UN PORTRAIT DE CHANG SHUHONG PAR ZHANG HUA

张华的常书鸿肖像     柯 孟德著

par Christophe Comentale

La version en français est à la suite de la version en chinois.

张华(1898-1970),画家、画师,多年来一直是关于其绘画作品反复研究的对象。迄今已知有数百件作品。随着这幅彩色铅笔肖像的发现,仅出于好奇,人们不得不关注这位低调画家与敦煌研究院创始人之间可能建立的联系。



Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1) photo des artistes chinois à Paris (1933) / (ill. 2) Portrait de Chang Shuhong par Zhang Hua 从左到右:巴黎的中国艺术家照片(1933)/ 张华为常书鸿所作肖像


张华,一生
正如我在其他地方所提到的,也如一些中国艺术家所证实的,尤其是范一夫所言,“张华对于现代艺术爱好者来说并不陌生,他也受到中国艺术收藏家的喜爱”,尽管他的传记非常不确定,但过去十年来,艺术市场的参与者帮助人们更好地了解了这位创作者:“一位艺术商和收藏家说——我曾经手中拿到一本由艺术家亲近人士提供的张华简要传记。该文件和那位朋友之后都失踪了,这些有限的信息被重复引用,但人们对这位画家知之甚少。”布丽吉特·卡缪(Brigitte Camus) 对这位画家的简短介绍也证实了已知的信息。  

张华,自画像,1950年代,纸上水洗画,38 x 26 厘米
(ill. 3) ZHANG Hua, Autoportrait, années 1950, lavis sur papier, 38 x 26 cm

根据查阅的传记资料或与20世纪在法国的其他中国艺术家的相关数据交叉核对,张华在20世纪20年代前往加拿大,在温哥华举办展览,约1935年前往欧洲,1937年在斯特拉斯堡,然后定居巴黎。他在当地结识了许多重要人物,如藤田、范·东根(Kees Van Dongen)、潘玉良、让·科克多(Jean Cocteau)、让·马雷(Jean Marais)、赵无极、乔治·布拉克(Georges Braque)、毕加索或杰拉尔·施耐德(Schneider)。他可能在1954年至1956年间居住在日本,并在春日(Kasuga)和一番町Ichibancho)画廊举办展览。随后,他返回巴黎,并于1970年前后在里昂附近去世。这个不完整的资料反映了中法之间人员流动的历史背景。同时,与蒙塔日法中友好历史博物馆以及里昂法中学院建立的联系,也促成了有趣资料的发现,这些资料似乎互为补充。

在1932年注册在学院学生名单中的第230号表格上,提到了一位名叫张华的学生,他来自四川省,学习电工专业。表上显示的出生年份是1904年,而不是之前提到的1898年。在战后初期的法国,那是解放和必要重建的时期,这种重建也波及到艺术创作。画家们使用的颜色往往是黑色和白色,以揭示过去的黑暗时期;随后,人们对单色画产生了浓厚兴趣,这为抒情抽象、色污画派或非具象艺术等解放性流派的发展留出了空间。这些引人注目的艺术运动的代表,如汉斯·哈特纳(Hans Hartung)(1904-1989)、乔治·马修(Georges Mathieu)(1921-2012),强调动作艺术,将自发性作为作品的首要品质。

张华受到多种美学潮流和趋势的影响。在大约二十幅自画像中可以看到这种影响的痕迹,这些作品反映了他深厚的艺术造诣。从传统中国水墨风格的肖像画,他逐渐转向油画形式,并创作了许多工作室场景(如图所示)。随后,在野兽派——一个数十年来吸引创作者的流派——的影响下,他创作了色彩鲜明的朋友肖像,尤其是前面提到的那些朋友的肖像。这些肖像深受野兽派和彩色运用的影响,同时通过铅笔线条呈现出更加尖锐的轮廓,使色彩存在感被分割并局部保留。他在这一手势性艺术上掌握了技巧,并在巴黎1930年代到1950年代期间,根据西方文化标准进行实验,融入了充满热情的文化和艺术生活。在这二十年间,抽象画取得了巨大成功并持续发展。这一时期之后,出现了纽约抽象派和色彩浓烈的抽象艺术。    

