José Félix Cardenas-Castro, peintre, architecte et politique, entre exil et retour au Pérou (7)

par Alain Cardenas-Castro

[…] José Félix Cardenas Castro, appelé aussi le nouvel artiste, est quasiment un enfant, il n’a que dix-sept ans et n’a pas eu de professeur pour son art si ce n’est la Nature même, en la contemplant, il s’en est inspiré et en la reproduisant il a acquis un savoir-faire comme nous le montrent ses œuvres. […]

 Cet extrait de l’article intitulé « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », présente le dessinateur, peintre et architecte José Félix Cardenas-Castro (1899-1975), de manière élogieuse, comme un artiste émergeant à révéler au public. Cet article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917, met en avant le jeune autodidacte doué des talents certains de dessinateur et de peintre comme en témoignent les quatre œuvres reproduites en accompagnement de l’article. Une première peinture à l’huile, El Tocador de Quena (ill. 1) et trois dessins, Marena, India hiladora de los halrededores del Cuzco (ill. 2) ; Pasando un vado en el río Urubamba (ill. 3) ; El Correo (ill. 4).

                               


« El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917.


Cet article présente également son frère ainé, Juan Manuel. Il prend aussi comme modèles pour les thèmes de ses peintures son environnement proche, celui de la Vallée de l’Urubamba et ses habitants, leurs modes de vie et leurs traditions. Les deux frères Cardenas-Castro sont annoncés comme les représentants d’une nouvelle génération d’artistes cuzquenos, suivant les Francisco González Gamarra[1], Darío Eguren Larrea[2] et Benjamín Mendizábal Vizcarra[3], des représentants du courant pictural de l’indigénisme péruvien.[4]

Une jeunesse péruvienne de Cuzco à Lima

La suite de l’article détaille la perception sensible et particulière qui caractérise alors le prometteur José Félix Cardenas-Castro :

[…] Vraiment rares sont les dessinateurs qui ont commencé avec force en se lançant à la conquête d’une place parmi ses ainés, c’est le cas de ce jeune artiste. Sans vouloir exagérer ses mérites, on peut dire qu’il sait voir les choses, qu’il sait ressentir des émotions et qu’il sait reproduire ce qu’il voit et ce qu’il ressent. […]

Effectivement, en regardant la peinture et les dessins du jeune José Félix qui font l’objet de ces commentaires encourageants, on distingue et on perçoit dans l’œuvre en devenir, un futur artiste talentueux qui prendra aussi part à des activités politiques. Ces peintures et dessins nous font comprendre l’importance donnée par le jeune artiste aux populations et traditions qui perdurent dans la vallée de l’Urubamba. Cet environnement qui lui est proche se décline en descriptions paysagères et scènes de genre traditionnelles avec les acteurs de ce monde andin qui les animent. Le ressenti et les émotions de José Félix Cardenas-Castro sont rendus visibles par cette unique peinture à l’huile présentée, un joueur de quena (ill.1), qu’il fixe dans son attitude solitaire sur la puna péruvienne. Cette peinture annonce une grande perspicacité dans son observation du sujet et un authentique sentiment d’empathie dans ses figurations réalistes que l’on retrouvera dans son œuvre à venir. Ce ressenti et ses émotions évoqués se retrouvent dans les trois dessins choisis ensuite, les deux premiers figurent avec douceur et délicatesse deux femmes, l’une, filant la laine de façon traditionnelle au fuseau, dans l’attente aussi, et gardant ses quelques brebis aux alentours de la cité de Cuzco (ill.2), l’autre, traversant à gué l’Urubamba, est incarnée de manière élégante par une adaptation du geste qu’elle effectue pour éviter que ses jupes ne trainent dans la rivière (ill.3).

Les deux frères Cardenas-Castro ont certainement assisté ensemble, dans leur prime jeunesse, à ces événements du quotidien de la vallée de l’Urubamba, puisant aussi leurs sources d’inspiration dans l’histoire de cette Vallée sacrée dont ils sont originaires. Leurs expériences coutumières détermineront une rare expertise pour illustrer en détails l’importance et la vivacité des usages et traditions qui perdurent au Pérou à travers l’espace et le temps et dont ils revendiquent l’héritage. Conséquemment, le troisième dessin de José Félix présenté dans la revue Variedades est une scène d’un quotidien qu’il retranscrit, celle d’un Courrier qui délivre les messages postaux à travers les zones rurales andines (ill. 4), la même représentation est vue de manière rétrospective par son frère Juan Manuel qui dépeint la même scène en évoquant les Chasquis chargé de transmettre les nouvelles aux quatre coins du Tawantin Suyu — l’Empire des Incas (ill. 8). Un autre exemple vient illustrer ce principe de correspondance diachronique, celui des deux représentations d’une même pratique ancestrale : le filage de la laine au fuseau. La première, d’une jeune femme dessinée par José Felix détaillée précédemment (ill. 2) comparable à la peinture de Juan Manuel décrivant une jeune femme d’un autre temps, cadrée dans sa composition à mi-corps et filant aussi la laine au fuseau (ill. 6).

