A propos du … Lauréat du Concours 2022 du livre d’artiste de la ville d’Issy-les-Moulineaux, « Ombre et lumière du tarot. Chronique d’un monde disparu ».

par Frédéric Harranger et Christophe Comentale

Parallèlement à la numérisation sociale, vaste processus technico-politique qui permet d’ores et déjà de simplifier de façon harmonieuse — le plus souvent — et autoritaire — aussi — les transactions du quotidien, le goût et les envies continuent d’induire une production artistique dont le livre d’artiste est un des indices forts. Cette présence de documents de tous types, réalisés en tous formats et selon les techniques les plus libres continue de donner à la création toutes ses facettes possibles.

 

Forte d’un fonds de près d’un millier de livres d’artistes qui sont un florilège d’œuvres allant des années 60 du 20e siècle à nos jours, et afin d’assurer une continuité à la présence de ce type de document dans les collections de la médiathèque, une acquisition de livre d’artiste peut être faite par le biais d’un concours annuel comprenant un appel à candidatures. Au lauréat sélectionné est attribué un prix de 1000 euros, l’œuvre entrant alors dans les fonds de la médiathèque et faisant l’objet d’une présentation particulière lors du Salon du livre qui se tient en la commune d’Issy-les-Moulineaux le 11 juin.

Le jury réuni cette année était composé de professionnels du livre et de la lecture, Mesdames Hélène Valloteau conservateur en chef à la bibliothèque Francoise Sagan (Paris), Madame Candice Attard, directrice des affaires culturelles, Laetitia Cuisinier, chargée de programmation à la ville d’Issy-les-Moulineaux, Monsieur Jean-Marc Thommen, directeur des Arcades, l’école d’art de la ville d’Issy-les-Moulineaux, Denis Butaye, directeur du musée de la carte à jouer, Gwenael Beuchet, chargé de conservation au musée de la carte à jouer, Philippe Colomb, directeur adjoint de la médiathèque d’Issy-les-Moulineaux, Virgile Legrand, éditeur, Frédéric Harranger, en charge des fonds de livres d’artistes à la médiathèque d’Issy-les-Moulineaux et Christophe Comentale, Conservateur en chef honoraire et Directeur scientifique au Musée de l’Homme – MNHN, collaborateur à la revue Art & métiers du livre, s’est réuni afin de procéder à la sélection de l’œuvre retenue.

Sept livres sont parvenus à la médiathèque :

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Dong Baichuan, artiste et chercheur, un parcours entre peinture et ethnographie

A propos de la soutenance de thèse du 17 décembre 2021 qui confère à ce créateur le titre de docteur du Muséum national d’Histoire naturelle, spécialité anthropologie culturelle.

董百川,艺术家和研究员,绘画与民族学之间的旅程。 关于2021年12月17日的论文答辩,授予这位创作者国家自然历史博物馆博士,专业文化人类学。

par Christophe Comentale

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Portraits d’hier et de demain (6) « Les créatures entre ombre et lumière d’Alberto Quintanilla »

par Alain Cardenas-Castro

1934. Cusco ; 1961, Paris. Ces deux dates fonctionnent comme deux pôles complémentaires qui s’attirent et, à l’égal d’un aimant forment des zones de vide magnétique. Sa solide formation artistique et technique est double, d’abord un cursus aux Beaux-arts de Cusco et de Lima, puis de Paris et, par ailleurs, la fréquentation de l’Atelier 17 de William Hayter. Cet ensemble de passages dans des environnements bien différents, tous avec des pratiques distinctes, ont comme canalisé les pulsions et l’imaginaire narratif si facilement déconnecté du réel où il prend ses assises, des points de repère forts et comme des tranches de vie creusées sur l’instant ou, au contraire, des narrations qui vont s’en éloigner pour mener vers d’autres contextes. Et au quotidien, le jardin extraordinaire qui rassemble aussi touffu que ceux du Douanier Rousseau, une nature en phase avec les œuvres.

(ill. 1) Alberto Quintanilla dans son atelier robinsonnais, juin 2021.

