A propos de donation et d’accrochages de sérigraphies de Nouvel an (année 2018) et aussi des lithographies de Nouvel an taïwanaises, principalement des sérigraphies et aussi des lithographies, gravures sur bois (année 2017) conservées à la bibliothèque Yvonne Oddon

par Christophe Comentale

L’accrochage a lieu du 19 février au 31 mars 2018. La bibliothèque accueille les visiteurs du lundi au vendredi, de 10 à 18 heures.

PROPOS INTRODUCTIFS ET MISE AU POINT

Depuis près de quarante ans, je regarde des images. Des images du pays où je vis, mais aussi et surtout d’autres lieux, afin de voir les relations qui vont de l’un comme de l’une à l’autre. Mon attention s’est concentrée sur les images de l’Asie sinisée.

A priori, une image est unique. Afin de pouvoir en garder trace, une impression par tous les moyens possibles est encore la façon la plus évidente d’en garder une trace lorsqu’elle est donc imprimée à un nombre variable d’exemplaires.

Je suis au Muséum depuis une vingtaine d’années, et, au cours de missions – parfois antérieures à cette affectation – diverses et variées, j’ai constitué une collection d’images chinoises et taiwanaises. J’en avais, à la demande de collègues du département d’ethnologie, fait quelques moissons qui rejoignaient alors les fonds de l’institution. Après avoir pris mes fonctions, les choses ont continué, le travail aussi. Différentes expositions ont permis d’en montrer la variété, des conférences et colloques ont également été les moyens assez logiques de montrer l’importance de ces images au sein des sociétés asiatiques sinisées contemporaines. Une habilitation passée voilà quelques années à Paris-Sorbonne a permis de fédérer ces recherches. Elle est consultable dans différentes bibliothèques. J’ai, parallèlement, souhaité commencer à donner des images collectées depuis ces décennies passées.

L’intérêt des collègues en charge du patrimoine au sens le plus large a permis l’an passé et cette année de montrer un florilège de pièces chinoises (en 2017) et taiwanaises (en 2018). Je les en remercie.

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Des sérigraphies de Nouvel an taiwanaises et propitiatoires

Accrochage de Nouvel an
Les œuvres sont exposées aux cimaises de la bibliothèque Yvonne Oddon du musée de l’Homme du 19 février au 30 mars 2018. Elles sont visibles du lundi au vendredi de 10h à 18h.

Le Musée de l’Homme dresse sa masse imposante au sommet de la colline de Chaillot. Fondé en 1937, il est l’un des douze sites du Muséum national d’histoire naturelle. Le cœur du bâtiment reçoit les collections constituées dans un but concret : initier ou conforter des recherches entreprises au sein des laboratoires du Muséum. Il conserve parmi ses fonds un ensemble de gravures sur bois et de sérigraphies porte-bonheur taiwanaises et chinoises anciennes et contemporaines.

La réalisation des œuvres, de leur conception à leur impression, a fait l’objet de différentes études qui ont montré la présence de ces œuvres à la fois appréciées en raison de leur impact propitiatoire, festif que de leur reflet dans le monde de la création contemporaine. Les plasticiens savent donner toute sa force à ce type de pièces liées à une fête très populaire, en même temps  qu’ils continuent de développer un œuvre personnel et fort.  
Si les études sur la réalisation des gravures sur bois sont nombreuses, celle des sérigraphies n’a pas encore fait l’objet d’un travail spécifique.

La production des sérigraphies de Nouvel an est une approche originale à laquelle le ministère de la culture de Taiwan s’attache depuis plusieurs décennies. Cet ensemble unique rassemble les œuvres d’artistes qui ont laissé la trace de leur œuvre au niveau national et international

 

Chen Qiaoyu, Taiwan, 2010, Dix mille lapins a ccueillent cent années de bonheur, gr sur bois

Chen Xiurui, Accueillir le printemps, Année du Rat, Taiwan, 1995, sérigraphie

 

ZHU Weibo, Année du Cheval, 2002, sérigraphie

 

 

 

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Des grandes expositions nationales au Palais des Beaux-arts de Pékin

par Christophe Comentale

Le sujet revient avec une forte récurrence, désormais acceptée, fatidique,  sous la plume des journalistes occidentaux, désarmés, désorientés et effarouchés, face à ce fonctionnement gouverné par une logique non hexagonale : qu’est-ce qu’une « grande exposition » en Chine ?

Est-ce une exposition de prestige, à caractère international, permettant surtout de vérifier le beau fixe des relations bilatérales entre la Chine et un pays, en l’occurrence « ami » ? Est-ce la tenue d’une vente aux enchères qui regroupe l’œuvre d’une période, d’un créateur ? Est-ce une exposition monographique sur un créateur chinois ancien, moderne ou contemporain ?

En fait rien de tout cela, mais un peu quand même.

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Le courant néolettré entre tradition et ouverture au monde contemporain, les parcours de Fan Yifu

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

L’art chinois contemporain est, depuis deux bonnes décennies, l’objet d’attentions plutôt étrangères à l’esthétique et au travail des artistes, favorisés dans une société où l’attention à la création a été mise en avant, à l’égal de celle des produits de consommation autres. Il n’empêche que les processus d’élaboration, de réflexion de toute création induisent, requièrent de la part des artistes une attention qui s’inscrit dans la durée. C’est le critère qui rend compte de ce que sont le poids et la force de la création : Fan Yifu est l’un de ceux là. Portrait d’un lettré entre ciel et terre.

FAN Yifu, Marche en bord de mer (2011) lavis sur papier, 145 x 367 cm

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Masques tibétains : dramaturgie, ethnologie et art contemporain

Par Alain Cardenas-Castro

Le colloque Masques tibétains qui a eu lieu au centre OMDP de Lodève le 3 octobre 2017 m’a permis de faire le point sur trois aspects particuliers de ces objets.

