{"id":1025,"date":"2017-11-30T22:34:43","date_gmt":"2017-11-30T21:34:43","guid":{"rendered":"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/?p=1025"},"modified":"2024-10-28T16:50:10","modified_gmt":"2024-10-28T15:50:10","slug":"pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/","title":{"rendered":"Pierre Molinier, l&rsquo;obsession de l&rsquo;image r\u00e9plique"},"content":{"rendered":"<p>Par Alain Cardenas-Castro<\/p>\n<p>Trente ans apr\u00e8s sa mort, Pierre Molinier a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une red\u00e9couverte qui n&rsquo;a laiss\u00e9 personne indiff\u00e9rent. Connu de son vivant surtout comme peintre et photographe, mais aussi dessinateur et graveur, il a entretenu une correspondance avec Andr\u00e9 Breton, Jean-Jacques Pauvert, Eric Losfeld, Pierre Bourgeade. Cet ensemble \u00e9pistolaire est la chronique essentielle sur sa vie et son \u0153uvre. F\u00e9tichiste, obsessionnel du corps, le sien, Molinier s&rsquo;av\u00e8re un cr\u00e9ateur hors normes de photomontages complexes et sensuels, d&rsquo;inspiration tantrique. Portrait d&rsquo;un obsessionnel de soi \u00e0 travers un \u0153uvre dense et inclassable !<\/p>\n<div id=\"attachment_1211\" style=\"width: 192px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?ssl=1\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1211\" data-attachment-id=\"1211\" data-permalink=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/molinier-1\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?fit=1313%2C2162&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1313,2162\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;WF-2630 Series&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Molinier 1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?fit=182%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?fit=584%2C961&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1211 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?resize=182%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"182\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?resize=182%2C300&amp;ssl=1 182w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?resize=768%2C1265&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?resize=622%2C1024&amp;ssl=1 622w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?w=1313&amp;ssl=1 1313w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Molinier-1.jpg?w=1168&amp;ssl=1 1168w\" sizes=\"(max-width: 182px) 100vw, 182px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1211\" class=\"wp-caption-text\">Alain Cardenas-Castro (2017) dessin 14 x 9 cm sur carnet Moleskine, d&rsquo;apr\u00e8s Pierre Molinier (autoportrait) 1938.\u00a0<\/p><\/div>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Du bon emploi des donn\u00e9es biographiques<\/strong><\/p>\n<p>Molinier na\u00eet le vendredi 13 avril 1900 \u00e0 Agen. Enfant tr\u00e8s pr\u00e9coce, il suit une scolarit\u00e9 de quelques ann\u00e9es chez les Fr\u00e8res des \u00e9coles chr\u00e9tiennes de sa ville natale. Il dit avoir peint \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 6 ans son premier tableau ; alors d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fascin\u00e9 par les jambes, il se rappelle avoir enfil\u00e9 les bas de sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e. Cet \u00e9pisode constitue un pr\u00e9lude \u00e0 une vie \u00e9rotique commenc\u00e9e, alors qu&rsquo;il a 12 ans, dans les taillis des bords de la Garonne avec une prostitu\u00e9e qui le marquera. Cet aspect de la sexualit\u00e9 de Molinier, r\u00e9current et obsessionnel, va \u00eatre le grand th\u00e8me central de son \u0153uvre, th\u00e8me qui va revenir sans tr\u00eave et g\u00e9n\u00e9rer des \u0153uvres parfois fortes parfois \u00e0 la limite du supportable. Il commence \u00e0 travailler avec son p\u00e8re d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans comme apprenti-peintre. Les deux ans de service militaire effectu\u00e9s \u00e0 Paris sont l&rsquo;occasion de contacts divers avec le milieu artistique. Il est ensuite artisan \u00e0 Bordeaux o\u00f9 il a une gar\u00e7onni\u00e8re.