{"id":8006,"date":"2024-05-11T20:28:49","date_gmt":"2024-05-11T18:28:49","guid":{"rendered":"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/?p=8006"},"modified":"2024-05-15T23:14:41","modified_gmt":"2024-05-15T21:14:41","slug":"a-propos-du-journal-de-matteo-ripa-avec-ou-sans-image","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/a-propos-du-journal-de-matteo-ripa-avec-ou-sans-image\/","title":{"rendered":"A propos du Journal de Matteo Ripa\u00a0: avec ou sans image\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>par Christophe Comentale<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Voil\u00e0 plus de deux ans, un \u00e9diteur m\u2019avait propos\u00e9 de r\u00e9diger un article sur le parcours spirituel et humain de Matteo Ripa (ill.1). Le contenu \u00e9tait relatif au <em>Journal <\/em>que le missionnaire a tenu de ses d\u00e9placements, notamment en Chine. Ripa d\u00e9crit sur plusieurs chapitres la r\u00e9alisation d\u2019une s\u00e9rie d\u2019eaux-fortes pour l\u2019empereur de ce pays. H\u00e9las, l\u2019\u00e9diteur a pr\u00e9sum\u00e9 de ses forces, et, m\u2019a annonc\u00e9 ne pas pouvoir aller au bout de ce projet. Je livre cet ensemble de r\u00e9flexions aux lecteurs du blog. Bonne lecture. Si l\u2019un ou l\u2019une d\u2019entre vous est libraire, \u00e9diteur, diffuseur, \u2026 et veut reprendre le flambeau, cela est possible.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong>Matteo Ripa, un t\u00e9moignage entre Est et Ouest<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le go\u00fbt pour le paysage chinois, souvent un \u00e9quilibre entre montagne et eau, se double d\u2019un fantasme de raffinement et d\u2019exc\u00e8s conjugu\u00e9s pour g\u00e9n\u00e9rer des vues exceptionnelles et id\u00e9ales. Les 36 paysages (ill.2 et 3) grav\u00e9s \u00e0 l\u2019eau-forte en 1713 ont en partie influenc\u00e9 l\u2019\u0153il occidental sur cette vision laiss\u00e9e par Matteo Ripa &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Son implication dans les missions \u00e0 destination de l\u2019Extr\u00eame-Orient est \u00e9difiante. Missionnaire&nbsp;engag\u00e9, il est \u00e9galement peintre,&nbsp;graveur et cartographe, activit\u00e9 qu\u2019il d\u00e9ploie \u00e0 la Cour de Chine o\u00f9 il s\u00e9journe de 1710 \u00e0 1723. Il est alors au service de l&#8217;empereur Kangxi (1662-1722). Ses <em>M\u00e9moires<\/em> et son<em> Journal<\/em> forment un vaste recueil de propos relatant notamment ses attentes, ses espoirs, son activisme, et \u00e9galement ses aptitudes aux relev\u00e9s cartographiques et \u00e0 la gravure d\u2019interpr\u00e9tation, avec cette s\u00e9rie unique de planches grav\u00e9es \u00e0 l\u2019eau-forte, constituant un int\u00e9ressant t\u00e9moignage sur la civilisation chinoise de cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s son retour de Chine, il a fond\u00e9 \u00e0 Naples le \u00ab&nbsp;Coll\u00e8ge des Chinois&nbsp;\u00bb (<em>Collegio dei Cinesi<\/em>), devenu par la suite l&rsquo;Institut universitaire oriental (aujourd&rsquo;hui int\u00e9gr\u00e9 dans l&rsquo;Universit\u00e9 de Naples \u00ab&nbsp;L&rsquo;Orientale&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u200eDe la biographie et des voyages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Eboli le&nbsp;29 mars&nbsp;1682 au sein d\u2019une famille noble, de Giovan Filippo Ripa, \u200e\u200ebaron\u200e\u200e de Pianchetelle et m\u00e9decin, et d\u2019Antonia Longo, le jeune Matteo passe les premi\u00e8res ann\u00e9es de son enfance avec ses fr\u00e8res Tommaso, Diego et Lorenzo. Dans ces \u200e\u200eann\u00e9es-l\u00e0, le royaume de Naples\u200e\u200e, comme toute l\u2019Europe, est le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une activit\u00e9 missionnaire fervente et Matteo, inspir\u00e9 par une \u00ab&nbsp;id\u00e9e&nbsp;\u00bb religieuse pure, entre dans la Congr\u00e9gation des pr\u00eatres missionnaires s\u00e9culiers. Au cours de son s\u00e9jour d\u2019\u00e9tudes \u00e0 \u200e\u200eRome\u200e\u200e, il apprend combien la liturgie est sujette \u00e0 des fluctuations, devenant en Chine la question \u00e9pineuse des \u200e\u200e\u00ab rites chinois \u00bb. Certains crit\u00e8res\u200e\u200e liturgiques adopt\u00e9s par les \u200e\u200ej\u00e9suites pour mener leur apostolat en \u200e\u200eChine sont condamn\u00e9s par le Saint-Si\u00e8ge en 1704 : Charles Thomas Maillard de Tournon\u200e\u200e est envoy\u00e9 en 1705-1706 en Chine en qualit\u00e9 de l\u00e9gat du pape Cl\u00e9ment XI\u200e\u200e afin de trouver une solution qui permettra de mettre fin \u00e0 ce diff\u00e9rend selon les v\u0153ux du Vatican. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eC\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en 1705, le 28 mars, que Matteo Ripa est ordonn\u00e9 pr\u00eatre par l\u2019archev\u00eaque de Salerne, et qu\u2019en octobre 1707, il est appel\u00e9 \u00e0 faire partie du groupe de missionnaires qui comprend les Italiens Gennaro Amodei, Giuseppe Cer\u00f9, Domenico Perroni et le Fran\u00e7ais Guillaume Fabre-Bonjour, nomm\u00e9s par la Propagande de la Foi pour accompagner le l\u00e9gat de Tournon dans sa mission. Ils rejoignent Londres et c\u2019est sur un navire anglais que le 6 avril 1708, ils embarquent, sans r\u00e9v\u00e9ler leur identit\u00e9. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eArriv\u00e9s en juin 1709 \u00e0 \u200e\u200eManille, capitale de l\u2019archipel des \u200e\u200ePhilippines, ils doivent attendre la fin novembre pour pouvoir embarquer pour \u200e\u200eMacao\u200e\u200e sur un bateau mis \u00e0 disposition par le gouverneur espagnol, sous la direction du missionnaire lazariste \u200e\u200eTeodorico Pedrini (1671, Fermo-1742, P\u00e9kin)\u200e\u200e, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Manille depuis deux ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La mission du l\u00e9gat s\u2019av\u00e8re peu efficace, ce dernier dispara\u00eet le 8 juin de la m\u00eame ann\u00e9e, ann\u00e9e durant laquelle Ripa, ainsi que Pedrini et Bonjour sont appel\u00e9s \u00e0 la cour de l\u2019empereur \u200e\u200eKangxi\u200e\u200e. Ripa y restera pr\u00e8s de treize ans, de f\u00e9vrier \u200e\u200e1711\u200e\u200e \u00e0 novembre \u200e\u200e1723\u200e\u200e, travaillant comme peintre et graveur sur cuivre au service de l\u2019empereur. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eAu palais d\u2019\u00e9t\u00e9 de Jehol, en \u200e\u200eMandchourie\u200e\u200e, o\u00f9 l\u2019empereur fuit ainsi les \u00e9t\u00e9s \u00e9touffants de la capitale, Ripa a \u00e9galement grav\u00e9 36 vues de sites pittoresques de cette immense r\u00e9sidence sur des plaques de cuivre. Des tirages sont imprim\u00e9s pour l\u2019usage de l\u2019empereur, qui fait ainsi des cadeaux \u00e0 sa famille et \u00e0 ses dignitaires. Cette vaste op\u00e9ration est complexe&nbsp;: qu\u2019il s\u2019agisse de construire une presse taille douce comme de se procurer avec difficult\u00e9 les ingr\u00e9dients destin\u00e9s \u00e0 fabriquer des acides et des encres pour l\u2019impression. Lors de son retour en Europe, Ripa a, parmi ses effets, des exemplaires de ces gravures \u00e0 l\u2019eau-forte des sites de Jehol. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eLaissant libre cours \u00e0 son id\u00e9e d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation, il tente d\u2019ouvrir \u00e0 \u200e\u200eP\u00e9kin\u200e\u200e une \u00e9cole pour l\u2019\u00e9ducation des jeunes Chinois, \u00e0 qui confier la t\u00e2che de \u200e\u200er\u00e9pandre le christianisme\u200e\u200e parmi leurs compatriotes ; un projet qui avait \u00e9t\u00e9 poursuivi quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t \u00e9galement par le lazariste Ludovico Antonio Appiani. Mais en novembre 1723, Ripa d\u00e9cide de partir pour l\u2019Italie afin de r\u00e9aliser ce projet qui l\u2019a anim\u00e9 tout au long de sa vie, le Coll\u00e8ge des Chinois de Naples. Quatre jeunes Chinois l\u2019accompagnent, Giovanni Guo (ca. 1700-1763), Giovanni Yin (ca. 1704-1735), Philipo Huang (ca. 1711-1776), et Lucio Wu (ca. 1712-1763).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u200eLa fondation du Coll\u00e8ge des Chinois \u00e0 Naples<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u200e\u00c0 son retour en Italie, en novembre \u200e\u200e1724\u200e\u200e, ce groupe forme le premier noyau du Coll\u00e8ge des Chinois, reconnu par \u200e\u200ele pape Cl\u00e9ment XII\u200e\u200e, par le bref\u200e\u200e du 7 avril \u200e\u200e1732\u200e\u200e. Dans les ann\u00e9es trente, Ripa est proche de la Propagande de la Foi, c\u2019est en 1742 par la bulle \u00ab&nbsp;Ex Quo Singulari&nbsp;\u00bb que le pape Beno\u00eet XIV met d\u00e9finitivement fin \u00e0 la question des rites chinois. Matteo Ripa dispara\u00eet le 29 mars \u200e\u200e1746\u200e\u200e, le jour de sa 64e ann\u00e9e. \u200eSon \u0153uvre lui survit. Au Coll\u00e8ge est associ\u00e9 un pensionnat pour l\u2019\u00e9ducation des jeunes Napolitains. C\u2019est apr\u00e8s l\u2019unification de l\u2019Italie (1868) que l\u2019on tente de supprimer l\u2019institut, alors d\u00e9fendu par les avocats \u200e\u200eFilippo de Blasio\u200e\u200e, \u200e\u200eGiuseppe Cavallo\u200e\u200e et \u200e\u200eAntonio Tagliamonte\u200e\u200e ; plus tard, le Coll\u00e8ge des Chinois sera transform\u00e9 en V\u00e9ritable Coll\u00e8ge asiatique et, avec la r\u00e9forme minist\u00e9rielle de \u200e\u200eFrancesco De Sanctis\u200e\u200e, en un Institut oriental, dans lequel la section missionnaire a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e, l\u2019assimilant aux autres universit\u00e9s d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eLe Coll\u00e8ge des Chinois a propos\u00e9 la formation religieuse et l\u2019ordination sacerdotale de jeunes Chinois convertis, destin\u00e9s \u00e0 propager \u200e\u200ele catholicisme\u200e\u200e dans leur pays. Parmi les objectifs du Coll\u00e8ge \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine \u00e9galement pr\u00e9vue la formation d\u2019interpr\u00e8tes, experts dans les langues de \u200e\u200el\u2019Inde\u200e\u200e et de la \u200e\u200eChine\u200e\u200e, au service \u200e\u200ede la Compagnie d\u2019Ostende\u200e\u200e, \u00e9tablie \u200e\u200eaux Pays-Bas\u200e\u200e avec la faveur de l\u2019empereur \u200e\u200eCharles VI de Habsbourg\u200e\u200e, pour \u00e9tablir des relations commerciales entre les pays de l\u2019Extr\u00eame-Orient et l\u2019Empire des Habsbourg, qui comprenait le \u200e\u200eRoyaume de Naples\u200e\u200e. