NATURE — ELEMENT

Exposition d’un ensemble de trente oeuvres sur papier et sur toile et de quelques sculptures de Didier Scuderoni.

par Alain Cardenas-Castro


Ci-dessus, vue générale et affiche de l’exposition


Après une formation multiple qui le rend familier à toutes les matières, Didier Scuderoni, peintre en lettre, ébéniste, céramiste, effectue en parallèle, depuis plusieurs décennies, avec la plus intense curiosité, un voyage au pays des images, les siennes, celles qu’il voit, au fil de ses voyages en Afrique, beaucoup en Asie, notamment la Chine et Taïwan, où il réalise depuis une dizaine d’années des expositions de ses lavis, acryliques et sculptures en différentes matières, bois, résine, béton… Parallèlement à cette activité, l’artiste peintre, plasticien, aussi scénographe, enseignant et directeur des expositions au musée chinois du quotidien y est  à nouveau accueilli pour présenter des œuvres anciennes et une importante série sur des éléments bien particuliers de la nature, les animaux.

Gibbon (2018), acrylique sur papier, 70 x 50 cm

Que l’on ne s’y trompe pas, et le face-à-face avec les œuvres est radical, en dépit d’un savoir-faire technique qui incite au calme de la contemplation, on retrouve presque instantanément une inquiétude dans ces descriptions de mondes végétaux où la paix de l’environnement, le silence qui doit en émaner, n’empêchent nullement de subodorer des tensions, des drames qui atteignent les insectes, insectivores et autres petits êtres peuplant ces environnements quasi imperceptibles et menacés. Cela renvoie par exemple à des nouvelles de l’écrivain italien Dino Buzzati, publiées en français dans un recueil de nouvelles, « Le K », voilà plusieurs décennies. Elles ont, à l’égal de ces oeuvres, elles aussi conservé tout un poids dramatique et une intensité intrinsèque.

Les oeuvres sur toile, notamment avec la présence de ce primate apparemment débonnaire, ne sont pas faites pour apaiser les âmes sensibles. « Afin de bien mettre en perspective le drame qui se joue dans les contrées d’Afrique » rappelle Didier Scuderoni, « j’ai mis en scène ce singe dont des milliers de ses congénères finissent brûlés en même tant que les terres déforestées ». L’animal est ici comme en sursis, celui qui mène à sa disparition et à celle de ses semblables. Dans cette même veine d’interrogation sur la société, « De l’autre rive » est une huile qui prend une vision du monde sur la relativité des positionnements humains.
Avec « Comportements », ces trois lézards sont devenus des sortes de volutes qui, insaisissables, en éternel déplacement, rappellent le côté changeant et éphémère des choses et tout aussi instable du monde.
Comme l’a souligné dans sa présentation lors de l’inauguration Jean-Christophe Mironneau, le directeur général de ce musée pas comme les autres, cette manifestation permet de continuer de présenter des créateurs hors du commun et des sentiers battus.
Cette ville de Lodève au patrimoine immobilier superbe, aux établissements muséaux originaux : le « musée de Lodève », ancien Muséum, de ce fait doté d’importantes collections, devenu musée de sciences naturelles et possédant des collections dédiées au sculpteur Paul Dardé, un Centre national de la tapisserie,…
Le musée chinois du quotidien s’est doté d’un conseil scientifique et d’un site, le blog science et art contemporain, destiné à toutes les publications scientifiques et pédagogiques qui paraissent mensuellement depuis plus de trois ans. Une partie de ces publications est orientée Chine, en complément des collections chinoises exposées, certes, mais, en raison de la pluridisciplinarité des chercheurs, elles prennent  aussi en compte d’autres régions du monde : l’Amérique du Sud, l’Europe, de même que des sections chronologiques autres.

Herbes folles

Des séminaires et colloques centrés sur les points qui tiennent à cœur à ces curieux de tout permettent  de faire le point sur la diversité de l’art moderne et surtout contemporain absents dans les institutions de la ville.
Sans trahir de secret autre, une commission est en train d’étudier la place de ce musée autre au sein de la région afin de lui donner sa vraie place pour la création rétrospective et courante dans le vaste domaine de l’histoire de l’art.

A suivre !
Tout comme les prochaines oeuvres de Didier Scuderoni dont un livre d’artiste est exposé en ce même mois à Paris à la bibliothèque de Fels.

NATURE — ELEMENT : Exposition du 4 au 29 février 2020, Ô Marches du Palais, 2 bd Jean Jaurès 34700 Lodève. Du mardi au dimanche de 10 à 13 h et de 16 à 20 h

Le livre d’artiste, un livre qui n’est pas un livre

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels,

Le livre d’artiste, un livre qui n’est pas un livre. Du 5 au 28 février 2020, du lundi au vendredi, de 9h à 19h.

