JUAN MANUEL CÁRDENAS CASTRO. Exposition monographique au Museo Histórico regional – Casa del Inka Garcilaso de la Vega, Cusco, Pérou (9)

Cette livraison constitue le neuvième article relatif à l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro. Je rappelle que les précédents contenus sont consultables sur le blog.

par Alain Cardenas-Castro

Ma dernière mission au Pérou s’est déroulée du 25 septembre au 18 octobre 2019. Elle a eu pour objectif de suivre et coordonner l‘exposition que j’ai conçue et réalisée sur le peintre Juan Manuel Cárdenas Castro. J’ai pu ainsi développer le projet d’itinérance régional de cet événement muséal.

Les vingt-huit peintures, gouaches et dessins qu’il m’a été permis de choisir dans les fonds de six collections privées ont parfaitement reflété l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro, représentant majeur et précurseur du courant pictural indigéniste au Pérou.

 

Cet événement Juan Manuel Cárdenas Castro fait partie du projet global de recherche et de revalorisation de l’œuvre du peintre cusquénien et également de la lignée familiale des peintres Cardenas à laquelle il appartient. Cette manifestation est le résultat d’un travail d’équipe qui s’est partagé entre la France et le Pérou. La manifestation a été largement relayée auprès du public par les organes de la presse locale durant mon séjour qui a duré trois semaines.

(ill. 1) L’exposition Juan Manuel Cárdenas Castro dans la salle d’exposition temporaire du musée historique régional de Cusco. © Pierre-Henry Cardenas-Castro

A – ŸŸL’équipe du projet

Pour mémoire, l’équipe péruvienne s’est formée autour du projet à l’initiative d’Alvaro Castro Gutiérrez, le directeur de l’agence Condor tours Cusco conservation lors de ma première mission en mars 2018. L’équipe est composée de Jorge Chirinos Vasquez : peintre, muraliste et commissaire d’expositions, chargé du commissariat scientifique ; Phaola Mattos : chef de projet coordination-organisation ; Gioconda Mercado Guerra : responsable de la communication ; Edwin Victor Huamani Fernández et Maria Cardenas Bänninger : coordinateurs événementiels.

Pierre-Henry Cardenas-Castro, mon neveu, m’a accompagné les quinze premiers jours de la mission en mettant ses compétences en conception et réalisation audiovisuelles au service du projet. Il a effectué des prises de vue photographiques des principales étapes de l’événement et réalisé une vidéo documentaire sur la vie et l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro qui a été présentée dans l’espace d’exposition du musée.

 

 


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas, réunions de travail avec les membres de l’équipe du projet (ill. 2 à 5). Avec Pierre-Henry Cardenas-Castro (ill.2), avec Alvaro Castro Gutiérrez (ill.3), avec Enrique Leon maristany (ill. 4), avec Pierre-Henry Cardenas-Castro, Alvaro Castro Gutiérrez, Jorge Chirinos Vasquez, Gioconda Mercado Guerra et Phaola Mattos qui prend la photo (ill. 5). © Pierre-Henry Cardenas-Castro


Enrique Leon maristany, mon professeur référent en poste à l’Université Diego Quispe Tito de Cusco suit mon travail de recherche au Pérou et assure le lien avec cette institution publique de niveau supérieur qui forme les professionnels en arts visuels, éducation artistique, conservation et restauration des œuvres d’art (ill. 6).

(ill. 6) Entrevue avec le président de l’université Diego Quispe Tito de Cusco, Carlos Hugo Aguilar Carrasco, le vice-président de la recherche, Jose Luis Fernandez Salcedo et Enrique Leon maristany.

B – L’exposition 

1 – Le contexte

La présentation de ces œuvres, inédites au Pérou, s’est tenue du 1er au 15 octobre 2019 au musée historique régional de Cusco (ill. 7 et 8). Cette institution est une structure muséale qui dépend de la direction déconcentrée de la Culture de Cusco, laquelle appartient au Ministère de la culture péruvien.

Ce musée existe depuis 71 ans et a pour missions la diffusion, la préservation et les recherches de l’histoire de la région de Cusco tout en proposant des expositions et des actions culturelles et pédagogiques pour le public afin de promouvoir l’identité culturelle de la région.

