Des sérigraphies de Nouvel an taiwanaises et propitiatoires

Accrochage de Nouvel an
Les œuvres sont exposées aux cimaises de la bibliothèque Yvonne Oddon du musée de l’Homme du 19 février au 30 mars 2018. Elles sont visibles du lundi au vendredi de 10h à 18h.

Le Musée de l’Homme dresse sa masse imposante au sommet de la colline de Chaillot. Fondé en 1937, il est l’un des douze sites du Muséum national d’histoire naturelle. Le cœur du bâtiment reçoit les collections constituées dans un but concret : initier ou conforter des recherches entreprises au sein des laboratoires du Muséum. Il conserve parmi ses fonds un ensemble de gravures sur bois et de sérigraphies porte-bonheur taiwanaises et chinoises anciennes et contemporaines.

La réalisation des œuvres, de leur conception à leur impression, a fait l’objet de différentes études qui ont montré la présence de ces œuvres à la fois appréciées en raison de leur impact propitiatoire, festif que de leur reflet dans le monde de la création contemporaine. Les plasticiens savent donner toute sa force à ce type de pièces liées à une fête très populaire, en même temps  qu’ils continuent de développer un œuvre personnel et fort.  
Si les études sur la réalisation des gravures sur bois sont nombreuses, celle des sérigraphies n’a pas encore fait l’objet d’un travail spécifique.

La production des sérigraphies de Nouvel an est une approche originale à laquelle le ministère de la culture de Taiwan s’attache depuis plusieurs décennies. Cet ensemble unique rassemble les œuvres d’artistes qui ont laissé la trace de leur œuvre au niveau national et international

 

Chen Qiaoyu, Taiwan, 2010, Dix mille lapins a ccueillent cent années de bonheur, gr sur bois

Chen Xiurui, Accueillir le printemps, Année du Rat, Taiwan, 1995, sérigraphie

 

ZHU Weibo, Année du Cheval, 2002, sérigraphie

 

 

 

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De la construction à la destruction sur la colline de Chaillot : un enchevêtrement entre histoire, architecture, anthropologie et art contemporain

 

Par Alain Cardenas-Castro

Un récent appel d’offre émanant de l’INHA — appel à contribution pour le numéro 2018-2 de la revue Perspective et relatif à la destruction — m’a permis de remettre un texte correspondant à la problématique donnée.

Cela a été l’occasion de faire le point sur quelques-unes de mes recherches in situ, en particulier lors d’œuvres réalisées au Musée de l’Homme dans un contexte bien particulier, à savoir la transition entre l’ancien et le nouveau musée. Je renvoie pour ce sujet au texte paru sur le blog Sciences et art contemporain en date du 29 octobre 2017.

Mes recherches ne se limitent pas à cet aspect des choses. En effet, j’ai, au cours de mon activité de fresquiste et de théoricien / praticien de l’image murale, proposé des sujets ou répondu à des appels d’offres divers. Au centre de mon propos, il s’agissait de l’occupation d’un lieu qui impliquait un changement d’image, une occultation d’une image précédente, recouverte de façon non destructive, ou bien, si les conditions ne le permettaient pas, de prendre possession complète des lieux. Ainsi les mises en place relatives du réel, à des simulations de réel exécutées lors de projets de différents ordres, à savoir, d’une part des commandes d’institutions et de particuliers pour créer des murs peints à fresque ou des peintures murales, et d’autre part d’œuvres qui se sont imposées à moi, toutes, sans exception m’ont poussé à travailler sur cet apport / destruction du réel qui génère un équilibre entre plein et vide, ou au contraire, le réduire à néant.

Je livre ci-après le projet – non retenu – transmis pour répondre à l’appel d’offre de l’INHA. Je le livre tel quel, sachant qu’il doit par ailleurs être alimenté et étoffé dans le contexte d’un séminaire Est – Ouest à venir.

Le point sera fait, en son temps, sur ce même blog.

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Des grandes expositions nationales au Palais des Beaux-arts de Pékin

par Christophe Comentale

Le sujet revient avec une forte récurrence, désormais acceptée, fatidique,  sous la plume des journalistes occidentaux, désarmés, désorientés et effarouchés, face à ce fonctionnement gouverné par une logique non hexagonale : qu’est-ce qu’une « grande exposition » en Chine ?

Est-ce une exposition de prestige, à caractère international, permettant surtout de vérifier le beau fixe des relations bilatérales entre la Chine et un pays, en l’occurrence « ami » ? Est-ce la tenue d’une vente aux enchères qui regroupe l’œuvre d’une période, d’un créateur ? Est-ce une exposition monographique sur un créateur chinois ancien, moderne ou contemporain ?

En fait rien de tout cela, mais un peu quand même.

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Pierre Molinier, l’obsession de l’image réplique

Par Alain Cardenas-Castro

Trente ans après sa mort, Pierre Molinier a fait l’objet d’une redécouverte qui n’a laissé personne indifférent. Connu de son vivant surtout comme peintre et photographe, mais aussi dessinateur et graveur, il a entretenu une correspondance avec André Breton, Jean-Jacques Pauvert, Eric Losfeld, Pierre Bourgeade. Cet ensemble épistolaire est la chronique essentielle sur sa vie et son œuvre. Fétichiste, obsessionnel du corps, le sien, Molinier s’avère un créateur hors normes de photomontages complexes et sensuels, d’inspiration tantrique. Portrait d’un obsessionnel de soi à travers un œuvre dense et inclassable !

