Un salon du livre d’artiste singulier à Nevers

par Marie-Paule Peronnet

L’été est propice aux manifestations artistiques, les œuvres sont davantage sollicitées à la curiosité ordinaire. Souhaitons que ça dure. Tel doit être l’avis de Marc Vernier, commissaire général du Salon du livre d’artiste et des métiers du livre, qui a, après différents reports, pu rassembler une quarantaine de professionnels de ces domaines singuliers dans la superbe ville de Nevers.

 

Voilà deux ans que tout était prêt… Graveurs, relieurs, créateurs de livres d’artiste ou de livres-objet, peintres, illustrateurs, calligraphes, éditeurs indépendants, tous sont de retour pour montrer le dynamisme de leurs professions, multiples et complémentaires. Trente-neuf participants sont réunis sous les voûtes du Palais ducal, joyau architectural des 15e et 16e siècles.

Parmi les présents, Daniel Besace, Alain Cardenas-Castro, Dbl-j (Léonore Fandol, et pH), Odile Frachet, Pascale Simonet, Christine Verdini, Marc Vernier. Mentionnons également Marjon Mude, Marie-Sol Parant, Edith Schmid,, Patrick Van Acker, …

Daniel Besace

Alain Cardenas-Castro

Dbl-j (Léonore Fandol, et pH)

Odile Frachet

Pascale Simonet

Christine Verdini

Marc Vernier

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A propos du colloque international, « Images et représentations du Pérou en France – 1821-2021 » Musée d’Aquitaine, Bordeaux

par Alain Cardenas-Castro

Le Bicentenaire de l’indépendance du Pérou, 28 juillet 1821, voit la tenue d’un colloque international au Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Compte-rendu des vingt-deux interventions.

A l’initiative de Madame Isabelle Tauzin-Castellanos[1], professeur de l’Université Bordeaux Montaigne et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, le colloque international, Images et représentations du Pérou en France – 1821-2021 a eu lieu au Musée d’Aquitaine, à Bordeaux. Le colloque s’est déroulé au cours de deux journées, le vendredi 12 et le samedi 13 novembre 2021, au cours desquelles les thématiques abordées — faisant écho aux célébrations du Bicentenaire de l’indépendance du Pérou déclarée le 28 juillet 1821 — ont exploré les deux siècles d’histoire politique et sociale, culturelle et artistique à partir d’images populaires, de peintures, de photographies, de films, de lettres, de multiples témoignages recueillis à partir des premières décennies de l’Indépendance du Pérou.

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De PArC 2022 à Younique

par Alain Cardenas-Castro

Quarante-cinq galeries au neuvième PArC. Une seule galerie française orientée Pérou et échanges Est-Ouest donne le ton d’une meilleure visibilité sur la création contemporaine qui rassemble tendances hispanisantes et pluriethniques.

La neuvième édition de PArC, Peru Arte Contemporáneo, a eu lieu du 20 au 24 avril 2022. Intégrée à l’univers Pinta — nom donné à cette plateforme englobant Pinta Miami et Baphoto pour regrouper ses événements afin de renforcer son objectif d’expansion de l’art latino-américain depuis plus de 15 ans —, Pinta PArC sera bientôt rejoint par Pinta Sud au Paraguay et Pinta Basel en Suisse. La foire d’art internationale la plus remarquable du Pérou s’est caractérisée par un programme expérimental ambitieux. Pinta PArC qui se positionne parmi les plateformes d’échange culturel les plus pertinentes du moment s’est tenue durant une semaine à la Casa Prado au cœur du quartier de Miraflores à Lima.

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Xiao Qian (1910-1999) : « L’homme qui aimait les chiens ». « Ai gou zhe », nouvelle.

Laurent Long (traducteur)

De fait, le pékinois qui s’était couché bien à l’aise sur ses genoux était une franche horreur. Hirsute et mal peigné, sans parler de ses yeux parfaitement idiots, ce qu’il avait de plus horripilant était son museau aplati, cette large gueule aux babines retroussées. Depuis son arrivée à la maison, je n’y avais plus même prêté attention ; encore moins l’avais-je caressé. Seulement, je lui avais donné un coup de poing quand je l’avais surpris à fourrer la langue dans le panier de courses que venait de rapporter la mère Zhou.