À ces fins, les collections du musée historique sont réparties en sept ensembles : Céramiques Inca, Culture pré-inca Marcavalle, Microsculptures de Saqsayhuaman, Orfèvrerie et Métallurgie, Art Wari, Colección Tambo de Montero, Peintures historiographiques.

   


Ci-dessus (ill. 7), l’accès à la salle d’exposition temporaire au premier étage du musée (ill. 8), l’entrée du musée historique régional de Cusco


2 – Le transport des œuvres

Le musée a accueilli l’exposition en mettant à disposition son espace d’expositions temporaires et son service d’exposition pour une présentation de haut niveau. Un catalogue bilingue a été édité pour l’occasion. Les frais d’acheminement et par conséquent de conditionnement n’ont cependant pas été pris en charge. Ils ont été financés par l’association « Juan Manuel Cardenas-Castro : peintre(s) et muséographe(s) ». Il a donc été nécessaire de contacter une entreprise spécialisée dans le transport international.

L’exportation de marchandises au Pérou dépend de la Superintendance nationale des douanes et de l’administration fiscale (Sunat). Il s‘est avéré nécessaire d’obtenir de cet organisme une attestation d’exportation temporaire pour les œuvres à exposer. Cette démarche est indispensable et exonère des frais de douane.

Elle doit en effet toujours être effectuée bien en avance. En l’occurrence, le travail a été réparti différemment : il m’a fallu convoyer les œuvres par mes propres moyens … Pour pallier ce manque, un certificat envoyé au dernier moment par le musée m’a permis d’éviter de payer les frais de douane au cours de mon transit à Lima mais les vérifications des documents et des 28 œuvres transportées ont engendré un retard d’environ trois heures pour me rendre à Cuzco par le vol initialement prévu. Par ailleurs, l’enchaînement de ces différentes péripéties a augmenté le temps de voyage de Paris à Cuzco et l’a porté à une durée de quarante huit heures.

3 – Le montage

Lors de mon arrivée au musée nous avons constaté avec le commissaire de la partie péruvienne Jorge Chirinos Vasquez que les espaces prévus n’étaient pas à disposition et occupés par une exposition historiographique de très bon niveau sur le chroniqueur péruvien Garcilaso de la Vega. Après cette incompréhension, un échange de salles a permis d’entreposer les œuvres de Juan Manuel Cardenas Castro dans la salle d’exposition temporaire prévue initialement. La répartition — vingt-huit peintures à l’huile, des gouaches et des dessins — pertinente des œuvres réalisée par Jorge Chirinos Vasquez, a permis une lisibilité parfaite de la sélection des portraits, paysages et scènes traditionnelles dans la galerie du musée.

(ill.9), les 28 œuvres de Juan Manuel Cárdenas Castro : 15 huiles, 11 gouaches et 2 dessins.

    


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas (ill. 10 à 13). Les étapes de l’encadrement des dessins et des gouaches (ill. 10), de la répartition des œuvres sur les cimaises avec Jorge Luis Chirinos Vasquez (ill. 11), de la diffusion de la vidéo et de la vérification des cartels avec Dani Cruz Condori, muséographe de l’institution (ill. 12 et 13).


4 – L’inauguration

Les œuvres de Juan Manuel Cardenas-Castro, dont le travail reflète parfaitement l’histoire et la culture sud-andine, ont pris place en toute logique dans les espaces d’expositions temporaires de ce musée d’histoire de Cusco. Cette exposition monographique qui lui a été consacrée a été inaugurée en présence de la directrice du musée, Ninoshka Marlene Avendano Soto de Dueñas, du président de l’université Diego Quispe Tito, Carlos Hugo Aguilar Carrasco, du professeur de l’université Diego Quispe Tito, Enrique Leon Maristany, du directeur de l’agence Condor tours Cusco conservation, Alvaro Castro Gutierez et du maire de la ville d’Urubamba, Luis Alberto Valcarcel Villegas.

    


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas : remise d’une écharpe par le maire de la ville d’Urubamba (ill. 14), discours inaugural et présentation de l’exposition (ill. 15), carton d’invitation (ill. 16), Ninoshka Marlene Avendano Soto de Dueñas la directrice du musée, Ricardo Valderrama Fernandez, conseiller municipal de la ville de Cusco et Roberto Romero notre contact à la municipalité (ill. 17).


