Graveurs sur bois français de la 1re moitié du XXe siècle

par Christophe Comentale

Le marché mixte de la place d’Aligre, un marché dont les étals sont aussi chargés de nourriture que d’accessoires, d’objets, de documents papier, est situé entre l’hôpital Saint Antoine et à dix minutes de la Bastille. L’abondance y est quotidienne. Les brocanteurs ne sont pas nombreux, au plus une petite dizaine, mais leur marchandise est souvent surprenante.

En particulier, les étals de livres sont impressionnants : sur des lits de camp militaires, des centaines de volumes sont souvent disposés dans le désordre le plus anarchique autant que les volumes peuvent être classés selon une méthode qui a l’intérêt d’en faciliter la consultation, par exemple en mettant sur la tranche les volumes classés par format les uns à côté des autres afin que, seuls, les dos apparaissent.

Je me suis retrouvé par hasard face à un mètre linéaire de volumes assez semblables les uns aux autres : une édition des œuvres complètes d’Anatole France (1844-1924) publiée de 1925 à 1935 chez l’éditeur Calmann Lévy. Cet ensemble de 25 volumes au format in-quarto  imprimé sur Vélin du Marais laisse apparaître par transparence un filigrane reprenant la signature de l’écrivain. Cet ensemble est paru lors de la disparition de l’homme de lettres fécond qu’a été Anatole France. Chacun des volumes, dorés sur tranche, était paré d’une reliure à coins bleu sombre, le dos orné de petits fers à caisson. Il existe une édition brochée, mais aussi de nombreux collectionneurs se sont attachés à rehausser tous les volumes de reliures diverses.

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De la musique andine autour des Cardenas-Castro. Le compositeur Roberto Ojeda Campana, le guitariste Osmán del Barco, la musique cuzquénienne génératrice de [Panoramas] (12)

par Alain Cardenas-Castro

Après avoir retrouvé dans le fonds d’archives de l’atelier de la rue Vineuse une cassette audio d’un enregistrement effectué en 1981 au Pérou, je me suis rappelé mon père, le peintre Juan Manuel Cardenas-Castro (1891-1988), me parlant de ses aptitudes à jouer de la guitare dans sa jeunesse. Il entonnait des vocalises tout en m’expliquant la rythmique de l’instrument et en évoquant ses souvenirs liés à cette musique andine particulière, le Huayno[1].

A partir de ce document sonore, il m’a paru important de regrouper les diverses pièces couvrant le domaine musical dans le fonds d’archives de l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro : partitions musicales, courriers, photographies, etc. La plupart de ces pièces proviennent de l’échange épistolaire avec son ami de jeunesse à Cuzco, le musicien Roberto Ojeda Campana (1895-1983). Pour faire suite à cet inventaire non exhaustif, j’ai trouvé opportun de présenter ce corpus documentaire qui entre dans le cadre de ma recherche sur la lignée des Cardenas-Castro peintres et muséographes.

Dans un premier temps, en suivant la logique du plus grand nombre, j’ai décidé de présenter les documents relatifs au musicien Roberto Ojeda. Dans un deuxième temps, j’évoque la rencontre de José Félix Cardenas-Castro (1899-1975) avec le guitariste Osmán del Barco (1902-1966), à partir d’extraits tirés du livre d’Ernesto More, Huellas humanas. Et, dans un troisième temps, je retrace le projet photographique que j’ai réalisé lors de mon voyage au Pérou en 1988. Il témoigne de mon regard sur la culture musicale du Sud-andin venant confirmer, que, comme pour nombres d’artistes, l’élargissement du champ des investigations à des domaines autres, en l’occurrence, celui de la photographie documentaire, voire anthropologique, permet d’enrichir le travail de conception et les modes de productions plastiques.

(ill. 1) De gauche à droite. Juan Manuel Cardenas-Castro et Roberto Ojeda, Cuzco, mai 1981. Visuel, Thérèse Cardenas-Castro

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Des statues de culte domestique chinoises

par Christophe Comentale

La récente publication d’un ouvrage sur les statues de culte chinoises permet un regard autre sur un sujet délicat et encore confidentiel. Eléments de réflexion après lecture.

Alain Arrault, A History of Cultic Images in China. The Domestic Statuary of Hunan ; trad. de Lina Verchery. EFEO / Chinese University of Hong Kong Press, 2020. 188 p. : ill. (coll. Coéditions ; 19). Bibliog. Index.

Pourquoi les négociateurs de l’art en Occident n’ont-ils toujours pas pu introduire le concept si flou et paradoxal d’arts premiers en Asie ? Une des causes en est et reste le manque de stock de pièces ethnologiques, locales, populaires, devenues disponibles dans un contexte particulier… Ce qui renvoie, en quelque sorte, à la conquête occidentale du monde au XVIIIe siècle. Sans refaire l’histoire, a contrario des stocks de pièces africaines qui ont abouti à la création du musée de l’Homme, un des départements du Muséum, très peu d’exemples chinois y sont conservés pour ce qui a trait à la statuaire, les pièces provenant de ces régions étant souvent encore protégées ou exilées au fin fond de réserves excentrées quand elles n’ont pas rejoint celles du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac… Pour Lyon, au musée des Confluences, les pièces de la collection De Groot, à Lodève, quelques pièces provenant de la collection Dautresme et parfois, la volonté de collectionneurs désireux de léguer des souvenirs de missions en Chine, souvent du sud et des provinces côtières ou insulaires (Fujian, Taiwan,…).

