Le Musée chinois du quotidien

Le fonds François Dautresme, collectionneur, photographe et marchand du quotidien chinois.

par Christophe Comentale

Inauguration le 11 juillet 2018 à 19h au centre culturel OMDP de Lodève.

« Il ne viendrait pas à l’idée d’un Chinois de fabriquer quelque chose de laid. Pour lui un objet beau étant un objet bien fabriqué, et l’objet bien fabriqué étant un objet utile, seul l’utile est beau et le beau est forcément utile. L’économie dicte le geste. L’artisan prend ses ordres auprès du matériau. Le matériau donne une seule réponse. Le génie va de pair avec la récupération. Et comme en Chine tout se tient et que les contraires font bon ménage, on admet qu’une maison et sa cour, correctement orientées, représentent le monde, que trois perspectives opposées puissent coexister sur une peinture de paysan, que tous les matériaux aient le droit d’exister, que la langue écrite soit un artisanat qui rend service à la réalité des choses et que le mot soit fabriqué comme un objet ».

Françoise Dautresme, Le voyage en Chine, Paris : FD, 1976.

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Notes de Qiu : le Projet des Lanternes Multicolores

邱注上元灯彩计划

 

Pékin, Musée d’Art Contemporain Minsheng du 16 Mars 2018 au 5 Mai 2018

Compte-rendu d’exposition par Fanny Paldacci

Vendredi 16 Mars a eu lieu le vernissage de l’exposition Notes de Qiu : le Projet des Lanternes Multicolores au musée d’art contemporain Minsheng, à Beijing (Pékin). Ce long projet a été initié par l’artiste en 2009, avec l’étude approfondie d’un rouleau peint, daté de la fin de la dynastie des Ming, Vue de la fête des lanternes multicolores. L’auteur demeure à ce jour inconnu. Le rouleau est réalisé à une période décrite par nombres d’historiens comme le basculement entre l’époque médiévale et le début de l’ère moderne.

La rétrospective que constitue l’exposition Notes de Qiu : le Projet des Lanternes Multicolores rassemble un corpus de pièces ayant déjà fait l’objet d’expositions passées. Pour suivre le développement du projet, voir aussi (liste non exhaustive) :

  • Biennale de Venise, Venise, 2015
  • Qiu Zhijie- Chroniques du Projet du Théâtre JinLing, Musée de l’Académie des Arts de Chine, Hangzhou, 2015
  • In-Situ: Expérience Inter-Contextuelle de l’Art de l’Encre, Musée Himalayas, Shanghai, 2014
  • Biennale Chine-Italie, Centre Culturel Pékinois de la Plastic Factory #3, Beijing, 2014
  • Douzième Exposition Artistique Nationale, Musée Today Art, Beijing, 2014
  • Troisième Exposition Documentaire Artistique de Wuhan, Musée d’Art du Hubei, Wuhan, 2014
  • Contes de l’Ère Taiping, Musée d’Art Contemporain Red Brick, Beijing, 2014
  • Art Basel, Hong Kong, 2014
  • Le Grand Canal – Cinquante-cinquième Exposition Artistique Internationale, Biennale de Venise, Musée Diocésain d’Art Sacré, Venise, 2013
  • Les Forces du Marché, Galerie Osage, Hong Kong, 2013
  • Guanxi: Art Contemporain Chinois, Musée d’Art de Guangdong, Guangzhou, 2011
  • “Relations” Exposition d’Art Contemporain Chinois, Musée Today Art, Beijing, 2011
  • Biennale de Shanghai, Power Station of Art, Shanghai, 2010

LES GÈNES DE L’HISTOIRE

La peinture montre une scène de marché à Nanjing (Nankin) pendant la fête des lanternes, un évènement annuel ayant lieu lors des festivités du nouvel an. On peut y voir déambuler marchands, mendiants, nonnes et moines, conteurs, ainsi que toute une variété de personnages évoluant dans l’espace public. L’artiste initie sa recherche par le biais d ’une ré-interprétation de la scène, qu’il agrémente d’annotations variées. Il en extrait la grille de composition et les éléments principaux pour les agencer selon sa propre compréhension, tout en y plaçant des formes nouvelles.