5 – La communication

Nous avons pu contacter divers journalistes de la presse écrite, audiovisuelle et internet, un ensemble de professionnels qui a largement relayé l’événement durant la durée de l’exposition et au-delà. Les interviews sous différentes formes, ont permis de rencontrer des journalistes, des artistes, des critiques et historiens de l’art tels que Mario Carrión, Manuel Cibaja, Julio Gutierrez, etc. Cet ensemble de spécialistes a présenté à l’aide d’une analyse poussée l’œuvre singulière de Juan Manuel Cardenas-Castro vu, en l’occcurence, comme un précurseur dans ce courant de l’histoire de l’art péruvien que constitue l’indigénisme. Il a été ainsi très logique de l’inclure dans ce courant spécifique.

  


Ci-dessus, de gauche à droite (ill.18) entrevue avec l’artiste et historien de l’art Julio Gutierrez, dans son atelier, en compagnie du journaliste Mario Carríon. (ill. 19) Interview filmée sur la thématique de l’indigénisme avec l’artiste, critique et historien d’art Manuel Gibaja, menée par Mario Carríon.


J’ai jugé utile de rassembler toutes ces données, interviews et coupures de presse ci-après, afin de montrer l’importance de ce travail qui est d’ores et déjà le fait d’une découverte consensuelle (ill. 20 à 26). Ce tournant dans le positionnement d’un artiste à la carrière quelque peu décalée a, quasi unanimement, généré une nouvelle volonté de publications plus étoffées de la part des universitaires.

  • canal RTV Diario El Cusco, Portavoz la autentica voz, Soledad Caparo, 4 octobre 2019
  • Telenet Cusco, la jornada informativa, 4 octobre 2019
  • Diario El sol, « Nuestra opinion », Lic. Enrique R. Aguirre Castro, 5 octobre 2019
  • Telenet Cusco, la jornada informativa, 5 octobre 2019, 6h
  • Telenet Cusco, la jornada informativa, 7 octobre 2019, 7 h
  • Inka Vision canal 31, 6 octobre 2019, 16 h
  • Programme patrimonial du Ministère de la culture, Max Fernandez, 11 octobre 2019
  • Diario El Sol de Cusco, supplément art et culture , Manuel Gibaja, 12 octobre 2019
  • Radio Salkantay, Julio Rozas, 12 octobre 2019
  • Inka vision, Paul, 12 octobre 2019
  • Radio Tawantinsuyo, Rodrigo Rojas, 13 octobre 2019

(ill. 20) Diario El Sol de Cusco, supplément art et culture , Manuel Gibaja, 12 octobre 2019

      


Ci-dessus (ill. 21 à 26), participation à différentes annonces et interviews radios et télévisées pour la promotion de l’exposition Juan Manuel Cárdenas Castro.

Ci-dessous (ill. 27), à gauche, entrevue à l’Alliance française de Cusco avec son directeur Anthony Rohou, la coordinatrice des événements Luz Marina Urquiza Alvistur et le peintre Adolfo Sárdon Abarca. À droite (ill. 28), réunion avec César Augusto Gómez Babilonia, expert en biens culturels du ministère de la Culture pour établir le constat des œuvres lors du démontage de l’exposition.


6 – Les événements périphériques (5 événements)

(ill. 29) Donation à la municipalité de Cusco d’une reproduction d’une œuvre de Juan Manuel Cárdenas Castro. De gauche à droite, Alfredo O. Herrera Flores, adjoint à la culture ; Dr Ricardo Valderrama Fernandez ; M. le maire Victor Boluarte Medina.

  • Conférence
  • Donation d’une œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro (ill. 29)
  • Projet de réalisation d’un ensemble de 28 œuvres de JMCC par impression spécifique. L’ensemble sera présenté lors de la célébration des 180 ans de la ville d’Urubamba.
  • Projet d’édition à tirage limité d’une sérigraphie d’une œuvre majeur de JMCC
  • Edition d’un catalogue monographique sur JMCC

7 – La conférence

Parmi les événements d’ampleur organisés autour de la présentation des œuvres de Juan Manuel Cardenas-Castro, on peut noter l’organisation, avec l’appui d’Enrique Leon maristany  et de Victor Zuñiga (professeur de l’université Diego Quispe Tito et commissaire d’expositions), d’une conférence dans l’auditorium de l’université en présence des professeurs, des étudiants et du public invité. Cette conférence a permis de présenter l’œuvre de Juan Manuel dans le contexte du courant pictural indigéniste péruvien. L’artiste s’est révélé comme précurseur de ce mouvement artistique.