常书鸿 壁画家、画家兼织布工,游走于里昂与巴黎之间。尽管通过这幅张曙红的肖像(见图),两位艺术家的经历有交集,但常书鸿的道路却不同。不同于张华,这位画家和官方人物的资料十分丰富。他生活规律,工作节奏明确,有条不紊,这种生活方式为后人树立了榜样,他的人生体现了为国家的伟大而投入的人们的典范,特别是通过使这片从4世纪至14世纪约500座绘画石窟重获新生。常书鸿出身满族,1904年出生(根据他在杭州的登记表为1905年3月21日),出生于浙江省。1923年,他从浙江省工业学校毕业,该校现为浙江大学,他在校期间学习染织。1925年,他在同一所大学教授美术。1928年,他自费前往法国,并于同年11月抵达里昂。常书鸿当时是法中学院的住宿生,学号236。在那三年里,他在市立织布学校学习纺织,同时在美术学院学习绘画。他特别练习油画,后来将其作为自己主要的创作方向。他与里昂法中学院保持联系,并在那里与同为学院学生的陈志秀结婚。他们的女儿常书鸿于1931年出生。1932年,常书鸿前往巴黎,进入国立美术学院学习,在那里创作了许多肖像画和静物画。在法国期间,常书鸿参与了许多艺术活动、沙龙和展览,并多次获奖。他也是最早被法国政府收藏作品以丰富国家博物馆(里昂和巴黎)藏品的中国艺术家之一。1936年返回中国后,常书鸿同时开展艺术创作与教学职业,以及文化项目的管理工作,尤其是政治方面的事务,同时继续展出作品,尤其是在1940年昆明展览。然后在1942年,他稍微离开这些活动,出任中国第一个敦煌国家研究中心的负责人,这个考古遗址是他第一次在塞纳河畔一家旧书店听说的。1943年,他带着家人搬到了偏远的敦煌地区,以追求探索莫高窟的梦想。他将在乡村生活中居住超过40年,负责这些石窟的修复工作,并在敦煌创作自己的艺术作品。在巴黎期间,常书鸿有机会与同窗、艺术家和学生们见面,尤其是在巴黎,这从档案资料和集体照片中可以明显看出,特别是1933年的那张照片,聚集了许多中国艺术家(见图)。  

多彩肖像系列

张华喜欢为自己画像:我们至少知道有二十幅他的自画像,尺寸各异,包括油画和素描,也有彩色铅笔画。他也喜欢画艺术家在工作室中的样子,人们可以看到他面对模特,无论男女,有时画得非常自由。他所关心的,还有他在法国期间结识的朋友们的肖像画。画家罗杰·贝尔坦(Roger Bertin,1915-2003,巴黎)(插图)和他的妻子安妮(Anny),珠宝设计师,还记得那个在阿贝斯画框店工作的张华,“一个内敛的人,会画画,也喜欢和同行画家聊技术。”张华在法国时期接触到的文化人士的男女肖像系列在多个方面都很有启发性。他接触了大量画家,因此他画了中国同行赵无极(插图)、潘玉良(插图)、常书鸿(插图),也画了许多法国或在法国生活的艺术家,如乔治·布拉克(插图)、让·科克多(插图)、让·玛赖(插图)以及大量的基思·梵·东根(插图)。当我们了解张华生活的自由以及他留下的众多自由人物形象时,他与历代被认为自由的艺术家的亲近就显得非常合理。


(ill. 4 et 5) 从左到右笔者和常莎娜在2015年于北京的一次频繁会面中 /       在佛光山佛教遗址上的一次研讨会上


常沙娜,一段史诗的活记忆

 我在三十多年来,有幸结识了常书鸿的女儿常沙娜女士(见图),并与她保持定期合作,当时她担任北京中央工艺美术学院院长,同时兼顾敦煌方面的工作。她持续而稳定地致力于延续父亲的事业,使她成为了解这一艺术和政治领域的重要人物。常沙娜1931年出生于里昂,当时正值父母在法国求学期间。她的第一语言是法语。很快,她的父亲便掌控了她的未来,通过让她出国(尤其是法国和美国)生活,为她营造了国际气场。因此,她跟随父母,顺从且敬仰这位性格刚毅的父亲所展开的工作。

