De la construction à la destruction sur la colline de Chaillot : un enchevêtrement entre histoire, architecture, anthropologie et art contemporain

Par Alain Cardenas-Castro

Un récent appel d’offre émanant de l’INHA — appel à contribution pour le numéro 2018-2 de la revue Perspective et relatif à la destruction — m’a permis de remettre un texte correspondant à la problématique donnée.

Cela a été l’occasion de faire le point sur quelques-unes de mes recherches in situ, en particulier lors d’œuvres réalisées au Musée de l’Homme dans un contexte bien particulier, à savoir la transition entre l’ancien et le nouveau musée. Je renvoie pour ce sujet au texte paru sur le blog Sciences et art contemporain en date du 29 octobre 2017.

Mes recherches ne se limitent pas à cet aspect des choses. En effet, j’ai, au cours de mon activité de fresquiste et de théoricien / praticien de l’image murale, proposé des sujets ou répondu à des appels d’offres divers. Au centre de mon propos, il s’agissait de l’occupation d’un lieu qui impliquait un changement d’image, une occultation d’une image précédente, recouverte de façon non destructive, ou bien, si les conditions ne le permettaient pas, de prendre possession complète des lieux. Ainsi les mises en place relatives du réel, à des simulations de réel exécutées lors de projets de différents ordres, à savoir, d’une part des commandes d’institutions et de particuliers pour créer des murs peints à fresque ou des peintures murales, et d’autre part d’œuvres qui se sont imposées à moi, toutes, sans exception m’ont poussé à travailler sur cet apport / destruction du réel qui génère un équilibre entre plein et vide, ou au contraire, le réduire à néant.

Je livre ci-après le projet – non retenu – transmis pour répondre à l’appel d’offre de l’INHA. Je le livre tel quel, sachant qu’il doit par ailleurs être alimenté et étoffé dans le contexte d’un séminaire Est – Ouest à venir.

Le point sera fait, en son temps, sur ce même blog.

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L’espace de l’atelier et au-delà : à propos d’une esquisse représentant Juan Manuel Cardenas-Castro (1)

par Alain Cardenas-Castro

Ce texte est le premier  d’une série d’articles relatifs au peintre Juan Manuel Cardenas-Castro. Ces articles seront publiés au fil de la progression de mes recherches sur ce peintre qui a influencé mon propre processus de création. D’abord, en étant mon précepteur artistique, ensuite, en devenant un modèle vivant que j’ai dessiné et peint et parfois modelé. Enfin, ce modèle traduit plastiquement s’est révélé comme un élément graphique récurrent dans mon œuvre. A partir de là, il a contribué aussi au développement de certains de mes thèmes graphiques et de leur évolution, tant technique que symbolique ou signifiante.

Alain Cardenas-Castro   L’espace de l’atelier (1981) Huile sur bois 53 x 30 x 2 cm Coll. A. Cardenas-C. © Alain Cardenas-Castro

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Masques tibétains : dramaturgie, ethnologie et art contemporain

Par Alain Cardenas-Castro

Le colloque Masques tibétains qui a eu lieu au centre OMDP de Lodève le 3 octobre 2017 m’a permis de faire le point sur trois aspects particuliers de ces objets.

J’ai utilisé ma double culture de plasticien et de muséographe-médiateur pour redéfinir ce contexte spécifique.

21 masques de l’art de l’opéra tibétain (XXe s.) Louanges aux vingt et une taras, tangkhas, masques et bronzes de l’art tibétain, OMDP, Lodève 2017 © Alain Cardenas-Castro

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Les peintures, livres d’artiste,  installations de papier de Yuan Chin-taa

Au musée Marcel Sahut de Volvic.

Du 29 septembre au 3 novembre 2017 a lieu le deuxième volet de l’exposition itinérante qui, du Salon international du livre d’artiste Pages en mai s’achève dans la région Auvergne avant de se poursuivre en novembre et décembre prochains au centre multiculturel de Lodève, OMDP.

