Quelques éléments à propos des cages à oiseau chinoises

par Didier Scuderoni et Christophe Comentale

« N’est-il pas suffisant pour constituer l’œuvre d’art

Qu’une émotion se manifeste à propos de l’objet ? »

Michel Leiris.

Au fil des mises en place d’événements, de demandes de documentation de chercheurs, il est devenu indispensable de connaître de façon précise les richesses des réserves qui continuent de se remplir avec des donations – fussent-elles modestes – complémentaires à celle de Françoise Dautresme et suscitées par cette donation initiale.

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Regards sur l’art des aborigènes d’Australie, la collection Morteza Esmaili

Compte-rendu de l’exposition qui a eu lieu du 22 septembre au 17 novembre 2018. Château des deux amants, Les Deux Amants, 27380 Amfreville-sous-les-vents.     Contact : 06.76.29.53.36.

par Christophe Comentale et Ma Li Dautresme

« Au contact des aborigènes, on apprend à comprendre ce qu’il y a derrière les œuvres » M.E.

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Des images entre renouveau et tradition : les estampes japonaises de la collection Wessels

Compte-rendu par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Outre des collections de gravures occidentales riches, la Fondation Custodia[1] présente au fil de somptueuses expositions patrimoniales des ensembles de gravures d’autres aires culturelles, notamment des gravures américaines. Année du Japon oblige[2], les événements relatifs à ce pays et à ses aspects les plus variés se succèdent, comme ce florilège de quelque 200 gravures[3] dues à une cinquantaine d’artistes et couvrant les années 1900 à 1960. Un créneau chronologique original, qui intrigue. Il s’agit d’un florilège de la collection rassemblée par Elise Wessels depuis 25 ans et actuellement au Musée de l’estampe japonaise (Nihon no hanga) à Amsterdam.

Exposition Vagues de renouveau, à la Fondation Custodia – Collection Frits Lugt, du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019, 121 rue de Lille, Paris 7e. tlj sauf le lundi, 12h-18h.

Le créneau chronologique proposé a un peu de quoi surprendre — agréablement —, il quitte le créneau traditionnellement lié à l’âge d’or de la gravure sur bois japonaise et à ses polychromies et rendus techniques qui savent allier minutie ou vastes effets de pochades restitués avec un effet de surprise renouvelé. Une partie de ces œuvres a été réalisée durant l’ère Meiji – politique éclairée – (1868-1912), ère impériale durant laquelle le Japon décide une ouverture du pays sur l’extérieur.


Ci-dessus (ill. 4), Koizumi Kishio, Le temple Sengaku-ji sous la neige


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克莱尔·莫罗:绘画与书法在文字中交融

撰文 孙成安、柯孟德

翻译 胡嘉兴

西方重新发现书法这一曾被遗忘的高雅艺术已有时日。这其中最具代表性、并且达到最高水准的艺术家之一,就是法国的克莱尔·莫罗(图),她不仅是艺术家,也是一位饱读诗书的文人。几十年来,她精熟地使用文字创作,并像维耶拉·达·思勒娃[1]或保罗·克利一样,通过画面的张力,激发着人们对另一空间乃至另一世界的想象。

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Le Musée chinois du quotidien ou la beauté de l’art utilitaire

par Marie Laureillard[1]

(ill. 1)

En visitant le nouveau Musée chinois du quotidien – espace François Dautresme à Lodève, dans la région de Montpellier, c’est toute une page d’histoire qui s’écrit sous nos yeux, toute la mémoire de la Chine du vingtième siècle qui ressurgit. Si l’on peut penser à première vue qu’il s’agit d’une sorte d’écomusée exotique transplanté en Occitanie, on est très vite ébloui par la beauté de tous ces objets que François Dautresme a patiemment amassés en sillonnant la Chine des années 1960 aux années 1990. Suivant son goût, sans a priori, ce marchand d’art passionné se laissait guider par son instinct et son goût esthétique, se contentant, comme il le disait lui-même, « d’ouvrir les yeux et les oreilles, avec comme seul fil conducteur celui des rencontres fortuites. En effet, partout en Chine, les gens sont assis sur des trésors qu’ils ignorent. »

