A la croisée de collections d’art entre Asie et Occident (du XIXe siècle à nos jours)

Ouvrage collectif dirigé par Marie Laureillard et Cléa Patin, éditions Hémisphères, 2019 (417 pages de texte + 72 pages d’illustrations couleur).

par Marie Laureillard

Pierre à encre de la collection Yang Ermin, Li Bai ivre [époque républicaine (1912-1949)], calcaire, 33,5 x 23 x 4,5 cm. © Collection Yang Ermin.

Depuis trois siècles au moins, l’Occident est fasciné par l’art d’Extrême-Orient. Les Asiatiques, quant à eux, collectionnent leur propre production artistique à diverses fins ou se passionnent pour l’acquisition d’œuvres étrangères. L’objet de l’ouvrage A la croisée de collections d’art entre Asie et Occident (du xixe siècle à nos jours) est d’identifier divers types de collectionneurs et de collections d’art asiatique en Occident ou en Asie, à l’époque moderne et contemporaine, à travers une approche interdisciplinaire mêlant histoire de l’art, esthétique, anthropologie, sociologie, économie ou politique. Les collections étudiées relèvent tantôt de l’art, tantôt de l’artisanat, tantôt d’artefacts d’usage quotidien, populaire ou rituel. L’ouvrage aborde ces questions selon plusieurs points de vue, celui des collectionneurs, celui des collections institutionnelles et collectives, celui du marché de l’art et des enjeux identitaires, avant d’examiner les diverses formes que peuvent revêtir ces rencontres transculturelles.

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Œuvres au lavis, sculptures de Yang Ermin et pierres à encre de sa collection

Musée Marcel Sahut, Volvic, du 21 septembre au 30 novembre 2019.

Commissariat de Christophe Comentale et Gwenn Gayet

Grâce au dynamisme éclairé du maire de Volvic, Mohand Hamoumou, le musée Marcel Sahut qui a fait l’objet d’une récente rénovation, continue de mettre en œuvre une politique d’expositions ouvertes. Il accueille l’œuvre de Yang Ermin, au total une quarantaine de lavis réalisés des années 80 à 2019, ainsi que deux sculptures en bronze de ce créateur.

Yang Ermin devant une œuvre récente lors de l’inauguration de son exposition. (à gauche) Yang Ermin, (2e à gauche, le maire de la ville, Mohand Hamoumou), des membres du Conseil municipal, parmi lesquels Daniel Baptiste, Nicole Laurent ; (à droite) Gwenn Gayet, directrice du Musée Sahut.

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Livres chinois

Sélection de livres chinois tirés des collections de la bibliothèque de Fels.

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels, Exposition du 16 septembre au 16 octobre 2019.

Commissariat, Guillaume Boyer et Christophe Comentale.

Propos introductifs

Les fonds riches et divers de la bibliothèque de Fels contiennent des livres chinois d’époques et de formats différents. Ces ouvrages en chinois édités en Chine par des Chinois mais aussi par des Français lors du positionnement des hommes d’Église ou des savants occidentaux en Chine, montrent la diversité de l’histoire de l’imprimerie en Chine et aussi l’évolution des images traitées au fil des exemples choisis. Les étudiants en histoire de l’art de la filière Asie complèteront leurs cours par des exemples vus en situation, tout comme les étudiants de l’Institut catholique de Paris, conscients du poids de ce pays dans le monde actuel, feront preuve de curiosité en passant dans ce lieu convivial qu’est la bibliothèque.

Grands utilisateurs des technologies de ce siècle, les Chinois restent des collectionneurs de pièces patrimoniales dont les livres constituent le maillon essentiel du lettré, de l’homme cultivé et battant de la Chine contemporaine.

Outre les fonds anciens, les dons et acquisitions ne cessent d’enrichir le patrimoine de l’établissement. Plusieurs dizaines de livres sont récemment entrés dans les collections de la bibliothèque de Fels, il s’agit des fonds de livres donnés grâce à la générosité de Françoise Dautresme. Ces documents ont été acquis par son cousin François Dautresme, marchand, collectionneur et fondateur de la Compagnie française de l’Orient et de la Chine. Grâce à une immense curiosité, à un goût sûr, il a pu montrer que les Chinois aiment les beaux objets.

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De la nouvelle apparition des formes contraintes et desservies : le cutter

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Le XXIe siècle ne cesse de décliner des contingents de produits de consommation courante voire virtuelle comme en réaction spontanée à une perte d’autonomie et face  à laquelle différents artistes ont opté pour des choix autres. Un des grands maîtres de ce courant informel est Claude-Nicolas Ledoux, il n’a cessé de faire école depuis lors.

Avec ses œuvres uniques Wahiba Daoussi a donné un nouveau souffle à ses objets de déréliction. Avec minutie elle nous oriente vers une approche intime des objets rappelant celle de Morandi.

Wahiba Daoussi, Le cutter (2019), pastel sur carton, 21 x 30 cm (coll. Privée) © Wahiba Daoussi

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Art textile chinois : de la soie au coton

Le musée chinois du quotidien, 2 blvd Jean Jaurès, Lodève. Exposition de pièces chinoises, du 13 septembre au 13 octobre 2019. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 16 à 20h. Inauguration le jeudi 12 septembre à 19h.

