LE QUOTIDIEN D’UN VISIONNAIRE…FRANCOIS DAUTRESME.
par Jean Levantal

François Dautresme en Mongolie intérieure avec WU Xiaolan (fin des années 1990) © Archives Françoise Dautresme
– Massif, pudique, modeste et plutôt secret, François Dautresme avait une innocence jésuite, malicieuse, cousue de fil blanc, qui le mettait en osmose parfaite avec la foule des Chinois qu’il aimait passionnément. L’œil de ce grand collectionneur s’allumait au seul spectacle de la beauté, celle-ci se réfugiant, dans la Chine contemporaine, dans les seuls objets du passé ou de la campagne. Alors, face à une trouvaille, François Dautresme, le descendant d’une longue lignée de grands serviteurs de l’Etat français mais aussi de paysans et de tisserands normands connus sur les rives de Criquebeuf-sur-Seine pendant plus de dix générations, s’accroupissait comme un paysan chinois, mettait le monde entre parenthèses et, face au propriétaire, il rusait, prêt à tout, sans la moindre précipitation. « Je venais de loin, et je m’intéressais à ce qui n’intéressait qu’eux (les paysans), les objets de leur vie quotidienne, de leur travail et de leurs traditions » soulignait-il. C’est ainsi qu’en trente-cinq ans, « Lao DU / Monsieur DOU », comme l’appelaient ses amis de Pékin ou de Canton, a amassé une collection de 50.000 objets et photographies, la mémoire de la Chine de MAO et de ses prédécesseurs.
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