Il en va tout autrement du splendide travail de terrain et d’enquête dû à un chercheur sinisant, Alain Arrault. Ce travail, auquel a participé Lina Verchery, se situe dans la lignée de recherches entreprises notamment par Kristofer Schipper et Patrice Fava. Cette approche permet, d’une certaine façon, de comprendre pourquoi ces œuvres restent aussi rares que mystérieuses. C’est aussi une façon très frontale de rappeler les différences qui subsistent dans les présences de l’homme au monde.

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Les Editions du Fenouil. Naissance d’une nouvelle collection, « Réceptions », des monographies entre Est et Ouest

par Christophe Comentale

 

Lieu de diversité textuelle et iconographique, creuset de sujets entre textes et image, les éditions du Fenouil ont fait leur apparition en 1985. Depuis plusieurs années, elles ont acquis une visibilité saisonnière ou plus vivace qui contribue de donner vie à des livres de types différents.

 

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Un paysage de Juan Manuel Cardenas-Castro : le portrait d’un rocher (11)

par Alain Cardenas-Castro

L’un des plus anciens témoignages connus de la représentation d’un paysage est celui d’une roche gravée qui remonte à la période néolithique (ill. 1). Réalisée comme certaines peintures d’aborigènes d’Australie, en « vue de dessus », ce dessin gravé décrit un territoire, à l’identique des planisphères qui révèlent une partie du monde autrement impossible à voir[1].

En observateur curieux de son environnement, l’Être humain s’est continuellement appliqué à détailler le pays dont il est originaire tout autant que d’autres lieux découverts au fil du temps. La cartographie en témoigne ainsi que les réalisations artistiques qui, de la représentation de morceaux de pays, ont fini par définir un genre pictural : le paysage. C’est, d’ailleurs, en observant ces paysages de villégiature ou des sites reproduits en peinture qu’il est possible, en opérant ces transferts virtuels ou physiques d’un lieu à un autre, de ressentir une même sensation. Le dépaysement peut ainsi produire des émotions surprenantes de bouleversement, de malaises et, à contrario, des états allant du ravissement jusqu’à l’enchantement ou l’émerveillement.

De mémoire, le premier paysage fascinant que j’ai pu observer a été celui d’un tableau qui par sa singularité et son exotisme m’intriguait. Ce paysage virtuel — une reproduction d’un territoire qui m’était alors inconnu — était accroché dans l’atelier de mon père[2] au milieu de nombreuses peintures exposées qui figuraient le plus souvent des personnages. Quelques-unes de ces peintures comportaient un arrière-plan paysager, mais le plus souvent, les personnages étaient les principaux éléments des compositions. Il m’arrivait de regarder longuement cette peinture de paysage étrange, elle me paraissait extraordinaire car elle représentait un bloc rocheux gigantesque qui devenait à lui seul, et malgré la présence de plusieurs personnages, le protagoniste de la composition. Mon père avait ainsi réalisé le portrait d’un rocher (ill. 2).

(ill. 2) Juan Manuel Cardenas-Castro. Sans titre (s. d.), huile sur toile, 94 x 81 cm (coll. privée)

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A propos du colloque et de l’exposition « De la Terre au Ciel », Musée chinois du quotidien, Lodève

Entre deux événements, entre deux années

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Conformément aux grands axes que se sont fixés les acteurs du bâtiment polyévénementiel des Marches du Palais lorsque l’idée a germé de fonder un Musée chinois du quotidien, des expositions, des séminaires et d’autres actions concertées permettent une mise en valeur des collections et également des rencontres croisées sur des pôles complémentaires à ceux initialement constitués qui sont enrichis progressivement de dons de pièces spécifiques acceptées avec la plus grande prudence.

Pour l’année 2020, en raison de la complexité des procédures, le nombre des événements a été considérablement limité. La présente manifestation, De la Terre au Ciel, permet de faire le point sur l’activité de créateurs très différents, mais, tous,  attirés par la diversité de la Nature, vaste sujet qui draine des techniques et des théories différenciées.

Les contributeurs présents à ce colloque viennent d’horizons différents, leurs interventions restent des approches complétées par des bibliographies succinctes.

Pour l’été – automne 2021, une exposition sur les caractères et l’imprimerie Est-Ouest est prévue. Elle présentera d’une part un florilège d’œuvres du musée et sera complétée par des pièces provenant de collections privées. Des ateliers animés en concertation avec les établissements scolaires de la ville seront un prolongement destiné à apporter des dimensions pédagogique et culturelle fortes.