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200e<strong>L\u2019actualit\u00e9 de la s\u00e9rie des 36 eaux-fortes des sites de Jehol<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le 12 d\u00e9cembre 2017, la soci\u00e9t\u00e9 Sotheby\u2019s Paris a vendu une s\u00e9rie compl\u00e8te des 36 vues grav\u00e9es par Ripa. L\u2019estimation oscillait entre 120&nbsp;000 et 150&nbsp;000 euros. La notice du catalogue pr\u00e9sentait ainsi cet ensemble&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Matteo Ripa (1682-1746) <em>Trente-six vues de la demeure montagneuse pour fuir les chaleurs estivales,<\/em> dynastie Qing, \u00e9poque Kangxi, 1711-1714, comprenant la s\u00e9rie compl\u00e8te des 36 gravures, command\u00e9es par l&rsquo;Empereur Kangxi, grav\u00e9es par Matteo Ripa d&rsquo;apr\u00e8s les dessins de Shen Yu, in-folio, broch\u00e9, couverture en soie jaune (36).<\/p>\n\n\n\n<p>Provenance. \u200eAnciennement dans la collection d\u2019Arthur-Auguste Br\u00f6lemann (1826-1904), Lyon (selon les Ex-libris sur la couverture int\u00e9rieure de l\u2019album). \u200e<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Note au catalogue<\/p>\n\n\n\n<p>\u200e Le pr\u00e9sent exemplaire porte l\u2019Ex-libris d\u2019Arthur-Auguste Br\u00f6lemann (1826-1904), Lyon, petit-fils du c\u00e9l\u00e8bre collectionneur Henry-Auguste Br\u00f6lemann (1775-1854), Lyon, dont il a h\u00e9rit\u00e9 dans nos chambres londoniennes de manuscrits m\u00e9di\u00e9vaux et de livres rares et qui a finalement \u00e9t\u00e9 vendue par son arri\u00e8re-petite-fille, Mme Etienne Mallet, dans nos chambres londoniennes en 1926. Il est fort probable que cette copie ait \u00e9t\u00e9 acquise par Henry-Auguste Br\u00f6lemann ou son petit-fils Arthur-Auguste Br\u00f6lemann au 19\u00e8me si\u00e8cle. \u200e<br><br>\u200eLa pr\u00e9sente copie comprend l\u2019ensemble complet des trente-six gravures de Matteo Ripa. Chaque image de l\u2019album est soutenue, pli\u00e9e au milieu, attach\u00e9e \u00e0 une colonne vert\u00e9brale et reli\u00e9e comme un livre dans le style occidental. Les deux couvertures sont recouvertes d\u2019un textile de soie jaune d\u00e9lav\u00e9 d\u2019origine chinoise et de connotation imp\u00e9riale. La copie Br\u00f6lemann pr\u00e9sente les m\u00eames caract\u00e9ristiques qu\u2019une copie du m\u00eame ensemble complet de gravures dans la collection de la Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington, D. C., qui est \u00e9galement reli\u00e9e comme un livre occidental et, en outre, avec des couvertures recouvertes de la m\u00eame soie jaune \u00e0 motifs. Il sugg\u00e8re que les deux copies ont pu \u00eatre compil\u00e9es et reli\u00e9es en m\u00eame temps que les soixante-dix copies de l\u2019ensemble complet reli\u00e9 en un seul volume et pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur Kangxi en 1714.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fortune des gravures de Ripa en Chine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les gravures ont fait l\u2019objet d\u2019une attention toute particuli\u00e8re en Chine, en particulier dans les institutions culturelles, d\u2019une part en raison du caract\u00e8re unique de la r\u00e9alisation et de l\u2019autre de la provenance de la commande. Outre l\u2019\u00e9dition de 1713, d\u2019autres \u00e9ditions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es jusqu\u2019au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en reprenant parfois les planches alors interpr\u00e9t\u00e9es en gravure sur bois, comme cela appara\u00eet dans l\u2019\u00e9dition des <em>Trente-six paysages du hameau de montagnes pour fuir les chaleurs estivales<\/em> [\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f] \u00e9dit\u00e9e \u00e0 P\u00e9kin aux Editions artistique populaires en 1983. Une introduction r\u00e9dig\u00e9e en 1979 par Li Yimang [\u674e\u4e00\u6c13] fait le point sur ces paysages au fil d\u2019\u00e9ditions diverses. Il y est rappel\u00e9 qu\u2019en regard des paysages, des po\u00e9sies dues \u00e0 l\u2019empereur et enrichies de citations prises \u00e0 des \u0153uvres litt\u00e9raires de diff\u00e9rentes \u00e9poques accompagnaient ces images.&nbsp; Les notices bibliographiques des biblioth\u00e8ques chinoises ont pris en compte ces \u00e9l\u00e9ments importants.<\/p>\n\n\n\n<p>\u3010\u300a\u5fa1\u5236\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f\u8bd7\u300b\u3011<\/p>\n\n\n\n<p>\u3000\u3000\u300a\u5fa1\u5236\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f\u8bd7\u300b\uff0c\u4e8c\u5377\uff0c\u6e05\u5723\u7956\u7384\u70e8\u64b0\u8bd7\uff0c\u63c6\u53d9\u7b49\u6ce8\uff0c\u753b\u5bb6\u6c88\u55bb\u6839\u636e\u8bd7\u610f\u7ed8\u56fe\uff0c\u6e05\u5eb7\u7199\u4e94\u5341\u4e00\u5e74\uff081712\u5e74\uff09\u5185\u5e9c\u6731\u58a8\u5957\u5370\u672c\u3002\u7248\u684619.6cm\u00d713.4cm. \u80cc\u767d\uff0c\u534a\u98756\u884c\uff0c\u6bcf\u884c\u5b57\u6570\u4e0d\u7b49\uff0c\u5c0f\u5b5712\u884c\uff0c\u6bcf\u884c20\u5b57\uff0c\u767d\u53e3\uff0c\u5355\u9c7c\u5c3e\u3002<\/p>\n\n\n\n<p>\u3000\u3000\u300a\u5fa1\u5236\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f\u8bd7\u300b\u53c8\u79f0\u300a\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u8bd7\u300b\uff0c\u662f\u63cf\u7ed8\u6e05\u4ee3\u7687\u5bb6\u56ed\u56ff\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e4b\u5efa\u7b51\u98ce\u8c8c\u548c\u666f\u81f4\u7684\u8bd7\u6587\u56fe\u753b\u96c6\u3002\u56fe\u7ed8\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f\uff0c\u666f\u89c2\u7686\u4e3a\u627f\u5fb7\u884c\u5bab\u4eff\u6c5f\u5357\u540d\u56ed\u80dc\u8ff9\u6240\u6210\uff0c\u59cb\u4e8e\u201c\u70df\u6ce2\u81f4\u723d\u201d\uff0c\u7ec8\u4e8e\u201c\u6c34\u6d41\u4e91\u5728\u201d\u300236\u5e45\u56fe\u7684\u8bd7\u9898\u4e4b\u4e0b\u7686\u6709\u5c0f\u8bb0\uff0c\u8bd7\u53e5\u6709\u6ce8\u91ca\uff0c\u6ce8\u91ca\u4e4b\u5f15\u6587\u51fa\u5904\u7528\u6731\u7ebf\u6807\u51fa\uff0c\u5e76\u6709\u6731\u8272\u53e5\u8bfb\u3002\u662f\u4e66\u6240\u7ed8\u666f\u7269\u707f\u5f70\uff0c\u754c\u753b\u4e25\u6574\uff0c\u954c\u523b\u4ea6\u7cbe\u81f4\uff0c\u4f46\u6784\u56fe\u5e03\u666f\u7565\u5acc\u677f\u6ede\uff0c\u7f3a\u5c11\u7075\u52a8\u4e4b\u6c14\u3002<\/p>\n\n\n\n<p>\u3000\u3000\u300a\u5fa1\u5236\u907f\u6691\u5c71\u5e84\u4e09\u5341\u516d\u666f\u8bd7\u300b\u53e6\u6709\u5eb7\u7199\u4e94\u5341\u4e00\u5e74\u6ee1\u6587\u523b\u672c\u3001\u5eb7\u7199\u4e94\u5341\u4e00\u5e74\u6234\u5929\u745e\u6307\u753b\u7ed8\u672c\u3001\u5eb7\u7199\u4e94\u5341\u4e8c\u5e74\uff081713\u5e74\uff09\u94dc\u7248\u523b\u672c\u53ca\u4e7e\u9686\u5e74\u95f4\u523b\u672c\u7b49\u3002\u5176\u4e2d\u4e7e\u9686\u5e74\u95f4\u523b\u672c\u867d\u7136\u5185\u5bb9\u4e0e\u524d\u8bf8\u7248\u672c\u76f8\u540c\uff0c\u4f46\u7ec6\u8f83\u5176\u7b14\u529b\u7565\u6709\u5dee\u5f02\uff0c\u7ecf\u8003\u8bc1\u6b64\u7248\u4e4b\u7248\u753b\u4e0d\u662f\u7528\u5eb7\u7199\u5e74\u523b\u677f\u5237\u5370\uff0c\u4e43\u6839\u636e\u539f\u7248\u7ffb\u523b\u7248\u5237\u5370\u800c\u6210\uff0c\u53e6\u4e66\u4e2d\u589e\u52a0\u4e86\u9ad8\u5b97\u5f18\u5386\u7684\u548c\u8bd7\u3002<\/p>\n\n\n\n<p>\u64b0\u7a3f\u4eba\uff1a\u738b\u5927\u5fe0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le&nbsp;<em>Journal<\/em>. Le dictionnaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u200eParticuli\u00e8rement remarquable dans la biographie de Matteo Ripa est, pendant son s\u00e9jour \u00e0 la cour imp\u00e9riale \u00e0 P\u00e9kin, la tenue d\u2019un journal quotidien m\u00e9ticuleux, sur tous les \u00e9v\u00e9nements, entretiens, documents, d\u00e9bats dont il a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin ou protagoniste en sa qualit\u00e9 de missionnaire de la Propagande de la Foi. Ripa a \u00e9t\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es le seul \u2014 avec son ami \u200e\u200eTeodorico Pedrini\u200e\u200e qui est rest\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin m\u00eame apr\u00e8s le d\u00e9part de Ripa \u2014 un missionnaire non j\u00e9suite \u00e0 la cour de Kangxi et pour cette raison capable d\u2019offrir une version des faits de la Mission de Chine, l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente de celle g\u00e9n\u00e9ralement connue. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eSon <em>Journal<\/em>, un ensemble de plusieurs manuscrits denses, encore conserv\u00e9s chez les fr\u00e8res franciscains \u00e0 Rome, repr\u00e9sentait, dans les temps qui suivirent imm\u00e9diatement son retour en Italie, le d\u00e9p\u00f4t d\u2019une \u00e9norme quantit\u00e9 d\u2019informations de premi\u00e8re main sur ces faits, produisant des lettres et des rapports qui furent \u00e9galement publi\u00e9s, notamment dans les \u200e\u200e<em>M\u00e9moires historiques sur les affaires des J\u00e9suites avec le Saint-Si\u00e8ge<\/em> par l\u2019abb\u00e9 Platel (1703-1769)<em>.