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A propos des publications des années 1970 en Chine

par Christophe Comentale

Il est, depuis une bonne vingtaine d’années, fréquent de souligner l’excellence de l’édition chinoise, un créneau chronologique en phase avec l’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du Commerce, en 2001. Moins citée, moins connue à l’étranger, une édition populaire florissante a existé dès que la République a remplacé l’Empire, durant les premières décennies du 20e siècle. Propos sur une esthétique de la reprise.

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MONSTERAS & DÉCOUPES

par Christophe Comentale

 Une fleur solitaire sur une tige haute. Quant à la couleur, d’un blanc-crème, elle vire à un jaune parcheminé et rend un liquide blanchâtre. Floraison puis épanouissement donc. et des feuilles, somptueuses, monstrueuses.

   


Ci-dessus, de gauche à droite. (ill. 1), Henri Matisse, Jazz (pages intérieures), Gouaches découpées et calligraphie, Paris : Tériade, 1947 ; (ill. 2) Composition, 1949, lithographie en coul., 21,5 x 26 cm. Couverture lithographique du catalogue d’exposition d’œuvres récentes de Matisse exécutées de 1947 à 1948. Paris :  musée national d’Art moderne de Paris, juin-sept. 1949


DÉPARTS

J’ai aimé le face à face avec les coloris des sérigraphies que Matisse a imprimées pour Jazz, pas les formes humaines, un peu trop simplifiées et assez dépersonnalisées car trop proches de découpes primordiales (ill.1 & 2) sans vraiment de cachet particulier – justement – pour les personnages, a contrario des formes végétales. Ce qui était, dans les faits, une façon plus habile de mettre en avant le sens et la force de ses couleurs.

Comme l’a noté ce magicien,

« le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur. Il s’agit pour moi d’une simplification. Au lieu de dessiner le contour et d’y installer la couleur – l’un modifiant l’autre -, je dessine directement dans la couleur, qui est d’autant plus mesurée qu’elle n’est pas composée. Cette simplification garantit une précision dans la réunion des deux moyens, qui ne font plus qu’un. » Henri Matisse, Ecrits et propos sur l’art.

 

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Graveurs sur bois français de la 1re moitié du XXe siècle

par Christophe Comentale

Le marché mixte de la place d’Aligre, un marché dont les étals sont aussi chargés de nourriture que d’accessoires, d’objets, de documents papier, est situé entre l’hôpital Saint Antoine et à dix minutes de la Bastille. L’abondance y est quotidienne. Les brocanteurs ne sont pas nombreux, au plus une petite dizaine, mais leur marchandise est souvent surprenante.

En particulier, les étals de livres sont impressionnants : sur des lits de camp militaires, des centaines de volumes sont souvent disposés dans le désordre le plus anarchique autant que les volumes peuvent être classés selon une méthode qui a l’intérêt d’en faciliter la consultation, par exemple en mettant sur la tranche les volumes classés par format les uns à côté des autres afin que, seuls, les dos apparaissent.

Je me suis retrouvé par hasard face à un mètre linéaire de volumes assez semblables les uns aux autres : une édition des œuvres complètes d’Anatole France (1844-1924) publiée de 1925 à 1935 chez l’éditeur Calmann Lévy. Cet ensemble de 25 volumes au format in-quarto  imprimé sur Vélin du Marais laisse apparaître par transparence un filigrane reprenant la signature de l’écrivain. Cet ensemble est paru lors de la disparition de l’homme de lettres fécond qu’a été Anatole France. Chacun des volumes, dorés sur tranche, était paré d’une reliure à coins bleu sombre, le dos orné de petits fers à caisson. Il existe une édition brochée, mais aussi de nombreux collectionneurs se sont attachés à rehausser tous les volumes de reliures diverses.

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De la musique andine autour des Cardenas-Castro. Le compositeur Roberto Ojeda Campana, le guitariste Osmán del Barco, la musique cuzquénienne génératrice de [Panoramas] (12)

par Alain Cardenas-Castro

Après avoir retrouvé dans le fonds d’archives de l’atelier de la rue Vineuse une cassette audio d’un enregistrement effectué en 1981 au Pérou, je me suis rappelé mon père, le peintre Juan Manuel Cardenas-Castro (1891-1988), me parlant de ses aptitudes à jouer de la guitare dans sa jeunesse. Il entonnait des vocalises tout en m’expliquant la rythmique de l’instrument et en évoquant ses souvenirs liés à cette musique andine particulière, le Huayno[1].