« Arrête ! On n’a pas un chien pour le battre ! »

L’ami des chiens, qui l’avait amené là, prit feu. Il se précipita pour serrer cette affreuse petite bestiole sur son cœur, la flattant, la caressant de la main, comme si l’animal sortait d’une terrible humiliation.

« J’adore les chiens ! » se justifia-t-il. Il se mit à raconter comment il avait eu un chien tout noir de poil dans sa maison natale du Henan, il y avait dix ans de cela. « Souvent, ses yeux brillaient la nuit » poursuivit-il. Le jour, l’animal dormait sous la carriole à mule. Lui donnait-on des coups de pied qu’il ne bougeait pas plus qu’une nouille. Mais c’est la nuit qu’il en imposait.

« Pfft ! D’un bond, il était sur la crête du mur. »

Nous levâmes tout à coup la tête ; le pékinois sur le cœur de l’ami des chiens en poussa deux jappements, comme pour faire l’enfant gâté.

« Un soir, on a perdu le chien noir. » Le cynophile ajouta : « Certain qu’un salopard de voisin avait fait un mauvais coup ; ils crevaient tous d’envie que j’aie un si beau chien. »

(A ce moment de l’histoire, nous avions tous regagné la maison ; l’ami des chiens nous avait suivis.)

« Et après ?  coupa la mère Zhou

– Il a bien fallu le chercher ! » Il expliqua comment on avait pensé à tous les moyens. A la fin, un soir — non, en pleine nuit — il rêva qu’il entendait des cris plaintifs et comme un bruit de griffes à la porte de la rue. Il jeta un vêtement sur ses épaules et se leva. De fait, une chose hirsute aux yeux brillants se précipita vers lui.

Il en était là de son récit quand on entendit un bruit de griffes à l’extérieur du mur écran[1] de la cour. Ce grattement fut suivi d’un chien de ferme se faufilant en frétillant de la queue. Il avait tout l’air d’un chien errant en quête de nourriture.

C’est alors que la face de cet amoureux des chiens révéla sa fureur. Il posa tout doucement son pékinois à terre et se dirigea à pas feutrés vers l’arrière de la porte écran. Personne n’avait deviné qu’il y avait disposé des munitions à portée de main : des pierres aux arrêtes bien tranchantes.

D’une main assurée, il se saisit d’une poignée de cailloux et passa le seuil.

Pauvre chien errant ! Il se mettait à flairer d’agréables fumets, la mauvaise conscience dans les regards qu’il jetait de tous côtés. Juste au moment où il longeait le mur, un premier caillou siffla vers lui, le manquant. Il fit demi-tour et détala la queue basse.

Comment notre ami des chiens l’aurait-il laissé échapper à si bon compte ? Encore plus cruel, un deuxième caillou suivit le premier : cette fois, il avait dû atteindre la patte arrière du chien. On n’entendit qu’un hurlement aigu, il disparut par la porte écran, aboyant dans sa fuite. Il semblait crier grâce tout en appelant à l’aide.

Octobre 1936.

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« Uluru », ou quand la création artistique sublime l’ethnologie

par Alain Cardenas-Castro, Christophe Comentale et Frédéric Harranger

Werner Lambersy, Uluru, ce que me dit le didjeridoo, poème de W. Lambersy, 7 héliogravures originales de Jacqueline Ricard. Paris : La cour pavée, 2005. [36] p.
tirage par l’artiste sur papier Lana 300 g, typographie gravée dans le cuivre et tirée sur presse taille-douce.

Justification de l’édition : 36 ex. sig. et num. dont 20 ex. courants
étui toilé, 17cm x 28 cm
10 ex. de tête comprenant le livre et la suite des 7 gravures num.et sig. coffret toilé, 30 x 36 cm

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Cinq artistes français : des reflets de l’art contemporain

L’importante exposition estivale du centre culturel de Chenghua est intrigante à plus d’un titre, d’une part, elle va mettre en parallèle la création taiwanaise et internationale, de l’autre, elle va mettre en présence des artistes très différents.

Pour ce qui a trait aux 5 artistes français résidant dans l’hexagone, deux femmes et trois hommes, la sélection permet d’appréhender diversité géographique, Alain Cardenas-Castro est Parisien, deux autres, Viola Corp et Marc Brunier-Mestas, vivent à Riom dans le centre de la France, deux autres enfin sont dans le sud du pays, Irène Faivre et Christian Cerisola sont proches de Montpellier.