<\/em> Ces pi\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieuses pour la Propagande de la Foi, et ont aid\u00e9 \u00e0 la condamnation d\u00e9finitive des rites chinois. \u200e<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eMais aujourd\u2019hui encore, son <em>Journal<\/em>, qu\u2019il a assembl\u00e9 sous forme organique dans les ann\u00e9es trente \u00e0 Naples, est une source de connaissances tr\u00e8s int\u00e9ressante et in\u00e9puisable pour les historiens modernes de la Mission. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u200eRipa a, par ailleurs, laiss\u00e9 la version manuscrite d\u2019un dictionnaire chinois ; il a \u00e9t\u00e9 parmi les premiers \u00e0 ressentir l\u2019importance de la connaissance linguistique mutuelle entre l\u2019Occident et l\u2019Orient pour un rapprochement et une compr\u00e9hension des deux civilisations.\u200e<\/p>\n\n\n\n<p><strong>El\u00e9ments bibliographiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Christophe Comentale, <em>Un missionnaire italien \u00e0 la cour de Chine : Matteo Ripa<\/em> : [peintre-graveur, introducteur de l&rsquo;eau-forte en Chine] th\u00e8se de doctorat en&nbsp;Histoire de l&rsquo;art moderne et contemporain, sous la direction de&nbsp;Daniel Rabreau. Universit\u00e9 de Bordeaux 3, 1991. 4 vol. (391, ca 53, 36, ca 141 f.). Bibliogr. f. 335-391<\/li>\n\n\n\n<li>Christophe Comentale,&nbsp;<em>Matteo Ripa, un peintre graveur missionnaire \u00e0 la cour de Chine<\/em>, Taipei&nbsp;: Ouyu chubanshe (distribution&nbsp;: Paris, Belles Lettres), 1983, 220 p + 36 pl.&nbsp;[R\u00e9\u00e9d. partielle in Le voyage en Chine, anthologie\u2026 Paris&nbsp;: Laffont, 1992 (Bouquins), pp.204-222.]<\/li>\n\n\n\n<li>Christophe Comentale, <em>L&rsquo;art missionnaire en Chine<\/em>, in&nbsp;: <em>L&rsquo;Histoire<\/em>, 1979 (14), juil.-ao\u00fbt,&nbsp;pp.&nbsp;52-61.<\/li>\n\n\n\n<li>Christophe Comentale,&nbsp;<em>Matteo Ripa, sources manuscrites et imprim\u00e9es&nbsp;: de l&rsquo;amateurisme \u00e0 l&rsquo;officiel,<\/em> actes du Ve&nbsp;colloque international de sinologie de Chantilly qui s&rsquo;est tenu du 15 au&nbsp;18 septembre 1986&nbsp;; in&nbsp;: <em>Vari\u00e9t\u00e9s sinologiques<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>Christophe Comentale,&nbsp;<em>Les recueils de gravure sous la dynastie des Ch&rsquo;ing&nbsp;: la s\u00e9rie des eaux-fortes du Pi-shu-shan-chuang<\/em>. Analyse et comparaisons avec d&rsquo;autres sources contemporaines, chinoises et occidentales, actes du VIIe&nbsp;colloque international de sinologie de Chantilly qui s&rsquo;est tenu en&nbsp;septembre 1992.<\/li>\n\n\n\n<li>Christophe Comentale, <em>Matteo Ripa et les paysages grav\u00e9s \u00e0 l\u2019eau-forte<\/em>, in&nbsp;: <em>Art et m\u00e9tiers du livre<\/em>, 2001 (226).<\/li>\n\n\n\n<li>Richard E. Strassberg, <em>An Intercultural Artist. Matteo Ripa,<\/em> His Engravings, and Their Transmission to the West, in&nbsp;Thirty-Six Views. The Kangxi Emperor&rsquo;s Mountain Estate in Poetry and Prints, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, Washington, D. C., 2016, pp. 41-71, pp. 70-71.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelques \u00e9l\u00e9ments sur l\u2019eau-forte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tous les graveurs se sont, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de leur carri\u00e8re, essay\u00e9 au proc\u00e9d\u00e9 de taille indirecte qu\u2019est la technique de l\u2019eau-forte. Le terme d\u00e9signe \u00e0 l\u2019origine l&rsquo;acide nitrique, puis la gravure sur m\u00e9tal ou encore l\u2019estampe obtenue par ce mode de gravure. Son approche quasi calligraphique lui conf\u00e8re une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et une pr\u00e9sence uniques. Les plaques non aci\u00e9r\u00e9es ne permettent que l\u2019impression d\u2019un nombre r\u00e9duit d\u2019exemplaires, une trentaine, de bonne qualit\u00e9, si l\u2019on en croit les t\u00e9moignages de graveurs comme le missionnaire Matteo Ripa l\u2019a consign\u00e9 dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25cf Faits historiques&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019eau-forte est employ\u00e9e d\u00e8s le Moyen \u00c2ge par les orf\u00e8vres arabes en Espagne et \u00e0 Damas. Albrecht D\u00fcrer (Nuremberg, 1471-1528) en 1515 et Urs Graf (1485-1527, actif \u00e0 Zurich et \u00e0 B\u00e2le) d\u00e8s 1513, sont parmi les premiers graveurs \u00e0 exploiter cette technique pour sa relative facilit\u00e9 : une simple pointe permet des effets graphiques proches de ceux de la plume. Francesco Mazzola (Parme, 1503 \u2013 Casal Maggiore, 1540) dit Le Parmesan, donne \u00e0 cette technique une virtuosit\u00e9 active, l\u2019eau-forte devient tr\u00e8s rapidement le moyen d\u2019expression favori des peintres-graveurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La technique conna\u00eet une importante transformation au d\u00e9but du 17e si\u00e8cle, gr\u00e2ce aux innovations majeures dues \u00e0 Jacques Callot (Nancy, 1592-1635), graveur lorrain form\u00e9 en Italie&nbsp;; il utilise notamment l\u2019\u00e9choppe, un outil proche du burin, \u00e0 profil triangulaire permettant des effets de variation dans la grosseur du trait devenus des pleins et d\u00e9li\u00e9s. Avec le talent de praticien et de th\u00e9oricien d\u2019Abraham Bosse (Tours, 1602 \u2013 Paris, 1676),&nbsp;para\u00eet le premier manuel pratique et th\u00e9orique sur l\u2019eau-forte, le <em>Trait\u00e9 des mani\u00e8res de graver en taille douce sur l\u2019airain par le moyen des eaux fortes et des vernis durs et mols<\/em>, publi\u00e9 en 1645, qui donne ainsi \u00e0 la technique ses lettres de noblesse \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019autres techniques de cr\u00e9ation comme la peinture, la sculpture. Ce qui se confirme avec les cours de gravure qu\u2019il est le premier \u00e0 dispenser \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture. C\u2019est aussi gr\u00e2ce \u00e0 lui, lors de la publication de l\u2019\u00c9dit de Saint-Jean de Luz en 1660, que la gravure devient un art libre, comme les autres arts figuratifs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25cf\u25cf De la technique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le graveur ex\u00e9cute sur la plaque de m\u00e9tal pr\u00e9alablement recouverte d\u2019un vernis \u00e0 graver son motif \u00e0 la pointe m\u00e9tallique, il le retire aux endroits destin\u00e9s \u00e0 recevoir l&rsquo;encre lors de l&rsquo;impression. L\u2019op\u00e9ration est m\u00e9ticuleuse, s\u2019effectue en fines striures pour \u00e9viter les \u00ab&nbsp;crev\u00e9s&nbsp;\u00bb, ces grandes zones sans vernis qui ne pourront pas retenir efficacement l&rsquo;encre lors de l&rsquo;encrage de la plaque. La plaque est ensuite plong\u00e9e dans la solution acide (le perchlorure de fer aujourd\u2019hui) qui creuse ou mord&nbsp;les zones \u00e0 d\u00e9couvert et laisse intactes les parties prot\u00e9g\u00e9es. Le bain utilis\u00e9 est plus ou moins dilu\u00e9 et le temps de morsure plus ou moins long, selon la profondeur de taille \u00e0 obtenir. Selon le mordant utilis\u00e9, le m\u00e9tal est attaqu\u00e9 plus ou moins franchement pour obtenir certains effets. Ainsi, par une attaque diffuse et peu profonde (punctiforme), la fleur de soufre en suspension permet d\u2019obtenir des effets de brume. Le vernis est ensuite retir\u00e9 avec un solvant et la plaque encr\u00e9e sur toute sa surface. L\u2019exc\u00e8s d&rsquo;encre est soigneusement retir\u00e9 en frottant la plaque avec de la tarlatane \u2014 pour certains, du papier journal, puis du papier de soie  \u2014, afin de laisser uniquement de l&rsquo;encre dans les entailles. La plaque est ensuite recouverte d&rsquo;une feuille de papier adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ration, pr\u00e9alablement humidifi\u00e9e, recouverte de langes et pass\u00e9e sous presse. Les rouleaux de la presse \u00e0 taille-douce vont appuyer fermement sur la feuille et permettre ainsi le transfert de l\u2019encre. Le r\u00e9sultat final est invers\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019image grav\u00e9e sur la plaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce succ\u00e8s de l\u2019eau-forte est en partie d\u00fb \u00e0 sa facilit\u00e9 de sa mise en oeuvre sur le burin, qui n\u00e9cessite une formation longue. Elle permet, de plus, une plus grande rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution&nbsp;: en cas de repentir, le graveur peut repolir sa plaque, ou la gratter, \u00e0 l\u2019aide du grattoir, du brunissoir ou d\u2019abrasifs (acide). Enfin, la plaque peut \u00eatre \u00e9galement retravaill\u00e9e au burin ou \u00e0 la pointe s\u00e8che, m\u00ealant ainsi plusieurs techniques.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 aussi une des cl\u00e9s de la magie que la gravure en taille douce continue d\u2019exercer sur le plaisir du regard face aux \u0153uvres de Claude Gell\u00e9e, Watteau, Boucher, Lorenzo Tiepolo, Seghers, Goya, Degas, Besnard, Pissarro, Picasso, Charles-Fran\u00e7ois Daubigny, Matisse, Champseit, Marion Tournebise (alias Viola Corp) et de cette jeune g\u00e9n\u00e9ration qui continue de la pratiquer seule ou m\u00eal\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>El\u00e9ments bibliographiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Michel Terrapon, <em>L\u2019eau-forte<\/em>, Gen\u00e8ve, Bonvent, 1975. (Coll. Les m\u00e9tiers de l\u2019art).<\/li>\n\n\n\n<li>R. Savoie, <em>L\u2019eau-forte en couleurs<\/em>, Montr\u00e9al, 1972.<\/li>\n\n\n\n<li>Abraham Bosse, <em>Trait\u00e9 des mani\u00e8res de gravure en taille-douce,<\/em> Paris, 1645.<\/li>\n\n\n\n<li>Andr\u00e9 B\u00e9guin, <em>Dictionnaire technique de l\u2019estampe<\/em>, Bruxelles, 1977.<\/li>\n\n\n\n<li><em>La gravure en taille douce&nbsp;: paroles de graveurs<\/em>, sous la dir. de J. M. Billard. Paris&nbsp;: Dessain et Tolra, 1985.