A partir de ce document sonore, il m’a paru important de regrouper les diverses pièces couvrant le domaine musical dans le fonds d’archives de l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro : partitions musicales, courriers, photographies, etc. La plupart de ces pièces proviennent de l’échange épistolaire avec son ami de jeunesse à Cuzco, le musicien Roberto Ojeda Campana (1895-1983). Pour faire suite à cet inventaire non exhaustif, j’ai trouvé opportun de présenter ce corpus documentaire qui entre dans le cadre de ma recherche sur la lignée des Cardenas-Castro peintres et muséographes.

Dans un premier temps, en suivant la logique du plus grand nombre, j’ai décidé de présenter les documents relatifs au musicien Roberto Ojeda. Dans un deuxième temps, j’évoque la rencontre de José Félix Cardenas-Castro (1899-1975) avec le guitariste Osmán del Barco (1902-1966), à partir d’extraits tirés du livre d’Ernesto More, Huellas humanas. Et, dans un troisième temps, je retrace le projet photographique que j’ai réalisé lors de mon voyage au Pérou en 1988. Il témoigne de mon regard sur la culture musicale du Sud-andin venant confirmer, que, comme pour nombres d’artistes, l’élargissement du champ des investigations à des domaines autres, en l’occurrence, celui de la photographie documentaire, voire anthropologique, permet d’enrichir le travail de conception et les modes de productions plastiques.

(ill. 1) De gauche à droite. Juan Manuel Cardenas-Castro et Roberto Ojeda, Cuzco, mai 1981. Visuel, Thérèse Cardenas-Castro

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Des statues de culte domestique chinoises

par Christophe Comentale

La récente publication d’un ouvrage sur les statues de culte chinoises permet un regard autre sur un sujet délicat et encore confidentiel. Eléments de réflexion après lecture.

Alain Arrault, A History of Cultic Images in China. The Domestic Statuary of Hunan ; trad. de Lina Verchery. EFEO / Chinese University of Hong Kong Press, 2020. 188 p. : ill. (coll. Coéditions ; 19). Bibliog. Index.

Pourquoi les négociateurs de l’art en Occident n’ont-ils toujours pas pu introduire le concept si flou et paradoxal d’arts premiers en Asie ? Une des causes en est et reste le manque de stock de pièces ethnologiques, locales, populaires, devenues disponibles dans un contexte particulier… Ce qui renvoie, en quelque sorte, à la conquête occidentale du monde au XVIIIe siècle. Sans refaire l’histoire, a contrario des stocks de pièces africaines qui ont abouti à la création du musée de l’Homme, un des départements du Muséum, très peu d’exemples chinois y sont conservés pour ce qui a trait à la statuaire, les pièces provenant de ces régions étant souvent encore protégées ou exilées au fin fond de réserves excentrées quand elles n’ont pas rejoint celles du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac… Pour Lyon, au musée des Confluences, les pièces de la collection De Groot, à Lodève, quelques pièces provenant de la collection Dautresme et parfois, la volonté de collectionneurs désireux de léguer des souvenirs de missions en Chine, souvent du sud et des provinces côtières ou insulaires (Fujian, Taiwan,…).

Il en va tout autrement du splendide travail de terrain et d’enquête dû à un chercheur sinisant, Alain Arrault. Ce travail, auquel a participé Lina Verchery, se situe dans la lignée de recherches entreprises notamment par Kristofer Schipper et Patrice Fava. Cette approche permet, d’une certaine façon, de comprendre pourquoi ces œuvres restent aussi rares que mystérieuses. C’est aussi une façon très frontale de rappeler les différences qui subsistent dans les présences de l’homme au monde.

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Les Editions du Fenouil. Naissance d’une nouvelle collection, « Réceptions », des monographies entre Est et Ouest

par Christophe Comentale

 

Lieu de diversité textuelle et iconographique, creuset de sujets entre textes et image, les éditions du Fenouil ont fait leur apparition en 1985. Depuis plusieurs années, elles ont acquis une visibilité saisonnière ou plus vivace qui contribue de donner vie à des livres de types différents.

 

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