure cassée horizontale dans le bas, petits manques dans les bords.

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À l’arrache, 6e édition. Historique et développements induits

par Christophe Comentale

Depuis plusieurs décennies, les montages de grands projets institutionnels peu participatifs — un temps tolérable — ne cessent de reprendre le dessus sur toute entreprise individuelle. Parfois, a contrario de ce schéma, des mélanges plus conviviaux font leur apparition… À l’arrache est l’un de ceux-là. Pourvu qu’il continue de cette façon vertueuse et solidaire…

Sérigraphie murale de la manifestation

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Dong Baichuan, artiste et chercheur, un parcours entre peinture et ethnographie

A propos de la soutenance de thèse du 17 décembre 2021 qui confère à ce créateur le titre de docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, spécialité anthropologie culturelle.

董百川,艺术家和研究员,绘画与民族学之间的旅程。 关于2021年12月17日的论文答辩,授予这位创作者国家自然历史博物馆博士,专业文化人类学。

par Christophe Comentale

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Graveurs sur bois français de la 1re moitié du XXe siècle

par Christophe Comentale

Le marché mixte de la place d’Aligre, un marché dont les étals sont aussi chargés de nourriture que d’accessoires, d’objets, de documents papier, est situé entre l’hôpital Saint Antoine et à dix minutes de la Bastille. L’abondance y est quotidienne. Les brocanteurs ne sont pas nombreux, au plus une petite dizaine, mais leur marchandise est souvent surprenante.

En particulier, les étals de livres sont impressionnants : sur des lits de camp militaires, des centaines de volumes sont souvent disposés dans le désordre le plus anarchique autant que les volumes peuvent être classés selon une méthode qui a l’intérêt d’en faciliter la consultation, par exemple en mettant sur la tranche les volumes classés par format les uns à côté des autres afin que, seuls, les dos apparaissent.

Je me suis retrouvé par hasard face à un mètre linéaire de volumes assez semblables les uns aux autres : une édition des œuvres complètes d’Anatole France (1844-1924) publiée de 1925 à 1935 chez l’éditeur Calmann Lévy. Cet ensemble de 25 volumes au format in-quarto  imprimé sur Vélin du Marais laisse apparaître par transparence un filigrane reprenant la signature de l’écrivain. Cet ensemble est paru lors de la disparition de l’homme de lettres fécond qu’a été Anatole France. Chacun des volumes, dorés sur tranche, était paré d’une reliure à coins bleu sombre, le dos orné de petits fers à caisson. Il existe une édition brochée, mais aussi de nombreux collectionneurs se sont attachés à rehausser tous les volumes de reliures diverses.

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