<\/li>\n\n\n\n<li><em>Matteo Ripa, Un peintre-graveur-missionnaire \u00e0 la Cour de Chine<\/em>, M\u00e9moires traduits, pr\u00e9sent\u00e9s et annot\u00e9s par Christophe Comentale. Taipei Ed. V. Chen, 1983. [R\u00e9\u00e9d. partielle in <em>&nbsp;Le voyage en Chine<\/em>. Paris&nbsp;: Laffont, 1992 (Bouquins), pp.204-222.]<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Anecdote na\u00efve en avant-propos au texte de Ripa.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le texte qui va suivre a fait l\u2019objet d\u2019une \u00e9dition en 1983. Il reprend ce qui constituait, dans cette \u00e9dition, le chapitre IV et la deuxi\u00e8me partie du chapitre V des <em>M\u00e9moires<\/em> de Ripa. Ce travail \u00e9tant celui d\u2019un historien de l\u2019art, j\u2019avais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, en t\u00eate d\u2019\u00e9tudier les approches esth\u00e9tique et technique qui avaient entour\u00e9 l\u2019entreprise singuli\u00e8re du missionnaire. A l\u2019origine, ces quelques chapitres traduits des <em>M\u00e9moires<\/em> devaient faire partie d\u2019un corpus de th\u00e8se. Or, je r\u00e9sidais \u00e0 Taipei o\u00f9, d\u2019une part, je travaillais au mus\u00e9e national du Vieux Palais et o\u00f9, de l\u2019autre, j\u2019apprenais \u00e0 me colleter \u00e0 la civilisation chinoise, celle du quotidien et celle de la recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Un de mes voisins \u00e9tant \u00e9diteur, ce qui devait arriver arriva&nbsp;: il s\u2019int\u00e9ressait aux rapports et apports culturels Est-Ouest, ce qui \u00e9tait au c\u0153ur de mon propos. Nous avons donc \u00e9dit\u00e9 un petit livre centr\u00e9 sur l\u2019activit\u00e9 de Matteo Ripa, o\u00f9 le missionnaire racontait son exp\u00e9rience \u00e0 la Cour imp\u00e9riale, comme cartographe, graveur et \u00e9vang\u00e9lisateur aussi. J\u2019ai ainsi eu acc\u00e8s aux collections du mus\u00e9e et b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des conseils des coll\u00e8gues et sp\u00e9cialistes des livres rares et des peintures, j\u2019ai pu reproduire toute la s\u00e9rie des 36 eaux-fortes, un peu diff\u00e9rente de celles conserv\u00e9es \u00e0 la biblioth\u00e8que nationale de France ou de la British Library pour ne citer que ces deux exemples\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, je ne connaissais pas le milieu de la sinologie, milieu dans lequel mon sujet relatif \u00e0 des images sinis\u00e9es m\u2019avait, d\u2019embl\u00e9e et malgr\u00e9 moi, fait p\u00e9n\u00e9trer, n\u2019ayant pas eu le temps d\u2019apprendre certains rituels de classe ou d\u2019appartenance sociale. Ainsi, lorsque les \u00e9ditions des Belles lettres ont accept\u00e9 de diffuser ce livre, presque aussit\u00f4t apr\u00e8s, une recension \u00e9manant d\u2019une revue de sinologie est parue. Tr\u00e8s certainement gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, j\u2019en ai eu connaissance quelque 20 ans plus tard, en consultant par hasard, des banques de donn\u00e9es th\u00e9matiques. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 abasourdi par le contenu de l\u2019honorable confr\u00e8re qui, sur plusieurs pages, faisait un cours sur la Chine de l\u2019\u00e9poque du missionnaire et d\u00e9plorait tout ce qui manquait dans ce travail qu\u2019il repla\u00e7ait dans des axes plus historiques ou sociologiques, certes int\u00e9ressants, mais hors de mon propos qui reste, \u00e0 ce jour, essentiellement d\u2019ordre esth\u00e9tique et technique et le cheminement de recherches relatives \u00e0 l\u2019image en Chine. Plus amusant encore, lorsque j\u2019ai occup\u00e9 le poste d\u2019attach\u00e9 culturel \u00e0 l\u2019ambassade de France \u00e0 P\u00e9kin, j\u2019ai vu d\u00e9ambuler dans mon bureau ce m\u00eame savant, aimable et courtisan, venu solliciter l\u2019aide de la R\u00e9publique pour ses pr\u00e9cieuses recherches\u2026 Rencontre aussi polie qu\u2019impersonnelle&nbsp;: sa modestie de salon et mon ignorance de ses agissements ayant permis cela. Ces souvenirs surann\u00e9s me rappellent qu\u2019en permanence, le milieu de la recherche est et reste perverti par des attitudes irrationnelles li\u00e9es au pouvoir et \u00e0 ce qu\u2019il induit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le livre \u00e9dit\u00e9 chez Victor Chen \u00e0 Taiwan est devenu une raret\u00e9 bibliographique&nbsp;: \u00e0 peine entrepos\u00e9s dans les magasins des \u00e9ditions des Belles Lettres, les exemplaires ont presque tous disparu dans un gigantesque incendie qui a ravag\u00e9 les magasins\u2026 Ainsi va la vie, la curiosit\u00e9 de Daniel Besace, fondateur des \u00e9ditions Carnets-Livres permet une r\u00e9apparition autre de ces images.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Matteo-Ripa-Paysage-eau-forte-detail-1.jpg?ssl=1\"><img 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Description de la r\u00e9sidence, des sacrifices et des feux d&rsquo;artifice.<\/p>\n\n\n\n<p>Carte g\u00e9ographique de la Tartarie command\u00e9e par le souverain ; je l\u2019ai ensuite grav\u00e9e avec celle de la Chine ; j\u2019explique comment je fus destin\u00e9 \u00e0 la gravure sur cuivre.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u00c9tant comme d\u2019habitude all\u00e9 le matin au Palais, on m\u2019ordonna de la part de l\u2019Empereur de le suivre dans sa r\u00e9sidence appel\u00e9e Ccian cciun juen [Changchun yuan], \u00e0 environ trois milles italiens de P\u00e9kin ; c\u2019est l\u00e0 que cet Empereur, chaque fois qu\u2019il y allait, r\u00e9sidait \u00e0 peu pr\u00e8s cinq mois par an. Il habitait autant, et m\u00eame plus, en Tartarie, et en deux autres endroits. Dans l\u2019un il se livrait \u00e0 la chasse aux cerfs, et dans l\u2019autre il p\u00eachait et chassait les canards dans une lagune, de sorte que chaque ann\u00e9e il ne demeurait pas plus de quinze jours dans la capitale, et parfois moins, et ces s\u00e9jours n\u2019\u00e9taient pas continuels, car il ne s\u2019arr\u00eatait souvent qu\u2019une journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ob\u00e9ir \u00e0 l\u2019ordre du souverain, je partis pour cette r\u00e9sidence apr\u00e8s manger avec le P\u00e8re Giart\u00f9 [Jartoux], missionnaire fran\u00e7ais, et c\u2019est sur ordre de ce m\u00eame souverain que l\u2019on nous mit dans un appartement de la r\u00e9sidence de Ttong-kien-kien, c\u2019est-\u00e0-dire dans celle de son oncle maternel, que seule une route s\u00e9parait de la r\u00e9sidence imp\u00e9riale, et avec l\u2019ordre que ce soit cet oncle qui paie nos frais, comme ce fut le cas, durant tout le temps que v\u00e9cut l&rsquo;Empereur. Outre le fait que le Ttong-kien-kien nous d\u00e9frayait mes assistants et moi, Sa Majest\u00e9 m\u2019envoyait chaque jour un cheval, pour l\u2019ordinaire indompt\u00e9 et vicieux&nbsp;; je le faisais monter par la personne qui m\u2019accompagnait \u2014 j&rsquo;en poss\u00e9dais un autre que j\u2019avais achet\u00e9 et dont je devais m\u2019occuper \u00e0 mes frais \u2014, pour ne pas risquer ma vie. En plus de cette d\u00e9pense je devais aussi penser \u00e0 m\u2019habiller, et \u00e0 tout ce qu\u2019il me fallait d\u2019autre, avec les deux cents doublons que je recevais chaque ann\u00e9e de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y avait que les Europ\u00e9ens employ\u00e9s \u00e0 son service qui recevaient de la nourriture et un cheval de Sa Majest\u00e9, les autres, en nombre bien plus grand, et qui restaient \u00e0 P\u00e9kin, tout en servant le souverain, n\u2019avaient rien de cela, sauf certains des plus anciens qui avaient aussi droit \u00e0 une mesure de riz, \u00e0 du charbon et \u00e0 d\u2019autres choses encore, ce qui atteignait en tout cent ducats \u00e0 peu pr\u00e8s par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa Majest\u00e9 partit de la r\u00e9sidence pour P\u00e9kin, o\u00f9 elle s\u2019arr\u00eata trois jours pour c\u00e9l\u00e9brer le sacrifice solennel au Ttien, je veux dire au Ciel auquel la secte des Lettr\u00e9s, dont le chef est l\u2019Empereur, croit, et qu\u2019elle adore comme Dieu. C\u2019est pour cela que l\u2019on voit dans la capitale de P\u00e9kin et dans l\u2019autre de Nankin, deux magnifiques temples. L\u2019un est consacr\u00e9 au Ciel, et l\u2019autre \u00e0 la Terre ; dans ces temples, seul l\u2019Empereur a le pouvoir de faire des sacrifices, ce qu\u2019il fait au moment des quatre saisons de l\u2019ann\u00e9e, au nom de tout son peuple et au cas ou en raison de quelque emp\u00eachement, il ne pourrait pas, on mettrait alors \u00e0 sa place de hauts fonctionnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Sacrifice qui est fait \u00e0 ces deux temples du Ciel et de l\u00e0, consiste \u00e0 immoler un grand nombre de b\u0153ufs et de moutons, et \u00e0 faire diff\u00e9rentes c\u00e9r\u00e9monies. Personne d\u2019autre n\u2019a ce droit de faire de sacrifice au Ciel et \u00e0 la Terre, ni comme d\u2019ailleurs au Soleil, \u00e0 la Lune, aux Plan\u00e8tes et aux Etoiles, en dehors de l\u2019Empereur, et si d\u2019aventure quelqu\u2019un le faisait, on dit qu\u2019il serait coupable de crime de l\u00e8se-majest\u00e9, en tant qu\u2019usurpateur de pr\u00e9rogative imp\u00e9riale. Et, pour faire de tels sacrifices, il faut se pr\u00e9parer en je\u00fbnant, ce qui consiste \u00e0 se laver le corps en se baignant, \u00e0 ne pas avoir de commerce avec les femmes, \u00e0 ne pas tuer d\u2019animaux pour les manger ; il est, cela dit, permis de manger les animaux qui ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s avant de commencer le je\u00fbne.