A PROPÓSITODE ORIENTE A OESTE, EN 40 ESCENAS, UN CICLO RECIENTE DE ALAIN CÁRDENAS-CASTRO.
por Christophe Comentale
[La traducción completa del texto se da después de la versión francesa].
(ill. 1) Alain Cardenas-Castro. D’Est en Ouest, acrylique sur papier, 40 panneaux 30 x 40 cm (150 x 320 cm) (ill. 1) Alain Cardenas-Castro. De Oriente a Oeste, acrílico sobre papel, 40 paneles 30 x 40 cm (150 x 320 cm)
Fidèle à des orientations qu’il suit et développe depuis plusieurs décennies, Alain Cardenas-Castro, plasticien, dessinateur et peintre, chercheur associé au Musée de l’Homme MNHN, poursuit un travail sur les séries, celles qui structurent et enrichissent des problématiques larges, voire essentielles, sur les aléas des déplacements composant et modifiant le réel. Ainsi, D’Est en Ouest (ill. 1) propose un voyage, une pérégrination d’un point à un autre de ses racines, le Pérou et de sa culture de chercheur, l’Asie, fruit d’une esthétique évolutive qui puise à la diversité des pays traversés et devenus des points de contacts centripètes et centrifuges. Parcours dans des fragments majeurs et complémentaires allant d’est en ouest.
年轻的艺伎和她的黑人仆人 (法国浪漫学校) 在Xavier Sigalon(法国浪漫学校)西加隆之后布面油画,原作尺寸为 121 x 154 厘米。 原版油画旧副本的尺寸::82 x 101 cm La jeune courtisane, d’après Xavier Sigalon (école française romantique) Huile sur toile, l’œuvre originale mesure 121 x 154 cm, la copie, 82 x 101 cm (cette photo a été prise dans un espace de musée privé parmi des objets antiques) (这张照片是在古董文物之间的私人博物馆空间拍摄的)Continuer la lecture →
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Bonne lecture, cette fois-ci en français ou en chinois.
Les fondateurs : Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale
L’exposition Archipel, musée de la carte à jouer et médiathèque d’Issy-les-Moulineaux, du 22 novembre 2023 au 11 février 2024.
Fils d’un père statisticien chercheur en médecine, Jordi Anguera, d’une mère sculptrice, Pierrette Gargallo et petit-fils du sculpteur aragonais Pablo Gargallo, Jean Anguera (1953, Paris) affirme très tôt son goût pour le modelage.
Dès 1967, sa mère l’inscrit aux séances de modèle vivant à l’Académie de la Grande Chaumière. De 1971 à 1978, il suit une formation d’architecte, obtient son diplôme, mais fréquente parallèlement l’atelier du sculpteur César à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Architecte Il n’exercera pas ce métier, choisissant, dès 1979, de se consacrer exclusivement à la sculpture. L’architecture conserve toutefois une forte influence sur ses recherches sculpturales et en particulier avec l’idée même de représentation qu’il avait développée pour son diplôme d’architecte exposant les relations privilégiées entre conception et moyen d’expression.
En 1977, il expose pour la première fois ses sculptures avec celles de Laure de Ribier au musée Ernest-Rupin de Brive.
Il est marqué particulièrement par l’enseignement de Jacques Bosson, architecte et scénographe, et les cours de Jacques Lecoq et Gérard Koch. Lauréat en 2012 du Prix Simone et Cino del DUCA de Sculpture pour l’ensemble de son œuvre. Il est élu le 27 février 2013 membre de l’Académie des Beaux-Arts au fauteuil du sculpteur François Stahly et reçu sous la Coupole le 10 décembre 2014 par son confrère sculpteur Antoine Poncet.
Jean Anguera, Neige (2010), techniques mixtes sur papier, 39 x 51 cm
Akira Iumara, Toshi (Toshimi Ishii) et Sanzhar Zhubanov
Mairie du 8e arr., Paris. Compte-rendu d’exposition et nouveau florilège d’œuvres du sculpteur et peintre Sanzhar Zhubanov
De temps à autre, nos édiles savent cultiver les relations publiques, politiques au profit de la culture et de sa diversité incommensurable. Leurs liens avec des chercheurs de tous horizons ont permis, le temps de cette exposition originale de confronter trois artistes aux styles bien différents, deux créateurs japonais entre polychromie et cartoon et un troisième, kazakh, Sanzhar Zhubanov.