各种各样的研究已经广泛总结了20世纪上半叶来法国学习的中国画家,那一时期法国在国际上享有特殊的文化声望。可以非常客观地将这种兴趣的终止时期定位在1980年代左右。正如我所认识的画家和石版画家苏新平的友好证言所显示的那样——当时我们都是中央美术学院(该学院下属的平面艺术系)学生,他后来成为该系的主任——当他来巴黎进行研究或者参加有关艺术交流的研讨会时,他曾说:“我总是很高兴来巴黎,住在国际艺术城里的工作室,工作室面向塞纳河,但事实上,我在北京的工作室里条件要好得多,说实话,我拥有从事创作所需的所有材料 : 各种各样的研究已经广泛总结了20世纪上半叶来法国学习的中国画家,那一时期法国在国际上享有特殊的文化声望。可以非常客观地将这种兴趣的终止时期定位在1980年代左右。正如我所认识的画家和石版画家苏新平的友好证言所显示的那样——当时我们都是中央美术学院(该学院下属的平面艺术系)学生,他后来成为该系的主任——当他来巴黎进行研究或者参加有关艺术交流的研讨会时,他曾说:“我总是很高兴来巴黎,住在国际艺术城里的工作室,工作室面向塞纳河,但事实上,我在北京的工作室里条件要好得多,说实话,我拥有从事创作所需的所有材料。其他艺术家,如杨旻则采取了另一种立场,与前者大为不同,更注重长远!“世界——他说——已经变小,因为国际交流非常便利,使每个人都能出现在各地,展示一种能够在广泛观众中产生影响的自我艺术。”正因如此,这位旅行艺术家无论在亚洲、欧洲还是其他地方,都展示他的一系列作品,这些作品描绘了巴黎圣母院。这些作品表达了在充满惊喜的21世纪中,对开放且广泛创作的乐趣。

参考文献要素
鉴于张华的经历,所参考的资料为法文,因此未翻译成中文

UN PORTRAIT DE CHANG SHUHONG PAR ZHANG HUA

张华的常书鸿肖像     柯 孟德著

par Christophe Comentale

Zhang Hua (1898-1970), peintre, dessinateur, fait, depuis plusieurs années, l’objet de recherches répétées sur son œuvre peint. Plusieurs centaines d’œuvres sont connues à ce jour. Avec la découverte de ce portrait tracé au crayon de couleur, force est, par simple curiosité, de se pencher sur les liens qui ont pu se tisser entre ce peintre discret et le fondateur de l’institut de recherches de Dunhuang.

(ill. 1) photo des artistes chinois à Paris (1933)

ZHANG HUA, UNE VIE

Comme je l’ai signalé par ailleurs, et comme cela a été confirmé par des artistes chinois[1], notamment par Fan Yifu, « Zhang Hua n’est pas un inconnu des amateurs d’art moderne, il est aussi apprécié par les collectionneurs d’art chinois »[2] , et ce, même si sa biographie est très incertaine, la contribution des acteurs du marché de l’art a, depuis une dizaine d’années, aidé à la connaissance de ce créateur : « j’ai pu – dit une marchande d’art et collectionneuse – avoir entre les mains une biographie sommaire de Zhang Hua communiquée par un proche de l’artiste. Le document et l’ami ayant disparu depuis lors, ces quelques données sont répétées sans que l’on en sache davantage sur ce peintre ». Une courte présentation de ce même peintre par Brigitte Camus[3] corrobore les éléments connus.

D’après les documents biographiques consultés ou des recoupements effectués avec des données relatives à d’autres artistes chinois en France durant le 20e siècle, Zhang Hua se rend au Canada dans les années 20, expose à Vancouver, est en Europe vers 1935, à Strasbourg en 1937, pour, ensuite, s’installer à Paris. Il y fréquente des figures majeures comme Fujita, Van Dongen, Pan Yuliang, Jean Cocteau, Jean Marais, Zao Wou-Ki, Georges Braque, Picasso ou Gérard Schneider[4]. Il réside peut-être au Japon entre 1954 et 1956, exposant dans des galeries Kasuga et Ichibancho. Il est de retour à Paris et s’éteint près de Lyon vers 1970.

Cette source lacunaire renvoie au contexte qui a permis et permet aux personnes de circuler entre Chine et France. Parallèlement, les contacts établis avec le musée historique de l’amitié franco-chinoise de Montargis et l’institut franco-chinois de Lyon ont abouti à la découverte d’éléments intéressants qui semblent complémentaires. Il est question sur la fiche 230 contenue dans la liste des étudiants inscrits à l’institut, en 1932, d’un Zhang Hua, originaire de la province du Sichuan et ayant fait des études d’électricité.  La date de naissance indiquée est 1904 et non plus 1898, date qui revenait dans les documents mentionnés ci-avant.