Co-commissaires de l’exposition : jean-Christophe Mironneau et Didier Scuderoni

Exposition d’un florilège de pièces de vêtements chinois provenant de collections privées, notamment de la donation Françoise Dautresme. Cette manifestation a lieu dans la chapelle des pénitents blancs, superbe édifice du XIXe siècle. Rappelons que cet établissement est coutumier d’expositions diverses et variées depuis une dizaine d’années. Jean-Christophe Mironneau, co-commissaire de l’exposition a ainsi voulu privilégier les rapports, les filières, entre ce patrimoine du quotidien et la sensibilité d’une dizaine d’artistes de la région.

Le commissaire de l’exposition, Didier Scuderoni, dans les réserves du Musée chinois du quotidien

Afin de donner une dimension particulière à ces pièces très diverses, mais qui, toutes, ont la cohérence de l’esthétique chinoise « beauté et pratique d’utilisation », Didier Scuderoni, en concertation avec Françoise Dautresme – également créatrice de vêtements pour la CFOC – a décidé de présenter des tissus aussi différents que peuvent le permettre l’utilisation de la soie, du coton ou des fibres végétales, notamment de palmier. Fidèle à sa vocation, ce lieu d’exposition a mis l’accent sur les pièces de vêtement portés au quotidien, il n’empêche que certaines, plus anciennes, reflètent des pratiques sociales autres.

 

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A propos d’une photographie de Max T. Vargas et d’une chronique de Manuel Beltroy : recherches croisées pour préciser l’âge de Juan Manuel Cardenas-Castro (8)

par Alain Cardenas-Castro

Afin de lever l’ambiguïté quant à la date de naissance de Juan Manuel Cardenas-Castro pour laquelle il y a un doute concernant l‘année[1], j’ai entrepris d’analyser en détail la photographie la plus ancienne connue à ce jour dans le corpus des documents iconographiques de la famille Cárdenas (ill. 1) tout en tenant compte des informations provenant d’un article paru en 1964 dans un quotidien péruvien. En croisant ces nouvelles données avec celles antérieures, j’ai pu obtenir une date probable venant réduire les interrogations sur l’année de naissance de Juan Manuel.

(ill. 1) Maximiliano T. Vargas. Tirage argentique contrecollé sur carton brun, recto (s.d.), 11,5 x 18,5 cm, avec montage 13,5 x 20 cm (Col. A. Cardenas-C.)

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Le sifflet à pigeon, esthétique et utilitaire. À propos des pièces de la collection François Dautresme

par Christophe Comentale

« Sans un sifflet sur le postérieur, pas facile de dire qu’on est un pigeon du vieux Pékin »

Le sifflet à pigeon ou sifflet à clochettes appartient à cette typologie d’objets liés au vent utilisés depuis un millier d’années. Ils sont fabriqués dans différentes régions de la Chine, ceux de Pékin sont traditionnellement les plus appréciés. Ils ont des liens étroits avec l’histoire et la culture de cette ville.

Les questions les plus immédiates qui viennent à l’esprit sont de savoir qui les fabrique, quelles sont les histoires en rapport avec ces sifflets.

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José Félix Cardenas-Castro, peintre, architecte et politique, entre exil et retour au Pérou (7)

par Alain Cardenas-Castro

Photo de José Félix Cardenas-Castro accompagnant l’article publié le 24 novembre 1917 dans le n° 508 de la revue Variedades.

[…] José Félix Cardenas Castro, appelé aussi le nouvel artiste, est quasiment un enfant, il n’a que dix-sept ans et n’a pas eu de professeur pour son art si ce n’est la Nature même, en la contemplant, il s’en est inspiré et en la reproduisant il a acquis un savoir-faire comme nous le montrent ses œuvres. […]

Cet extrait de l’article intitulé « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », présente le dessinateur, peintre et architecte José Félix Cardenas-Castro (1899-1975), de manière élogieuse, comme un artiste émergeant à révéler au public. Cet article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917, met en avant le jeune autodidacte doué des talents certains de dessinateur et de peintre comme en témoignent les quatre œuvres reproduites en accompagnement de l’article. Une première peinture à l’huile, El Tocador de Quena (ill. 1) et trois dessins, Marena, India hiladora de los halrededores del Cuzco (ill. 2) ; Pasando un vado en el río Urubamba (ill. 3) ; El Correo (ill. 4).

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Le Musée du graffiti, œuvre d’art totale de Greg Arek

par Ma Li Dautresme et Alain Cardenas-Castro, coordination éditoriale de Christophe Comentale


« Le musée du Graffiti n’est pas. N’a jamais été. C’est ce postulat qui a enclenché la démarche ». Greg Arek, Propos d’escalier, 2019.

Si les tout premiers signes assimilables à des graffiti remontent à la présence d’éléments archéologiques, alphabétiques ou graphiques Est – Ouest et contemporains du Néolithique, des tentatives de mise en forme de signes autres ne cessent de se faire jour, comme cette singulière apparition d’un musée du graffiti dans un passage parisien est la plus récente illustration de cet intérêt reparu pour les écritures révélées et imaginaires. Parcours d’un artiste, essence et incarnation de soi-même.

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