Alain Cardenas-Castro (2017) dessin 14 x 9 cm sur carnet Moleskine, d’après Pierre Molinier (autoportrait) 1938. 

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L’espace de l’atelier et au-delà : à propos d’une esquisse représentant Juan Manuel Cardenas-Castro (1)

Par Alain Cardenas-Castro

Ce texte est le premier  d’une série d’articles relatifs au peintre Juan Manuel Cardenas-Castro. Ces articles seront publiés au fil de la progression de mes recherches sur ce peintre qui a influencé mon propre processus de création. D’abord, en étant mon précepteur artistique, ensuite, en devenant un modèle vivant que j’ai dessiné et peint et parfois modelé. Enfin, ce modèle traduit plastiquement s’est révélé comme un élément graphique récurrent dans mon œuvre. A partir de là, il a contribué aussi au développement de certains de mes thèmes graphiques et de leur évolution, tant technique que symbolique ou signifiante.

Alain Cardenas-Castro   L’espace de l’atelier (1981) Huile sur bois 53 x 30 x 2 cm. Coll. A. Cardenas-C. © Alain Cardenas-Castro

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Zhu Xinjian, gravure, pages et carnets d’artiste au pays des fleurs

par Christophe Comentale

Zhu Xinjian (ca 2012)

Dessinateur et lettré reconnu en Chine, Zhu Xinjian refuse toute position officielle ; il démontre que la liberté de la création, surtout quand elle s’installe dans une marginalité voyante, se monnaye au fil d’une vie tout en méandres au sein de son pays. Un séjour en France lui fait découvrir les ressources de la gravure et des carnets d’artiste. Et surtout, son rapport au texte et à l’image met face à un créateur singulier dont l’excentricité laisse cet émule de Goltzius, récemment disparu, entre incrédulité et admiration. Continuer la lecture

Art in situ, un projet art (mural) et science au Muséum national d’Histoire naturelle

Par Alain Cardenas-Castro

L’esprit des lieux : de l’ancien au nouveau Musée de l’Homme

Le nouveau Musée de l’Homme est issu d’une histoire complexe. Il est d’abord l’héritier du Musée d’ethnographie du Trocadéro fondé en 1878 qui s’est métamorphosé ensuite en Musée de l’Homme grâce à son fondateur Paul Rivet.

Nous pouvons constater aujourd’hui que ce nouveau musée réaffirme le concept unique de musée laboratoire du musée de l’Homme, créé en 1937, par une approche pluridisciplinaire de l’Être humain au croisement des sciences naturelles et des sciences humaines.

Depuis son ouverture, le nouveau Musée de l’Homme, animé d’une volonté de pluridisciplinarité, propose au public des événements culturels reliant l’art et la science, tout en laissant une place nouvelle à l’art contemporain.

Alain Cardenas-Castro, Musée de l’Homme in situ (2013), Acrylique et encre de Chine, 50 m2        État de la peinture murale en septembre 2014      © Jean-Christophe Domenech – MNHN

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Masques tibétains : dramaturgie, ethnologie et art contemporain

Par Alain Cardenas-Castro

Le colloque Masques tibétains qui a eu lieu au centre OMDP de Lodève le 3 octobre 2017 m’a permis de faire le point sur trois aspects particuliers de ces objets.

J’ai utilisé ma double culture de plasticien et de muséographe-médiateur pour redéfinir ce contexte spécifique.

21 masques de l’art de l’opéra tibétain (XXe s.) Louanges aux vingt et une taras, tangkhas, masques et bronzes de l’art tibétain, OMDP, Lodève 2017 © Alain Cardenas-Castro

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Un aspect singulier du bouddhisme tibétain : les louanges aux vingt et une taras  

Présenter l’art tibétain à travers des pièces historiques ou contemporaines est toujours un événement singulier : le poids de l’histoire récente ne cesse d’être un prisme déformant qui pèse de façon anamorphique sur le regard du spectateur occidental, que celui-ci soit un curieux, un chercheur ou bien un habitué des images les plus inattendues. Pour tout sinologue, habitué à l’étude de différentes provinces, celle du Tibet reste une approche difficile d’une civilisation autre, complexe, mais forte.

Louanges aux vingt et une Taras, tangkhas, masques et bronzes de l’art tibétain,                            OMDP Lodève 3-30 octobre 2017, affiche de l’exposition                    © Art exhibitions China

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Les peintures, livres d’artiste,  installations de papier de Yuan Chin-taa

Au musée Marcel Sahut de Volvic.

Du 29 septembre au 3 novembre 2017 a lieu le deuxième volet de l’exposition itinérante qui, du Salon international du livre d’artiste Pages en mai s’achève dans la région Auvergne avant de se poursuivre en novembre et décembre prochains au centre multiculturel de Lodève, OMDP.

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