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions revenus de P\u00e9kin \u00e0 la r\u00e9sidence, mon interpr\u00e8te, le P\u00e8re Giart\u00f9 [Jartoux], et moi, \u00e0 la suite de l\u2019Empereur ; ce matin du 3 mars on demanda \u00e0 tous les Europ\u00e9ens en bonne sant\u00e9, sur ordre de l\u2019Empereur, de revenir de P\u00e9kin pour voir le tir du feu d\u2019artifice que Sa Majest\u00e9 fait faire chaque ann\u00e9e solennellement pour le nouvel an, report\u00e9 au 3. Le soir, nous nous retrouv\u00e2mes tous dans la r\u00e9sidence, dans la grande plaine, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enceinte ; vers une heure et demie de la nuit, sur un signe de l\u2019Empereur (il se tenait en retrait avec ses femmes afin que personne ne puisse le voir), on commen\u00e7a \u00e0 tirer, alors une pluie de feu se mit brusquement \u00e0 sortir de terre. Pendant que cela br\u00fblait, on \u00e9leva avec des cordes, \u00e0 une hauteur de cent palmes environ du sol, une grande caisse suspendue \u00e0 une poutre, elle-m\u00eame soutenue par deux poteaux; quand on mit le feu \u00e0 la caisse, le fond s\u2019ouvrit, et il en sortit une source lumineuse en forme de grande roue&nbsp;; une fois \u00e9puis\u00e9e, on vit tomber instantan\u00e9ment de ce m\u00eame fond de la caisse jusqu\u2019\u00e0 la surface de la terre une grande colonne form\u00e9e d\u2019une infinit\u00e9 de petites \u00e9toiles, qu\u2019entouraient quatre autres colonnes en forme de lanternes en papier tr\u00e8s bien \u00e9clair\u00e9es, et ce beau spectacle dura pendant un bon moment, mais les lumi\u00e8res \u00e9teintes, une autre source lumineuse apparut, peu diff\u00e9rente de la premi\u00e8re, et apr\u00e8s celle-l\u00e0, d\u2019autres colonnes, de formes et de couleurs diff\u00e9rentes. Ce spectacle dura lui aussi un bon moment : par son c\u00f4t\u00e9 merveilleux, il tenait tous les spectateurs comme dans une sorte d\u2019enchantement, m\u00eame les Europ\u00e9ens, car tous avou\u00e8rent n\u2019avoir jamais vu chose semblable dans nos pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand se termina ce tableau, commen\u00e7a ce que les Chinois appellent la guerre; c\u2019est un tir de fus\u00e9es qui, au moyen de cordes tendues partaient; d\u2019autres revenaient frapper leurs buts de planches; on entendait les coups comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi de fl\u00e8ches; elles s\u2019\u00e9levaient d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre de ces deux points; de sous la terre diff\u00e9rentes sources lumineuses sortaient en m\u00eame temps, mais en d\u00e9sordre, et l\u2019on voyait aussi, toujours sans ordre, de petites roues allum\u00e9es, et des girandoles, on entendait le bruit de nombreux p\u00e9tards.<\/p>\n\n\n\n<p>Le feu, ou la consommation de poudre, fut important mais, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019engin de la caisse, vraiment admirable, tout le reste ne fut pas de bon go\u00fbt, sans ordre et confus. Ce que l\u2019Empereur fit dans sa r\u00e9sidence, d\u2019autres riches le firent aussi dans les leurs, mais durant d\u2019autres journ\u00e9es, et chacun suivant ses possibilit\u00e9s financi\u00e8res et son grade, pour distraire ses femmes, et, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, m\u00eame la pl\u00e8be qui en utilise plus ou moins.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sidence imp\u00e9riale appel\u00e9e Ccin Cciun juen, dont le nom signifie \u201cprintemps continuel\u201d, a \u00e9t\u00e9 faite par l\u2019empereur Kanghi [Kangxi] pour ses loisirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se trouve, comme j\u2019ai dit, \u00e0 trois milles de la capitale, dans une grande plaine entour\u00e9e de plusieurs r\u00e9sidences, ayant toutes des murs ; elles sont habit\u00e9es par ses fils et par d\u2019autres seigneurs. Les portes sont toujours gard\u00e9es par des soldats tartares qui, \u00e0 l\u2019exception des eunuques, ne permettent \u00e0 personne d\u2019entrer qui n\u2019ait obtenu d\u2019autorisation expresse de l\u2019Empereur. Ainsi, sur des tablettes, tous les noms de ceux qui ont obtenu une autorisation de l\u2019Empereur sont \u00e9crits, et, quand ces gens s\u2019approchent de la porte pour entrer, les gardes qui ne les connaissent pas leur disent \u00ab&nbsp;co pu pi&nbsp;\u00bb, ce qui signifie en langue tartare \u201cquel est ton nom ?\u201d. Une fois qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 vu sur la tablette, ils permettent d\u2019entrer. Ensuite, en passant par une entr\u00e9e d\u00e9couverte, on doit p\u00e9n\u00e9trer par une autre porte, devant laquelle sont assis quelques eunuques tenant une grande tablette blanche, vernie, et sur laquelle ils \u00e9crivent tous les noms de ceux qui entrent, et avec un morceau d\u2019\u00e9toffe tremp\u00e9 dans l\u2019eau, ils les biffent \u00e0 la sortie, et ainsi ils savent, si \u00e0 une heure d\u00e9termin\u00e9e de la nuit tous sont hors de la r\u00e9sidence, o\u00f9, quiconque n\u2019est pas un eunuque, ne peut passer la nuit. La m\u00eame chose arrive \u00e0 P\u00e9kin dans le palais int\u00e9rieur, et dans la r\u00e9sidence de Tartarie au Jehol, tout cela se fait \u00e0 cause de la grande jalousie des femmes qui sont \u00e0 P\u00e9kin dans le palais int\u00e9rieur o\u00f9 se trouve le s\u00e9rail, et de celles que l\u2019on emmenait dans les r\u00e9sidences.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9sidence, et celles des autres seigneurs que j\u2019ai vues sont toutes semblables, et enti\u00e8rement diff\u00e9rentes de notre go\u00fbt europ\u00e9en, car alors que nous essayons, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019art, de nous \u00e9loigner de la nature, en aplanissant les collines, en ass\u00e9chant les eaux mortes des lacs, en d\u00e9racinant les arbres des for\u00eats, en faisant les routes droites, en construisant les fontaines avec beaucoup d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9, en plantant les fleurs en ordre r\u00e9gulier, etc., les Chinois, au contraire, essaient avec art d&rsquo;imiter la nature, en faisant avec de la terre un r\u00e9seau de monticules, des collines aux routes parfois larges et droites, parfois serpentantes et coup\u00e9es par des sentiers \u00e9troits en certains endroits, plus spacieux en d\u2019autres, plats ou \u00e0 pic, droits ou tortueux, passant par des monts (certains sont reli\u00e9s par des pierres anciennes dispos\u00e9es d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s naturelle), et des vall\u00e9es, ensuite sur diff\u00e9rents ponts construits sur des fleuves, ainsi que sur des ruisseaux qui se sont form\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019eau que l\u2019on a amen\u00e9e avec savoir, et on passe sur ceux-ci d\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, on va aussi gr\u00e2ce \u00e0 eux sur certaines \u00eeles situ\u00e9es au milieu des lacs, et au sommet desquelles on voit des pavillons de loisir o\u00f9, soit en passant sur les routes, soit en barque, les hommes vont se distraire avec les femmes surtout quand elles sont lass\u00e9es de la p\u00eache, que l\u2019on pratique dans les eaux riches en poissons. D\u2019abord mis l\u00e0 expr\u00e8s, ils se sont multipli\u00e9s \u00e0 merveille, et pour ne pas qu\u2019ils s\u2019en aillent \u00e0 cause du courant de l\u2019eau, il y a expr\u00e8s des filets de fer aux ouvertures des portes par o\u00f9 sort l\u2019eau. Il y a aussi de la nacre que l\u2019on voit avec plaisir sur ces rochers faits ing\u00e9nieusement \u00e0 l\u2019aide de nombreux cailloux agglom\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re naturelle, certains sont tout \u00e0 fait d\u00e9pourvus d\u2019arbres, et d\u2019autres ressemblent \u00e0 des for\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit aussi des bois avec de nombreux faons, li\u00e8vres, et de ces animaux semblables \u00e0 de petits cerfs, et qui donnent le musc ; il y a aussi des plaines, et, pour qu\u2019en tout on imite la nature, dans certaines de ces plaines, on s\u00e8me du bl\u00e9 et des l\u00e9gumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi des jardins plant\u00e9s d\u2019arbres fruitiers, de fleurs et d\u2019herbes aromatiques, et \u00e0 certains endroits, dans de beaux sites, on aper\u00e7oit des pavillons de loisir, les maisons des eunuques, et, ensuite, le s\u00e9rail des femmes devant lequel, dans un grand espace est organis\u00e9e une foire pour les distraire, une fois par mois, et les marchands sont ces m\u00eames eunuques qui vendent toutes sortes de choses des plus rares et des plus recherch\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9crire en peu de mots cette r\u00e9sidence, je trouve qu&rsquo;elle est beaucoup dans le go\u00fbt de ces bonnes cr\u00e8ches qui se font \u00e0 Naples pour repr\u00e9senter d\u2019une mani\u00e8re vraie la nativit\u00e9, et c\u2019est dans ce m\u00eame go\u00fbt que sont faites toutes les autres r\u00e9sidences de ces nombreux seigneurs, car c\u2019est l\u00e0 ce qu\u2019appr\u00e9cient les Chinois pour ce qui est de leurs r\u00e9sidences et de leurs jardins de d\u00e9tente.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette r\u00e9sidence que j\u2019entrais chaque jour, mais je ne l\u2019ai vue dans son entier que deux fois : quand je dus, sur ordre de l\u2019Empereur, aller servir d\u2019interpr\u00e8te la premi\u00e8re fois \u00e0 Monseigneur Mezzabarba, l\u00e9gat apostolique, la seconde \u00e0 Monsieur Isma\u00eflof, ambassadeur de Pierre, tzar de Moscovie.