A l’initiative de Jeanne d’Hauterive, maire du 8e arrondissement et de son adjoint en charge de la culture, Jean-Pierre Hesse, une importante salle de la mairie, restructurée et modulable a accueilli les artistes invités.
Paul Richer (1849-1933). Tres in una [Idéal du nu féminin dans l’art selon les maîtres de la Renaissance, les Antiques, les Modernes] (1913), marbre blanc. Entrée de la salle des expositions, mairie du VIIIe arrondissement, Hotel Cail, Paris
Compte-rendu de mission en Chine – Pékin, Dunhuang, octobre 2023.
un cycle de missions centrées sur l’étude des peintures murales, les fresques de Dunhuang (ill. 1 à 3), vues dans une perspective comparatiste a permis une continuité de points de vue et d’observations menées dans un contexte plus large. Les contributeurs, français et chinois, ont développé des axes multiples (voir diaporama ill. 4 à 13).
Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1 à 3) Parvis du musée du Centre de recherches et de protection du patrimoine de Dunhuang ; les grottes de Mogao ; une salle du musée.
Après le livre du peintre Emile Gallois[1] (1882, Ligny en Barrois – 1965, Clichy la Garenne) qui m’a permis de rapporter le travail collaboratif de ce spécialiste du costume avec le peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro[2], un autre objet, trouvé également sur un marché d’occasion, m’a permis, cette fois, de mettre en avant quelques-unes de mes œuvres se rapportant à la thématique maritime.
L’objet trouvé est une peinture représentant le paquebot [« Aquitaine »] signée et datée [J. Dutoit, 1909] (ill. 1). En l’observant plus attentivement, cette marine de petit format (38 x 55 cm) se révèle d’une facture particulière. En effet, J. Dutoit a utilisé des timbres de collection découpés puis collés pour réaliser son œuvre que l’on peut ainsi rattacher à l’Art Brut défini par Jean Dubuffet (1901-1985).
Les œuvres d’Art Brut sont réalisées par des créateurs autodidactes. Ils créent un univers à leur propre usage sans se préoccuper de la critique du public et du regard d’autrui. […] Ne recherchant ni reconnaissance, ni approbation, ils conçoivent un univers à leur propre usage. Leurs travaux, réalisés à l’aide de moyens et de matériaux souvent inédits, sont indemnes des influences exercées par la tradition artistique, et mettent en application des modes de figuration singuliers. La notion d’Art Brut repose à la fois sur des caractéristiques sociales et des particularités esthétiques.[3]
(ill. 1) J. Dutoit. « Aquitaine » (1909), collage de timbres de collection et gouache sur carton, 38 x 55 cm
La Maison de l’Amérique latine, à Paris, est un espace culturel qui a été fondé en 1946 à l’initiative du ministère français des Affaires étrangères. Sise à Paris, au 217 boulevard Saint-Germain, cette institution est destinée aux échanges culturels, économiques et diplomatiques entre la France et les pays d’Amérique latine, quelle que soit leur tendance politique. Avant 1965, la Maison de l’Amérique latine était située au 96 avenue d’Iéna, non loin de la Place de l’Etoile. En 1956, le peintre péruvien Juan Manuel Cardenas-Castro y présente ses peintures lors d’une exposition monographique intitulée » Juan-Cardenas-Castro-Kanchacc »…
La Maison de l’Amérique latine