                     


(ill. 31) Affiche de la conférence du 10 octobre 2019 sur l’œuvre de Juan Manuel Cárdenas Castro dans l’auditorium de l’université Diego Quispe Tito de Cusco. (ill. 32) La conférence a été présentée par l’artiste et commissaire d’exposition Victor Zuñiga et le professeur Enrique Maristany.


8 – Le démontage

L’exposition s’est terminée le 15 octobre. L’organisation du démontage de l’exposition et les mouvements d’œuvres ont été planifiés quelques jours à l’avance avec le service muséographique de l’institution. Tout s’est déroulé dans une parfaite cohésion. Un spécialiste du ministère de la culture est venu expertiser les œuvres afin de rédiger un rapport certifiant qu’elles n’appartiennent pas au patrimoine local (ill. 28). Ce document a permis l’obtention d’un certificat délivré par la direction déconcentrée de la culture du Cuzco autorisant la sortie du territoire péruvien auprès des services douaniers correspondants.

9 – L’itinérance

Juan Manuel Cardenas-Castro est né à Urubamba, une ville de la Vallée sacrée des incas. Une entrevue avec le maire d’Urubamba et son équipe (ill. 30) à été indispensable pour présenter le projet de revalorisation de l’œuvre d’un artiste urubambiño qui a construit son travail autour de la culture andine du lieu et de sa population. Lors de ce rendez-vous, nous avons pu nous accorder pour qu’une présentation sous la forme de reproductions des œuvres de ce peintre emblématique soit réalisée lors des célébrations des 180 ans de la ville d’Urubamba.


(ill. 30) Nous avons pu rencontrer avec Alvaro Castro Gutiérrez et Maria Cardenas-Bänninger, de l’équipe péruvienne du projet « Juan Manuel Cárdenas Castro », les membres de la municipalité d’Urubamba.


L’exposition a eu un succès important. De nombreux visiteurs ont apprécié les œuvres inédites de Juan Manuel Cárdenas Castro. Le public, composé de groupes scolaires (ill. 33), de familles, d’étudiants et de chercheurs, a découvert avec un grand intérêt ses représentations remarquables du monde andin décrites de mémoire par ce peintre péruvien installé en France. Après cette première édition, une itinérance de l’exposition commencera dès ce mois de novembre et fera l’objet d’un compte-rendu dans un prochain article.

(ill. 33), groupe scolaire visitant l’exposition.

 

Remerciements :

Mesdames, Ninoska Marlene Avendaño Soto de Dueñas, Maria Cardenas-Bänninger, Christelle Cardenas-Castro, Lydia Cardenas-Castro, Angela Yannis Castro Gutiérrez, María Antonieta Castro Gutiérrez, María del Carmen Castro Gutiérrez, Teshy Castro Gutiérrez, Margot Delgado de la Flor Castro, Carmen Luz Diaz Vera, Térésa de Jesus Diaz Vera, Isabel Echarri, Margot Gutiérrez de Castro, Maria Paola Matos Angulo, Gioconda Mercado Guerra, Maytee Salcedo Castro, Luz Marina Urquiza Alvistur, Dina Velasco.

Messieurs, Carlos Hugo Aguilar Carrasco, Victor Boluarte Medina, Eric Bonnet, Francis Cardenas-Castro, Jean-Paul Cardenas-Castro, Manuel Cardenas-Castro, Mario Cardenas-Castro, Pierre-Henry Cardenas-Castro, Alvaro Castro Gutiérrez, Jorge Luis Chirinos Vasquez, Dani Cruz Condori, Serge David, Max Ferrándiz Adriazola, Carlos Hugo Garrido Chalén, César Augusto Gómez Babilonia, Alfredo O. Herrera Flores, Edwin Victor Huamani Fernández, Emmanuel Lincot, Enrique León Maristany, Jorge Molina, Wilbert Rozas Beltrán, Adolfo Sárdon Abarca, Ricardo Valderrama Fernandez, Victor Zuñiga.

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