Le sifflet à pigeon, esthétique et utilitaire. À propos des pièces de la collection François Dautresme

par Christophe Comentale

« Sans un sifflet sur le postérieur, pas facile de dire qu’on est un pigeon du vieux Pékin »

Le sifflet à pigeon ou sifflet à clochettes appartient à cette typologie d’objets liés au vent utilisés depuis un millier d’années. Ils sont fabriqués dans différentes régions de la Chine, ceux de Pékin sont traditionnellement les plus appréciés. Ils ont des liens étroits avec l’histoire et la culture de cette ville.

Les questions les plus immédiates qui viennent à l’esprit sont de savoir qui les fabrique, quelles sont les histoires en rapport avec ces sifflets.

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José Félix Cardenas-Castro, peintre, architecte et politique, entre exil et retour au Pérou (7)

par Alain Cardenas-Castro

[…] José Félix Cardenas Castro, appelé aussi le nouvel artiste, est quasiment un enfant, il n’a que dix-sept ans et n’a pas eu de professeur pour son art si ce n’est la Nature même, en la contemplant, il s’en est inspiré et en la reproduisant il a acquis un savoir-faire comme nous le montrent ses œuvres. […]

 Cet extrait de l’article intitulé « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », présente le dessinateur, peintre et architecte José Félix Cardenas-Castro (1899-1975), de manière élogieuse, comme un artiste émergeant à révéler au public. Cet article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917, met en avant le jeune autodidacte doué des talents certains de dessinateur et de peintre comme en témoignent les quatre œuvres reproduites en accompagnement de l’article. Une première peinture à l’huile, El Tocador de Quena (ill. 1) et trois dessins, Marena, India hiladora de los halrededores del Cuzco (ill. 2) ; Pasando un vado en el río Urubamba (ill. 3) ; El Correo (ill. 4).

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Le Musée du graffiti, œuvre d’art totale de Greg Arek

par Ma Li Dautresme et Alain Cardenas-Castro, coordination éditoriale de Christophe Comentale


« Le musée du Graffiti n’est pas. N’a jamais été. C’est ce postulat qui a enclenché la démarche ». Greg Arek, Propos d’escalier, 2019.

Si les tout premiers signes assimilables à des graffiti remontent à la présence d’éléments archéologiques, alphabétiques ou graphiques Est – Ouest et contemporains du Néolithique, des tentatives de mise en forme de signes autres ne cessent de se faire jour, comme cette singulière apparition d’un musée du graffiti dans un passage parisien est la plus récente illustration de cet intérêt reparu pour les écritures révélées et imaginaires. Parcours d’un artiste, essence et incarnation de soi-même.

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Difusión de conocimiento: sobre el establecimiento de un proyecto bilateral Francia Perú sobre las obras de Juan Manuel Cardenas-Castro (5)

por Alain Cardenas-Castro

traducido del francés por Teshy Castro Gutiérrez

Recientemente, en el curso de mis investigaciones sobre el importante corpus documental relacionado con el pintor y museógrafo Juan Manuel Cárdenas-Castro, pude identificar un ejemplo excepcional entre los elementos de este conjunto de obras pintadas o dibujadas, guardadas en colecciones privadas en Europa y Perú. Es una pintura titulada IMPRECION, que fue adquirida por el Estado francés con motivo del Salon du Franc[1] en 1926. Pertenece al FNAC (Fondo Nacional de Arte Contemporáneo). También descubrí algunos documentos audiovisuales raros, tres cortometrajes compuestos de secuencias en las que podemos ver a Juan Manuel Cardenas-Castro.

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Les porte-cartes chinois, de bois et d’ivoire  

par Odile Guichard et Christophe Comentale

Deux causes à cette évocation de porte-cartes chinois : la première, un achat de porte-carte en santal en Chine en 1995-6, la deuxième, une visite au musée Vouland début décembre 2018, l‘établissement possède une autre pièce assez similaire.

        

Porte-carte chinois, legs Louis Vouland (inv. 589-2) ; dimensions 9,6 x 5,9 x 1,2 cm


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Collages chinois [gēbèi  袼褙] et peintures portables d’Alain Cardenas-Castro

Par Ma Li Dautresme et Christophe Comentale

Exposition éphémère Collages chinois et peintures portables d’Alain Cardenas-Castro, 10 janvier 2019, espace loft Kils 47 rue d’Aboukir 75002.

« Faire dialoguer les cultures reste, pour un historien de l’art comme pour un créateur,  un parcours entre deux recyclages, parmi  deux esthétiques. Les récupérations à partir de facettes de tissu sont comme des feuilles de papier  pliées et dont chacune  va être vectrice d’écrit, comme  l’image d’un moment ». Alain Cardenas-Castro, Propos, janv. 2019.

Alain Cardenas-Castro, Peinture portable ou de poche (2019), acrylique sur papier, impression typographique, 6 x 6 x 2 cm repliée / 30 x 30 cm dépliée. © Alain Cardenas-Castro

Collage (XXe s., années 70), tissus divers, colle, 55 x 45 cm, photo A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Quelques éléments à propos des cages à oiseau chinoises

par Didier Scuderoni et Christophe Comentale

« N’est-il pas suffisant pour constituer l’œuvre d’art

Qu’une émotion se manifeste à propos de l’objet ? »

Michel Leiris.

Au fil des mises en place d’événements, de demandes de documentation de chercheurs, il est devenu indispensable de connaître de façon précise les richesses des réserves qui continuent de se remplir avec des donations – fussent-elles modestes – complémentaires à celle de Françoise Dautresme et suscitées par cette donation initiale.

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Regards sur l’art des aborigènes d’Australie, la collection Morteza Esmaili

Compte-rendu de l’exposition qui a eu lieu du 22 septembre au 17 novembre 2018. Château des deux amants, Les Deux Amants, 27380 Amfreville-sous-les-vents.     Contact : 06.76.29.53.36.

par Christophe Comentale et Ma Li Dautresme

« Au contact des aborigènes, on apprend à comprendre ce qu’il y a derrière les œuvres » M.E.

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Des images entre renouveau et tradition : les estampes japonaises de la collection Wessels

Compte-rendu par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Outre des collections de gravures occidentales riches, la Fondation Custodia[1] présente au fil de somptueuses expositions patrimoniales des ensembles de gravures d’autres aires culturelles, notamment des gravures américaines. Année du Japon oblige[2], les événements relatifs à ce pays et à ses aspects les plus variés se succèdent, comme ce florilège de quelque 200 gravures[3] dues à une cinquantaine d’artistes et couvrant les années 1900 à 1960. Un créneau chronologique original, qui intrigue. Il s’agit d’un florilège de la collection rassemblée par Elise Wessels depuis 25 ans et actuellement au Musée de l’estampe japonaise (Nihon no hanga) à Amsterdam.

Exposition Vagues de renouveau, à la Fondation Custodia – Collection Frits Lugt, du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019, 121 rue de Lille, Paris 7e. tlj sauf le lundi, 12h-18h.

Le créneau chronologique proposé a un peu de quoi surprendre — agréablement —, il quitte le créneau traditionnellement lié à l’âge d’or de la gravure sur bois japonaise et à ses polychromies et rendus techniques qui savent allier minutie ou vastes effets de pochades restitués avec un effet de surprise renouvelé. Une partie de ces œuvres a été réalisée durant l’ère Meiji – politique éclairée – (1868-1912), ère impériale durant laquelle le Japon décide une ouverture du pays sur l’extérieur.


Ci-dessus (ill. 4), Koizumi Kishio, Le temple Sengaku-ji sous la neige


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