Zhu Xinjian, gravure, pages et carnets d’artiste au pays des fleurs

par Christophe Comentale

Zhu Xinjian (ca 2012)

Dessinateur et lettré reconnu en Chine, Zhu Xinjian refuse toute position officielle ; il démontre que la liberté de la création, surtout quand elle s’installe dans une marginalité voyante, se monnaye au fil d’une vie tout en méandres au sein de son pays. Un séjour en France lui fait découvrir les ressources de la gravure et des carnets d’artiste. Et surtout, son rapport au texte et à l’image met face à un créateur singulier dont l’excentricité laisse cet émule de Goltzius, récemment disparu, entre incrédulité et admiration.

De la formation et des premières expériences du lettré

Zhu Xinjian naît en 1953 à Dufang, dans la riche province côtière du Jiangsu, à quelque trois cents kilomètres de Shanghai. Dès l’enfance, la scolarité est partagée entre l’école et le milieu familial pour l’apprentissage de la littérature, de la connaissance du répertoire du théâtre et la pratique de la calligraphie. Il suit, outre un enseignement relatif à la peinture, des études sur les textes et la pein­ture ancienne au département des arts de l’Académie des arts de Nankin où il obtient son diplôme en 1980. Une fois l’environnement universitaire quitté, il effectue des voyages en Chine, et très vite, s’intéresse à la littérature classique dont des éditions illustrées en gravure sur bois ou en lithographie circulent dans le sud du pays dont Shanghai, un lieu éditorial important. Il projette de réaliser, comme nombre de ses aînés, écrivains et artistes, Xu Beihong, Zao Wu-ki, Zhu Dequn,…un séjour en France, le creuset nécessaire pour la pleine réalisation de l’artiste, notamment aux Beaux-arts de Paris dont il sait l’extrême liberté d’action laissée à chaque créateur, de passage ou résident. Très tôt, son intérêt pour le sexe faible se manifeste à travers ses descriptions de beautés fuyantes qui mon­trent que le nu est envisageable dans bien des contextes.

Zhu Xinjian, Intimité (1990) Encre et coul. en lavis, 51 x 52 cm. (coll. particulière)

En 1986-1987 il illustre déjà de nombreux livres d’enfants et vend, au fil des rencontres, ses dessins érotiques. Il suit en cela les pratiques d’autres artistes de cette province du Jiangsu déjà consacrées dès la fin du XIXe s. avec. Les thèmes choisis sont ceux prisés par la classe cultivée, lettrée, mais aussi par des esprits libres qui savent que depuis la dynastie mandchoue et sous le régime communiste, la pruderie est de mise. En parallèle à des scènes proches de natures mortes (ill.) comme des descriptions alliant une théière, un vase contenant une branche de prunus, thème de la réunion, du discours, de la chance aussi, les descriptions de femmes assez dévêtues nées des romans érotiques classiques de la période impériale, comme Femmes derrière un voile, l’Oreiller de chair, … Cette approche est plus facilement acceptée mais elle doit rester extrêmement discrète, voire inexistante.

Le voyage à Paris

En 1990, Zhu expose à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, loge un moment chez des collègues à la Cité des arts, sise au cœur historique de la capitale, proche de Notre-Dame, puis il réussit à habiter au plus profond du 16e arrondissement, le quartier le plus fermé et feutré sur l’extérieur. Un arrondissement et des quartiers qui, en raison de leur architecture somptueuse, celle qui accueille au XIXe siècle une domesticité nombreuse dans ces maisons de ville, suites d’appartements aux proportions généreuses, permet aux exploités de trouver à loger dans des combles et chambres aménagés de façon plus ou moins vivable. C’est dans le quartier du Ranelagh que Zhu trouve une chambre de bonne comprenant pour tout mobilier un lit d’une personne, une table mais dépourvue de siège. J’habite à ce moment là dans le 12e arrondissement, proche du bois de Vincennes et du Musée national de l’immigration qui est alors le Musée des arts africains et océaniens.