Je rappellerai ici les origines de cette institution dont le point de départ est la volonté du gouvernement français — conscient du développement considérable pris par l’Amérique latine dans le monde après la guerre de 1940 — de chercher le moyen d’organiser des rapports plus suivis et plus amicaux entre le ministère des Affaires étrangères, les personnalités françaises intéressées par l’Amérique latine et les représentants en France des nations latino-américaines. Effectivement, c’est Monsieur Etienne Dennery (1903-1979), directeur des affaires d’Amérique au ministère des Affaires étrangères, qui prend l’initiative de réunir dans son cabinet, en 1946, quelques personnes connu pour leur attachement à l’Amérique latine ou leurs connaissances particulières de ses problèmes : M. Luiz Martins de Souza Dantas (1876-1954), ancien ambassadeur du Brésil ; M. Luiz Ulmann, son secrétaire ; Paul Rivet (1876-1958), le fondateur du Musée de l’Homme ; le professeur Raymond Ronze (1887-1966), spécialiste des civilisations de l’Amérique latine ; M. Robert de Billy (1894-1991), connaisseur et amateur de l’Amérique latine. Parmi ces personnalités, Luiz Ulmann, décide de modifier les statuts d’une association créée en 1944 — ayant pour objet la réunion des Brésiliens à Paris et l’accueil des membres du corps expéditionnaire militaire brésilien en France — pour l’étendre à tous les Latino-Américains. De cette façon, le désir du gouvernement français et l’initiative franco-brésilienne de Luiz Ulmann ont constitués la base fondatrice de la Maison de l’Amérique latine. Plus d’une vingtaine d’années plus tard, en 1965, l’immeuble de l’avenue d’Iéna est mis en vente et l’association n’a pas les moyens de l’acquérir. C’est le soutien du Général de Gaulle qui permet à la Maison de l’Amérique latine de s’installer dans les deux hôtels particuliers des 217, bld Saint-Germain et 1, rue Saint-Dominique et de poursuivre ses objectifs (ill 1). Ainsi, au fil des années, la Maison de l’Amérique latine accompli sa mission en suivant l’évolution générale des politiques française et latino-américaine avec une intense activité permettant les échanges et les rencontres, rencontres le plus souvent culturelles…
Qui est Max Aub ? Ecrivain, poète, artiste, scénariste ? Il s’est illustré dans tous ces domaines ! Mais il a dû endosser bien d’autres qualificatifs qui lui ont été assignés où qu’il s’est appropriés : Allemand, juif, Français, catholique, Espagnol, agnostique, Mexicain. Sa vie illustre tout ce que l’histoire de l’Europe du siècle dernier a pu avoir de tragique.
Petit fils de Max Aub (1828-1901) président réformateur de la communauté juive de Munich, neveu d’un écrivain, l’excentrique Ludwig Aub (1862-1926), Max Aub Mohrenwitz, dit Max Aub, est né le 2 juin 1903, à Paris où ses parents, Frédéric-Guillaume Aub (1877, Münich – 1951, Valence), négociant et Suzanne Mohrenwitz-Springer (1881, Paris – 1962, Valence), se sont mariés moins d’un an auparavant. Lorsque la guerre éclate, son père est en Espagne pour affaire. Déclaré persona non grata et classé comme dangereux, comme tous les Allemands de souche vivant en France, il fait venir sa famille à Valence en Espagne. Max devient espagnol en 1916. Baptisé, il poursuit néanmoins sa scolarité à l’Escuela moderna, une école fondée par le penseur anarchiste Francisco Ferrer, laïque, mixte, rationaliste, promouvant l’égalité sociale, l’autonomie et l’entraide.
Après un passage par l’Institut General et Technique Luis Vives, il commence à travailler avec son père en tant que représentant de commerce, mais sa vocation est autre. Au hasard d’une tournée, il rencontre Jules Romains qui le met en contact avec le milieu littéraire madrilène. Il n’a que 20 ans. Ses poèmes sont lus à l’Ateneo de Madrid et il participe aux tertulia du café Regina avec les poètes Salinas, Garcia Lorca, Manuel Azana et bien d’autres. Il rencontre aussi Rafael Alberti, Jorge Guillen, Luis Bunuel, Salvador Dali. « Dans le petit cénacle, écrit en 1959, dans les Lettres nouvelles, l’hispaniste Claude Couffon, il représentait l’humour, la fantaisie, le goût du théâtre, l’esprit d’entreprise.». Il commence à voyager hors d’Espagne en Allemagne, en Russie, en France où, toujours grâce à Romains, il entre en contact avec les gens de la Nouvelle Revue Française : dix belles années à se pénétrer de culture européenne d’avant-garde.