En France, au cours des années de l’immédiat après-guerre, c’est le temps de la Libération et d’une reconstruction nécessaire qui s’étend à la création artistique. Les couleurs utilisées par les peintres sont souvent le noir et le blanc en révélateur des sombres périodes passées ; suivra un intérêt fort pour le monochrome, ce qui laisse, alors, place au développement de courants libérateurs tels l’abstraction lyrique, le tachisme ou l’art informel. Les représentants de ces mouvements spectaculaires tels Hans Hartung (1904-1989), Georges Mathieu (1921-2012), privilégient l’art du geste en faisant de la spontanéité la qualité première de l’œuvre.

Zhang Hua a été sensible à plusieurs courants et tendances esthétiques. On en trouve la trace parmi une vingtaine d’autoportraits reflétant une formation artistique poussée. Des portraits au style traditionnel chinois au lavis, il passe à des versions peintes à l’huile et à de nombreuses scènes d’atelier (ill.), puis, sous l’influence du fauvisme, un courant qui séduit plusieurs décennies les créateurs, il réalise des portraits aux couleurs fortes des amis côtoyés, notamment ceux précédemment cités. Il s’agit ici de portraits fortement influencés par le fauvisme et l’emploi de la couleur, subsistante mais fragmentée par le trait de crayon qui diffuse ainsi un tracé plus incisif. Cet art gestuel qu’il maîtrise, il l’expérimente durant deux décennies, selon les critères de la culture occidentale en se mêlant à une certaine vie culturelle et artistique débordante d’enthousiasme à Paris au cours des années des années 1930 aux années 1950. Durant ces deux décennies, la peinture abstraite est triomphante et perdure. A cette période fait suite celle des abstractions new-yorkaises et des abstractions à la polychromie intense.

CHANG SHUHONG, FRESQUISTE, PEINTRE ET TISSEUR ENTRE LYON ET PARIS

Même si, avec ce portrait de Chang Shuhong (ill. 2), les parcours des deux artistes se rejoignent, la voie de Chang Shuhong est autre. A contrario de Zhang Hua, les documents sont abondants sur ce peintre et personnage officiel. Il en émane une vie réglée par un rythme de travail serti d’une régularité et d’une progression édifiants pour la postérité à laquelle sa biographie est montrée en exemple, celui des hommes qui se sont impliqués pour la grandeur du pays, en l’occurrence en redonnant vie à ce site unique de quelque 500 grottes affresquées du 4e au 14e siècle.

D’origine mandchoue, Chang Shuhong naît en 1904 (le 21 mars 1905 selon sa fiche d’inscription à Hangzhou), dans la province du Zhejiang, où, en 1923, il est diplômé de l’école industrielle de la province du Zhejiang, devenue l’actuelle université du Zhejiang où il étudie la teinture et le tissage. En 1925, il enseigne les beaux-arts dans cette même université. Il part, en 1928, « à ses frais » pour la France et arrive à Lyon en novembre de la même année. Il est alors pensionnaire de l’Institut franco-chinois, inscrit sous le matricule 236. Pendant trois années, Chang Shuhong étudie conjointement le tissage, à l’École municipale de tissage, et la peinture, à l’École des beaux-arts. Il s’y exerce, en particulier, à la peinture à l’huile, à laquelle il se consacrera ensuite entièrement.

Il reste rattaché à l’Institut franco-chinois de la ville de Lyon, où il épouse Chen Zhixiu, également étudiante de l’Institut franco-chinois de cette ville. Leur fille, Chang Shana naît en[5] 1931. Chang Shuhong part en 1932 pour Paris afin de s’inscrire à l’École nationale des beaux-arts où il réalise de nombreux portraits (ill.) et des natures mortes (ill.). En France, Chang Shuhong participe à de nombreuses manifestations artistiques, salons et expositions où il est plusieurs fois primé. Il est, d’ailleurs, l’un des premiers artistes chinois dont des œuvres furent acquises par le gouvernement français pour enrichir les collections des musées nationaux (Lyon et Paris).