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Parcours d’un fresquiste : formation, expériences et approches autres

Par Alain Cardenas-Castro

A l’issue du colloque organisé autour de l’exposition « La peinture au pigment de Dunhuang   • 敦煌岩彩画 », colloque  mis en place dans le cadre de la convention triennale entre l’Académie de Dunhuang et le Muséum national d’Histoire naturelle 5 chercheurs — cinq peintres-fresquistes de l’institut de Dunhuang, et deux chercheurs du Muséum, ont proposé leurs « Regards Est – Ouest sur les murs et fresques et l’art contemporain » au Centre multiculturel OMDP de Lodève, le 1er septembre 2017.

QUELQUES RAPPELS

Lors de cette journée de réflexion et de recherche j’ai présenté mon parcours de plasticien fresquiste et médiateur-chercheur au Muséum, depuis ma formation à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) jusqu’à mes investigations actuelles. Ce parcours s’effectue autour des liens entre la peinture murale et le livre en passant par les différentes recherches et productions plastiques que j’ai pu mener.

Cette présentation s’est articulée en trois parties : d’abord, la partie dédiée à la formation à la technique de la peinture à fresque que j’ai suivie à L’ENSBA, ensuite, celle englobant les différentes expériences menées au cours de mon parcours artistique en tant que muraliste. Ces expériences convergent pour certaines vers mes activités de muséographe au travers d’exemples choisis. Enfin, la dernière partie, regroupe des approches expérimentales en art mural, qui participent de mes recherches plastiques, provoquant une synergie ouverte.

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Peintures murales : de la diversité des approches Est-Ouest

Anonyme, Maitreya prêchant, dyn. des Liang du Nord (397-439), peinture murale, grotte 272, Dunhuang, 74 x 76 cm.

Vincent Broquaire, passage (2011), dessin encadré, dessin au mur, encre, Galerie Octave Cowbell, Metz,            70 x 170 cm. © Vincent Broquaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Alain Cardenas-Castro

Contrairement à une pratique courante, les comparaisons Est-Ouest sont parfois source d’insatisfaction, voire de désillusion. En effet, d’une part la maîtrise des cultures pour ces territoires de recherches est inégale, une des deux civilisations étant privilégiée d’emblée par rapport à l’autre. D’autre part, et par voie de conséquence, la pertinence des développements n’est pas non plus à la hauteur des approches envisagées. La convention triennale récente qui lie l’Institut de recherches de Dunhuang au Museum national d’Histoire naturelle, est dans le prolongement des différentes manifestations à venir, notamment en premier lieu, l’exposition La peintures aux couleurs minérales de Dunhuang, qui a lieu à Lodève du 1er au 29 septembre 2017, en deuxième lieu le colloque qui l’accompagne, en troisième lieu le colloque sur les fresques de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris du 23 au 27 octobre 2017, s’avèrent des facteurs positifs pour combler des manques. Continuer la lecture

Colloque international sur les cloisonnés occidentaux et chinois

Musée des cloisonnés. Beijing, 30 juin 2017. Compte-rendu.

par Christophe Comentale

Ouvert depuis 2014, le musée des cloisonnés chinois et étrangers est dirigé par Monsieur ZHU Jingyou朱景优. Cet établissement privé a pour but la promotion des cloisonnés traditionnels ou de création contemporaine. Il est situé dans une zone en pleine expansion. Autour d’une cour rectangulaire sur jardin planté de quelques arbres comme le noyer, le litchi, le poirier, sont disposés les différents bureaux de ce musée particulier. Une cinquantaine de personnes assument les responsabilités de toute société : secrétariat, comptabilité, contrôle de gestion. Le service relations publiques et l’accueil gèrent un service repas pour la préparation, le suivi des événements et l’accueil des hôtes.

Un département est dédié aux développements techniques, à la connaissance de l’histoire de cette technique. Monsieur Zhu, trentenaire dynamique, a privilégié différents axes de développement de sa société, impliquée au sein de différents organismes culturels, politiques et financiers importants, notamment le ministère de la culture et la fondation pour la dotation de projets culturels sur différents champs de la création : théâtre, peinture, culture immatérielle, art contemporain,… Continuer la lecture

Mésocosme et art contemporain

Par Alain Cardenas-Castro

Les présentations d’art contemporain et les interventions d’artistes prennent place dans les institutions les plus diverses – qui ne sont pas à vocation artistique – et sont courantes aujourd’hui, afin de capter un nouveau public, valoriser un patrimoine.