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Ai Weiwei: A Chinese Artist from Beijing to Palermo, through New York

by Giusi Tamburello[1]

In lieu of an introduction

According to Leo Spitzer (1887-1960), when dealing with a literary text to observe it from the point of view of stylistic criticism it is necessary to find a starting point. The starting point can be considered as the element that differentiates what that very writer does with the language from what other writers of the same epoch, or of other epochs, do. If the same technique is applied to works of art, then there is too a “starting point” to be considered while keeping in mind that the starting point depends on the sensibility of the critic, and that it can be changed at will.[2]

In “Odyssey”, the work of Ai Weiwei 艾未未 (1957 –   ) presented in Palermo,[3] at first gaze there are a few elements that attract the viewer’s attention: the dimension of the work, which develops over one thousand square meters of wallpaper; the fact that the wallpaper is transposed on the floor; the density of the drawings decorating the wallpaper. This paper will elaborate on these “starting point” elements, but before doing this, it seems necessary to underline some aspects which are characteristic of the artistic experience of Ai Weiwei, a contemporary Chinese conceptual artist well-known all over the world for his multi-faceted production as well as for his being politically engagée.[4]

In the Chinese tradition, not differently from other cultures, the intellectual not only produces art but also represents the cultural consciousness of the country. In traditional China, intellectuals would later become employed as officials in the imperial government. They were selected through examinations based on the knowledge of books, the five Classics,[5] characterized by their humanistic contents, and the position of official and intellectual would in most cases coincide. Therefore, in order to be loyal to the emperor, officials bore the burden of ‘informing’ him about what was not working in the deeds of the government. According to the emperor’s will, such sense of responsibility by the side of the official could be welcomed, or produce disappointment, followed by a subsequent order to exile, cause his detention or, in the worst cases, a death sentence.

Within this cultural frame, Chinese intellectuals have always preserved their right to dissent when convinced of the need for action in order to make things better for their Country. At the same time, they have consciously or unconsciously absorbed the idea of a kind of self-censorship as a means of self-preservation.

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Libres comme l’Art

Compte-rendu d’exposition

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Du 29 novembre 2021 au 29 janvier 2022 a eu lieu en l’Espace Niemeyer sis au siège du PCF (Parti communiste français), place du Colonel Fabien à Paris, l’exposition Libres comme l’art. Pour l’occasion, un ensemble d’œuvres provenant de fonds divers a fait l’objet d’un regroupement unique d’œuvres qui reflète la volonté politique d’une commémoration du centenaire du PCF et à l’initiative du sénateur Pierre Laurent[1] (1957, Paris), dont il est le secrétaire général..

Ce type de manifestation est révélateur du besoin des environnements politiques de s’accompagner d’un contexte au sein duquel la culture s’avère un moteur de diversité, de bonheur et aussi de source de justice…

Siège du PCF (achevé en 1971), Paris. Architecte Oscar Niemeyer

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A propos d’Agave, gravure en manière noire de Judith Rothchild

par Christophe Comentale

Avec le réchauffement climatique et ses conséquences diverses, la flore subit depuis plusieurs décennies des modifications importantes. Lors des visites à l’atelier d’Octon, dans l’Hérault, lieu où créent et travaillent les deux protagonistes des éditions Verdigris, Mark Lintott, typographe, compositeur et relieur et Judith Rothchild, pastelliste et graveuse en manière noire, j’ai eu l’occasion d’observer et d’apprécier la flore et ses développements exubérants. Cela ne vise pas directement les cultures, vigne, olivier, figuier de Barbarie, mais plutôt une plante dite succulente, l’agave.

Commune sur tout le pourtour de la Méditerranée, elle s’installe là où le climat est plutôt chaud et sec et lui permet ainsi de proliférer, en particulier sur les terrains bien drainés, voire sur les bords de routes, où lorsque la plante est en fin de vie, elle dresse une hampe de plusieurs mètres de haut. Lors de la floraison, qui indique cette fin de vie de la plante, sous le poids des plantules apparaissant aux emplacements des fleurs, la hampe tombe, permettant aux plantules de s’enraciner au contact du sol. Parallèlement, sur un diamètre d’un à deux mètres, des plantes apparaissent autour du pied mère.

