Mémoire. À propos d’une œuvre remarquable de Yuan Chin-taa, « Installation à quatre éléments » (2017)

par Christophe Comentale et Emmanuel Lincot

Yuan Chin-taa, artiste taiwanais né en 1949 est fréquemment invité à de prestigieuses expositions en Chine et en Europe. En 2017, une rétrospective de son œuvre peint et de ses prestigieuses installations de papier ont été montrées au Salon Pages de Paris où il était invité d’honneur, puis au musée Marcel Sahut de Volvic et enfin au musée chinois du quotidien de Lodève.

Différents articles publiés récemment font le point sur la création de ce créateur singulier. Ils sont listés dans l’orientation bibliographique sommaire qui suit ce mémoire.

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Des images entre renouveau et tradition : les estampes japonaises de la collection Wessels

Compte-rendu par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Outre des collections de gravures occidentales riches, la Fondation Custodia[1] présente au fil de somptueuses expositions patrimoniales des ensembles de gravures d’autres aires culturelles, notamment des gravures américaines. Année du Japon oblige[2], les événements relatifs à ce pays et à ses aspects les plus variés se succèdent, comme ce florilège de quelque 200 gravures[3] dues à une cinquantaine d’artistes et couvrant les années 1900 à 1960. Un créneau chronologique original, qui intrigue. Il s’agit d’un florilège de la collection rassemblée par Elise Wessels depuis 25 ans et actuellement au Musée de l’estampe japonaise (Nihon no hanga) à Amsterdam.

Exposition Vagues de renouveau, à la Fondation Custodia – Collection Frits Lugt, du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019, 121 rue de Lille, Paris 7e. tlj sauf le lundi, 12h-18h.

Le créneau chronologique proposé a un peu de quoi surprendre — agréablement —, il quitte le créneau traditionnellement lié à l’âge d’or de la gravure sur bois japonaise et à ses polychromies et rendus techniques qui savent allier minutie ou vastes effets de pochades restitués avec un effet de surprise renouvelé. Une partie de ces œuvres a été réalisée durant l’ère Meiji – politique éclairée – (1868-1912), ère impériale durant laquelle le Japon décide une ouverture du pays sur l’extérieur.


Ci-dessus (ill. 4), Koizumi Kishio, Le temple Sengaku-ji sous la neige


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A propos d’une composition florale de Rica Araï présentée à l’exposition « Epiphytes »    

par Christophe Comentale

Le 6 septembre 2018, afin de préparer sa saison de ventes pour l’automne, la société Artcurial a eu l’heureuse idée de faire une présentation d’œuvres de provenances très diverses : occidentales, asiatiques, africaines aussi, en la couplant avec la mise en espace de compositions florales surprenantes.

Huit fleuristes reconnus sur les scènes française et internationale ont été invités pour la circonstance à créer des installations épiphytes : notamment Catalina Lainé, Claire Boreau, Jefferson Fouquet, Pierre Blanchereau, Jean-Louis Castor, Rica Araï,… Ces œuvres sont en symbiose avec des œuvres de créateurs modernes (Alberto et Diego Giacometti, Lucio Fontana, Ettore Sottsass,…) destinées à des ventes à venir.

Cette initiative permet de réfléchir au traditionnel art de l’ikebana représenté en l’occurrence par une composition de Rica Araï.

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克莱尔·莫罗:绘画与书法在文字中交融

撰文 孙成安、柯孟德

翻译 胡嘉兴

西方重新发现书法这一曾被遗忘的高雅艺术已有时日。这其中最具代表性、并且达到最高水准的艺术家之一,就是法国的克莱尔·莫罗(图),她不仅是艺术家,也是一位饱读诗书的文人。几十年来,她精熟地使用文字创作,并像维耶拉·达·思勒娃[1]或保罗·克利一样,通过画面的张力,激发着人们对另一空间乃至另一世界的想象。

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A propos de « Mémoire de choc », florilège de peintures récentes de l’artiste chinoise Zhang Qiongfei

张琼飞个人绘画展

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Le rôle d’une galerie, c’est de révéler ou de confirmer des talents, en tout cas des pratiques et des œuvres nouvelles. C’est en cela que depuis plusieurs décennies, la galerie-librairie Impressions assume ce rôle avec toute la liberté de choix qui préside à ces expositions, dont plus de trois cents ont permis de révéler l’œuvre de créateurs que les circuits institutionnels classiques auraient négligé, voire ignoré ! Portrait d’une artiste du quotidien qui s’effiloche et de la vie qui passe…

Cette exposition de Zhang Qiongfei permet, outre le plaisir de découvrir une soixantaine d’œuvres, de reprendre aussi un vieux débat, celui de l’origine des artistes chinois et de leur appartenance – ou pas – à un courant provincial, lié à leur origine géographique.

Zhang Qiongfei, le soir du vernissage de son exposition Mémoire de choc à la Galerie Librairie Impressions (7 septembre 2018).