Nous sympathisons vite et nous voyons souvent : il aime bien prendre l’autobus, le 63, dont le parcours lui permet d’effectuer un périple d’ouest en est, assez joli, « romantique », et idyllique de Paris, d’abord à travers les avenues ombragées par une double rangée de marronniers des deux côtés de l’artère et de la contre-allée de l’avenue George Mandel. Une fois place du Trocadéro, le bus descend l’avenue du président Wilson qui passe devant les musées de la mode, Guimet, l’immeuble de l’actuelle fondation Yves Saint Laurent et le musée d’art moderne de la ville de Paris. Il passe le pont de l’Alma, suit le quai de la Seine d’où l’on voit de l’autre côté les Grand et Petit Palais, puis les Tuileries, le Louvre. De là le boulevard Saint Germain, Notre-Dame, la Bastille et ce parcours touristique dépasse la gare de Lyon pour s’achever derrière la mairie du 12e ornée de statues dans le style de Michel-Ange, revues selon l’esthétique du XIXe siècle au sein d’un quartier mêlé, habité par des ouvriers et par les classes moyennes.

Je vais le chercher à l’arrêt du bus à un carrefour de chez moi en fin de matinée. Il est déjà là, cigarette au bec, assis sur une chaise de style Louis XVI pour boudoir : elle a bien une centaine d’années, tout en bois avec des nœuds sculptés et marquetés dans le dossier ; le cannage de l’assise est en bon état. Il l’a trouvée en bas de chez lui près des poubelles et est venu ainsi afin de ne pas remonter les six étages. Il apprécie tout particulièrement l’ascenseur du bâtiment années 30, un de ces modèles dont la cage d’escalier est en ferronnerie, équipée d’une cabine en bois : à la partie supérieure, les encadrements des deux portes vitrées sont ornés de motifs biseautés. Les gonds permettent les entrées et sorties des utilisateurs.

  • Je rêve toujours de coincer une femme dans ce genre d’ascenseur et de faire avec elle des montées et descentes ainsi encastrés. Et pour moi, ça c’est encore plus la France que le Louvre. Du reste, depuis que je suis ici, je suis juste allé dans le quartier de Pigalle et j’ai eu toute la variété que je voulais…

Jan Pietersz. Saenredam, d’après Hendrick Goltzius, Rebecca au puits (ca 1597) Gravure sur cuivre, 22,4 x 16,1 cm.                             (Coll. musée national de Slovénie)

Zhu Xinjian, Fleur d’ombre (1989) Lavis d’encre et rehauts de couleurs, 53 sur 53 cm., sig & daté                                                          (coll. particulière)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Louvre, Zhu Xinjian le visite à plusieurs reprises, de même qu’il fréquente des institutions où l’image est collectionnée au sein de fonds étoffés. Ainsi, lors d’une visite au cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de France, il souhaite voir des beautés occidentales. Parmi les pièces présentées grâce à la compréhension de la collègue en charge des fonds, celles de Goltzius[1] ou d’après ce graveur, retiennent toute son attention, d’une part en raison de la place centrale donnée à la femme et à sa mise en valeur dans une attitude frontale et face aux admirateurs qui la regardent et sont devant elle parmi des objets de valeur et d’autre part, en raison des textes qui sont des indications historiques dont le tracé calligraphique rend compte. Ces visites restent pour lui une façon de comparer, d’apprécier, mais sans aucune remise en cause de ses choix, de son substrat culturel. Il est conscient des différences fondamentales qui guident les motivations de chaque créateur, des sources d’inspiration qui vont susciter telle interprétation précise d’une scène. Cela aide cependant à ce qu’il décide de projeter son œuvre dans un temps autre, celui du monde qui l’entoure.

Une fois que nous sommes arrivés chez moi, il sort d’une besace un rouleau dont le papier d’emballage, un vieux journal, contient plusieurs œuvres non doublées.

  • je t’ai préparé quelques œuvres pour que tu les montres à tes amis collectionneurs et je t’en laisse quelques-unes. Choisis-en quatre parmi le lot.