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme Sa Majest\u00e9 devait partir \u00e0 la chasse aux canards sauvages \u2014 qui en grand nombre viennent \u00e0 cette \u00e9poque sur un lac de la plaine de P\u00e9kin \u2014, et aussi aller \u00e0 la p\u00eache, tous les Europ\u00e9ens arriv\u00e8rent de P\u00e9kin pour lui souhaiter un bon voyage ; je retournai ce jour m\u00eame \u00e0 P\u00e9kin, Sa Majest\u00e9 ayant donn\u00e9 l\u2019ordre que j\u2019aille au palais peindre dans l\u2019appartement des peintres, ce que je fis pour ob\u00e9ir. En souhaitant un bon voyage \u00e0 Sa Majest\u00e9, et dans tout ce qu\u2019on lui rapporte, on parle \u00e0 genoux, devant les mandarins qui, dans une telle circonstance, sont debout ; ils doivent ensuite de par leur charge en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019Empereur. Quand il fut revenu de la chasse et de la p\u00eache, j\u2019allai de nouveau \u00e0 la r\u00e9sidence, avec tous les autres Europ\u00e9ens, pour lui souhaiter la bienvenue. Tous les Europ\u00e9ens repartirent \u00e0 P\u00e9kin. Je dus, moi, rester seul dans l&rsquo;appartement habituel du Tong-kien-kien.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dus rester seul, sans le P\u00e8re Giart\u00f9 [Jartoux], mon interpr\u00e8te parce que l\u2019Empereur, \u00e0 peine arriv\u00e9, demanda si j\u2019\u00e9tais chaque jour all\u00e9 au palais peindre avec les autres peintres, ce que j&rsquo;avais peint, et si je commen\u00e7ais \u00e0 parler mieux la langue chinoise. Ainsi on lui dit que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 chaque jour au Palais ce que j\u2019avais peint, que pour ce qui \u00e9tait de la langue, je me faisais comprendre en partie avec les rares mots que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 appris, en partie par signes, et ce que je ne pouvais expliquer ni par mots ni par signes, je le faisais en dessinant la chose que je voulais exprimer. Sa Majest\u00e9 ordonna que l\u2019on m\u2019enl\u00e8ve l\u2019interpr\u00e8te pour que, contraint par l\u2019obligation de devoir parler, j\u2019apprenne la langue avec plus de rapidit\u00e9, comme, de fait, je fis, en peu de temps, et avec plus de pr\u00e9cision que ceux qui l&rsquo;apprirent avec des Europ\u00e9ens. Sa Majest\u00e9 ordonna aussi que Th\u00e9odoric Pedrini, qui habitait avec les autres Europ\u00e9ens \u00e0 la Cour, vienne habiter avec moi dans la r\u00e9sidence et dans la maison du Tong-kien-kien pour accorder selon les besoins les clavecins et \u00e9pinettes venant d\u2019Europe, et qu\u2019il y a en grand nombre dans cette r\u00e9sidence et \u00e0 P\u00e9kin. Elles ont \u00e9t\u00e9 offertes \u00e0 l\u2019Empereur \u00e0 plusieurs reprises par diverses personnes, et bien qu\u2019il lui ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9pondu que Monsieur Pedrini ne connaissait pas encore la langue, Sa Majest\u00e9 ajouta que cela importait peu, car c\u2019est avec ses mains et non avec sa langue qu\u2019il devait accorder les clavecins, et, ceci, bien qu\u2019il lui ait \u00e9t\u00e9 destin\u00e9 comme interpr\u00e8te un Fran\u00e7ais, le P\u00e8re Parrenin.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Empereur pr\u00e9tendait \u00eatre un excellent musicien et un math\u00e9maticien meilleur encore ; en r\u00e9alit\u00e9, pour ce qui est des math\u00e9matiques, il n\u2019en connaissait que quelque principe ; pour la musique il en \u00e9tait tout \u00e0 fait ignorant. Cependant, pour l\u2019une et l\u2019autre de ces deux mati\u00e8res, et m\u00eame sur tous les sujets, il avait bon go\u00fbt. Et pour ce qui est des clavecins et des \u00e9pinettes \u2014 il avait un instrument presque dans chacun de ses appartements \u2014, il n\u2019en jouait pas, mais en faisait jouer \u00e0 ses femmes comme il ne poss\u00e9dait pas cet art. Et, seulement, de temps \u00e0 autre, il frappait sur une des touches avec ses doigts, et cela suffisait pour que l\u2019adulation, qui est \u00e0 son plus haut degr\u00e9 dans cette cour, rende les spectateurs pleins d\u2019admiration, comme j\u2019ai \u00e9t\u00e9 plusieurs fois t\u00e9moin d\u2019une telle sc\u00e8ne. Et ce qui m\u2019a caus\u00e9 le plus de stupeur, c\u2019\u00e9tait que cet homme \u00e0 l\u2019esprit ouvert qu\u2019\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 Kang-hi, croyait tout, et s\u2019enorgueillissait de tout. C\u2019est ce que nous avons, certains missionnaires et moi-m\u00eame, attribu\u00e9 au fait qu\u2019il ait r\u00e9gn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de huit ans, et qu\u2019il se soit toujours fait aduler. De l\u00e0 est n\u00e9 un aveuglement aussi grand : quand on lui parlait en l\u2019adulant il croyait tout, \u00e9tait satisfait de tout, et comme si lui seul avait eu des yeux pour voir, et la facult\u00e9 de discerner le bien du mal, il \u00e9tait persuad\u00e9 que ses id\u00e9es \u00e9taient les mod\u00e8les des id\u00e9es des autres, et que tout le monde jugeait comme il le faisait, lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa Majest\u00e9 avait re\u00e7u le portrait d\u2019un Tartare que j\u2019avais peint sur son ordre, elle voulait ainsi faire une exp\u00e9rience et savoir si je savais peindre ; le portrait lui plut, et elle le jugea ressemblant. Apr\u00e8s, elle appela Monsieur Pedrini, et voulut l\u2019entendre jouer du clavecin, elle en fut satisfaite et, en signe de contentement, nous envoya \u00e0 tous deux, la premi\u00e8re fois, en cadeau, des mets, ce qu\u2019elle fit bien d\u2019autres fois par la suite, mais je ne le noterai pas afin de n\u2019\u00eatre ni trop pr\u00e9cis, ni trop prolixe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, je ne dirai pas non plus mot des autres tableaux que j&rsquo;ai faits, ni des fois o\u00f9 Monsieur Pedrini a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 devant Sa Majest\u00e9, sinon quand il y aura une chose digne d&rsquo;\u00eatre not\u00e9e ; je dirai seulement qu&rsquo;avec sa bonne mine Monsieur Pedrini a su si bien se gagner les faveurs de ce monarque, que s&rsquo;il avait joint \u00e0 ses mani\u00e8res une conduite plus prudente, il aurait obtenu de grandes choses eu faveur de notre sainte religion de la part de ce souverain.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa Majest\u00e9 destina ensuite notre P\u00e8re Guillaume Fabri Bonjour et le P\u00e8re Jartoux \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la carte g\u00e9ographique de la Tartarie.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis longtemps, ce monarque avait envoy\u00e9 chaque ann\u00e9e plusieurs J\u00e9suites dans diff\u00e9rentes provinces vie la Chine pour qu&rsquo;ils en fassent une description exacte, cette ann\u00e9e-l\u00e0, il en avait \u00e9galement envoy\u00e9 d&rsquo;autres&nbsp;; or comme en plus de la Chine, il voulut que la Tartarie soit aussi dessin\u00e9e, il prit \u00e0 cet effet le P\u00e8re Jartoux, \u00e0 qui il donna pour compagnon le P\u00e8re Fabri.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette op\u00e9ration donna lieu \u00e0 une d\u00e9pense exorbitante parce qu\u2019il fallut mesurer tout le vaste empire de Chine et de Tartarie, et \u00e0 peu pr\u00e8s trente autres royaumes voisins, et, dans le royaume de Cor\u00e9e, un des pays tributaires, prendre la longitude avec de longues cha\u00eenes, et la latitude avec de bons instruments de mesure, ce qui demanda le service de nombreuses personnes, l&rsquo;assistance de bien des mandarins, qui supervisaient, et cet effort dura \u00e0 peu pr\u00e8s quatorze ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Seuls, les royaumes de la Cor\u00e9e et du Tibet ne purent \u00eatre dessin\u00e9s avec beaucoup d&rsquo;exactitude, car bien que ce royaume de la Cor\u00e9e soit tributaire de la Chine, connue, d&rsquo;une part, l\u2019Empereur n&rsquo;a pas d&rsquo;autre droit que celui de recevoir le tribut, et que, d&rsquo;autre part, les Cor\u00e9ens sont tr\u00e8s jaloux, et s&rsquo;opposent \u00e0 admettre des \u00e9trangers dans leur royaume, on ne put, de ce fait, envoyer les Europ\u00e9ens. On envoya \u00e0 leur place un mandarin tartare \u2014 que j\u2019ai bien connu et avec qui j\u2019\u00e9tais ami \u2014, en pr\u00e9textant que c\u2019\u00e9tait pour une ambassade. Ce mandarin avait auparavant, et sur ordre de l\u2019Empereur, \u00e9t\u00e9 instruit par les J\u00e9suites sur la mani\u00e8re de calculer les degr\u00e9s de latitude ; en allant du port \u00e0 la capitale, il prit la latitude avec cet instrument de calcul habituel, et, comme j\u2019ai dit, vu que les Cor\u00e9ens sont tr\u00e8s jaloux de leur royaume, tout en ne pouvant pas emp\u00eacher l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un ambassadeur venant de Chine chaque fois que l\u2019Empereur veut en envoyer, ils le surveillent malgr\u00e9 tout de si pr\u00e8s qu\u2019il ne peut pas faire un pas sans \u00eatre vu par les gardes qui le suivent continuellement, et notent tous ses faits et gestes, et jusqu\u2019\u00e0 \u2014 ce qui semble incroyable \u2014 ses besoins.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 mesurer la longitude avec la corde, il la prit en se basant sur le nombre de milles qu\u2019il parcourait chaque jour. Ce m\u00eame ambassadeur me dit qu\u2019il n\u2019aurait m\u00eame pas pu prendre la hauteur du soleil avec son instrument s\u2019il ne leur avait pas fait croire que c\u2019\u00e9tait une montre solaire, et qu\u2019il s\u2019arr\u00eatait de temps en temps pour reconna\u00eetre les heures.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est du Tibet, bien qu\u2019on puisse l\u2019appeler maintenant royaume conquis par l\u2019Empereur de Chine qui l\u2019a lib\u00e9r\u00e9 par les armes de l\u2019invasion qui avait eu lieu avec le roi Tsu-wanga-pattan, dont on dit qu\u2019il descend du si c\u00e9l\u00e8bre Tambolan, ceci mis \u00e0 part, comme le Tibet est gouvern\u00e9 par les Lamas, qui sont tr\u00e8s estim\u00e9s, l\u2019Empereur, par calcul politique, ne voulut pas envoyer un seul Europ\u00e9en, mais il envoya deux lamas, que j\u2019ai connus et avec qui j\u2019\u00e9tais ami, ils avaient d\u2019abord \u00e9t\u00e9 instruits par les J\u00e9suites.