« Voyages à l’intérieur de ma vie » ou  Carnets, manuscrits, accordéons des sept

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Exposition du 6 décembre 2018 au 16 février 2019, Galerie Malebranche 11, rue Malebranche 75005 Paris. La galerie est ouverte du mardi au samedi de 14h30 à 19h30 et sur rendez-vous. 06 60 83 12 67 (EH) / 06 63 65 92 14 (MC)


par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Rien n’est plus évident que toutes les créatures sont des êtres particuliers et que la raison est universelle et commune à tous les esprits. (Nicolas Malebranche [1638-1715]). 

Un écho lointain à ces propos lapidaires et enveloppants de Nicolas Malebranche résonne à travers les raisons qui ont suscité cette manifestation surprenante  initiée par Michèle Cointe et Emmanuel Homand. Depuis deux bons mois en effet, sept artistes se partagent le sol, les cimaises, les vitrines, leurs œuvres prennent aussi appui au plafond de la galerie.

István Pető en suspension

Carnets et Feuilles volantes de Magali Martija-Ochoa

La sélection de Michèle Cointe et Emmanuel Homand recense ces moments d’histoires individuelles qui livrent au regard des séquences de fictions ou de laps de vie improbables.

Didier Bled sous cloche

Bernard Guillot encerclé

 

Carnets de Serge Marlin sous vitrine

 

 

 

 

 

 

 

Des présences quasi complémentaires de Claire Vercraene, Christian Grelier, Serge Marlin, Istvan Peto, Didier Bled, Bernard Guillot se dégage une polychromie essaimante. Bernard Guillot « relie des photographies prises avec son portable, dans des livres uniques » alors que Magali Martija-Ochoa  déploie ses « piments malaxés, des huiles étincelantes, des farines grasses, la cuisine raffinée et onctueuse des pastels au service de l’organisme délicat d’une pensée » (Michèle Cointe)…En tout premier lieu, Emmanuel Homand, scénographe de l’événement a pu faire converger encadrement et encerclement avec la circularité argentée des cerceaux qui entourent les manuscrits les plus modestes ou sont des sources de mise en espace  des feuilles isolées devenues volantes.

Les carnets de Christian Grelier

Claire Vercraene au mur

En second lieu, le support récurrent est majoritairement le papier et ses dérivés, comme le carton ou les contrecollages variés sur des papiers fins.

Par ailleurs, que les carnets soient artisanaux, nés de récupérations aléatoires, de cahiers utilisés avec ou sans remords, voire de reprises, leurs pages de couverture restent muettes, sont peintes aussi. Des feuillets isolés passés au cousoir occasionnel dont les dos ainsi créés, même s’ils disent l’impossibilité d’une consultation trop rapprochée, sont en eux-mêmes des œuvres parées de signes nés d’écritures magiques.

Certaines parures originales renvoient à la somptuosité des manuscrits renaissants ou aux fortes structures des carnets de Dubuffet : de ces œuvres uniques sont nés des livres aux reflets hors du temps qui passe sur tous. Le lavis, l’huile ou l’acrylique, en épaisseur ou en rehaut font le reste.

Il n’empêche que ces mêmes livres, carnets, livrets, sont, au gré des envies, des œuvres d’art et des segments de vie forgée au fil des jours de chacun de ces magiciens de l’instant.

Renvois bibliographiques

En parallèle à cette exposition de sept artistes dont un florilège de carnets, de manuscrits sont à l’honneur, le lecteur trouvera ci-après quelques éléments bibliographiques présentés chronologiquement et destinés à prolonger, compléter, enrichir le plaisir de ces images.

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