Archéologie du geste graphique. Genèse, évolution et systématisation de la pensée pictographique en Chine du Néolithique à la dynastie des Tang

文之考:中國新石器時代至唐代象形思維之誕生、演變及系統化

Muséum national d’Histoire naturelle

École doctorale n° 227 
«Science de la Nature et de l’Homme : écologie et évolution»

THÈSE POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR DU MUSÉUM

DISCIPLINE : ANTHROPOLOGIE CULTURELLE

PRÉSENTÉE PAR HU JIAXING

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A la croisée de collections d’art entre Asie et Occident (du XIXe siècle à nos jours)

Ouvrage collectif dirigé par Marie Laureillard et Cléa Patin, éditions Hémisphères, 2019 (417 pages de texte + 72 pages d’illustrations couleur).

par Marie Laureillard

Pierre à encre de la collection Yang Ermin, Li Bai ivre [époque républicaine (1912-1949)], calcaire, 33,5 x 23 x 4,5 cm. © Collection Yang Ermin.

Depuis trois siècles au moins, l’Occident est fasciné par l’art d’Extrême-Orient. Les Asiatiques, quant à eux, collectionnent leur propre production artistique à diverses fins ou se passionnent pour l’acquisition d’œuvres étrangères. L’objet de l’ouvrage A la croisée de collections d’art entre Asie et Occident (du xixe siècle à nos jours) est d’identifier divers types de collectionneurs et de collections d’art asiatique en Occident ou en Asie, à l’époque moderne et contemporaine, à travers une approche interdisciplinaire mêlant histoire de l’art, esthétique, anthropologie, sociologie, économie ou politique. Les collections étudiées relèvent tantôt de l’art, tantôt de l’artisanat, tantôt d’artefacts d’usage quotidien, populaire ou rituel. L’ouvrage aborde ces questions selon plusieurs points de vue, celui des collectionneurs, celui des collections institutionnelles et collectives, celui du marché de l’art et des enjeux identitaires, avant d’examiner les diverses formes que peuvent revêtir ces rencontres transculturelles.

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Les manuels de peinture

par Christophe Comentale

Le statut de l’artiste chinois est et reste particulier au fil des dynasties. En tout premier lieu, la technique doit être maîtrisée à un degré tel que l’artiste doit s’être complètement libéré de toute contrainte gestuelle. Alors seulement, il sera en mesure de développer les thèmes qui lui tiennent à cœur. Ainsi, les apprentis-peintres ont-ils des modèles auxquels ils recourent pour s’entraîner à copier tous les thèmes possibles, il s’agit des manuels de peinture. On en trouve déjà trace dans les nombreux manuscrits découverts à Dunhuang, mais c’est avec la dynastie des Ming (1368-1644) que l’imprimerie a laissé des témoignages nombreux de ce type de manuel, ce qui est lié au développement particulièrement intense de l’image, connue par les éditions xylographiques qui en conservent la mémoire. C’est aussi sous les Ming que l’estampe en couleurs est à son apogée et produit des impressions polychromes particulièrement réussies et souvent copiées, permettant ainsi de véhiculer ces modèles innombrables. Un des documents particulièrement représentatifs de ce type d’édition est le « Studio des dix bambous » (shizhuzhai huapu).

Une typologie vaste de manuels didactiques

(ill.1) Le Corpus des antiquités en planches, « Bogutulu » [ 博古图录]