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Empereur d\u00e9sirait depuis longtemps avoir \u00e0 son service quelqu\u2019un qui connaisse la gravure sur cuivre pour faire imprimer cette carte g\u00e9ographique. C\u2019est pour cela que Sa Majest\u00e9 nous demanda respectivement, \u00e0 Monsieur Pedrini, au P\u00e8re Tiflis, et \u00e0 moi, si en plus de la musique, des math\u00e9matiques, et de la peinture, nous connaissions quelque autre science ou technique&nbsp;; comme les deux premiers avaient r\u00e9pondu ne rien conna\u00eetre d\u2019autre, et que je savais faire des repr\u00e9sentations optiques et graver le cuivre \u00e0 l\u2019eau-forte, je me proposai de le faire, si l\u2019on me donnait un peu de temps pour acqu\u00e9rir de l\u2019exp\u00e9rience. Sa Majest\u00e9 fut contente d\u2019entendre que tout en n\u2019ayant pas de pratique de la gravure, j\u2019avais malgr\u00e9 tout le courage d\u2019effectuer ce travail ; c\u2019est pourquoi elle ordonna tout de suite que je fasse de la gravure \u00e0 l\u2019eau-forte sur cuivre. J\u2019ob\u00e9is le plus vite possible, et dessinai, suivant l\u2019habitude avec une pointe, sur une plaque vernie en noir, un paysage avec des maisons, suivant la m\u00e9thode europ\u00e9enne, pour y mettre ensuite l\u2019eau-forte, mais je n\u2019eus pas fini de dessiner que Sa Majest\u00e9 voulut voir le dessin, et comme on dessine sur le vernis noir de toute plaque de cuivre avant qu\u2019elle ne soit mise dans l\u2019eau-forte, cela donne un tr\u00e8s bel ensemble. Sa Majest\u00e9 fut assez contente apr\u00e8s l\u2019avoir vu, et elle ordonna que les peintres chinois dessinent, ce qu\u2019ils firent, un paysage avec des maisons selon l\u2019usage chinois. C\u2019\u00e9tait cela que je devrais ensuite graver.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j\u2019eus fini le dessin, on le porta tout de suite \u00e0 l\u2019Empereur, avec l\u2019original ; en voyant que la copie \u00e9tait vraiment semblable, du fait que j\u2019avais d\u00e9calqu\u00e9 sur le cuivre et que l\u2019original \u00e9tait entier, il fut stup\u00e9fait et \u00e9merveill\u00e9, et il voulut savoir la m\u00e9thode que j\u2019avais utilis\u00e9e pour la copier aussi exactement sans casser l\u2019original en mille morceaux ; il faut savoir que jamais en Chine on n\u2019avait vu par le pass\u00e9 de gravures sur cuivre, on gravait sur de petites planches de bois sur lesquelles l&rsquo;on applique les dessins avec de la colle, et puis avec un ciseau on entaille le bois en suivant les contours du dessin. Mais chez nous on d\u00e9calque seulement le dessin, l\u2019exemplaire reste intact, seuls les contours du dessin sont imprim\u00e9s, ce qui suffit pour que la copie soit tout \u00e0 fait semblable \u00e0 l\u2019exemplaire original, sans que celui-ci soit perdu, car il peut servir \u00e0 faire d\u2019autres copies.<\/p>\n\n\n\n<p>Les peintres me demand\u00e8rent \u00e0 plusieurs reprises, et avec beaucoup d\u2019empressement, qui me nourrissait, et avec quel argent j\u2019avais eu des habits, je r\u00e9pondais toujours que c\u2019\u00e9tait avec les subsides annuels que je recevais du Pape. L\u2019eunuque de la suite imp\u00e9riale qui s\u2019appelait Gian, et un mandarin qui avait le m\u00eame nom, interrog\u00e8rent aussi \u00e0 ce sujet Monsieur Pedrini, et, tous les deux, en nous entendant affirmer la m\u00eame chose, prirent position par des invectives et des remontrances contre les missionnaires fran\u00e7ais, en disant que Sa Majest\u00e9 nous avait mis dans leur r\u00e9sidence, et qu\u2019ils \u00e9taient, suivant la coutume, oblig\u00e9s de nous donner \u00e0 tous nos aliments, et si dans quelques ann\u00e9es ils ne pouvaient plus supporter la d\u00e9pense, ils devraient en aviser Sa Majest\u00e9, pour qu\u2019elle prenne d\u2019autres mesures. M\u00eame en disant que nous n\u2019avions pas de tels besoins, cela ne suffit pas \u00e0 les calmer et m\u00eame mes excuses r\u00e9it\u00e9r\u00e9es ne suffirent pas non plus, ils disaient que si les missionnaires fran\u00e7ais n\u2019\u00e9taient pas tenus de faire ce qu\u2019ils faisaient, et que nous ne devions pas recevoir d\u2019aliments d\u2019eux, ils voulaient en tout cas que la pension que les autres recevaient nous soit donn\u00e9e \u00e0 nous aussi, devant en cela ob\u00e9ir \u00e0 l\u2019Empereur qui voulait ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques-uns des missionnaires pr\u00e9sents avaient r\u00e9pondu que si Sa Majest\u00e9 nous avait donn\u00e9 notre pension, ils lui auraient demand\u00e9 de la donner aussi aux autres Fran\u00e7ais qui ne l\u2019avaient pas encore, et plus sa Majest\u00e9 vieillissait, plus elle devenait difficile pour donner \u00e0 tous cette pension, qui se montait pour chacun \u00e0 environ cent ducats par an, elle ne parla plus de nous la donner, et nous f\u00fbmes ainsi oblig\u00e9s de continuer \u00e0 nous nourrir \u00e0 nos frais, je parle du peu de temps o\u00f9 nous habitions P\u00e9kin, car au reste, quand nous \u00e9tions dans la r\u00e9sidence de l\u2019Empereur, le kien-kien, dont j\u2019ai parl\u00e9, ou d\u2019autres personnes, nous nourrissaient.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Le vingt j\u2019arrivai bien \u00e0 Ge-hol, et je dus, le lendemain, aller au Palais remercier L\u2019Empereur de la gr\u00e2ce qu\u2019il m\u2019avait faite en me donnant un chirurgien et en m\u2019envoyant des m\u00e9decins. Ce que je fis par trois cho tteo [ke tou], c\u2019est-\u00e0-dire agenouill\u00e9 devant les mandarins en baissant par trois fois la t\u00eate jusqu&rsquo;\u00e0 terre, c\u2019est ainsi \u2014 comme j\u2019y ai d\u00e9j\u00e0 fait allusion avant \u2014, que l\u2019on fait chaque fois que l\u2019Empereur donne quelque chose, si minime soit-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019ordonna dans le m\u00eame temps de terminer la gravure sur cuivre \u00e0 l\u2019eau-forte, dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, et de tout de suite en faire un tirage.<\/p>\n\n\n\n<p>De la gravure \u00e0 l\u2019eau-forte je ne connaissais pas autre chose que ce que j\u2019en avais appris en une seule le\u00e7on que m\u2019avait donn\u00e9e un peintre \u00e0 Rome, l\u2019en ayant pri\u00e9, pour ob\u00e9ir \u00e0 mon confesseur, qui, peut-\u00eatre illumin\u00e9 par Dieu, me demanda avec beaucoup d\u2019insistance de bien vouloir apprendre la technique de l\u2019eau-forte sur le cuivre. Je demandai les ingr\u00e9dients n\u00e9cessaires pour faire cela, c\u2019est-\u00e0-dire du vinaigre blanc, fort, du vert-de-gris, et du sel d\u2019ammoniaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Le vinaigre n\u2019\u00e9tant pas fait avec du vin (il n\u2019y en a pas en Chine), mais soit \u00e0 partir de sucre soit d\u2019autres substances, il n\u2019est pas parfait pour faire l\u2019eau-forte&nbsp;; il en va de m\u00eame pour ce qui est du vert-de-gris, qui est bien inf\u00e9rieur \u00e0 celui que nous avons en Europe. On ne trouve que l\u2019ammoniaque en grande quantit\u00e9, et de bonne qualit\u00e9&nbsp;: il est fait avec l\u2019urine du chameau, animal qui est commun en Tartarie. Mais comme je n\u2019avais pas suffisamment d\u2019ingr\u00e9dients, et que l\u2019eau-forte n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 la perfection, la gravure ne fut pas profonde. En raison de l\u2019imperfection de l\u2019encre, la premi\u00e8re fois, elle non plus ne fut pas bonne, les estampes furent tr\u00e8s mauvaises, et il m\u2019en co\u00fbta de nombreux efforts avant d\u2019arriver, apr\u00e8s d\u2019infinis essais, \u00e0 rendre avec quelque perfection cette gravure \u00e0 l\u2019eau-forte.<\/p>\n\n\n\n<p>On avait besoin de tartre pour faire l\u2019encre, et c\u2019est tout juste s\u2019il y en avait quelque livre venue d\u2019Europe dans l\u2019\u00e9picerie imp\u00e9riale. On n\u2019en fait pas en Chine car il n\u2019y a pas de vin. C\u2019est pourquoi, sans tartre, je dus essayer de faire l\u2019encre avec d\u2019autres mat\u00e9riaux, et je ne pus y arriver \u00e0 la perfection, sinon apr\u00e8s de fort nombreux essais.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019eus encore des difficult\u00e9s pour faire la presse, je n\u2019en avais vu qu\u2019une fois, et sans y faire tr\u00e8s attention. Je la fis faire avec le cylindre de dessous fixe, seul, celui du dessus \u00e9tant mobile, quand on l\u2019utilisait il faisait mauvais effet. C\u2019est pourquoi j\u2019eus droit aux quolibets et aux moqueries des mandarins et des eunuques, et de bien d\u2019autres personnes du palais qui \u00e9taient pr\u00e9sentes, certaines pour superviser, et d\u2019autres par curiosit\u00e9, afin de voir ma confusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Je supportais tout cela avec patience et d\u00e9sinvolture, en raison du but si grand qui m\u2019avait fait aller en Chine&nbsp;; le fait pourtant d\u2019\u00eatre du matin au soir au palais dans un coin \u00e9troit, et toujours expos\u00e9 \u00e0 la vue des mandarins, peintres, copistes, eunuques, et de tant d\u2019autres gens, outre le d\u00e9rangement que cela me causait pour faire mon travail, distrayait continuellement mon esprit, et m\u2019emp\u00eachait d\u2019exercer celui de missionnaire et d\u2019accomplir mes autres devoirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dieu s\u2019occupa de r\u00e9soudre cela de la mani\u00e8re suivante : je devais faire cuire l\u2019huile de lin pour l\u2019encre, ce qui ne pouvait se faire au palais \u00e0 cause de l\u2019odeur d\u00e9gag\u00e9e. Il me fut permis de le faire \u00e0 l\u2019\u00e9cart, dans un endroit du palais voisin o\u00f9 travaillaient tous les artisans qui \u00e9taient au service de l\u2019Empereur, mais comme le vent