Octon ne déroge pas à la règle, et, autour des hauteurs qui se succèdent entre Montpellier et ce village, des agaves forment comme des taches, des masses découpées et vertes ou davantage bariolées lorsqu’elles sont panachées et bordées de zones d’un jaune variable.

Manière noire et éléments végétaux

Apparue au 17e siècle, cette technique a, comme toutes les façons de créer, de produire des images, dû faire l’objet d’essais plus ou moins réussis avant que soit trouvée une définition acceptée du processus qui permet de donner ombre et lumière aux œuvres.

Les graveurs en manière noire ont laissé à la postérité des œuvres remarquables. Pour le 18e siècle, Valentine Green (1739-1813) talentueux graveur, meurt ruiné, il laisse près de 400 manières noires, des compositions où le détail fait passer plutôt agréablement des descriptions historiques très édifiantes, Le courant romantique qui parcourt le 19e siècle en parallèle aux atrocités et disettes sociales diverses, permet à Thomas Lewis Atkinson de produire, comme nombre de ses confrères, des œuvres d’interprétation, telle cette Flora (1876), la divinité est entourée d’une surabondance de fleurs digne des descriptions à venir de Zola dans La faute de l’abbé Mouret !

Outre l’œuvre de John Martin (1789, Haydon Bridge – 1854, île de Man), on se doit de mentionner le travail de Richard Earlom (1743, Londres – 1822) qui n’hésite pas, notamment dans sa série du Liber veritatis, dont il existe plusieurs éditions entre 1776 et 1802 à mêler manière noire et eau-forte. Il sait aussi traduire un faste et une abondance dignes des Flamands, comme avec A fruit piece, une manière noire qui montre toutes les ressources du sombre et du clair. Ce qu’avait noté Diderot dans ses Essais sur la peinture pour faire suite au Salon de 1765 : « Dans la gravure noire, la nuit est profonde : le travail fait poindre le jour dans cette nuit ».

Richard Earlom (1743-1822), A fruit piece. Gravure à la manière noire, 31,2 x 35,6 cm, éditée par J.Boydell. Épreuve doublée, pliure cassée horizontale dans le bas, petits manques dans les bords.

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A propos de la diversité des cartes de vœux d’artistes : Flammes, Tigre, Galion et Lotus rouges

par Christophe Comentale

Il est de tradition d’envoyer et de recevoir des cartes de vœux, des vœux des plus divers, du Nouvel an aux naissances, aux anniversaires, aux mariages en passant par les grandes occasions, les grandes dates, les rituels importants de la vie. Quelques œuvres d’Est en Ouest.

Au fil des millénaires, des siècles, des décennies, les pratiques sociales se sont modifiées – ont été manipulées – en parallèle à des changements plus ou moins radicaux qui rythment la vie de populations. A période de religiosité intense, cartes scandant les grandes fêtes comme la naissance d’un prophète, d’un ecclésiastique hors du commun, leur résurrection. A laïcité – voire totalitarisme pur et dur -, il faut séparer, remodeler les fêtes, la liesse à d’autres rituels : fêtes du Travail, de l’Armée, des amoureux, des mères, des grands-pères, … Parfois, il faut, dans le cas d’ethnies nombreuses et auxquelles l’Etat souhaite restituer une visibilité politique, fabriquer de toutes pièces des jours fériés, ce que rappelle le professeur Wei Ronghui, styliste, graphiste en renom en Chine, directrice honoraire du musée national des minorités de Chine : « durant les années 80, nous avons réfléchi au moyen de redonner des racines à des ethnies du Yunnan. Nous devions accompagner la réapparition de jours fériés de nouveaux environnements festifs graphiques ». Que l’on ajoute la mondialisation numérique, et ce sera la fin du réel tangible pour des applications où le virtuel va créer des joies nouvelles menant à une nouvelle approche du réel quelque peu appauvri mais plus nanti de stéréotypes sociaux…

Il n’empêche qu’à cette nouvelle forme de jansénisme sociétal, les tenants des images que sont les créateurs, même, souvent, ceux qui créent des applications numériques, le besoin de l’œuvre sur support papier se fait encore sentir en cette occasion que demeure le Nouvel an.

J’ai, pour ce court développement sur un sujet qui tiendrait des volumes, choisi quelques cartes de vœux reçues cette année pour le Nouvel an occidental.

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