Espace Chapon. Exposition du mardi 13 au dimanche 18 janvier 2026. Galerie nomade Nathalie Béreau, 17 rue Chapon Paris 3e, mercredi 14 – jeudi 15 – vendredi 16 : 11h-20h samedi 17 nocturne : 11h
Tous deux diplômés de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, Cyr Boitard, le peintre, graveur et Sébastian Birchler, le sculpteur, résident en Touraine, leur lieu de création et de vie.

Sébastian Birchler, Bataille intérieure (2025), boîte en métal, peinture à l’huile et acrylique sur métal fin, 12 x 25 x 8 cm
L’exposition rassemble des œuvres récentes, une quarantaine d’huiles sur toile, des gravures et des cahiers d’études à la plume et au lavis de Cyr Boitard, des œuvres à la polychromie éclatante et parfois extrême. Les thèmes traités rappellent l’attention de ce créateur aux êtres humains sortis de régions où le quotidien est autre, l’anecdote porte alors un poids différent aux éléments jugés nécessaires. Il en va de même pour un bestiaire du moment : tortues géantes, crocodile, éléphants aux tons improbables mais à la présence forte dans un environnement pluriel. Chaque tableau est le reflet, le souvenir, le rappel d’une histoire à lui seul mais il fait également partie d’une inspiration récurrente qui mêle à la fois le regard de l’artiste sur ses maîtres anciens, l’observation de ses contemporains et son imaginaire débridé. Peut-être un écho et renvoi aux œuvres de l’aïeul naturaliste, Pierre Boitard… Une rencontre picturale fondamentale en 1990 créa un déclic immédiat avec un retour aux sources, celle de la peinture, pour dépasser la simple anecdote d’histoires qui seraient les siennes et s’adresser aux humains que nous sommes. En parallèle, en écho, répondent une quinzaine de structures et de scènes nées de compositions scéniques. Comme le rappelle la commissaire et galeriste Nathalie Béreau,
« Sébastian Birchler, décorateur de cinéma reconnu, continue, entre deux tournages, à créer à l’atelier principalement des sculptures réalisées dans des matériaux de récupération. Pour l’exposition, deux directions sont à l’œuvre : des structures faites de chutes de bois qui donnent à voir des bustes ou des corps tels des carcasses d’homme, de lapin, de chien, etc. Face à ces êtres surdimensionnés, aux angles comme à vif, et peints de manière brute, l’artiste oppose des sortes de saynètes en métal, en bois découpés, peints et assemblés. Le geste semble rapide, comme répondant à une urgence. Une fois de plus, les découpes restent irrégulières, l’artiste voulant garder dans cette sensation de fébrilité, une énergie créatrice. Ces compositions sont comme des dioramas ou des boîtes artistiques de voyage tel Duchamp et sa Boîte-en-valise de 1941 ».
Comme le souligne Cyr Boitard, « le peintre est un métier d’humain, c’est une vie entière pour essayer de trouver avec humour une solution à nos interrogations ».



Ci-dessus, de gauche à droite. Cyr Boitard, Trois œuvres dont L’éléphant rose (2025), huile sur toile, 195 x 130 cm
Un beau dialogue entre la diversité des formes et des matériaux, un dialogue qui renvoie au souvenir, à la présence des alternances entre présent et passé, réel et sublimé… Grands et petits formats ont cette même force d’attraction qui séduit et confirme la séduction nécessaire au monde insaisissable et mouvant qui entoure et lâche l’être humain alors devenu spectateur patient et fasciné …
Renvois bibliographiques
- Cyr Boitard, Peintures sous vide, textes de Nathalie Béreau et Hermance des Robert, Paris : galerie Nathalie Béreau, 2020
- Christophe Comentale, Cyr Boitard, un graveur curieux des jeux de lumières au pays des ombres, in : Art & métiers du livre, n°306, janv.-fév. 2015.