<\/p>\n<p>Son mariage en 1932 r\u00e9v\u00e8le vite un mari volage et un mauvais p\u00e8re. Molinier \u00e9pouse une des plus belles femmes de la ville \u00e0 laquelle il fera supporter ses frasques, ramenant ses fr\u00e9quentes conqu\u00eates au foyer. L&rsquo;\u00e9pouse demande le divorce en 1961. Leur fille Fran\u00e7oise se marie d\u00e8s la majorit\u00e9 pour quitter la maison familiale.<\/p>\n<p>Rencontre avec Breton en 1955. Andr\u00e9 Breton, qui l&rsquo;estimait, lui a ouvert les portes d&rsquo;une certaine notori\u00e9t\u00e9, \u00e0 travers une exposition de peintures \u00e0 la galerie parisienne <em>L&rsquo;Etoile scell\u00e9e, <\/em>en 1956. Avant cette date, Molinier demeurait presque inconnu \u00e0 Bordeaux.<\/p>\n<p>Molinier va, tout au long de sa vie, rester un \u00eatre hyperactf incapable de se censurer, il va\u00a0souvent transgresser l&rsquo;ordre social par les d\u00e9bordements de sa vie personnelle.<\/p>\n<p>Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et \u00e9crivain, d\u00e9couvre son corps apr\u00e8s son suicide, le 3 mars 1976 dans son atelier de la rue des faussets \u00e0 Bordeaux.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p><strong>Une formation artistique orient\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2028<\/strong>Il est bien difficile de d\u00e9finir d&rsquo;un mot l&rsquo;esth\u00e9tique qui transpara\u00eet \u00e0 travers l&rsquo;\u0153uvre de Molinier. A 13 ans, en parall\u00e8le \u00e0 son activit\u00e9 professionnelle, il entre au cours du soir de l&rsquo;\u00e9cole municipale de dessin d&rsquo;Agen ; deux ans apr\u00e8s il fait de la photographie\u2028.<\/p>\n<p>Son slogan : <em>\u00ab\u00a0Je suis venu sur terre pour transformer le monde en un immense bordel\u00a0\u00bb<\/em> ne s&rsquo;applique pas forc\u00e9ment \u00e0 la forme de l&rsquo;\u0153uvre entrepris. Des huiles repr\u00e9sentant des paysages du Lot-et-Garonne, et empreintes d&rsquo;un r\u00e9alisme qui tient autant \u00e0 la mani\u00e8re de Courbet, qu&rsquo;aux empattements des toiles de certains peintres fin de si\u00e8cle ou impressionnistes, Molinier va passer insensiblement mais avec constance et comme une n\u00e9cessit\u00e9 vers un rendu plus abstrait et une figuration \u00e0 son apog\u00e9e en 1955. Les huiles vont \u00eatre gagn\u00e9es par une finesse, un mani\u00e9risme qui fait penser aux sages \u2014 apparemment trop sages \u2014 poup\u00e9es que Peynet fait affluer sur le march\u00e9 du jouet. Les femmes langoureuses, bien prises dans leur voilette, leurs bas noirs, au maquillage appuy\u00e9 sont tr\u00e8s impersonnelles : une premi\u00e8re p\u00e9riode n&rsquo;est-elle pas marqu\u00e9e par une s\u00e9rie de femmes sans t\u00eates ? Elles sont fortement sexu\u00e9es, et, bien s\u00fbr, dot\u00e9es de jambes longues et fines. On retrouve cette m\u00eame finesse dans la morphologie de Molinier : qu&rsquo;il ait 25, 50 ou 70 ans, il a su conserver cette morphologie qui sait se faire si trompeuse. Des troubles digestifs qu&rsquo;il a subi tout au long de sa vie l&rsquo;ont oblig\u00e9 \u00e0 une hygi\u00e8ne alimentaire pr\u00e9cise. Cette attitude physique est \u00e0 mettre en liaison avec le r\u00f4le que Molinier s&rsquo;attribue en tant qu&rsquo;artiste \u00able drame de l&rsquo;artiste est dans la part qu&rsquo;il prend dans l&rsquo;univers, et l&rsquo;univers de chaque individu, c&rsquo;est lui-m\u00eame. Pour le peintre, son \u0153uvre est le r\u00e9sultat logique du drame intime de l&rsquo;univers qu&rsquo;il s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9. Que me reprochez-vous dans mon \u0153uvre ? D&rsquo;\u00eatre moi-m\u00eame ? Allez donc, vous crevez de conformisme ! Vous n&rsquo;\u00eates pas des artistes, vous \u00eates des esclaves ! Vous \u00eates des bornes \u00e0 distribuer l&rsquo;essence ! Vous \u00eates le signal rouge et vert du coin de la rue&#8230; \u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Cette pr\u00e9sence de l&rsquo;artiste \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre est fondamentale dans le processus de Molinier. On sent comme une angoisse de ne pas \u00eatre mais en m\u00eame temps un besoin d&rsquo;exister sous diff\u00e9rentes facettes : soi-m\u00eame, travesti bien s\u00fbr. Les amoncellements, redondances de corps qui ont parfois attir\u00e9 l&rsquo;attention de la critique vers une approche orientalisante et bouddhiste sont autant de pistes qui convergent vers l&rsquo;\u00e9gocentrisme fondamental de ce cr\u00e9ateur \u00e9galement attir\u00e9 par les jeux surr\u00e9alistes et une pr\u00e9sence d\u00e9cal\u00e9e \u00e0 l&rsquo;image.