Pour exemple, le Musée de l’Homme propose depuis sa réouverture des parcours artistiques dans ses nouveaux espaces rénovés. Des artistes tels que Pascale Marthine Tayou, Frans Krajcberg et Théo Mercier sélectionnés pour leurs travaux en lien avec les thématiques abordées dans ce musée de sciences et de société parisien, s’y succèdent depuis 2015.

En Avignon, le musée Vouland propose actuellement un parcours qui n’est pas une mise en scène des collections ni une confrontation des biens patrimoniaux avec des créations artistiques. Il ne s’agit pas ici de réactualiser la temporalité des collections en revisitant le passé depuis le présent mais plutôt d’inclure l’art contemporain dans un musée dédié aux arts décoratifs et à l’art moderne. Cette manne inattendue générée par cette institution dynamique, s’insinue dans ses galeries et son jardin grâce au fonds de dotation Edis.

Le tapis de Chosroes 1er, roi sassanide de Perse était utilisé en hiver comme substitut de jardin afin de s’y promener en suivant les motifs ornementaux d’allées et de ruisseaux, de branchages et de fleurs de printemps… Continuer la lecture

Des collections entre éphémère et permanent : la fondation-musée Louis Vouland et la collection François Dautresme

par Christophe Comentale

Les contradictions, indiscrétions, confusions ne cessent d’atteindre ce qui touche la constitution, la gestion de patrimoines. Anciens, récents, ils sont assimilés à un statut d’objets hors du commun, sublimés quand tel n’est pas le cas.

Il n’empêche que, comme dit l’adage « on ne prête qu’aux riches ». La maxime demande, certes, à être explicitée, précisée, afin de ne pas laisser les nouvelles diffusées par des professionnels optimistes ou idéalistes, voire peu scrupuleux, de la communication, déformer la raison d’être du patrimoine.

En France, les statuts des musées sont régis par différents textes qui leur donnent une permanence et une stabilité face au temps qui passe et aux événements qui constellent notre vie.

Quant au concept de patrimoine, il a bien évolué au fil du temps, mais reste en dépit des critères retenus, un ensemble légué par nos pères, nos aînés, au sens plus large. Continuer la lecture

Signes de papier, de toile et de pierre

Musée municipal Marcel Sahut, Volvic

Exposition du 17 mai au 15 sept 2017

Trois artistes invités Alain Cardenas-Castro, Istvan Peto, José San Martin et un pierreux, Nicolas Clayette.

Le commissaire de l’exposition Christophe Comentale a fait le point avec la responsable du musée sur l’accrochage des six salles du 2e étage consacré avec le rez-de-chaussée aux expositions temporaires.

La salle consacrée à José San Martin. © Alain Cardenas-Castro

Cet espace réunissait quelque 150 œuvres sur papier, toile, des gravures et livres d’artistes de José San Martin et Itsvan Peto.

Perspective des trois salles d’exposition. Temps de rêve (A gauche sur la photo). © Alain Cardenas-Castro

Comme le souligne Alain Cardenas-Castro, « mon œuvre, répartie sur trois salles, a permis de faire le point sur une quinzaine d’années de création plastique d’une manière non exhaustive. J’ai souhaité rassembler de très grands formats, un ensemble de dessins comprenant deux séries, chacune mesurant 48 x 30 cm et 30 x 24 cm, des livres d’artistes, des peintures portables et un Assemblage, ensemble de 45 pièces qui sont techniquement des acryliques sur papier marouflé sur bois, chaque œuvre mesurant 25 x 20 cm. J’ai même souhaité ajouter une sculpture Temps de rêve (une représentation anthropomorphe prenant la forme d’un « totem » contemporain). Continuer la lecture