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Mémoire d’une triste histoire familiale sous un couvercle d’urne funéraire conservé au Musée chinois du quotidien

par Christophe Comentale et Hu Jiaxing

Remerciements à Françoise Dautresme

Fig.1 Couvercle d’urne funéraire. Céramique, diam. intr 13 cm, diam. extr 17 cm. Musée chinois du quotidien, Lodève

Depuis sa préfiguration en 2017 puis son inauguration officielle le 11 juillet 2018, et après plusieurs années de préparation et de vicissitudes diverses, un florilège des fonds du musée occupe actuellement les 2e et 3e niveaux du bâtiment de la chapelle des Pénitents blancs. Différentes publications ont évoqué la richesse des fonds, près de trois mille pièces, données par Françoise Dautresme pour d’une part rappeler l’originalité de ce créneau chronologique constitué par les pièces rassemblées et, de l’autre, rendre témoignage de l’action de François Dautresme en Chine, qui a, avec constance, permis de faire connaître un pays surprenant et dont la définition du quotidien a fort bien anticipé la force de ce que ce pays a révélé depuis trois décennies. Peu à peu, le comité scientifique étudie les fonds encore en réserve. Chaque pièce est une surprise et digne de l’intérêt le plus soutenu. Comme le rappelle la formule si parfaite de Françoise Dautresme, connaisseuse avertie de ce pays où elle a résidé,

« il ne viendrait pas à l’idée d’un Chinois de fabriquer quelque chose de laid. Pour lui un objet beau étant un objet bien fabriqué, et l’objet bien fabriqué étant un objet utile, seul l’utile est beau et le beau est forcément utile. L’économie dicte le geste. L’artisan prend ses ordres auprès du matériau. Le matériau donne une seule réponse. Le génie va de pair avec la récupération. Et comme en Chine tout se tient et que les contraires font bon ménage, on admet qu’une maison et sa cour, correctement orientées, représentent le monde, que trois perspectives opposées puissent coexister sur une peinture de paysan, que tous les matériaux aient le droit d’exister, que la langue écrite soit un artisanat qui rend service à la réalité des choses et que le mot soit fabriqué comme un objet ». Françoise Dautresme, Le voyage en Chine, Paris : FD, 1976.

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Portraits d’hier et de demain (4) Rencontre avec le peintre et sculpteur Juan Bravo Vizcarra

Un premier voyage, un retour à mes racines péruviennes, et ce qui était en même temps une mission d’étude sur l’art contemporain qui entoure ma création, m’a mené à Cuzco en juillet 1988. Lors d’une promenade sur des vestiges archéologiques de Saksaywaman [Saqsaywaman ou Sacsayhuamán] (mot quechua signifiant « rapace content » ou « repu »), est une forteresse inca ou un centre religieux dédié au Soleil et à d’autres dieux incas, le lieu est situé à deux kilomètres de la ville de Cuzco. Construite vers le XIIIe siècle, très probablement dans un but défensif ou religieux, la forteresse se trouve à 3 700 m d’altitude. Ses murs s’étalent en zigzag sur trois niveaux. Elle a la forme d’une tête de puma, animal sacré dans la tradition inca. C’est là, à quelque deux kilomètres de la ville de Cuzco, que j’ai fait la rencontre de Juan Bravo Vizcarra.

par Alain Cardenas-Castro


Portrait. Rencontre avec Juan Bravo Vizcarra, Cuzco, 1988 / Alain Cardenas Castro
vidéo 8, 15 min (extrait).
Document réalisé lors d’une mission d‘étude sur l’art contemporain au Pérou en 1988.

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Portraits d’hier et de demain (3) De la peinture murale péruvienne : À propos de deux œuvres de Tadeo Escalante, muraliste du Sud-andin (1)

Rapport succinct d’une mission de recherche menée en octobre 2019 dans la région de Cuzco. Durant ce séjour de recherche, l’auteur a pu fournir un ensemble de photographies inédites. L’accès parfois difficile aux lieux n’a pas pu permettre une qualité toujours identique de ces documents. Ils sont complétés par une iconographie justifiée dans la partie bibliographique.

par Alain Cardenas-Castro

En Amérique latine, la peinture murale est souvent associée au mouvement constitué par les peintres muralistes mexicains[1]. Toutefois, cette technique a été utilisée couramment au Pérou. Depuis les premières grottes ornées, comme celle de Toquepala[2] (ill. 1), jusqu’aux réalisations plus récentes des peintres péruviens, Carlos Quispez Asin (1900-1983) (ill. 2), Juan Bravo Vizcarra (1922-2016) (ill. 3) ou Jorge Chirinos (1968) (ill. 4), la peinture murale au Pérou s’est renouvelée continuellement.

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ŒUVRES magiques et médusées d’Alain Cardenas-Castro

ŒUVRES magiques et médusées

par Marie-Paule Peronnet et Christophe Comentale

Les liens Est-Ouest d’Alain Cardenas-Castro trouvent toute leur place dans la galerie Younique, attachée à la promotion d’artistes latino-américains. Et, younique aussi, cette fresque réalisée in situ pour l’événement !

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