L’on se doit de mentionner d’autres manuels de peinture afin de montrer l’importance prise par ce type de documents et également la diversité de ces manuels, d’intérêt parfois inégal. Ainsi, parmi ces nombreux recueils, l’on peut distinguer le « Jiya huapu »[集雅画谱], « Shiyü huapu »诗余画谱[ ], « Huasou » [画薮 ], « Xuehu meipu » [雪湖梅谱], Chengshi zhupu [ 程氏竹谱], Chengshi mofan [程氏墨范], Baiyong tupu [ 白咏图谱], Baimei tupu [ 百美图谱], Suoyuan shipu [索园石谱 ],.. Ces volumes, à contenu didactique, se rapprochent parfois d’autres ouvrages encyclopédiques plus larges, couvrant davantage de domaines, tels le Corpus des antiquités en planches, « Bogutulu » [ 博古图录] (ill.1), sorte de sommaire illustré relatif aux pièces antiques, en particulier jades et bronzes, des notices précises accompagnent chaque planche xylographique, « Renjing yangqiu » [人镜阳秋], « Tiangongkaiwu » « Wujingzongyao [武经总要 ], Yangzhang tujie » [ 养正图解], « Guifan tushuo [闺范图说 ], Zhuangyuan tushuo [ 状元图考]. Quelques ouvrages, devenus, comme tous ceux cités, très rares en édition originale, ont fait l’objet de retirages successifs. Certains de ces ouvrages sont considérés comme particulièrement représentatifs du savoir et des centres d’intérêt des clercs.

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Œuvres au lavis, sculptures de Yang Ermin et pierres à encre de sa collection

Musée Marcel Sahut, Volvic, du 21 septembre au 30 novembre 2019.

Commissariat de Christophe Comentale et Gwenn Gayet

Grâce au dynamisme éclairé du maire de Volvic, Mohand Hamoumou, le musée Marcel Sahut qui a fait l’objet d’une récente rénovation, continue de mettre en œuvre une politique d’expositions ouvertes. Il accueille l’œuvre de Yang Ermin, au total une quarantaine de lavis réalisés des années 80 à 2019, ainsi que deux sculptures en bronze de ce créateur.

Yang Ermin devant une œuvre récente lors de l’inauguration de son exposition. (à gauche) Yang Ermin, (2e à gauche, le maire de la ville, Mohand Hamoumou), des membres du Conseil municipal, parmi lesquels Daniel Baptiste, Nicole Laurent ; (à droite) Gwenn Gayet, directrice du Musée Sahut.

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Livres chinois

Sélection de livres chinois tirés des collections de la bibliothèque de Fels.

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels, Exposition du 16 septembre au 16 octobre 2019.

Commissariat, Guillaume Boyer et Christophe Comentale.

Propos introductifs

Les fonds riches et divers de la bibliothèque de Fels contiennent des livres chinois d’époques et de formats différents. Ces ouvrages en chinois édités en Chine par des Chinois mais aussi par des Français lors du positionnement des hommes d’Église ou des savants occidentaux en Chine, montrent la diversité de l’histoire de l’imprimerie en Chine et aussi l’évolution des images traitées au fil des exemples choisis. Les étudiants en histoire de l’art de la filière Asie complèteront leurs cours par des exemples vus en situation, tout comme les étudiants de l’Institut catholique de Paris, conscients du poids de ce pays dans le monde actuel, feront preuve de curiosité en passant dans ce lieu convivial qu’est la bibliothèque.

Grands utilisateurs des technologies de ce siècle, les Chinois restent des collectionneurs de pièces patrimoniales dont les livres constituent le maillon essentiel du lettré, de l’homme cultivé et battant de la Chine contemporaine.

Outre les fonds anciens, les dons et acquisitions ne cessent d’enrichir le patrimoine de l’établissement. Plusieurs dizaines de livres sont récemment entrés dans les collections de la bibliothèque de Fels, il s’agit des fonds de livres donnés grâce à la générosité de Françoise Dautresme. Ces documents ont été acquis par son cousin François Dautresme, marchand, collectionneur et fondateur de la Compagnie française de l’Orient et de la Chine. Grâce à une immense curiosité, à un goût sûr, il a pu montrer que les Chinois aiment les beaux objets.

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Art textile chinois : de la soie au coton

Le musée chinois du quotidien, 2 blvd Jean Jaurès, Lodève. Exposition de pièces chinoises, du 13 septembre au 13 octobre 2019. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 13h et de 16 à 20h. Inauguration le jeudi 12 septembre à 19h.

