La carrière menée avec dynamisme depuis quelque quarante ans entre création personnelle et patrimoine culturel ou social, n’a nullement empêché Alain Cardenas-Castro d’aller au fil de ses idées, de ses obsessions polychromes et graphiques. Quelques jalons dans un parcours en entrelacs.
(ill. 1) Alain Cardenas-Castro. Musée de l’Homme in situ(2013), acrylique et encre de Chine, 50 m2, Musée de l’Homme, Paris.
La (re)découverte de la création d’Anatole Riecke maître verrier qui s’est notamment illustré en exécutant dans les années 30 un important nombre de pièces pour la brasserie parisienne de La Coupole, établissement sis dans le quartier Montparnasse, montre combien les fluctuations du goût sont heureusement – peu maîtrisables. Cette redécouverte progressive permet de voir dans ce domaine si complexe, une autre forme artistique qui vient en symétrie esthétique à la forte présence des pâtes de verre dues aux ateliers Gallé et à ses contemporains
Dans une précédente livraison (ANATOLE RIECKE, redécouverte de l’œuvre d’un paysagiste verrier), nous avons abordé un pan particulier de l’œuvre d’Anatole Riecke, un ensemble d’œuvres qui oscille entre des pièces d’apparat aux dimensions imposantes dans le contexte d’un lieu de réception et des réalisations plus quotidiennes puisque l’ensemble de pièces parvenues jusqu’à nous est révélateur d’une époque particulière. Comme l’explique Bernard Sanchez, amateur et marchand avisé de verrerie de création, « j’ai pu découvrir des pièces en grand nombre, comme oubliées des amateurs. Je constate que cette désaffection est maintenant un mauvais souvenir ». Imposantes ou complémentaires à un mobilier circonstancié, ces pièces souvent d’influences conjuguées conjuguent le fait de mettre en valeur les jeux des transparences que ce matériau permet entre les jeux d’une monochromie savante et des tonalités nées des halos polychromes qui parsèment certaines œuvres.
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Ci-dessus. (ill. 1 et 2) Vase bleu à section carré, coins arrondis. H. 11,5 cm / larg. max. 12 cm / larg. base 10 cm. Signé et daté sur la face, gravée [A. Riecke, 24. 7. 59]
J’ai, cet automne 2024, effectué une mission au Pérou afin de participer à différents événements dont, d’une part, une exposition de mes dessins à Lima, et de l’autre, une rencontre avec différents artistes dans le cadre de mes recherches sur l’indigénisme, prolongement à une thèse soutenue en 2021. Parmi ces rencontres, la création de Yerko Zlatar vaut le plaisir d’une présentation en parallèle à l’exposition Tecnología Ancestral qui aura lieu le 30 novembre au Musée d’Art de Lima (MALI)*.
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Ci-dessus. (ill. 1) Yerko Zlatar modulant la disposition de ces sculptures en béton ; (ill. 2) Yerko Zlatar. La mise en place de son dispositif vidéo.
Galerie d’art, Le bonheur est dans l’instant, 72, rue Amelot, Paris 11e
Affiche de l’exposition. Collage et acrylique, 70 x 50 cm
Peintre, graveur, sculpteur, performer, écrivain, Patrice Huguier (Paris, 1938) (ill. 1) est bâtisseur aussi ! Quelle que soit la discipline approchée, la technique utilisée, ce créateur polymorphe est un constant prestidigitateur qui n’hésite pas à créer ses propres espaces d’exposition …
Exposition du 7 novembre au 14 décembre 2024, Galerie Younique, Paris. Du jeudi au samedi de 16h à 20h et sur RDV.
Une visite guidée de l’exposition Quiulacocha et une présentation du livre de Marco Garro ont eu lieu en présence de l’artiste le vendredi 8 Novembre de 10h30 à 11h30.
Marco Garro. Quiulacocha, KWY Ediciones, 2024, textes de Rosa Chávez Yacila, design Raúl Benua, 114 p. Le livre a été présenté aux Rencontres d’Arles 2024.
La fin du mois de novembre à Paris, la nuit tombe de plus en plus tôt. Ombres et lumières s’animent et scintillent au fond du passage menant à la galerie Younique*. C’est le vernissage de l’exposition du photographe péruvien Marco Garro qui présente pour la première fois les photographies de son livre Quiulacocha. Les invités sont pour la plupart latino-américains, des artistes, des historiens de l’art, un collectionneur péruvien venu de Lima pour le salon Paris Photo.
par Christophe Comentale, Coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro
Donne ch’avete intelletto d’amore, i’ vo’ con voi de la mia donna dire, non perch’io creda sua laude finire, ma ragionar per isfogar la mente.