apportait encore au palais l\u2019odeur de l\u2019huile, et, de plus, comme on craignait le feu qui exigeait une garde continuelle et diligente, les mandarins, pourtant tr\u00e8s timides de par leur nature, craignant d\u2019encourir par manque de devoir la disgr\u00e2ce de ce monarque, ordonn\u00e8rent bient\u00f4t qu\u2019on l\u2019\u00e9teign\u00eet, laissant ainsi l\u2019op\u00e9ration imparfaite. Ils m\u2019interrog\u00e8rent ensuite pour savoir en combien de mois je devais faire l\u2019huile, alors, profitant de cette bonne occasion pour leur faire davantage peur, je r\u00e9pondis devoir en faire chaque fois qu&rsquo;il faudrait faire de l\u2019encre. C\u2019est ainsi que, pour s\u2019\u00e9pargner tant la g\u00eane de la mauvaise odeur que le danger de l\u2019incendie, contraints par la n\u00e9cessit\u00e9, ils me permirent de travailler chez moi, ce que je fis par la suite en ayant toutes mes aises, entrant au palais seulement quand j\u2019en avais envie, ou si j\u2019y \u00e9tais appel\u00e9 pour affaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand l\u2019Empereur eut vu les estampes du paysage que j\u2019avais grav\u00e9, bien qu\u2019elles soient devenues blanch\u00e2tres, il sut \u00eatre indulgent et dit qu\u2019elles \u00e9taient tr\u00e8s bonnes, et c\u2019est ce qu\u2019il continua \u00e0 faire par la suite, sans jamais trouver \u00e0 redire sur aucun travail, jusqu\u2019\u00e0 ce que, peu \u00e0 peu, gr\u00e2ce aux nombreuses exp\u00e9riences et par les confusions sans fin que j\u2019avais faites, je r\u00e9ussisse \u00e0 faire de l\u2019eau-forte et de l\u2019encre \u00e0 la perfection. J\u2019appris \u00e0 deux jeunes gens que l\u2019Empereur m\u2019avait donn\u00e9s \u00e0 savoir faire des tirages sur cuivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dus faire face aux embarras auxquels j\u2019ai fait allusion, et \u00e0 une infinit\u00e9 d\u2019autres \u00e0 cause de personnes malveillantes \u00e0 mon \u00e9gard, ainsi que des mandarins, leurs partisans, qui d\u00e9siraient que ma gravure n\u2019ait pas plu \u00e0 l\u2019Empereur, alors qu\u2019elle m\u2019avait ainsi permis d\u2019entrer en gr\u00e2ce. Tous ces gens faisaient leur possible pour me nuire.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne citerai qu\u2019une des si nombreuses choses parmi celles qu\u2019ils me firent.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyant au d\u00e9but que ma gravure ne r\u00e9ussissait pas \u00e0 la perfection, ils firent appel \u00e0 un graveur de lettres pour qu\u2019il grave un cuivre au burin. Bien que celui-ci ait r\u00e9ussi \u00e0 graver les contours en suivant le trac\u00e9 du dessin que lui avait fait le peintre, il ne comprenait pas les nuances du clair-obscur&nbsp;; quand son cuivre fut imprim\u00e9, il sortit si mal de la presse qu\u2019on ne pouvait rien voir. Honteux et en col\u00e8re, le mandarin, qui s\u2019appelait Ciao et \u00e9tait le premier de ceux qui s\u2019occupaient des affaires des Europ\u00e9ens, apr\u00e8s avoir mis les estampes en pi\u00e8ces, lui fit donner en cadeau une bastonnade solennelle sur les cuisses, quand il fut allong\u00e9 par terre \u00e0 la mani\u00e8re chinoise&nbsp;; il envoya dans le m\u00eame temps mes \u00e9preuves \u00e0 l\u2019Empereur, ne pouvant faire moins. Non seulement Sa Majest\u00e9 les loua, mais elle en fit imprimer un grand nombre pour les donner \u00e0 ses femmes, fils, et \u00e0 certains rois Tartares, qui \u00e9taient ses vassaux.<\/p>\n\n\n\n<p>CHAPITRE VI<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Sa Majest\u00e9 me donne ordre de graver sur cuivre la r\u00e9sidence de Ge-hol, et de m&rsquo;exercer \u00e0 la gravure au burin.<\/p>\n\n\n\n<p>La Sainte M\u00e8re de Dieu m&rsquo;accorde une gr\u00e2ce exceptionnelle en me rendant habile en un instant \u00e0 me servir du burin.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Empereur, suivi des Europ\u00e9ens, part pour la chasse en Tartarie, ce que je d\u00e9cris.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quand Sa Majest\u00e9 se fut aper\u00e7ue que chaque jour je faisais des progr\u00e8s en gravure, elle d\u00e9sira que je fasse des estampes de la r\u00e9sidence de Ge-hol qu\u2019elle avait fait b\u00e2tir, et comme c\u2019est \u00e0 trente-six des endroits les plus jolis que Sa Majest\u00e9 a li\u00e9 son nom, elle donna donc ordre \u00e0 ses peintres chinois, pour qu\u2019avec mon assistance, d\u00e8s qu\u2019ils seraient entr\u00e9s dans la r\u00e9sidence, et une fois sur le mont le plus haut, d\u2019o\u00f9 Ton d\u00e9couvre tout, ils dessinent.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 cette occasion qu\u2019avec les autres Europ\u00e9ens, je vis toute la r\u00e9sidence. Ce fut une faveur exceptionnelle, jamais accord\u00e9e auparavant \u00e0 qui que ce soit ; ensuite, l\u2019Empereur demanda qu\u2019une fois les dessins termin\u00e9s, je les grave.<\/p>\n\n\n\n<p>La ville imp\u00e9riale de Ge-hol, en Tartarie, se trouve \u00e0 environ cent cinquante milles italiens de P\u00e9kin, et est situ\u00e9e dans une plaine compl\u00e8tement entour\u00e9e par des montagnes ; sur une des parois de ces montagnes descend un fleuve que l\u2019on passe \u00e0 pied en g\u00e9n\u00e9ral, mais, par temps de pluie, quand les glaces et la neige fondent, il se gonfle tant qu\u2019il est horrible \u00e0 voir. Quelques ann\u00e9es auparavant, quand je ne connaissais pas son r\u00e9gime, une nuit \u00e0 l\u2019improviste, il gonfla tellement, qu\u2019il sortit en un instant de son lit et inonda la plaine o\u00f9 \u00e9taient les pavilIons, on n\u2019avait pas encore, \u00e0 cette \u00e9poque, construit les maisons, et il noya plusieurs milliers de personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plaine se forme une colline vaste et haute. Sur une de ses pentes on a construit des maisons pour les personnes qui suivent l\u2019Empereur, et pour les autres, qui arrivent des autres provinces de la Chine pour vendre leurs marchandises.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9sidence finit dans une plaine, l\u00e0 commence le mur d\u2019enceinte. De cette plaine, on descend vers une autre plaine situ\u00e9e au bas de la colline. L\u00e0 encore se dresse une montagne entour\u00e9e de plusieurs autres d\u00e9licieuses collines o\u00f9 il y a de l\u2019eau en abondance, elle jaillit dans ce m\u00eame endroit, et, \u00e9tant conduite artificiellement, elle entoure ces collines comme un fleuve, qui forme ensuite un lac assez grand et tr\u00e8s riche en poissons. Outre la bonne disposition du site, ce que la nature a fait de plus plaisant, et qui rend cet endroit encore plus agr\u00e9able, c\u2019est la verdure. On ne voit que de rares arbres sur le vaste champ de ces monts tartares, et pourtant, au Ge-hol, il n\u2019y a pas que la plaine et les collines, mais, m\u00eame la montagne est enti\u00e8rement couverte d\u2019arbres, beaucoup sont fructif\u00e8res, tels les noisetiers, coriandres, poiriers et pommiers. Bien que sauvages, les fruits sont cependant si bons \u00e0 manger, qu\u2019on les apporte m\u00eame \u00e0 la table de l\u2019Empereur.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, pour ce qui est de cette plaine, avec le mont et les col\u00adlines, que l\u2019Empereur Kanghi a fait entourer de murs, elle est si \u00e9tendue que, pour en faire le tour, ce que j\u2019ai fait plusieurs fois \u00e0 cheval, au pas, j\u2019ai mis plus d\u2019une heure. On a construit en diff\u00e9rents endroits, \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre, plusieurs maisons plus ou moins grandes, suivant l\u2019usage auquel on les destinait, c\u2019est-\u00e0-dire une pour Sa Majest\u00e9, derri\u00e8re celle-ci une autre pour le s\u00e9rail, destin\u00e9e \u00e0 ses concubines, nombreuses, qui sont \u00e0 trois ou quatre par chambre, une autre pour sa m\u00e8re, d\u2019autres encore pour les reines, et d\u2019autres, enfin, pour les eunuques. Il y avait, de plus, un miao, ou Temple des Idoles, qui est, jour et nuit, servi par de nombreux tausci, je veux dire des pr\u00eatres du diable. tous sont des eunuques, v\u00eatus de jaune, et c&rsquo;est dans ce miao que l&rsquo;Empereur va avec ses femmes faire des sacrifices et adorations tant qu&rsquo;ils r\u00e9sident \u00e0 Jehol. On voit, de plus, des maisonnettes et des sortes d&rsquo;arcades r\u00e9serv\u00e9es au d\u00e9lassement.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin de ces extraits des\u00a0<em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0r\u00e9dig\u00e9s par Matteo Ripa.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Christophe Comentale Voil\u00e0 plus de deux ans, un \u00e9diteur m\u2019avait propos\u00e9 de r\u00e9diger un article sur le parcours spirituel et humain de Matteo Ripa (ill.1). 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\u8fd9\u4e2a\u8bdd\u9898\u5e76\u4e0d\u65b0\u9c9c\uff0c\u6211\u7684\u89c2\u70b9\u4e5f\u4e0d\u662f\u3002\u690d\u7269\u548c\u82b1\u5349\u81ea\u53e4\u4ee5\u6765\u5c31\u5f97\u5230\u4e86\u8bc1\u660e\u3002\u6c47\u96c6\u5728\u4e00\u8d77\u7684\u65f6\u671f\u5f97\u76ca\u4e8e\u4fe1\u4e4b\u524d\u4ee4\u4eba\u653e\u5fc3\u7684\u56fd\u9645\u79d1\u5b66\u5212\u5206\u3002\u7814\u7a76\u5b9e\u9a8c\u5ba4\u548c\u535a\u7269\u535a\u7269\u9986\uff08\u56fe1\uff09\u4fdd\u5b58\u4e86\u8fd9\u79cd\u81ea\u7136\u8d22\u5bcc\u7684\u975e\u5e38\u6709\u542f\u53d1\u6027\u7684\u6807\u672c\u3002\u540c\u6837\uff0c\u5728\u4e13\u9898\u5c55\u89c8\u671f\u95f4\uff0c\u827a\u672f\u548c\u6587\u5316\u535a\u7269\u9986\uff08\u7f8e\u672f\u3001\u5e94\u7528\u827a\u672f\u7b49\uff09\u3001\u6587\u5316\u4e2d\u5fc3\u548c\u5404\u79cd\u57fa\u91d1\u4f1a\u4f1a\u6beb\u4e0d\u72b9\u8c6b\u5730\u5c55\u793a\u690d\u7269\u677f\uff08\u56fe 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