Co-commissaires de l’exposition : jean-Christophe Mironneau et Didier Scuderoni

Exposition d’un florilège de pièces de vêtements chinois provenant de collections privées, notamment de la donation Françoise Dautresme. Cette manifestation a lieu dans la chapelle des pénitents blancs, superbe édifice du XIXe siècle. Rappelons que cet établissement est coutumier d’expositions diverses et variées depuis une dizaine d’années. Jean-Christophe Mironneau, co-commissaire de l’exposition a ainsi voulu privilégier les rapports, les filières, entre ce patrimoine du quotidien et la sensibilité d’une dizaine d’artistes de la région.

Le commissaire de l’exposition, Didier Scuderoni, dans les réserves du Musée chinois du quotidien

Afin de donner une dimension particulière à ces pièces très diverses, mais qui, toutes, ont la cohérence de l’esthétique chinoise « beauté et pratique d’utilisation », Didier Scuderoni, en concertation avec Françoise Dautresme – également créatrice de vêtements pour la CFOC – a décidé de présenter des tissus aussi différents que peuvent le permettre l’utilisation de la soie, du coton ou des fibres végétales, notamment de palmier. Fidèle à sa vocation, ce lieu d’exposition a mis l’accent sur les pièces de vêtement portés au quotidien, il n’empêche que certaines, plus anciennes, reflètent des pratiques sociales autres.

 

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Le sifflet à pigeon, esthétique et utilitaire. À propos des pièces de la collection François Dautresme

par Christophe Comentale

« Sans un sifflet sur le postérieur, pas facile de dire qu’on est un pigeon du vieux Pékin »

Le sifflet à pigeon ou sifflet à clochettes appartient à cette typologie d’objets liés au vent utilisés depuis un millier d’années. Ils sont fabriqués dans différentes régions de la Chine, ceux de Pékin sont traditionnellement les plus appréciés. Ils ont des liens étroits avec l’histoire et la culture de cette ville.

Les questions les plus immédiates qui viennent à l’esprit sont de savoir qui les fabrique, quelles sont les histoires en rapport avec ces sifflets.

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Les épingles de tête chinoises Les accessoires de la coiffure à travers le monde et l’histoire

中国历代簪

par Christophe Comentale

La société chinoise, toujours considérée comme complexe, constamment vue à l’aune de deux sentiments extrêmes, ceux du merveilleux ou de l’horrible, ne cesse de révéler des éléments de son raffinement qui justifient, à l’égal des autres grandes civilisations, ces appellations où la prudence et la méfiance sont intimement mêlées.

Approche d’un élément beaucoup vu, peu connu, l’épingle de tête. Cet exposé traite majoritairement de l’épingle à cheveux liée à son contexte au sein d’une classe sociale où l’apparat comporte ses règles propres, et s’avère un élément essentiel du raffinement, plutôt dévolu à la femme, l’homme de valeur est autrement attentif à son aspect extérieur.

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La collection François Dautresme entre objets d’art populaire et design intuitif

par Ma Li Dautresme
Propos introductifs d’Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Depuis la création du Musée chinois du quotidien le 11 juillet 2017, les choses ont un peu évolué, mais pas de façon exagérée !
La vie d’un musée est faite de répétition(s), toutes dans une continuité : il y a ce que le public voit quand il entre visiter les lieux, il y a aussi tout le travail de préparation, de conservation, les mouvements des collections, des objets. Bref tout ce qui se fait, en interne, pour que, progressivement, au fil du temps, les choses avancent. Cet axe bien spécifique, le travail sur les collections, ne cesse de préciser le statut et la valeur spécifique des pièces.
En parallèle, il est normal que des publications étoffent, accompagnent cet ensemble de données.
C’est pourquoi nous avons demandé à Ma Li Dautresme, elle aussi à l’initiative de ce beau projet, de nous livrer le fruit de son observation sur les collections familiales. Elle a choisi un texte  qui a déjà quelques années : il s’agit de son mémoire La collection François Dautresme entre objets d’art populaire et design intuitif, texte rédigé en 2016 alors qu’elle fréquentait l’école Camondo (Paris).

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