Commissariat de Guillaume Boyer, Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Quelques mots avant de tourner autour des vitrines

Comme le rappelle l’un des commissaires, Christophe Comentale, « Depuis que j’ai le plaisir d’expliquer le raffinement, la diversité des sources et des images dans l’Asie sinisée aux étudiants du département d’histoire de l’art de l’institut catholique de Paris ou bien lors de conférences et manifestations diverses, ici ou là [plutôt en Chine], je m’aperçois, dès que je veux comparer ce qui peut l’être, que les regards sont un peu perdus. En ces temps de surinformation disparate, regarder les sites, les bases et les banques d’images, cela est, certes, bien, mais encore faut-il se rappeler ce que l’on a vu, comprendre ces images parfois presque surréelles tellement les outils informatiques les ont trafiquées, amenées à un statut complètement impossible. Lorsque les étudiants pénètrent dans des créneaux chronologiques plus anciens, ils semblent perdre pied et, s’ils ont devant les yeux simultanément une gravure sur bois occidentale du XVe siècle ou une divinité tutélaire chinoise, alors les choses se compliquent. Il en va de même quand on leur présente une œuvre de jeunesse de Zao Wuki [Zhao Wuji] et un estampage de la dynastie des Han ! Ils sont très sérieux, trop sérieux, parfois ! L’historien de l’art, tel un détective, doit autant aimer les images que les gens, savoir vivre avec, même si ces œuvres sont parfois discrètes, reléguées, hors du temps, oubliées »…

C’est pourquoi cet ensemble d’oeuvres qui constituent notre choix de livres de création – à notre avis improprement appelés d’artistes, tout comme art book est insuffisant en anglais ou tout autant chuangzuo shu 创作书 [livre de création] voire shougongshu 手工书 [livre artisanal] en chinois – doit leur permettre de regarder avec une simplicité toute franciscaine des livres a priori disparates, en tout cas hors des normes du livre instituées par le milieu de l’édition. Il s’agit de livres nés des envies, des désirs d’auteurs divers et variés, des auteurs qui aiment jouer avec les mots, avec les matériaux et autant avec les formes…

       

Bref, cette quinzaine de livres risque d’en désorienter certains, mais, comme beaucoup veulent se colleter à l’art moderne et contemporain international, ce petit parcours pourra être, pour certains, un bon début.


Ci-dessus, (ill. 8), livre n°1 – Marc Brunier-Mestas, Sales bêtes ; (ill. 2 et 3), livre n°6 – Béatrice Coron, The impatient patient ; (ill. 4), livre n°7 – Dominique Digeon, Dites, qu’avez-vous vu ?


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A propos d’un lavis de Zhou Qixiang, Jouer avec les grues.

par Christophe Comentale

Durant l’inauguration de son exposition « La vie poétique de Zhou Qixiang, peintures et sculptures », qui a lieu à Paris en la mairie du 13e arrondissement, du 20 janvier au 1er février 2020, outre les discours du maire du 13e arr. et de Tan Buon Huong, député et conseiller de Paris, le public a eu le plaisir d’assister à la création d’une oeuvre au lavis, Jouer avec les grues par le peintre Zhou Qixiang.

Jouer avec les grues戏鹤 (2020), lavis d’encre et de pigment, 70 x 36 cm. Signé et daté en colonnes, cachet cinabre.

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胡安·马努埃尔·卡德纳斯·卡斯特罗 描绘原住民生活的画家 / Juan Manuel Cárdenas Castro, peintre indigéniste.

Il est parfois opportun d’informer nos lecteurs, étudiants, chercheurs et historiens de l’art, des projets muséographiques présentés de temps à autre ailleurs et des documents spécifiques permettant leur promotion et leur diffusion.

À ce propos, l’événement biculturel Juan Manuel Cárdenas Castro a commencé au Pérou en octobre 2019 et il se poursuit actuellement par une série d’expositions itinérantes. Il se terminera en France en 2021. Le dossier de presse réalisé à l’occasion de cette première exposition à Cusco a été traduit en espagnol.

Afin que ce document soit accessible à un public plus large, nous avons choisi de le traduire en chinois (voir ci-après). Pour rappel, l’annonce de cette première exposition de Juan Manuel Cárdenas Castro au musée historique régional de Cusco a été publié le 19 septembre 2019 sous le titre Juan Manuel Cárdenas Castro, peintre indigéniste.

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À propos de « Lutev’art poles »

Exposition de 90 créations contemporaines sur poteaux urbains

par Alain Cardenas-Castro

Ville de Lodève, du 12 décembre 2019 au 30 janvier 2020. Commissariat de Jean-Christophe Mironneau et Didier Scuderoni.

Exposition des compositions originales dans la grande salle du rez-de-chaussée de l’établissement culturel et muséal Ô Marches du Palais avant leur reproduction dans l’espace urbain de la ville de Lodève.