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书写的温度——从古代文献到现当代书籍艺术

撰文 阿兰·卡尔特纳斯-卡斯特罗(Alain Cardenas-Castro),柯孟德(Christophe Comentale)

翻译 胡嘉兴

我在1991年为AML杂志撰写过一篇文章,题为《新珍本研究(Pour une nouvelle bibliophilie)》,它让我对一些莫名其妙的形式主义禁锢产生了疑问。书籍的观念自九十年代以来一直在不停地演变,更确切地说,书籍的其它定义渐渐被接受了。因此,书籍的不同布局方式成为可能——这里说的是作为艺术作品的书籍,更强调的是它们在知识性、设计和美学上的重要性,而不局限于它们的商品价值。这些书籍完全是文化、政治、社会、经济各个方面的互动中介,这些方面也不停地影响着书籍内在价值。

有鉴于此,在2018年七月30日到八月30日,上百件彰显了中西方从古代到现当代的多样性传统的考古文献和艺术创作书,汇聚在中国甘肃省的敦煌研究院敦煌石窟保护研究陈列中心展出。

伴随展览的还有一本内容详实丰富的汉法英三语画册,由敦煌石窟保护研究陈列中心编辑发行。


上图 莫高窟

下图 敦煌石窟保护研究陈列中心


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Du livre d’archéologie au livre d’artiste d’Est en Ouest (2)

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Cet article fait suite au précédent – posté le 23 juillet 2018 – qu’il précise et complète.

L’exposition, que nous avons initialement appelée « Du livre d’archéologie au livre d’artiste d’Est en Ouest » a été accueillie avec autant d’intérêt que d’étonnement : c’est en effet la première fois qu’un tel florilège est présenté dans ce lieu unique au public chinois. Cela renvoie au statut particulier du livre en Chine : ce document est, encore et toujours, lié à la connaissance pour le public chinois. Rappelons que c’est dans la grotte 17 qu’ont été trouvés au début du XXe s. les quelques dizaines de milliers de manuscrits et ouvrages imprimés en gravure sur bois désormais principalement conservés en France (bibliothèque nationale et musée Guimet) et en Grande-Bretagne (British Library). Un autre titre parallèle a été trouvé par la partie chinoise « la douceur de l’écrit » ou « la douceur du manuscrit » allusion à la qualité de la sélection des pièces choisies qui peuvent être littéraires, populaires, avant-gardistes,… Un peu différentes de la sélection qui aurait pu être faite en Chine en matière d’écrits comparatistes, anciens, modernes, contemporains.

Un catalogue trilingue chinois – français – anglais abondamment illustré à paraître est édité et diffusé par le musée pour accompagner cette manifestation.

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Du livre d’archéologie au livre d’artiste d’Est en Ouest

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Pour une nouvelle bibliophilie, un texte que j’avais rédigé en 1991 pour la revue AML, me faisait (me) poser la question sur la nécessité de certains formalismes, sur leur persistance étrange,… Cette idée, depuis les années 90 nous a semblé devoir continuer d’évoluer, ou, plus précisément, accepter des définitions autres du livre. Ainsi, à plusieurs reprises, il a été possible de montrer des mises en espace de livres – des livres œuvres d’art, pas seulement par leur valeur marchande, mais plutôt par leur impact intellectuel, graphique, esthétique. Tout comme les interactions culturelles, politiques, sociales, économiques aussi ne cessent de peser de tout leur poids sur le goût, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit.

C’est pourquoi, du 30 juillet au 30 octobre 2018, une centaine de documents archéologiques, graphiques et iconographiques montrant la diversité du patrimoine chinois ou occidental, sont exposés au Musée du centre national de protection du patrimoine, à l’Académie des sciences de Dunhuang (province du Gansu, Chine).

Un catalogue trilingue chinois – français – anglais abondamment illustré est édité et diffusé par le musée pour accompagner cette manifestation.


ci-dessus : (vignettes en partie haute) les grottes de Mogao / (vignette en partie basse : le musée du Centre de recherches et de protection du patrimoine de Dunhuang.


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Le Musée chinois du quotidien ou la beauté de l’art utilitaire

par Marie Laureillard[1]

(ill. 1)

En visitant le nouveau Musée chinois du quotidien – espace François Dautresme à Lodève, dans la région de Montpellier, c’est toute une page d’histoire qui s’écrit sous nos yeux, toute la mémoire de la Chine du vingtième siècle qui ressurgit. Si l’on peut penser à première vue qu’il s’agit d’une sorte d’écomusée exotique transplanté en Occitanie, on est très vite ébloui par la beauté de tous ces objets que François Dautresme a patiemment amassés en sillonnant la Chine des années 1960 aux années 1990. Suivant son goût, sans a priori, ce marchand d’art passionné se laissait guider par son instinct et son goût esthétique, se contentant, comme il le disait lui-même, « d’ouvrir les yeux et les oreilles, avec comme seul fil conducteur celui des rencontres fortuites. En effet, partout en Chine, les gens sont assis sur des trésors qu’ils ignorent. »

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Des trompe-l’œil chinois, XVIIe – XXe s., des huit cassures aux collages paysans :

 

 

 

 

 


Collages (1980 ca) Pièces de tissus collées, 57 x 48 cm (ancienne coll. FD)


La création récente du Musée chinois du quotidien à Lodève s’accompagne de la présentation d’un florilège de collages exécutés sur tissu durant les années 1970-1980 dans le Nord de la Chine. Cet événement permet de faire le point sur une notion fluctuante entre Est et Ouest, celle du trompe-l’œil. Ce concept de perspective fausse ou faussée, reste une perception occidentale qui prend une importance considérable dans les recherches à la fin du Moyen-Age, incluant aussi toutes les déformations possibles, telle l’anamorphose, la chambre optique, les traités sur la perspective, l’utilisation de supports variés : papier, bois, pigment,…

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