Zhu Xinjian, Contempler les fleurs (1989) lavis d’encre et rehauts de couleurs, 53 sur 53 cm., sig & daté  (coll. particulière)

Au lavis d’encre, prédominant, s’ajoutent quelques rares zones de couleurs pour un vêtement, un accessoire ; Zhu a paré la zone colorée d’un ton argent ou or qui confère à chacune de ces beautés isolées au sein d’une oasis d’intimité un caractère bien éloigné de certaines contingences du réel auquel s’est superposée une seule exigence : celle que demande la préparation des sens. Les beautés sont parées de leur seul bustier, souvent lié aux préparatifs de jeux intimes, tout comme la présence des fleurs de prunier marque le réveil de la nature, donc des sens. On trouve, de même, des récipients comme la théière, le vase, qui, tous, contiennent un liquide vecteur de vie.

Nous entamons notre singulière séance de travail : il me demande en effet de lui présenter des exemples d’œuvres, de tableaux, de femmes décrites sous des angles inhabituels. C’est une sorte de panorama, d’anthologie visuelle, un survol, mais en tenant compte de son appétence pour les beautés occidentales, exotiques donc ! Les exemples ne manquent pas ! Lautrec et Félicien Rops de même que Picasso et Pascin lui plaisent. Non pas en raison de leur art, mais, me dit-il, pour leur qualité de prédateur dont la sensualité transpire des œuvres.

De l’excès comme source de bonheur

Après l’exposition de 1990, à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, le Musée d’Art et d’Histoire de Bruxelles l’accueille en 1993 puis en 1994, l’École du cinéma de Munich. En 1998, il est invité à participer à l’exposition d’art chinois organisée pour la rétrocession des territoires annexés à la Chine.

L’approche lettrée, intellectuelle de chaque description envisagée avec le complément indispensable de la calligraphie ne donne en rien une oeuvre impersonnelle. Bien au contraire, la puissance des descrip­tions est là pour générer une symbiose entre image et caractère, avec un tracé calligraphique légèrement aigu et par­couru de saccades. Zhu continue une carrière de peintre indépendant qui lui permet des réalisations comme sa série de petites eaux-fortes pour le Jin Ping Mei, roman érotique Ming[2] ou des sui­tes de dessins de la même veine. Il a eu connaissance de la collaboration qui s’est mise en place entre Pierre Alechinsky et Walasse Ting, ce dernier apprenant à l’autre la calligraphie tandis qu’Alechinsky montre à son collègue asiatique l’importance du livre d’artiste occidental.

Zhu Xinjian, Beautés (s. d. 2000 ca) Lavis d’encre et couleurs (coll. particulière)

C’est cet aspect de sa création qui lui a valu une notoriété forte en Chine et outremer. Il a aussi été un observateur de la Chine de son temps, en particulier sur la façon plus libre, occidentalisée dont les jeunes chinoises s’habillent. Les œuvres alors produites sont la traduction de moments de ré­flexion, de promenades : ses personna­ges abandonnent le vêtement classique – sauf s’il devient une seconde enveloppe charnelle et sensuelle – pour le jean ou le pull am­ple.

Zhu Xinjian a, par ailleurs, réalisé des séries pour la télévision chinoise, notamment la chaîne de cinéma artistique de Shanghai, pour CCTV, il réalise des dessins animés « Le mariage du rat » et des personnages divers « 老鼠嫁女 »、 »金元国历险记 »、 »皮皮鲁与鲁西西 »…

Dessins et œuvres multiples

Ce qui est singulier dans l’approche de Zhu, c’est la vivacité avec laquelle il découvre les images et leur fait face, ce qui va de pair et s’inscrit dans la continuité de sa façon de se les approprier quelle que soit l’époque sélectionnée. Le séjour parisien est propice à une consommation forte, démesurée, de musées, de lieux marginaux. Les beautés de la Renaissance italienne ou française lui plaisent particulièrement en raison des atours portés qui mettent davantage le corps en valeur qu’ils ne le cachent : « je suis allé au Louvre cette semaine : en fin de matinée, quand la lumière est là pour réveiller les couleurs. J’y ai trouvé cette liberté d’esprit que l’on n’a pas du tout au début de la dynastie des Ming. Je projette cela dans mes envies et la force de ces images est telle que je me trouve face à une mutation complète »[3].