<\/p>\n<p>\u00ab Je ne crois pas d\u00e9passer tous les peintres surr\u00e9alistes mais \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rent d&rsquo;eux. Me traiter de surr\u00e9aliste est tr\u00e8s risqu\u00e9 [&#8230;]. Tanguy \u00e9tait essentiellement surr\u00e9aliste. Un surr\u00e9aliste qui, sans \u00eatre peintre, exprimait une vue de la peinture et son message, sans grande discussion, passait \u00e0 travers lui (ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diumnique). Pour ma part, ce message passe \u00e0 travers moi, je suis peintre et ma vie intime, mon univers le modifient \u00e0 un point tel qu&rsquo;il devient <em>moi. <\/em>L&#8217;empreinte est ind\u00e9l\u00e9bile. La peinture, le moulage, la photographie, tous les moyens me sont bons, mais quelles sont mes fins ? La magie sans doute [&#8230;]. La magie est op\u00e9rative et il semble, en effet, que le surr\u00e9alisme soit sp\u00e9culatif. \u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p><strong>Jeux de jambes<\/strong><\/p>\n<p>Cette fascination pour les jambes des femmes, on la trouve d\u00e9crite lors d&rsquo;un rapport avec une prostitu\u00e9e \u00abje lui avais embrass\u00e9 les jambes. Vous pensez, j&rsquo;\u00e9tais fou d&rsquo;avoir une femme comme \u00e7a, et puis de pouvoir. .. Alors je lui avais mis les jambes en l&rsquo;air [&#8230;] parce que j&rsquo;\u00e9tais\u00a0excit\u00e9 par les jambes \u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Quelle que soit la forme artistique adopt\u00e9e, on se rend compte qu&rsquo;une\u00a0chose compte chez cet homme \u00e9pris de perfection : c&rsquo;est en effet ce qui transpara\u00eet \u00e0 travers les travestissements qui sont les siens. La m\u00e9tamorphose corporelle suppose outre une observation autour de soi, un souci de restituer \u00e0 l&rsquo;identique le mod\u00e8le initialement imit\u00e9 : les photos sont \u00e0 cet \u00e9gard des petites sc\u00e8nes assez parfaites. Les photomontages qui dupliquent le corps ou la partie de corps au centre de l&rsquo;attention exacerb\u00e9e de Molinier r\u00e9v\u00e8lent le brio de ce cr\u00e9ateur et technicien de l&rsquo;imaginaire. Ces photomontages ob\u00e9issent \u00e0 un processus complexe de retouche \u00ab n\u00e9cessitant pas moins de sept interventions successives \u00e0 partir des portraits initiaux (pris en studio ou d\u00e9j\u00e0 auto-portraits \u00e0 18 ans ?) &#8211; 1\u00b0 contretype (nouvelle prise de vue) de ces originaux et tirages ; retouche par <em>peinture <\/em>de ces premiers tirages : 2\u00b0 contretype des portraits retouch\u00e9s ; ou retouche directement sur n\u00e9gatif et dans ce cas, \u00e9conomie du second contretype ; et tirages \u00e0 diff\u00e9rentes tailles de ce document, puis pr\u00e9l\u00e8vement des t\u00eates ; construction de nouveaux portraits en pied avec ces t\u00eates ; mont\u00e9s sur des images auto-portraits &#8211; d\u00e9capit\u00e9s ; 3\u00b0 contretype \u00e9tablissant de nouveaux originaux- n\u00e9gatifs et tirages ; pr\u00e9l\u00e8vement de ces nouvelles silhouettes pour int\u00e9gration ult\u00e9rieure, par exemple dans une composition en trio. 4\u00b0 contretype pour de nouveaux originaux n\u00e9gatifs et tirage \u00e0 partir de 1968.<\/p>\n<p>Les eaux-fortes sont, quant \u00e0 elles, imprim\u00e9es avec soin, marg\u00e9es correctement et parfois tir\u00e9es en diff\u00e9rentes couleurs, variantes qui sont tr\u00e8s susceptibles d&rsquo;attirer l&rsquo;attention des collectionneurs.