« A wake-up call for our non-stop world » : paysages dystopiques de la Chine en 2015

par Sarah Wilson

L’admiration anglaise pour la Chine et la « fusion » de nos paysages est bien connue, elle se situe autour de la figure de William Chambers qui a conçu les jardins de Kew, avec sa célèbre pagode érigée en 1762. Il est également l’architecte de la Somerset House, l’ancien siège de notre Royal Academy et actuellement le Courtauld Institute (Université de Londres), qui abrite ma vie professionnelle depuis toujours. [1]

Pourtant la vision de la révolution industrielle britannique et de ses paysages sont au cœur de mon intervention : sujet-précurseur de la situation de la Chine en 2015. Le film de Zhaou Liang, Béhémoth, et la vidéo du duo allemand UBERMORGEN, Chinese Coin, Red Blood, (Monnaie chinoise, sang rouge) nous offrent des paysages chinois où le feu et le sang remplacent le « paradis » d’un jardin ou les nuages entassés d’une peinture sur soie.

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Paysages Est-Ouest et plans d’eau, des paysages de Luis Chan  [ 陈福善 ] au jardin chinois du Musée de l’Homme

par Christophe Comentale,

Les expériences occidentales et occidentalisantes en matière de conception de jardin chinois sont légions. Au fil de l’histoire, de l’histoire du goût et celle des voyages, des histoires imaginaires aussi, de celles qui se répandent et deviennent des traces indicibles de ce qui, à un moment ou à un autre a frappé l’attention.

Toujours est-il que parmi ces périodes de sinomania, l’une des dernières correspond aux années 30-40 du XXe siècle.

L’entre deux-guerres permet des emballements incontrôlés pour une classe sociale désireuse d’oublier les atrocités de la guerre et la grisaille de celles qui proviennent des pays voisins. C’est également une époque où les voyages en Chine sont très prisés : médecins en poster outre-mer, artistes désireux de parfaire leurs visions esthétiques, esthètes et collectionneurs allant traquer les pièces rares auxquelles une esthétique nourrie des lieux et des lectures va donner une aura sans pareil.

Hong Kong, terre de transits voit s’installer des habitants aussi divers que Luis Chan dont les paysages chinois sont facilement assimilables à des chinoiseries en raison de leur simplification particulière. Echo lointain de cette vision, le jardin chinois surgi de la colline de Chaillot qui abrite le Musée de l’Homme.

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A propos du colloque et de l’exposition « De la Terre au Ciel », Musée chinois du quotidien, Lodève

Entre deux événements, entre deux années

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Conformément aux grands axes que se sont fixés les acteurs du bâtiment polyévénementiel des Marches du Palais lorsque l’idée a germé de fonder un Musée chinois du quotidien, des expositions, des séminaires et d’autres actions concertées permettent une mise en valeur des collections et également des rencontres croisées sur des pôles complémentaires à ceux initialement constitués qui sont enrichis progressivement de dons de pièces spécifiques acceptées avec la plus grande prudence.

Pour l’année 2020, en raison de la complexité des procédures, le nombre des événements a été considérablement limité. La présente manifestation, De la Terre au Ciel, permet de faire le point sur l’activité de créateurs très différents, mais, tous,  attirés par la diversité de la Nature, vaste sujet qui draine des techniques et des théories différenciées.

Les contributeurs présents à ce colloque viennent d’horizons différents, leurs interventions restent des approches complétées par des bibliographies succinctes.

Pour l’été – automne 2021, une exposition sur les caractères et l’imprimerie Est-Ouest est prévue. Elle présentera d’une part un florilège d’œuvres du musée et sera complétée par des pièces provenant de collections privées. Des ateliers animés en concertation avec les établissements scolaires de la ville seront un prolongement destiné à apporter des dimensions pédagogique et culturelle fortes.

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Une symphonie de couleurs : l’exposition Yang Ermin au musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam

par Marie Laureillard

Le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam propose une exposition intitulée Yang Ermin : la réapparition de la couleur du 19 septembre 2020 au 14 février 2021, accompagnée d’un catalogue publié aux éditions Faton (« coup de cœur » de la Librairie le Phénix). Présenté pour la quatrième fois en France, cet artiste chinois est l’un des tenants de la peinture « néo-lettrée » ou peinture au lavis, à laquelle il confère délibérément une riche polychromie. Il se situe ainsi dans la lignée de Lin Fengmian (1900-1991), Liu Haisu (1896-1994) et Wu Guanzhong (1919-2010), peintres qui tous étudièrent en France dans le courant du XXe siècle et opérèrent en leur temps une harmonieuse synthèse entre traditions picturales chinoise et européenne : la volonté de Yang Ermin d’exposer en France, symbole suprême d’art et de culture à ses yeux, pays de Monet, Bonnard ou Matisse, ne relève donc pas du hasard et l’inscrit directement dans cet héritage.

(ill. 1) L’Aube sur les monts Taihang (2012), lavis à l’encre sur papier Xuan, 113 x 80,5 cm, collection particulière.