Les exemples empruntés à la période classique ou nés de textes littéraires sont de la même veine. De même, outre sa connaissance de la gravure sur bois chinoise, qu’il s’agisse des éditions classiques de romans à gravures sur bois ou bien des œuvres de Chen Hongshou[4], il découvre l’importance de la gravure en taille douce occidentale, à la réserve du cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de France, au cabinet des dessins du Centre Pompidou ou dans des fonds privés où il découvre les œuvres de différents peintres-graveurs dont les dons et acquisitions sont conservés avec soin dans ces institutions.

Il entreprend de réaliser, le plus souvent sur le thème du Jin Ping Mei, des eaux-fortes et des linos qui sont des séquences tout à fait senties de moments d’intimité entre le marchand et ses trois fleurs d’alcôve. Les commandes sont éparses, mais les amateurs occidentaux apprécient le côté enlevé, vivant, narratif des œuvres.

La technique de l’eau-forte convient parfaitement à ce créateur qui manie le pinceau de façon rapide, comme s’il s’agissait d’un tracé calligraphique. Curieux de tout, il met en pratique dans un atelier parisien de la rue Daguerre les grands principes de la technique, en phase avec son désir de transmettre: tracer son sujet sur une plaque de cuivre recouverte d’un vernis qui va être griffé à l’aide d’un outil pointu du sujet choisi par l’artiste. La plaque est plongée plus ou moins longtemps dans une solution acide qui érode les parties à vif. Après un nettoyage, puis un encrage de la surface, il peut être procédé à l’impression sur papier. Ce que Zhu fait à quelques exemplaires, ceux-ci, à l’égal d’un dessin dont le contour est tracé à l’encre, sont, le plus souvent rehaussés au lavis, ce qui leur donne une vivacité particulière permettant aussi à l’artiste de continuer son dialogue avec l’œuvre.

Ses scènes d’intimité sont, comme cela a été l’habitude pour les éditions classiques illustrées, accompagnées de la calligraphie précise de Zhu. Il donne en colonne le nom de chaque personnage et ajoute les éléments descriptifs qui rattachent la scène créée à chaque partie précise du roman.

 

 

 

 

 

 

(à gauche) Zhu Xinjian, Scène du Jinpingmei (1989), taille douce rehaussée, 10 x 7,5 cm (coll. particulière)

La scène permet de rapporter le dialogue entre le marchand Ximen Qing et Pan Jinlian, son épouse. Il est question de la petitesse des pieds de celle-ci, un critère fort de sensualité qui peut sembler aujourd’hui entaché de fétichisme. Les caractères sont également gravés et Zhu oublie parfois qu’il doit graver à l’envers pour que, lors de l’impression, ils soient lus normalement, comme cela se voit sur la colonne du nom du marchand (ill. ci-dessus, à gauche).

Zhu Xinjian, Lettré (1990), lino, 8,3 x 6 cm.                                     (coll. particulière)

La linogravure qu’il découvre à travers Picasso, Pan Yüliang est aussi une façon de travailler une matière très sculptable en raison de la texture légère des carrés qu’il achète alors aux magasins de la capitale. Les commandes des amateurs parisiens vont, certes, lui permettre, de réaliser des séries d’accordéons qui rassemblent, encore et toujours, des scènes du Jin Ping Mei, mais aussi des séquences qu’il grave dans le lino en les adaptant au mieux au format d’un ex libris (ill.), ou bien en œuvres vendues à l’unité. Il fait aussi des éditions comme cette Beauté alanguie (ill.) qu’il réalise après être allé voir le musée Gustave Moreau, lieu qu’il aimerait habiter « en y installant des compositions de fleurs épanouies »[5].