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DES MINIATURES PERSANES

par Clémence Philippon

Exposition d’un florilège de dix miniatures persanes contemporaines, réalisées par l’artiste ouzbek Davron Toshev dans les années 2000.

Ouverture de l’exposition le 14 novembre 2019 à l’Institut Catholique de Paris, au sein de la Bibliothèque de Fels : 74 rue de Vaugirard, 75006 Paris.           

(ill.1) Davron Toshev, Portrait du Roi philosophe s’adonnant aux plaisirs, inspiré du Shāhnāmeh – Le Livre des Rois de Ferdowsi – Boukhara – Ouzbékistan – Années 2000.

Dans le cadre du colloque Quel maître ? Quel disciple ? qui se tient les 14 et 15 novembre 2019 à l’Institut Catholique de Paris, il a semblé opportun d’accompagner ces conférences d’une iconographie originale. Ainsi, l’artiste Davron Toshev a été invité à présenter une sélection de ses œuvres dans l’espace d’exposition de la Bibliothèque de Fels.

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Œuvres au lavis, sculptures de Yang Ermin et pierres à encre de sa collection

Musée Marcel Sahut, Volvic, du 21 septembre au 30 novembre 2019.

Commissariat de Christophe Comentale et Gwenn Gayet

Grâce au dynamisme éclairé du maire de Volvic, Mohand Hamoumou, le musée Marcel Sahut qui a fait l’objet d’une récente rénovation, continue de mettre en œuvre une politique d’expositions ouvertes. Il accueille l’œuvre de Yang Ermin, au total une quarantaine de lavis réalisés des années 80 à 2019, ainsi que deux sculptures en bronze de ce créateur.

Yang Ermin devant une œuvre récente lors de l’inauguration de son exposition. (à gauche) Yang Ermin, (2e à gauche, le maire de la ville, Mohand Hamoumou), des membres du Conseil municipal, parmi lesquels Daniel Baptiste, Nicole Laurent ; (à droite) Gwenn Gayet, directrice du Musée Sahut.

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Juan Manuel Cárdenas Castro, peintre indigéniste

Museo Histórico régional – Casa del Inka Garcilaso de la Vega, Cusco, Pérou, exposition d’œuvres inédites, du 1er au 15 octobre 2019.

Annonce d’exposition

De temps à autre il est opportun de devancer un événement. Nous entendons par là d’annoncer ce qui va advenir : nous avons souhaité faire part à nos lecteurs de la tenue du 1er au 15 octobre 2019 au Musée historique régional de la ville de Cuzco de l’exposition Juan Manuel Cárdenas Castro.

Cette manifestation permettra pour la première fois de faire le point sur cet artiste qui fait l’objet d’une  thèse en cours. Nous rappelons aux lecteurs dans la partie références bibliographiques quelques articles parus et éclairant sur différents axes particuliers de sa création.

Il est très possible qu’une itinérance de l’exposition intervienne dès 2021, voire 2022 selon les possibilités des différentes institutions contactées.

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Livres chinois

Sélection de livres chinois tirés des collections de la bibliothèque de Fels.

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels, Exposition du 16 septembre au 16 octobre 2019.

Commissariat, Guillaume Boyer et Christophe Comentale.

Propos introductifs

Les fonds riches et divers de la bibliothèque de Fels contiennent des livres chinois d’époques et de formats différents. Ces ouvrages en chinois édités en Chine par des Chinois mais aussi par des Français lors du positionnement des hommes d’Église ou des savants occidentaux en Chine, montrent la diversité de l’histoire de l’imprimerie en Chine et aussi l’évolution des images traitées au fil des exemples choisis. Les étudiants en histoire de l’art de la filière Asie complèteront leurs cours par des exemples vus en situation, tout comme les étudiants de l’Institut catholique de Paris, conscients du poids de ce pays dans le monde actuel, feront preuve de curiosité en passant dans ce lieu convivial qu’est la bibliothèque.

Grands utilisateurs des technologies de ce siècle, les Chinois restent des collectionneurs de pièces patrimoniales dont les livres constituent le maillon essentiel du lettré, de l’homme cultivé et battant de la Chine contemporaine.

Outre les fonds anciens, les dons et acquisitions ne cessent d’enrichir le patrimoine de l’établissement. Plusieurs dizaines de livres sont récemment entrés dans les collections de la bibliothèque de Fels, il s’agit des fonds de livres donnés grâce à la générosité de Françoise Dautresme. Ces documents ont été acquis par son cousin François Dautresme, marchand, collectionneur et fondateur de la Compagnie française de l’Orient et de la Chine. Grâce à une immense curiosité, à un goût sûr, il a pu montrer que les Chinois aiment les beaux objets.

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