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Mémoire d’une triste histoire familiale sous un couvercle d’urne funéraire conservé au Musée chinois du quotidien

par Christophe Comentale et Hu Jiaxing

Remerciements à Françoise Dautresme

Fig.1 Couvercle d’urne funéraire. Céramique, diam. intr 13 cm, diam. extr 17 cm. Musée chinois du quotidien, Lodève

Depuis sa préfiguration en 2017 puis son inauguration officielle le 11 juillet 2018, et après plusieurs années de préparation et de vicissitudes diverses, un florilège des fonds du musée occupe actuellement les 2e et 3e niveaux du bâtiment de la chapelle des Pénitents blancs. Différentes publications ont évoqué la richesse des fonds, près de trois mille pièces, données par Françoise Dautresme pour d’une part rappeler l’originalité de ce créneau chronologique constitué par les pièces rassemblées et, de l’autre, rendre témoignage de l’action de François Dautresme en Chine, qui a, avec constance, permis de faire connaître un pays surprenant et dont la définition du quotidien a fort bien anticipé la force de ce que ce pays a révélé depuis trois décennies. Peu à peu, le comité scientifique étudie les fonds encore en réserve. Chaque pièce est une surprise et digne de l’intérêt le plus soutenu. Comme le rappelle la formule si parfaite de Françoise Dautresme, connaisseuse avertie de ce pays où elle a résidé,

« il ne viendrait pas à l’idée d’un Chinois de fabriquer quelque chose de laid. Pour lui un objet beau étant un objet bien fabriqué, et l’objet bien fabriqué étant un objet utile, seul l’utile est beau et le beau est forcément utile. L’économie dicte le geste. L’artisan prend ses ordres auprès du matériau. Le matériau donne une seule réponse. Le génie va de pair avec la récupération. Et comme en Chine tout se tient et que les contraires font bon ménage, on admet qu’une maison et sa cour, correctement orientées, représentent le monde, que trois perspectives opposées puissent coexister sur une peinture de paysan, que tous les matériaux aient le droit d’exister, que la langue écrite soit un artisanat qui rend service à la réalité des choses et que le mot soit fabriqué comme un objet ». Françoise Dautresme, Le voyage en Chine, Paris : FD, 1976.

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“Black is black (…) Red is red » ou  De brique en bannière.

1A propos de l’environnement d’une œuvre d’Alain Cardenas-Castro — De l’art de la guerre —  entre multiple et unique, entre texte et image.

par Sun Chengan

Alain Cardenas-Castro, en marge d’une exposition d’automne à la galerie Younique (Paris) a préparé des grands formats aux rehauts imposants et enrichis de remarques qui disent la richesse et la permanence de son langage graphique. Ces formats  rappellent la place de la fresque dans l’œuvre du créateur en constant renouvellement, ils sous-tendent d’une part une importante place pour les travaux préparatoires qui oscillent entre unique et multiple, et, de l’autre, une parfaite connaissance des techniques et cuisines donnant toute leur richesse aux œuvres produites ainsi qu’à leurs séquences transitoires.

(ill.I) Alain Cardenas-Castro, De l’art de la guerre, (2020), textes français et chinois manuscrits par Christophe Comentale. Encre, feutre, linogravure, acrylique, fil rouge de coton sur papier, 110 x 40 cm.

(ill.II)  Voyage de l’âme dans l’au-delà. Bannière funéraire de la marquise de Dai (Han occidentaux, 168-145 avant notre ère), tombe n°1, site de Mawangdui (Changsha, Hunan), encre et couleurs sur soie, 205 x 92 cm. Musée de la province du Hunan. 马王堆汉墓T型帛画


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NOTULE. À propos d’une œuvre. Des croix nommées svastikas, un livre d’artiste emblématique de Li Xinjian

par Christophe Comentale

(ill.1) Li Xinjian contrôlant la finition d’un obélisque à motifs de svatsikas (ca 2010), photo ChC

Les attractions Est-Ouest n’ont cessé de susciter des envies, des désirs d’approches autres à l’œuvre, en Chine comme en Occident. Si la lithographie, la sérigraphie puis l’installation ont permis aux artistes plasticiens  de produire des œuvres  qui ont su conserver toute leur sinitude, les plus grands créateurs savent poursuivre des chemins où leur imaginaire sait s’emparer de parcelles de l’univers bien à eux.

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东西方图像艺术中的经匣纸和文本框

柯孟德(Christophe Comentale

近来为了写一本书,我翻出了旧藏的不少文献实物资料,于是有这么一些带有经匣纸或者文本框的作品铺现在了眼前,引人思索。

这些具备对话形式的元素,有时候在作品中占据相当大的分量。所谓的“经匣纸”,在大多数情况下,书写了一些宗教性质的语句,被放置在某一背景中,成为一种叙事手法,或者提示着某一历史事实。这在西方并不常见,因为西方艺术史上,创作的要旨,重在对图像的视觉观看,甚于对图像的阅读。美学因此让位于感化,让位于对人们图像内容的记忆。

(图 1) 约尔格·盖斯纳(Jörg Gessner),《字母·风景( Lettre-paysage》,2019

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