Vue du Festival des Lanternes Multicolores, Auteur Inconnu, (détails), Peinture sur soie, papier / 200 x 26 cm

Le Projet des Lanternes Multicolores, Première Rencontre, Qui Zhijie, Encre sur papier / 140 x 70 x 21 cm

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Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4)

par Alain Cardenas-Castro

Carlos Raygada, Portrait de Juan Manuel Cardenas-Castro (1918)

Au cours d’une mission d’étude effectuée au Pérou en mars 2018 j’ai pu, d’une part, tenter de déterminer précisément la date de naissance de Juan manuel Cardenas-Castro mais sans localiser la maison familiale des Cárdenas à Urubamba. D’autre part, il a été possible d’effectuer des recherches afin de trouver, d’étoffer et d’approfondir les sources documentaires : documents administratifs, lettres, iconographies, etc. sur les frères Juan Manuel et José Felix Cardenas-Castro.

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De Juan Manuel et José Félix Cardenas-Castro : deux artistes péruviens au sein de la diaspora latino-américaine à Paris (3)

                                     


(ill. 1 et 2) à gauche, José Félix Cardenas-Castro (S. d.), photographie, 5 x 3 cm. Coll. privée. À droite, Juan Manuel Cardenas-Castro (S. d.), photographie, détail de l’ill. 3.


par Alain Cardenas-Castro

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Pierres à encre et trésors de lettrés, la collection YANG Ermin

石间记忆 — 杨佴旻历代砚台收藏展

Musée municipal des arts asiatiques de Toulon
Exposition du 12 avril au 30 septembre 2018, le musée des arts asiatiques de Toulon présente un florilège de soixante pierres à encre et d’autant d’objets de lettrés chinois. Cet ensemble provient de la collection YANG Ermin et de diverses collections privées ainsi que des fonds du musée des arts asiatiques de Toulon.

Commissariat : Christophe Comentale et Guillemette Coulomb

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Les trésors du lettré : quatre ou sept ?

par Christophe Comentale

La sélection iconographique qui accompagne cette livraison est le fruit de différents événements, de travaux à la fois complémentaires et autonomes. Il s’agit de fragments notés lors de cours dispensés dans plusieurs environnements, celui d’une recherche qui oscille entre patrimoine « classique », « scientifique », « contemporain-chic », compris dans des créneaux parfois troubles, ambivalents, récurrents ou en devenir. C’est pourquoi j’ai dû réfléchir à la façon la plus ouverte de présenter à différents types de publics des données caractérisant la culture chinoise et ses fondamentaux. D’un côté, les cours dispensés aux étudiants, le plus souvent de formation scientifique au Muséum dans le cadre des Masters et doctorats, de l’autre aux étudiants d’histoire de l’art, filière Asie, de l’Institut catholique de Paris et, enfin au public d’humanistes lettrés du Centre culturel de Chine, également dans la capitale.

Les niveaux de culture et d’imaginaire des uns et des autres ne sont pas le plus important : seule, la curiosité manifestée par certains a été le moteur le plus puissant pour qu’ils aillent au-delà des formes qui leur passent devant les yeux au fil des séances. Ma plus grande satisfaction a été qu’un certain nombre, à l’issue de ces mises en images ait compris la nécessité de se mettre à la langue chinoise ! Pour les autres, de constater le plaisir qu’ils avaient en regardant ces formes qui passaient sur l’écran le temps d’une conférence.

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La céramique « jun ». De la dynastie Song (860-1279) à la République populaire de Chine

par Mathieu Robert


Sommaire
Introduction
I. La céramique jun à l’ère de l’empire Song
1- Le trésor de la glaçure flambée
2 – Céramique jun et « Four Officiel »
    II. La céramique jun à l’ère de la République
    1 – Une nouvelle génération de céramique jun 
    2 – Céramique jun et marché de l’art
      Conclusion
      Bibliographie
      Remerciements
      Liste des illustrations

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      A propos de donation et d’accrochages de sérigraphies de Nouvel an (année 2018) et aussi des lithographies de Nouvel an taïwanaises, principalement des sérigraphies et aussi des lithographies, gravures sur bois (année 2017) conservées à la bibliothèque Yvonne Oddon

      par Christophe Comentale

      L’accrochage a lieu du 19 février au 31 mars 2018. La bibliothèque accueille les visiteurs du lundi au vendredi, de 10 à 18 heures.