 

Zhu Xinjian, Scène du Jinpingmei (1990) Dessin original sur papier xuan                (coll. particulière)

Zhu Xinjian, Scène du Jinpingmei (1990), impression sur papier xuan  (coll. particulière)

Zhu Xinjian, Scène du Jinpingmei (1990), matrice en lino                     (coll. particulière)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zhu Xinjian, Beauté endormie (1990) linogravure, 63 x 50 cm.                           (Ed. ACEA, coll. particulière)

On notera que les années 90 sont une période faste pour les réalisations de certaines éditions de multiples par le biais de techniques aussi diverses que la xylographie, la linogravure, la taille douce (eau-forte et pointe sèche surtout), la sérigraphie. Parmi ces artistes très favorables à une diffusion de leurs œuvres à différents types de collectionneurs, Hsiao Chin[6] (Xiao Qin) est l’un des plus actifs. Il a, comme Zhu Xinjian, une énergie qu’il qualifie lui-même de taoïste. Il crée des oeuvres dépouillées, tan­tôt au lavis, tantôt à l’huile, tantôt à l’acrylique et traduit en gravure nombre de ses compositions (ill.). Il donne une importance fondamentale aux pleins et aux vides, aux complémentarités et aux oppo­sitions chromatiques. Il y a un côté taoïsant, presque mystique dans ses espaces parfois diffus, parfois géomé­triques. Toutes ces peintures possèdent une force et une solide cohérence in­terne qui se retrouvent dans l’ensemble de son oeuvre.

Hsiao Chin (Xiao Qin [蕭勤], Sans titre (1992)                         Aquatinte, 14/30, 24 x 17 cm.

Il a préféré traduire par une polychromie abstraite et calligraphique ce besoin de faire circuler une énergie puissante. La stylisation des formes permet des allusions des plus ténues sur les pleins et vides ou les méandres convexes et concaves qui régissent le corps et sous-tendent sa matérialité.

En commun chez ces deux créateurs, une même liberté de vie, de parcours et, surtout, des correspondances qui donnent à l’art toute la diversité de sa puissance et de la traduction de pulsions similaires.

 

 

 

Jacques Villon d’après Auguste Rrenoir, Femme vuede dos (1923) Aquatinte en couleurs,           60 x 45 cm.

Pan Yüliang, Femme au masque (1952) Linogravure, 32 x 20 cm.              Il existe trois impressions différentes de cette pièce, ici fond noir.

Pan Yüliang, Femme au masque (1952) Linogravure, 32 x 20 cm.              Il existe trois impressions différentes de cette pièce, ici fond bleu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand la nécrologie se fond dans l’actualité festive

En 2009, la santé de Zhu Xinjian se dégrade, il est atteint de paralysie à la suite d’une thrombose. Une exposition rétrospective a lieu du 13 au 22 avril 2014 au Today museum de Pékin : elle a rassemblé 150 œuvres de toutes sortes : carnets, calligraphies, séries… L’artiste s’est impliqué dans la préparation de cet événement qui reconnaît l’importance de sa création. Il disparaît durant le montage de l’exposition. L’originalité de Zhu a été appréciée en Chine et aussi parmi les collectionneurs occidentaux qui aiment la liberté de son approche. Si le sujet a été alors parfois copié, la spontanéité de son style reste une ouverture originale sur la vie qui est menée par des créateurs assez ouverts face aux contraintes du marché de l’art et de ses méandres souvent obscurs, surtout quand ces derniers ont disparu.

En marges des hommages, l’actualité relative à Zhu Xinjian reste marquée par sa présence sur le marché de l’art tant dans les galeries que dans les salles des ventes.

 

Eléments bibliographiques (ordre chronologique)

♦ Quelques catalogues de Zhu Xinjian

  • Zhu Xinjian : personnages de théâtre. Slnd, 2000. 20 p. : ill. isbn : 7 80625 770 5
  • Zhu Xinjian  . Slnd, 2000. 104 p. : ill. Isbn : 962 8477 80 3
  • Zhu Xinjian  slnd, 2006. 97 p. : ill. Isbn 7 5410 2784 7