\u2028 Molinier sort progressivement de la confidentialit\u00e9 : en 1928 il contribue \u00e0 la cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9 des artistes ind\u00e9pendants bordelais. Cette entreprise s&rsquo;accompagne en parall\u00e8le de la participation \u00e0 des expositions collectives et individuelles. En 1951, dans le cadre du 30e Salon d&rsquo;automne de la Soci\u00e9t\u00e9 des artistes ind\u00e9pendants bordelais, dont il est le cofondateur, le peintre connu jusque-l\u00e0 pour ses toiles postimpressionnistes souhaite exposer <em>Le Grand Combat. <\/em>Le tableau repr\u00e9sente des jambes m\u00eal\u00e9es aux contours troubles. Cette \u0153uvre fera scandale parmi les soci\u00e9taires. Molinier doit recouvrir sa toile d&rsquo;un immense calicot noir, avec sa carte de visite accroch\u00e9e sur laquelle on peut lire \u00ab\u00a0artiste censur\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Un appartement brocante<\/strong><\/p>\n<p>La production de Molinier, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des estampes, huiles ou des photos et photomontages n&rsquo;a jamais pour but le gain \u00e0 retirer de son activit\u00e9 cr\u00e9atrice : les dons et \u00e9changes d&rsquo;\u0153uvres sont chose courante. C&rsquo;est aussi une fa\u00e7on de remercier les mod\u00e8les ou couples avec lesquels il a des \u00e9changes. Sa vie est un d\u00e9cor constant qui transcende le r\u00e9el. Aussi en est-il de m\u00eame dans son cadre de vie quotidien : il ne sort que rarement de son appartement-atelier du quartier Saint-Pierre : <em>\u00ab Il n&rsquo;\u00e9tait connu que de quelques voisins,\u00a0peintres et amis, ou de personnes qui voulaient s&rsquo;encanailler discr\u00e8tement \u00bb, <\/em>confirme Pierre Chaveau<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>,\u00a0un de ses biographes.<\/p>\n<p>La circulation de ses \u0153uvres, peintures et photos, et ses activit\u00e9s \u00e9taient souterraines : il recevait des notables pour des s\u00e9ances de photos intimes, qu&rsquo;il vendait ou donnait. L&rsquo;homme toujours en qu\u00eate de sa part de f\u00e9minit\u00e9 dont les travestissements sont souvent la mati\u00e8re de ses photomontages fabriquait \u00e9galement des godemich\u00e9s avec des bas, de pr\u00e9f\u00e9rence port\u00e9s par des femmes qu&rsquo;il avait connues. Certains disent qu&rsquo;il en faisait un commerce secret \u00e0 l&rsquo;intention de la bonne soci\u00e9t\u00e9 bordelaise.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;argent restait sa derni\u00e8re pr\u00e9occupation, comme la notori\u00e9t\u00e9. Pour gagner sa vie, jusque dans les ann\u00e9es 1950, il pratiquait son m\u00e9tier de peintre en b\u00e2timent, \u00e0 faire du faux bois et du faux marbre. <em>\u00ab\u00a0Il donnait plus facilement ses oeuvres qu&rsquo;il ne les vendait\u00a0\u00bb, <\/em>dit Jacques Abeille, peintre et \u00e9crivain, proche de Molinier. II appr\u00e9ciait les relations directes, sans posture ni artifice, mais pour entrer dans son appartement, sorte de mus\u00e9e-brocante du f\u00e9tichisme et de l&rsquo;\u00e9rotisme, lieu de vie pour ses chats ador\u00e9s, mieux valait s&rsquo;annoncer par courrier, sinon l&rsquo;homme n&rsquo;ouvrait pas sa porte. Un jour, le maire de l&rsquo;\u00e9poque, Jacques Chaban-Delmas, en a fait les frais : sans pr\u00e9venir, il est venu avec le nouveau pr\u00e9fet de r\u00e9gion. Le peintre les a accueillis en peignoir avec une vol\u00e9e de jurons teint\u00e9s d&rsquo;un fort accent agenais.<\/p>\n<p>A d&rsquo;autres moments, cet adepte de l&rsquo;onanisme pouvait se d\u00e9culotter dans la rue, montrer sa collection de godemich\u00e9s \u00e0 des employ\u00e9es de banque ou passer sa t\u00eate entre les jupes d&rsquo;une libraire. Mais la plupart de ces actes \u00e9taient r\u00e9fl\u00e9chis. <em>\u00ab\u00a0Dans une ville hypocrite comme Bordeaux, <\/em>estime Pierre Chaveau, <em>il devait jouer la provocation pour que cette relation soit supportable.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>O\u00f9 peut-on voir des \u0153uvres de Molinier ? \u2028Dans les \u00e9tablissements patrimoniaux, pour la France, le centre Georges Pompidou, la Biblioth\u00e8que nationale, la Maison europ\u00e9enne de la photographie, le mus\u00e9e des beaux-arts de Bordeaux, le Frac Aquitaine ; en Allemagne, au Japon.\u2028 Dans les collections priv\u00e9es fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res, notamment celle de son biographe Alain Oudin, \u00e9galement galeriste et \u00e9crivain qui travaille depuis les ann\u00e9es 1990 sur cet artiste et son \u00e9poque ; il a accumul\u00e9 une abondante iconographie autant qu&rsquo;une documentation diversifi\u00e9e.