      PROPOS INTRODUCTIFS ET MISE AU POINT

      Depuis près de quarante ans, je regarde des images. Des images du pays où je vis, mais aussi et surtout d’autres lieux, afin de voir les relations qui vont de l’un comme de l’une à l’autre. Mon attention s’est concentrée sur les images de l’Asie sinisée.

      A priori, une image est unique. Afin de pouvoir en garder trace, une impression par tous les moyens possibles est encore la façon la plus évidente d’en garder une trace lorsqu’elle est donc imprimée à un nombre variable d’exemplaires.

      Je suis au Muséum depuis une vingtaine d’années, et, au cours de missions – parfois antérieures à cette affectation – diverses et variées, j’ai constitué une collection d’images chinoises et taiwanaises. J’en avais, à la demande de collègues du département d’ethnologie, fait quelques moissons qui rejoignaient alors les fonds de l’institution. Après avoir pris mes fonctions, les choses ont continué, le travail aussi. Différentes expositions ont permis d’en montrer la variété, des conférences et colloques ont également été les moyens assez logiques de montrer l’importance de ces images au sein des sociétés asiatiques sinisées contemporaines. Une habilitation passée voilà quelques années à Paris-Sorbonne a permis de fédérer ces recherches. Elle est consultable dans différentes bibliothèques. J’ai, parallèlement, souhaité commencer à donner des images collectées depuis ces décennies passées.

      L’intérêt des collègues en charge du patrimoine au sens le plus large a permis l’an passé et cette année de montrer un florilège de pièces chinoises (en 2017) et taiwanaises (en 2018). Je les en remercie.

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      De la construction à la destruction sur la colline de Chaillot : un enchevêtrement entre histoire, architecture, anthropologie et art contemporain

      Par Alain Cardenas-Castro

      Un récent appel d’offre émanant de l’INHA — appel à contribution pour le numéro 2018-2 de la revue Perspective et relatif à la destruction — m’a permis de remettre un texte correspondant à la problématique donnée.

      Cela a été l’occasion de faire le point sur quelques-unes de mes recherches in situ, en particulier lors d’œuvres réalisées au Musée de l’Homme dans un contexte bien particulier, à savoir la transition entre l’ancien et le nouveau musée. Je renvoie pour ce sujet au texte paru sur le blog Sciences et art contemporain en date du 29 octobre 2017.

      Mes recherches ne se limitent pas à cet aspect des choses. En effet, j’ai, au cours de mon activité de fresquiste et de théoricien / praticien de l’image murale, proposé des sujets ou répondu à des appels d’offres divers. Au centre de mon propos, il s’agissait de l’occupation d’un lieu qui impliquait un changement d’image, une occultation d’une image précédente, recouverte de façon non destructive, ou bien, si les conditions ne le permettaient pas, de prendre possession complète des lieux. Ainsi les mises en place relatives du réel, à des simulations de réel exécutées lors de projets de différents ordres, à savoir, d’une part des commandes d’institutions et de particuliers pour créer des murs peints à fresque ou des peintures murales, et d’autre part d’œuvres qui se sont imposées à moi, toutes, sans exception m’ont poussé à travailler sur cet apport / destruction du réel qui génère un équilibre entre plein et vide, ou au contraire, le réduire à néant.

      Je livre ci-après le projet – non retenu – transmis pour répondre à l’appel d’offre de l’INHA. Je le livre tel quel, sachant qu’il doit par ailleurs être alimenté et étoffé dans le contexte d’un séminaire Est – Ouest à venir.

      Le point sera fait, en son temps, sur ce même blog.

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