(Dante Alighieri, Vita Nova, chap. 19) (*).
Ce début de stance due au poète italien Dante Alighieri (1265-1321) (ill. 1) donne le contexte de raffinement précis dans lequel Dominique Irma Dalozo et Yvonne Bilis Régnier ont évolué durant les décennies de leur activité soutenue et riche de peintres. Dans une précédente livraison (S&AC, 1er novembre 2024), il a été question de l’œuvre d’Yvonne Bilis Régnier. La présente contribution s’attache à mettre en perspective une œuvre emblématique de Dominique Irma Dalozo, A la croisée des chemins.
Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1) Justus van Gent (1410-1480). Portrait de Dante (ca 1474), coll. Palais ducal, Urbino ; (ill. 2) Dominique Irma Dalozo. A la croisée des chemins(1991), technique mixte sur papier, 37 x 27 cm (coll. privée), œuvre signée au coin inférieur droit et datée au verso ; (ill. 3) Edmund Leighton (1852-1922), The end of the song. Tristan et Iseult surprise par le roi Marc’h (1902), coll. privée.
par Christophe Comentale, coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro
Les alternances entre une approche figurative ou abstraite de l’art ne cessent d’éclairer d’un jour nouveau l’œuvre d’artistes disparus et redécouverts lors d’une réapparition de leur création sur le marché. Les œuvres sont alors livrées aux regards multiples, entre l’indifférence et un intérêt exacerbé… Ainsi en va-t-il des quelque deux mille dessins laissés par Yvonne Bilis Régnier (1926-2017) et sa compagne Dominique Dalozo, disparue en 1997. Un reflet entre les œuvres maniéristes peuplées de créatures divines ou les dessins raffinés d’Hercules Seghers (ca 1590, Harleem – 1638, Amsterdam) et de Georges Rubel (1945, Paris). Sans oublier pour autant des êtres inquiétants nés de profondeurs et abysses proches de Johann Heinrich Füssli (1741-1825) ou de postsurréalistes.
Ci-dessus, de gauche à droite. Yvonne B. Régnier, Paysage (1991), technique mixte, 22,5 x 37,5 cm, œuvre datée au coin infr gauche du verso, coll. privée ; Yvonne B. Régnier, Divinité face à l’arbre (1988), 27,5 x 38 cm, monogrammé YBR au coin inférieur droit, coll. privée.
Rijksmuseum, Amsterdam, 27 septembre 2024 – 12 janvier 2025.
75 pièces asiatiques choisies parmi des collections internationales Est-Ouest sont exposées au Rijksmuseum pour créer un paradis sur terre. Un florilège de pièces étonnantes dont la scénographie sait être entre spiritualité et paraître.
Compte-rendu de Christophe Comentale, coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro
(ill. 1) Bouddha, musée national de Bangkok.
Jeux de mains durant le montage de l’exposition, ici déplacement d’un bouddha thaïlandais (14e s.) provenant des collections du Rijksmuseum.
Clémencia Salmón, Qalachaki – A Pata Pelada, Lima : Editions GraciAngulo – Laboratorio editorial, 2024, illustrations d’Alain Cardenas-Castro et de Josué Sánchez. 190 p. S/ 69.
Clémencia Salmón présentera son ouvrage à la librairie El Virrey, Miraflores, Lima, Pérou, le 2 octobre à 19h. Elle sera accompagnée de la psychanaliste Matilde Ureta, de l’éditrice Gracia Angulo et de l’artiste Alain Cardenas-Castro.
Les prémices d’un rapprochement de l’art et du verre se situent aux alentours de 1850, il faut cependant attendre la fin des années 1960 pour que les œuvres en verre Art nouveau et Art déco aient la faveur d’un public désireux d’autres formes, d’une autre approche à la lumière et à la polychromie. Certains verriers comme Anatole Riecke (ca 1900-1976) font l’objet d’une redécouverte intense depuis deux décennies après une période d’oubli total. Survol sur l’œuvre d’un verrier amateur de paysages terrestres et lunaires.
Anatole Riecke. Vase colonne vert gravé, signé au bas