A propos d’un salon du dessin contemporain
par Christophe Comentale, coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro

A propos d’un salon du dessin contemporain
par Christophe Comentale, coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro

par Brigitte Guilbaud et Christophe Comentale
La broderie est — lit-on dans les encyclopédies, dictionnaires, manuels et livres pratiques décrivant les techniques sous-jacentes à ce savoir-faire — un art de décoration des tissus : motifs plats ou en relief faits de fils simples, matériaux tels que paillettes, perles, voire pierres précieuses, les enrichissent. Différents points exécutés avec des fils de lin, coton, soie ou laine donnent vie aux broderies que l’on retrouve par exemple sur des vêtements, des accessoires, des mouchoirs, du linge de maison, des ensembles liturgiques (nappe d’autel, voile de calice, pavillon de ciboire etc.) ou des éléments de décoration intérieure. Si Dominique Orozco déploie son talent de brodeuse d’art depuis plusieurs décennies, ce sont les feuilles de gingko [銀杏] qui l’ont inspirée dès la première vision du tapis doré qu’elles forment, chaque automne. Amoureuse de cet « abricot argenté », « fossile vivant », première espèce d’arbre à repousser après la bombe atomique d’Hiroshima, elle observe le moindre détail de ses feuilles, leur matière, leurs formes variées. Par la vertu d’un regard que le métier a affûté, elle consacre de très longues heures à la création d’œuvres uniques.



(ill. 1) Dominique Orozco, jardin du Luxembourg, Paris, nov. 2024
par Christophe Comentale
La dispersion récente d’un fonds d’œuvres de deux artistes apparentées au courant si ramifié et paradoxal du surréalisme, Yvonne Bilis Régnier et Dominique Irma Dalozo, disparues en 2017, ne cesse de réserver des surprises tant au niveau des techniques employées que des thèmes traités pour des supports divers. Papier, carton, toile, panneau de bois, de dimensions modestes ou imposantes restituent progressivement les étapes qui jalonnent les processus d’une création surprenante allant de la représentation de créatures angéliques à celle d’êtres quelque peu inquiétants.
Tradition et structuration de l’imaginaire
Dessin, crayon, huile, technique mixte, les œuvres sont, le plus souvent, signées ou monogrammées, parfois seulement datées, au recto ou au verso : c’est aussi au verso que l’on trouve parfois des citations et dédicaces diverses, écrites dans une langue poétique et littéraire.
Ainsi en va-t-il de cette huile sur panneau :
« Et l’aube tarde à venir,
Nous l’attendons, tous ensemble.
Elle finira par illuminer le monde ».

Escenas de vida y símbolos ancestrales, pinturas de Manuel Zapata Orihuela
Paris, Consulat général du Pérou, 27 rue de l’Arcade, Paris.
Continuer la lectureIsabelle Tauzin-Castellanos, L’Amérique du Sud : histoire d’émigrations, XXe-XXe siècles écrit par Isabelle Tauzin-Castellanos. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2024. 342 p. : 105 ill. Bibliog. Index. 25 €.

par Christophe Comentale, coordination éditoriale Alain Cardenas-Castro
Peintre, dessinateur et affichiste, Michel Quarez (Damas, 1938 – Saint-Denis, 2021) reçoit une formation à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux puis obtient son diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. En 1961, il complète sa formation auprès de l’affichiste Henryk Tomaszewski (Varsovie, 1914-2005) qui l’accueille dans son atelier aux Beaux-arts de Varsovie jusqu’en 1962. De retour en France, Quarez devient directeur artistique à l’agence SNIP, l’agence de publicité de Prouvost, Lainières de Roubaix, de 1964 à 1966. Ses œuvres sont désormais dans différents fonds institutionnels et privés.


Ci-dessus, de gauche à droite. Portrait mi-corps de Michel Quarez, coll. Rachid Senouci ; Michel Quarez, Autoportrait, palette graphique (ca 1983-1990).
par Christophe Comentale
Remis au goût du jour depuis peu d’années après une veille documentaire plus large, Zhang Hua, peintre chinois prolifique et très original dans sa trajectoire esthétique, ne cesse de faire l’objet de découvertes qui mettent en ébullition le monde du marché de l’art et des collectionneurs. Les musées outre-Manche sont également intéressés par ce génie qui dérange la classification devenue vétuste qui réussit, l’espace de quelques années, de faire un état des artistes chinois venus en France pendant le 20e siècle, de Fang Junbi (1888-1986) à Zhao Wuji [Zao Wuki] (1920-2013).


Ci-dessus, de gauche à droite. Zhang Hua, Homme nu au ballon (ca 1950), crayon de couleur et rehauts de blanc sur calque, 39 x 26 cm ; Zhang Hua, Femme au chapeau à fleurs [détail] (ca 1950), huile sur panneau (instrument à cordes)
par Sun Chengan
Feng Zikai, Du noir à la couleur, textes de Christophe Comentale et Yin Wenying ; préf. de Nicolas Idier, postface de Feng Nanying et Feng Yiqing. Bordeaux : Le chantier, 2024. 185 p. : 150 ill.
38 €
Continuer la lecturepar SUN Chengan (*)
La carrière menée avec dynamisme depuis quelque quarante ans entre création personnelle et patrimoine culturel ou social, n’a nullement empêché Alain Cardenas-Castro d’aller au fil de ses idées, de ses obsessions polychromes et graphiques. Quelques jalons dans un parcours en entrelacs.

Traditions du Sud-andin péruvien, littérature, archéologie et art contemporain.
par Alain Cardenas-Castro
Une mission est une suite d’événements programmés sur ou à partir desquelles se greffent des éléments imprévus générés au fil des rencontres. La présentation du livre Qalachanky, A pata pelada de Clemencia Salmón, à Lima et l’invitation à présenter mon travail de peintre, muséographe et chercheur aux étudiants de l’Université Diego Quispe Tito de Cusco ont été les principales raisons de mon voyage au Pérou.
A partir de là, le cours des choses* a enclenché un enchainement de rencontres, parfois surprenantes, qui m’ont permis d’étudier plus avant l’archéologie, l’art populaire et l’art contemporain péruvien (ill. 1).
Rencontrer les artistes péruviens tels Yerko Zlatar, Ricardo Wiesse, Adriana Ciudad, Nancy La Rosa, Alberto Quintanilla, Ramiro Llona, m’a permis de constater la présence de la création contemporaine active et diversifiée au sein de l’offre culturel liménienne en ce début de printemps au Pérou. Musées, galeries, centres d’art, proposent de multiples événements pour divers publics (ill. 2). Un agenda dynamique dont on retrouve quelques bribes dans la magnifique cité de Cusco. Le spectacle vivant n’est pas en reste avec la programmation de plusieurs pièces d’Anton Tchekhov dans les théâtres de Lima et la venue de Paul McCartney qui a rassemblé des foules de générations différentes pour un unique concert dans la capitale péruvienne.


Ci-dessus. *(ill. 1) Peter Fischli et David Weiss. Le cours des choses : dans l’atelier (1985-2006), Vidéo, 68 min. ; (ill. 2) Design canin de Miraflores, 2024