À son retour en Chine, en 1936, Chang Shuhong mène, de pair, une double carrière d’artiste-enseignant et d’administrateur de projets culturels, et surtout politiques, tout en continuant à exposer ses œuvres, notamment à Kunming en 1940. Puis, en 1942, il s’éloigne quelque peu de ces activités pour prendre la direction du premier Centre national de recherches sur Dunhuang, site archéologique dont il entend parler pour la première fois au bord de la Seine, chez un bouquiniste.  En 1943, il déménage avec sa famille dans la région isolée de Dunhuang pour poursuivre son rêve d’exploration des grottes de Mogao. Il résidera pendant plus de 40 ans de vie rurale, s’occupant de la remise en valeur de ces grottes et créant ses propres œuvres d’art à Dunhuang.

Durant la période parisienne, Chang Shuhong a l’occasion de rencontrer ses condisciples, artistes et étudiants, en particulier à Paris, comme cela est évident d’après les documents d’archives et les photos de groupe, en particulier celle de 1935 qui rassemble bon nombre d’artistes chinois (ill. 1).

LA SERIE DES PORTRAITS POLYCHROMES

Zhang Hua aime se portraiturer : on connaît au moins vingt autoportraits de lui, de toutes tailles, des peintures et des dessins, peints à l’huile ou dessinés au crayon de couleur. Il aime aussi peindre l’artiste dans son atelier, on le retrouve face à ses modèles, hommes ou femmes, parfois très librement. Ce qui lui tient à cœur, ce sont aussi les représentations des amis qu’il a eus durant son séjour en France. Le peintre Roger Bertin (1915-2003, Paris) (ill.) et Anny, son épouse, créatrice de bijoux, se souviennent de ce Zhang Hua qui travaillait dans le magasin de cadres situé aux Abbesses, « un homme discret qui savait peindre et aimait parler technique avec son confrère peintre ». La série des portraits des femmes et hommes de culture côtoyés par Zhang Hua durant la période française est éclairante à plus d’un titre. Il côtoie un nombre important de peintres, ainsi, il peint ses confrères chinois, Zao Wuki (ill. 6), Pan Yuliang (ill. 7), Chang Shuhong (ill. 2), mais aussi nombre d’artistes français ou vivant en France (ill. 8), Georges Braque, Jean Cocteau, Jean Marais et beaucoup Kees Van Dongen. Cette familiarité avec des artistes de tous temps jugés libres est assez cohérente lorsqu’on sait la liberté de vie de Zhang Hua et au nombre de figures libres qu’il a laissées.

CHANG SHANA, LA MEMOIRE VIVANTE D’UNE EPOPEE

J’ai, depuis plus de trente ans, eu le plaisir de rencontrer la fille de Chang Shuhong, Madame Chang Shana (ill.) et de travailler en collaboration régulière avec elle, alors qu’elle était présidente de l’institut central des arts appliqués de Pékin, en parallèle avec ses activités à Dunhuang. Son implication régulière et constante pour prolonger l’oeuvre de son père en fait un personnage important pour la connaissance de ce milieu artistique et politique.

Chang Shana est née à Lyon en 1931 durant la période estudiantine de ses parents en France. Sa première langue a été le français. Très rapidement, son père a pris en main son avenir, lui donnant toute l’aura internationale souhaitée par des séjours à l’étranger, notamment en France et aux Etats-Unis. Elle suit donc ses parents, obéissante et admirative sur le travail entrepris par ce père au caractère fort.

Les études diverses et variées ont largement fait le point sur les peintres chinois venus étudier en France durant la première partie du 20e siècle, époque durant laquelle la France jouissait d’un prestige culturel particulier au niveau international. On peut très objectivement situer la fin de cet intérêt vers les années 80. Comme le montre le témoignage amical de Su Xinping, peintre et lithographe que j’ai connu lorsque nous étions étudiants au Département d’arts graphiques et dont il était ensuite devenu le directeur – ce département dépendait de l’Institut central des Beaux-Arts de Pékin –  lorsqu’il venait à Paris pour des recherches ou afin de participer à des colloques sur les échanges artistiques : « je suis toujours heureux de venir à Paris, de loger à la Cité internationale des arts dans un atelier qui donne sur la Seine, mais, en fait, je suis beaucoup mieux installé dans mon atelier à Pékin, et à dire vrai, j’ai à ma disposition tout le matériel nécessaire à mon travail de peintre : acrylique, huile, pinceaux, papiers … Quant aux prix, ils sont inférieurs en Chine à qualité égale. Mais il est certain que jusqu’à une époque récente, la situation n’était pas la même. Je m’aperçois aussi que les peintres en Chine sont davantage sollicités depuis l’ouverture du pays. Mais Paris reste quand même Paris, visité moins longtemps mais plus souvent ! ». D’autres artistes, comme Yang Ermin ont adopté une autre position, bien différente et plus envisagée dans la durée ! « Le monde, – dit-il -, est devenu plus petit dans la mesure les communications internationales sont très faciles et permettent à chacun d’être présent un peu partout et de montrer un art de soi qui rayonne auprès d’un public large ». C’est ainsi que cet artiste voyageur est aussi présent en Asie qu’en Europe ou bien ailleurs, pour montrer une série de ses œuvres représentant Notre-Dame de Paris. Ces œuvres traduisent ce plaisir d’une création ouverte et large en un 21e siècle plein de surprises.