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Des trompe-l’œil chinois, XVIIe – XXe s., des huit cassures aux collages paysans :

 

 

 

 

 


Collages (1980 ca) Pièces de tissus collées, 57 x 48 cm (ancienne coll. FD)


La création récente du Musée chinois du quotidien à Lodève s’accompagne de la présentation d’un florilège de collages exécutés sur tissu durant les années 1970-1980 dans le Nord de la Chine. Cet événement permet de faire le point sur une notion fluctuante entre Est et Ouest, celle du trompe-l’œil. Ce concept de perspective fausse ou faussée, reste une perception occidentale qui prend une importance considérable dans les recherches à la fin du Moyen-Age, incluant aussi toutes les déformations possibles, telle l’anamorphose, la chambre optique, les traités sur la perspective, l’utilisation de supports variés : papier, bois, pigment,…

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杜泽林博物馆 收藏家、摄影家、中国器物商人杜泽林(François Dautresme)收藏。

Le Musée chinois du quotidien

Le fonds François Dautresme, collectionneur, photographe et marchand du quotidien chinois.

柯孟德(Christophe Comentale) 撰文

开幕仪式:2018 年 7 月 11日 19 时,罗代夫 OMDP 文化中心 (centre culturel OMDP de Lodève) 开放时间:周二至周日,上午10点至下午1点,下午4点至晚上8点。 联系电话:+33 4.67.88.03.31

“我们想不出一个中国人会做出什么丑陋的东西。对中国人来说,一个美的东西必定是 制作精良的,而一个制作精良的东西必定是有用的,有用才是美的,而美也必定是有 用的。经济思维决定了这一姿态。工匠遵从材料的特质,材料也会给出唯一的答案。 创造力与重复使用的价值并重。在中国,所有东西都联系在一起,相互对立的事物也 会得到很好的安置。我们看到,一个朝向恰当的房子和庭院代表着整个世界,三种相 反的视角可以共存于一幅农民画中,所有的材料都有存在的权利,书面语言是一门服 务于事物真实性的艺术,它的文字是作为一个物体被创造出来的。” 杜泽林的堂妹(Françoise Dautresme),《中国之旅(Le voyage en Chine)》,巴黎:FD,1976。

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Le quotidien de la Chine

LE QUOTIDIEN D’UN VISIONNAIRE…FRANCOIS DAUTRESME.

par Jean Levantal

François Dautresme en Mongolie intérieure avec WU Xiaolan (fin des années 1990) © Archives Françoise Dautresme

– Massif, pudique, modeste et plutôt secret, François Dautresme avait une innocence jésuite, malicieuse, cousue de fil blanc, qui le mettait en osmose parfaite avec la foule des Chinois qu’il aimait passionnément. L’œil de ce grand collectionneur s’allumait au seul spectacle de la beauté, celle-ci se réfugiant, dans la Chine contemporaine, dans les seuls objets du passé ou de la campagne. Alors, face à une trouvaille, François Dautresme, le descendant d’une longue lignée de grands serviteurs de l’Etat français mais aussi de paysans et de tisserands normands connus sur les rives de Criquebeuf-sur-Seine pendant plus de dix générations, s’accroupissait comme un paysan chinois, mettait le monde entre parenthèses et, face au propriétaire, il rusait, prêt à tout, sans la moindre précipitation. « Je venais de loin, et je m’intéressais à ce qui n’intéressait qu’eux (les paysans), les objets de leur vie quotidienne, de leur travail et de leurs traditions » soulignait-il. C’est ainsi qu’en trente-cinq ans, « Lao DU / Monsieur DOU », comme l’appelaient ses amis de Pékin ou de Canton, a amassé une collection de 50.000 objets et photographies, la mémoire de la Chine de MAO et de ses prédécesseurs.

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