JUAN DIEGO VERGAGA : DIX ANS DE SILENCE ET DE FOULE CHEZ PICASSO.

Exposition d’œuvres panoramiques et intimes

Espace d’exposition Couronnes. Galerie des AAB, 1 rue Francis Picabia, Paris 20e, du mardi 3 sept.au lundi 13 sept. 2026. Vernissage le 3 sept. dès 18h30. [L’anniversaire de l’artiste tombe le 7 septembre] ; l’espace est ouvert du jeudi au dimanche, de 14h à 19h

Juan Diego Vergara est un peintre de la ville, un peintre citadin, qui avale les images séquentielles, celles de ses passions, la musique, les groupes qui s’y adonnent. Ses œuvres ont, depuis ses décennies d’activité, pris des dimensions plurielles, du panoramique qui couronne toute exposition, à des centaines de dessin.  Il précise la spécificité de cet ensemble dans une déclaration récente « Pour cette exposition, j’ai préparé une toile de grand format, longue de cinq mètres, intitulée « Autoportrait comme agent de surveillance et visiteurs au Musée Picasso Paris ». J’y ai également ajouté une série de dessins intitulée « Les Visiteurs au Musée », réalisée tout au long de l’année 2025 et jusqu’en 2026. Cette série compte plus de 300 dessins, au crayon sur papier, auxquels s’ajoutent d’autres œuvres présentées dans l’exposition ».

Cette décennie d’activité professionnelle se double d’une décennie de création continue et intense, c’est ce qui vaut le thème de l’exposition de cet automne, « 10 ans comme agent de surveillance au Musée Picasso Paris ».

Juan Diego Vergara. Autoportrait comme agent de surveillance au Musée Picasso Paris (2016-2026, acrylique sur toile, 220 x 500 cm.

Comme Juan Diego Vergara le rappelle « cette exposition est une célébration de mes dix premières années dans la fonction publique, au poste d’agent d’accueil et de surveillance au Musée Picasso de Paris. J’occupe cette fonction depuis 2016 et je continue aujourd’hui encore à exercer dans ce lieu unique. Ces années ont été pour moi une expérience professionnelle très riche, mais aussi profondément humaine. Le poste m’a permis d’être en contact quotidien avec un public extrêmement varié, ainsi qu’avec un groupe de collègues venus de nationalités différentes, ce qui constitue une véritable richesse.

L’Hôtel Salé, qui abrite le musée, est un lieu chargé d’histoire et de culture. Travailler entouré des œuvres du peintre espagnol Pablo Picasso crée un cadre singulier, presque intime, où l’art devient une présence quotidienne. À cela s’ajoute la diversité culturelle de mes collègues, originaires d’Afrique, du Maghreb, de France, et moi-même qui suis venu d’Amérique latine, du Pérou. Ce mélange de nationalités m’a aidé à mieux comprendre le caractère cosmopolite de la ville où je vis. Toutes ces identités différentes se retrouvent autour d’une langue commune, le français, qui devient un point de rencontre et de partage.

Pour cette exposition, j’ai choisi de me concentrer sur la figure de l’agent de surveillance, un personnage que j’avais déjà exploré dans des travaux précédents, notamment dans « Juan Diego Vergara, le plasticien péruvien est agent de surveillance ». Ce thème fait partie d’un imaginaire plus large que je développe depuis plusieurs années, consacré à la vie quotidienne de l’artiste et à la manière dont celle-ci peut devenir le sujet même de son œuvre. Se représenter dans son travail, c’est aussi affirmer que la création ne se limite pas à l’atelier : elle se nourrit de ce que l’on voit, de ce que l’on vit, de ce que l’on incarne. Pour un peintre, intégrer son propre rôle professionnel dans son œuvre revient à brouiller les frontières entre l’artiste et l’homme, entre l’observateur et le surveillant, entre celui qui protège les œuvres et celui qui en produit.

Eléments bibliographiques

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