J’ai utilisé ma double culture de plasticien et de muséographe-médiateur pour redéfinir ce contexte spécifique.

21 masques de l’art de l’opéra tibétain (XXe s.) Louanges aux vingt et une taras, tangkhas, masques et bronzes de l’art tibétain, OMDP, Lodève 2017 © Alain Cardenas-Castro

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Un aspect singulier du bouddhisme tibétain : les louanges aux vingt et une taras  

Présenter l’art tibétain à travers des pièces historiques ou contemporaines est toujours un événement singulier : le poids de l’histoire récente ne cesse d’être un prisme déformant qui pèse de façon anamorphique sur le regard du spectateur occidental, que celui-ci soit un curieux, un chercheur ou bien un habitué des images les plus inattendues. Pour tout sinologue, habitué à l’étude de différentes provinces, celle du Tibet reste une approche difficile d’une civilisation autre, complexe, mais forte.

Louanges aux vingt et une Taras, tangkhas, masques et bronzes de l’art tibétain,                            OMDP Lodève 3-30 octobre 2017, affiche de l’exposition                    © Art exhibitions China

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Les peintures, livres d’artiste,  installations de papier de Yuan Chin-taa

Au musée Marcel Sahut de Volvic.

Du 29 septembre au 3 novembre 2017 a lieu le deuxième volet de l’exposition itinérante qui, du Salon international du livre d’artiste Pages en mai s’achève dans la région Auvergne avant de se poursuivre en novembre et décembre prochains au centre multiculturel de Lodève, OMDP.

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Didier Scuderoni : au fil des peintures et des sculptures, 30 années de création

Didier Scuderoni Natures Est-Ouest : œuvres au lavis de Didier Scuderoni et Yang Ermin.

Espace culturel de Baoding (province du Hebei, Chine). Du 21 septembre au 5 octobre 2017. Catalogue bilingue français-chinois.

Né en 1964 à Privas, dans le département de l’Ardèche, de père italien et de mère normande, Didier Scuderoni s’intéresse très tôt au dessin et aux images. Adolescent, il va montrer sa soif de créer en réalisant de nombreux dessins au fusain. A 15 ans, il fait des pastels gras, puis, à 17 ans ; exécute sa première peinture murale extérieure.

Titulaire d’un diplôme d’ébéniste puis de peintre en lettres, c’est dans cette dernière filière  qu’il s’oriente, il complète ensuite son expérience professionnelle par une formation de céramiste et une formation de plasticien orientée vers le travail des résines.

Bon vivant, tourné vers les plaisirs que l’existence sait donner, Didier Scuderoni alterne travail et voyages, d’où les nombreux séjours effectués au Burkina-Fasso, au Togo, au Ghana, en Italie, en Grèce, Egypte, Espagne, Portugal, Grande Bretagne, Hollande puis en Chine et à Taiwan.

Didier Scuderoni, sculpteur muraliste et peintre                       © Didier Scuderoni

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Parcours d’un fresquiste : formation, expériences et approches autres

Par Alain Cardenas-Castro

A l’issue du colloque organisé autour de l’exposition « La peinture au pigment de Dunhuang   • 敦煌岩彩画 », colloque  mis en place dans le cadre de la convention triennale entre l’Académie de Dunhuang et le Muséum national d’Histoire naturelle 5 chercheurs — cinq peintres-fresquistes de l’institut de Dunhuang, et deux chercheurs du Muséum, ont proposé leurs « Regards Est – Ouest sur les murs et fresques et l’art contemporain » au Centre multiculturel OMDP de Lodève, le 1er septembre 2017.

QUELQUES RAPPELS

Lors de cette journée de réflexion et de recherche j’ai présenté mon parcours de plasticien fresquiste et médiateur-chercheur au Muséum, depuis ma formation à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ENSBA) jusqu’à mes investigations actuelles. Ce parcours s’effectue autour des liens entre la peinture murale et le livre en passant par les différentes recherches et productions plastiques que j’ai pu mener.

Cette présentation s’est articulée en trois parties : d’abord, la partie dédiée à la formation à la technique de la peinture à fresque que j’ai suivie à L’ENSBA, ensuite, celle englobant les différentes expériences menées au cours de mon parcours artistique en tant que muraliste. Ces expériences convergent pour certaines vers mes activités de muséographe au travers d’exemples choisis. Enfin, la dernière partie, regroupe des approches expérimentales en art mural, qui participent de mes recherches plastiques, provoquant une synergie ouverte.

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Le renouveau de la peinture contemporaine au pigment de Dunhuang          

Huang Liuwen, Naissance (2016) couleurs minérales sur papier, 150 × 120 cm.             黄留芳 出生 纸本、矿物色。

Compte-rendu d’exposition

Centre multiculturel OMDP de Lodève du 1er au 29 septembre 2017

par Christophe Comentale

▀ Quarante-quatre œuvres peintes au pigment par 18 artistes travaillant à Dunhuang constituent les fleurons de l’exposition Le renouveau de la peinture au pigment de Dunhuang. Les oeuvres occupent quelque 800 m2 répartis sur les trois niveaux de cette église, un bâtiment construit en 1863, qui a conservé différents éléments peints à fresque. Le bâtiment, a été restauré et mis aux normes permettant la tenue d’expositions répondant aux demandes internationales. Il a, par ailleurs, conservé quelques éléments peints à fresque au XIXe siècle, cette heureuse coïncidence montre l’importance d’une technique extrêmement connue et populaire Est-Ouest.

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