<\/p>\n<div dir=\"ltr\">Le galeriste Alain Oudin, \u00e9galement \u00e9poux de la plasticienne Marie Chamand,\u00a0a organis\u00e9 diff\u00e9rentes expositions sur des artistes (Paraskiv, Digeon,&#8230;) alors\u00a0jug\u00e9s marginaux en raison de leur extr\u00eame libert\u00e9 d&rsquo;action, de style et de vie.\u00a0A titre informatif, le document publi\u00e9 pour chaque nouvelle exposition, un<\/div>\n<div dir=\"ltr\">recto-verso qui tenait lieu de communiqu\u00e9 de presse a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 ci-dessous.<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/img20171122_18444859.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1034\" data-permalink=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/img20171122_18444859\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/img20171122_18444859.jpg?fit=2480%2C3510&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2480,3510\" data-comments-opened=\"0\" 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href=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/img20171122_18464080.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1035\" data-permalink=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/img20171122_18464080\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/img20171122_18464080.jpg?fit=2480%2C3510&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2480,3510\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"img20171122_18464080\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" 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name=\"_ftn5\">[5]<\/a> auteur d&rsquo;entretiens r\u00e9alis\u00e9s en 1972 avec l&rsquo;artiste (\u00e9d. Opales).<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"section\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<ul>\n<li>Abeille, Jacques, <em>Pierre Molinier, pr\u00e9sence de l<\/em><em>&lsquo;exil. <\/em>Bordeaux : Opale \/\u00a0Pleine page, 2005. 119 p.<\/li>\n<li>Mus\u00e9e des beaux-arts. Bordeaux. <em>Pierre Molinier, jeux de miroirs<\/em><em>. <\/em>Le festin : Bordeaux, 2005.176 p. : ill. en noir.\u2028 Bibliog s\u00e9lective pp. 171-173.<\/li>\n<li>Petit, Pierre, <em>Molinier, une vie d&rsquo;enfer. <\/em>Paris : Ramsay \/\u00a0Jean-Jacques Pauvert, 1992. 265 p. ill en noir. \u2028Diff\u00e9rentes annexes en fin de vol. Catalogue des \u0153uvres, liste des expositions. Bibliog. pp. 255-264. Filmographie p. 265.<\/li>\n<li><em>Pierre Molinier<\/em><em>. <\/em>Gen\u00e8ve : Bernard Letu, 1979. 77 p. : ill. en noir et en coul. \u2028S\u00e9lection de peintures et dessins bas\u00e9s sur les photomontages.<\/li>\n<li>\n<div class=\"fiche_lot_description\">Merci\u00e9, Jean-Luc, Pierre Molinier, monographie, Les presses du r\u00e9el-Kamel Mennour, Paris, 2010, 397 p. ill. en noir et en coul., couv. ill.<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_15235\">\n<div><\/div>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_15232\"><strong>Notule \u00e0 l&rsquo;article<\/strong><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_15233\" dir=\"ltr\">par Alain Cardenas-Castro<\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\">De la place du document d&rsquo;archives<\/div>\n<div dir=\"ltr\">L&rsquo;\u0153uvre de Molinier d\u00e9range encore souvent, perturbe le regard et une certaine intimit\u00e9,\u00a0mais en parall\u00e8le, suscite bien des r\u00e9flexions et vecteur d&rsquo;\u0153uvres et de recherches autres. A titre d&rsquo;exemple, voici en annexe une interpr\u00e9tation d&rsquo;un dessin, \u00e0 l&rsquo;origine d\u00e9di\u00e9\u00a0\u00e0 Joyce Mansour, et d\u00e9sormais dans une collection priv\u00e9e, dessin sur lequel des essais\u00a0d&rsquo;interpr\u00e9tation en mati\u00e8re de dynamique esth\u00e9tique et de parcours ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s.\u00a0Ces travaux [rest\u00e9s anonymes] sur calque sont l&rsquo;une des approches possibles \u00e0 une relecture\u00a0qui met en avant, non pas l&rsquo;aspect basique de la d\u00e9marche de Molinier, \u00e0 savoir, une obsession sublim\u00e9e, mais plut\u00f4t, en l&rsquo;\u00e9tat, un parcours autre sur des mat\u00e9riaux de\u00a0transition vers des reports sur carnet (pi\u00e8ces non communiqu\u00e9es).