[1] Voir infra, références bibliographiques

[2] Interview de Fan Yifu lors d’une rencontre à son musée de Pékin puis à Paris lors d’une réflexion sur la peinture chinoise moderne pour son exposition parisienne de février 2025.

[3] Voir infra, références bibliographiques

[4] Il existe des portraits peints ou dessinés par Zhang Hua de ces créateurs.

[5] Un fils naît également de cette union, Chang Jialing, il voit le jour en 1941. Cette existence complexe entre deux civilisations amène le couple à la séparation en 1945.

ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

  • Brigitte Camus, Zhang Hua, Un jeu de piste jubilatoire. Paris : chez l’autrice, 2020 (inédit).
  • Christophe Comentale, Zhang Hua張華 Fragments de vie entre yin et yang In :  Cent ans d’art en Chine. Paris : Editions du Canoë, 2023. 540 p. : 607 ill. Bibliog. Index. [La présentation de Zhang Hua est aux pages 118-119 : ill.].
  • Christophe Comentale, Roger Bertin : un conteur d’histoires par l’image in : Art et métiers du livre, 2004 (240), pp. 32-39 : 10 ill. en coul.
  • Yu-Sion Live, Les Chinois de Paris depuis le début du siècle. Présence urbaine et activités économiques, in La diaspora Chinoise en occidentRevue Européenne des Migrations Internationales, 1992, n°83 pp. 155-173.

Pour en savoir plus sur Zhang Hua et ses amis artistes

了解更多关于张华及其艺术家朋友的信息


(ill. 2) Zhang Hua. Portrait de Chang Shuhong (ca 1930-40), Crayon de couleur sur papier, 29 x 20 cm 张华,《常书鸿肖像》,1930-40年代  [正反面]. 彩色铅笔画,纸本,29 x 20 厘米 张华(右图)在巴黎居住期间与潘玉良(左图)关系密切,他们曾住在同一栋楼。因此,张华和潘玉良创作的众多作品之一《海边的三位女性》展示了他们在创作方法和关注点上的相似性。


Zhang Hua (illustration de droite) a beaucoup voisiné avec Pan Yüliang (illustration de gauche) lorsqu’il a habité à Paris, Tous deux ont vécu dans le même bâtiment. Ainsi, une des nombreuses œuvres que Zhang Hua et Pan Yüliang ont peintes, Trois femmes en bord de mer, montre cette similitude des approches et des centres d’intérêt.

(从左到右) 潘玉良,《训练》,布面油画,33 x 24 厘米 / 张华,《无题》,未署名,未注明年代,水彩纸本,54 x 37 厘米
Ci-dessus, de gauche à droite. Pan Yuliang, Entraînement, hst, 33 x 24 cm   / Zhang Hua, Sans titre, signé non daté, gouache sur papier , 54 x 37 cm
De gauche à droite et de haut en bas. (ill. 6, 7, 8) (从左到右)
张华,《赵无极肖像》,彩色铅笔
张华,《潘玉良》,彩色铅笔,
张华,《艺术家与三位朋友画家》,让·玛莱、藤田、范·东根
(de gauche à droite)
Zhang Hua, Portrait de Zao Wuki (Zhao Wuji), crayons de couleur
Zhang Hua, Pan Yuliang,, crayon de couleur. 28 x 20 cm
Zhang Hua, L’artiste avec trois amis peintres, Jean Marais, Fujita et Van Dongen
(ill. 9)  Zhang Hua, Table aux portraits, technique mixte, diam. 120 cm, H. 70 cm
张华,《肖像桌:艺术家与他的模特们》,混合媒介,直径120厘米,高70厘米
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