♦♦ Quelques titres autour de Zhu Xinjian

  • Robert Van Gulik, La Vie sexuelle dans la Chine ancienne. Paris : Gallimard, 1971. (coll. Tel).
  • Comentale, Christophe, Zhu Xinjian et la peinture moderne chinoise : notes d’après une rencontre à Paris. In : Yishujia, 1991 (1), 153-154.] (texte en chinois).
  • Comentale, Christophe, La Chine à travers les peintres. Lausanne : Edita, 1991. 143 p. : ill. en coul. Bibliog. Index
  • Exposition. Paris. Bateau lavoir, du 7 au 17 décembre 2000.
  • 1960 – 2000 : La Chine sur papiers, exposition d’œuvres chinoises sur papier, commissaire d’exposition Christophe Comentale ; préf de Wu Jianmin. Paris : le bateau lavoir, 2000. [34] p. Bibliog.
  • Comentale, Christophe, Portraits de créateurs chinois : les essentiels du 20e siècle : essai. Taipei : Artist publishing co., 2009. 249 p. : ill. en noir et en coul. Bibliog. Index.
  • Comentale, Christophe, Cent ans d’art chinois. Paris : la Différence, 2010. 398 p. : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. Bibliog. Index

Quelques sites

 

[1] Goltzius est la forme latinisée du nom du dessinateur, peintre et graveur néerlandais Hendrik Goltz ou Hendrick Goltz, (né en 1558 – 1617), artiste maniériste. Il réalise une version gravée de ses dessins ou transpose les œuvres de ses contemporains.

[2] Parfois considéré comme le cinquième des Quatre livres extraordinaires (四大奇书) de la littérature chinoise, ce roman anonyme, intimiste et / ou naturaliste, est écrit sous la dynastie Ming. L’auteur a pris le pseudonyme de Lanling Xiaoxiao Sheng (蘭陵笑笑生, littéralement L’Érudit railleur de Lanling) ; sa véritable identité reste encore aujourd’hui incertaine. Des versions manuscrites du roman sont parvenues jusqu’à nous, la première édition imprimée date de 1610. La version la plus complète disponible aujourd’hui contient cent chapitres. La notoriété du roman est liée à la description explicite de la sexualité d’un négociant, Ximen Qing (西門慶), arriviste corrompu et marchand lubrique, suffisamment riche pour pouvoir entretenir six femmes et concubines. L’histoire se déroule durant la dynastie des Song du Nord entre 1111 et 1127, elle décrit ses rencontres intimes avec les trois personnages féminins principaux dont une partie du prénom a valu au livre son titre Jin Ping Mei : Pan Jinlian (潘金蓮, dont le nom signifie Lotus d’or), Li Ping’er (李瓶兒, Petit vase) et Pang Chunmei (龐春梅, Prunier de printemps). Au terme de l’histoire, les excès sont punis : cet être immoral succombe à une trop forte prise d’aphrodisiaques administrés par Pan Jinlian afin de le garder éveillé… Des adaptations cinématographiques ont été faites à Hong Kong et à Taiwan.

[3] Notes prises lors des rencontres avec l’artiste durant son séjour parisien au printemps 1990 et en Chine à différentes reprises.

[4] Dans un article précédemment paru [Nouvelles de l’estampe, 1989 (103-104), 4-18], j’avais traité du style dur de Chen Hongshou [陈洪绶] (1598-1652), une des figures marquantes de la gravure en Chine qui, se situe dans cette lignée de créateurs très novateurs au niveau de leur travail.

[5] Notes prises lors des rencontres avec l’artiste durant son séjour parisien au printemps 1990 et en Chine à différentes reprises.

[6] Xiao Qin naît en 1935 à Shanghai au sein d’une fa­mille de musiciens. Il quitte le continent pour Taiwan en 1949. Après des études artistiques, et parallèlement à son activité de peintre, il devient enseignant. Il lance le mouvement Orient (Dongfang) qui regroupe des représentants de la peinture chinoise abstraite. En Espagne en 1956, il se rend en Italie en 1958, décou­vre la Biennale de Venise, et décide de se fixer à Milan où il vit toujours en alternance avec Tainan (Taiwan). Voir Cent ans d’art chinois (op. cit.), p. 22 et   pp. 159-162.

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