<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_15346\" dir=\"ltr\">Le catalogue de l&rsquo;exposition de Bordeaux (voir bibliographie) a tout \u00e0 fait mis l&rsquo;accent\u00a0sur cette continuit\u00e9 spirituelle.<\/div>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_15540\" dir=\"ltr\">Dans un esprit similaire, le mani\u00e9risme dense de cette atmosph\u00e8re renvoie assez naturellement\u00a0\u00e0 cette m\u00eame sensation d&rsquo;\u00e9touffement sensuel que l&rsquo;on constate dans \u00ab\u00a0le Bain turc\u00a0\u00bb (1852 \/ 1859\u00a0avec les modifications faites en 1862) de Jean-Dominique Ingres, oeuvre conserv\u00e9e au\u00a0Louvre gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aide de Maurice Fenaille [lui-m\u00eame alors particuli\u00e8rement attentif \u00e0 cette oeuvre]\u00a0qui en permet l&rsquo;entr\u00e9e au Louvre en 1911. Ce qui ne l&#8217;emp\u00eache nullement de continuer des\u00a0acquisitions o\u00f9 l&rsquo;ancien et le moderne sont entour\u00e9s de cette m\u00eame attente de sensualit\u00e9 calme\u00a0et forte pour son h\u00f4tel particulier de Rodez.<\/div>\n<div id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1512290830181_18892\" dir=\"ltr\">Ces deux \u0153uvres ont en commun une m\u00eame charge d\u2019inspiration : elle renvoie, alors, aux pr\u00e9ceptes\u00a0tao\u00efsants devenus source de toute leur charge aux germes vitaux. Ces derniers communiquent \u00e0 leur tour la vie et le d\u00e9sir de\u00a0vie \u00e0 travers ces \u0153uvres\u2026.<\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<div dir=\"ltr\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1052\" data-permalink=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/dessin-cr-1\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?fit=2550%2C3510&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2550,3510\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"dessin CR 1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?fit=218%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?fit=584%2C804&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1052 alignnone\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?resize=218%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?resize=768%2C1057&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?resize=744%2C1024&amp;ssl=1 744w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?w=1168&amp;ssl=1 1168w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-1.jpg?w=1752&amp;ssl=1 1752w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" data-recalc-dims=\"1\" \/>\u00a0 \u00a0 \u00a0 <\/a><a href=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg\">\u00a0<img data-attachment-id=\"1053\" data-permalink=\"https:\/\/alaincardenas.com\/blog\/pierre-molinier-lobsession-de-limage-replique\/dessin-cr-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?fit=2550%2C3510&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2550,3510\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"dessin CR 2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?fit=218%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?fit=584%2C804&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1053 alignnone\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?resize=218%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"218\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?resize=768%2C1057&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?resize=744%2C1024&amp;ssl=1 744w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?w=1168&amp;ssl=1 1168w, https:\/\/i0.wp.com\/alaincardenas.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/dessin-CR-2.jpg?w=1752&amp;ssl=1 1752w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Alain Cardenas-Castro Trente ans apr\u00e8s sa mort, Pierre Molinier a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une red\u00e9couverte qui n&rsquo;a laiss\u00e9 personne indiff\u00e9rent. 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