par SUN Chengan[1]
La récente annonce de la finalisation d’un Corridor des écritures dans la province chinoise du Qinghai, en fait, d’un musée constituant une collection de calligraphies tracées en Extrême-Orient et en Occident, relance la question relative à l’importance de cette forme d’expression, dans les situations ordinaires de la vie quotidienne, comme pour les nombreuses approches, populaires ou élitistes, liées à différentes formes de création.
Depuis les années 1530, l’imprimerie a, en Occident, acquis une toute puissance normalisatrice qui commence à reléguer la présence de la graphie manuscrite vers d’autres secteurs. Le Songe de Poliphile (ill.) est un des chefs d’œuvre en la matière[2]. Quant à la graphie manuscrite, elle rassemble implicitement et fort heureusement tout ce qui permet d’utiliser la graphie manuscrite et de la faire perdurer ! En parallèle aux recherches sur l’art de la typographie qui naît et se développe au fil de l’inventivité des typographes et imprimeurs, ces derniers donnant naissance à des polices de caractères nés de l’observation des tracés des lettres, les calligraphes continuent de mener une vie pleine et, pour certains, remplie des honneurs que leur confère leur réputation. Il n’empêche que, malgré la beauté des calligraphies occidentales, en ce 21e siècle de la diversité, le livre d’artiste occidental est, avec l’art de rue, amateur de graffiti et autres signes, la forme artistique qui fait la part belle à la lettre. La Chine continue, quant à elle, à privilégier les caractères tracés sur un bandeau, une feuille, selon des critères souvent encore plus formels. Il existe cependant une école de calligraphes sinisés qui ont changé les formats pour les rendre plus adaptés à une création plus personnelle.