Après le déclenchement de la guerre civile, il rejoint l’Alliance des écrivains antifascistes pour la défense de la culture et devient attaché culturel à l’ambassade d’Espagne à Paris. C’est là qu’avec son compatriote Josep Renau, il passe commande à Pablo Picasso d’une peinture pour le pavillon de la jeune république espagnole de l’Exposition universelle de 1937. Le sujet sera, comme on le sait, le bombardement de Guernica par les avions de la Légion Condor et des fascistes italiens. En 1938, il écrit le scénario de Sierra de Teruel, basé sur le livre L’Espoir de Malraux. Le film, réalisé par l’écrivain et aventurier français, est interdit par Franco. Le gouvernement français fait de même, et enferme aussi dans des camps de concentration les Républicains venus chercher refuge sur son territoire. Un document de la Sureté nationale daté du 27 mars 1940 signale ainsi Max Aub : « israëlite allemand, naturalisé espagnol par les autorités républicaines pendant la guerre civile qui serait un communiste très dangereux ». Il est d’abord interné au camp de concentration du Vernet, en Ariège, puis à Djelfa, en Algérie. Grâce aux efforts du gouvernement mexicain, il est finalement libéré en 1942. Le Mexique devient son nouveau pays d’adoption. La guerre d’Espagne et l’expérience des camps seront le principal terreau de son œuvre littéraire : Le labyrinthe magique, Manuscrit Corbeau, Journal de Djelfa…
A Mexico, il devient professeur à l’institut cinématographique. Il écrit une cinquantaine de scénarios pour le cinéma dont celui de Los Olvidados de Luis Buňuel. Il poursuit son travail d’écriture et signe des romans, des nouvelles, des essais, des critiques littéraires L’œuvre d’Aub prend alors deux directions principales, différentes mais bien sûr très liées entre elles et à ce qu’il a vécu. D’une part, il se fait le témoin et l’historien de la montée du fascisme, de la guerre d’Espagne et de l’exil ; d’autre part il propose une œuvre à la fois grinçante et ironique, inventive et ludique (dont le classique de l’humour noir Crimes exemplaires partiellement traduit en français dès 1959 par Nora Mitrani) qui aurait peut-être pris plus de place dans sa production sans la guerre.
Plaque commémorative au 3 cité de Trévise à Paris, où naquit Max Aub en 1903. CC/Mu
Depuis six ans, cette manifestation met l’accent sur la pluralité du type de création à la fois récent et historique que constitue le livre d’artiste. Apparu en Occident vers le 19e siècle selon certains, en Chine sous la dynastie des Song (10e-12e siècles) pour d’autres, il a déjà fait l’objet de nombreuses recherches et attentions qui ont abouti à la constitution de collections très diverses. A ce jour, 1000 titres étoffent le fonds de la médiathèque d’Issy.
A Marion Nino, Directrice des Médiathèques d’Issy-les-Moulineaux, le mot du début : « Ce sont les mains qui font, qui vont en silence, et le livre est né ». Ces mots de Stéphanie Ferrat, lauréate du prix du livre d’Artiste de la Ville d’Issy-les-Moulineaux, nous rappellent l’ampleur de l’univers dans lequel se déploie un livre d’artiste : œuvre complète, à la fois plastique, organique et poétique, il trouve une place naturelle dans l’espérance un peu folle des bibliothèques de rassembler dans leurs murs savoirs et artistes. Cette année encore, la Médiathèque centre-ville se réjouit de contribuer modestement par ce concours à valoriser l’extrême diversité et richesse des créateurs de livres d’artistes.
Un règlement publié très en amont permet notamment aux créateurs intéressés de préparer un livre récent et inédit, pour la circonstance. Les lauréats des années précédentes ne peuvent à nouveau candidater.
Comme chaque année, un jury très à l’écoute de la diversité de ce que peut être un livre d’artiste, s’est rassemblé afin de décerner le prix au lauréat. Sa composition est donnée ci-après :
Candice Attard, directrice des affaires culturelles à la mairie d’Issy-les-Moulineaux, Gwenael Beuchet, chargé de conservation au Musée de la carte à jouer d’Issy-les-Moulineaux, Alain Cardenas-Castro, enseignant, artiste et médiateur scientifique et culturel au Muséum national d’Histoire naturelle, Christophe Comentale, auteur, conservateur en chef honoraire au Museum national d’Histoire naturelle, Laetitia Cuisinier, chargée de programmation culturelle, Frédéric Harranger (**), Virgile Legrand, galeriste et éditeur, Marie Minssieux-Chamonard, conservatrice en chef à la Bibliothèque nationale de France, responsable des collections XXe-XXIe siècles, réserve des livres rares, Marion Nino, conservatrice en chef, directrice des médiathèques de la ville d’Issy-les-Moulineaux, Jean-Marc Thommen, artiste et directeur de l’école d’art « Les Arcades », Hélène Valotteau, conservatrice en chef, responsable du pôle jeunesse et patrimoine à l’Heure Joyeuse, Médiathèque Françoise Sagan.