En outre, les deux frères Cardenas-Castro continueront ainsi jusqu’à la fin de leur vie de réactiver ces modèles et de reproduire ces instantanés mémorables. Ils les fixeront chacun au fil de leur œuvre, élaboré, pour Juan Manuel, tout au long de son exil à Paris, et, de retour au pays natal pour José Félix.

J’insisterai sur l’importance des similitudes de sujets traités dans les travaux des deux frères Cardenas-Castro qui s ‘explique par un intérêt commun pour les thèmes indigénistes. Ils ne cesseront de relater avec persévérance et originalité et décrire avec humanité et grande sensibilité une société andine dont les usages et les traditions se perpétuent dans le temps.

Afin d’illustrer les thèmes similaires, choisis et interprétés de façon finalement peu différentes par chacun des frères Cardenas-Castro, J’ai mis en regard dans le tableau ci-après, quelques uns de leurs dessins et peintures respectives afin de montrer la convergence de leurs points de vue et cette même vision d’un monde andin qui, par ailleurs, a été partagée, sous divers styles et formes, par d’autres représentants du courant indigéniste.

Ce mois de novembre 1917 est chargé d’événements pour le jeune José Félix Cardenas-Castro. Par surcroît, quelques jours avant la parution de cet article dithyrambique, il participe avec d’autres intellectuels tel que le poète et journaliste Abraham Valdelomar[5] à la fête donnée en l’honneur de la danseuse Norka Rouskaya[6] suite à ses représentations chorégraphique au théâtre Colon de Lima — un événement, par ailleurs, relaté dans le numéro 504 de la revue Variedades paru le 27 octobre 1917 et illustré par les caricatures de Juan Manuel Cardenas-Castro (ill. 9).

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus, à gauche, (Ill. 9), le spectacle de la danseuse Norka Rouskaya au théâtre de Lima. Illustrations de Juan Manuel Cardenas-Castro pour le n° 504 de la revue Variedades paru le 27 octobre 1917 et, à droite, (Ill. 10), dessin de Juan Manuel Cardenas-Castro illustrant l’article « Norka Rouskaya baila en el cimenterio de Lima » publié dans le numéro 506 de la revue Variedades paru le 10 novembre 1917.


Il s’ensuivra une visite nocturne et improvisée du cimetière de Lima en un cortège, éclairé à la bougie, cortège que l’on qualifierait aujourd’hui de performance artistique — sur le modèle d’Isadora Duncan dansant dans les travées du cimetière parisien du Père Lachaise. Norka Rouskaya, à peine vêtue d’une tunique légère dans le cimetière de la capitale péruvienne, a déambulée sur les airs de la marche funèbre de Chopin interprété par le premier violon de l’orchestre du théâtre Colon. La danseuse était accompagnée dans cette visite nocturne par des journalistes et intellectuels menés par José Carlos Mariatégui. Cette performance sans public qui a fait scandale dans la société péruvienne de l’époque a été grandement relayée par la presse, notamment par un dessin de Juan Manuel Cardenas-Castro (ill. 10) illustrant l’article « Norka Rouskaya baila en el cimenterio de Lima » publié dans le numéro 506 de la revue Variedades paru le 10 novembre 2017. Ce dessin a été de nombreuses fois reproduit y compris dans l’ouvrage de Guillermo Rouillon consacré à Mariatégui. (Voir en bibliographie).

Comme le mentionne William Stein[7] dans son ouvrage dédié à l’événement, José Félix Cardenas-Castro fait partie de ces jeunes intellectuels qui ont accompagné la danseuse le 5 novembre 2017, dans des festivités qui animaient la capitale péruvienne de la Belle-Époque. Cette mouvance fréquente le « Palais Concert » de Lima, café dans lequel se retrouve la « bohème » intellectuelle des artistes, peintres, et de nombreux écrivains et journalistes pour y échanger leurs idées, écrire ou rédiger leurs articles. Cette jeunesse liménienne dont fait partie José Félix Cardenas-Castro, rebelle et à contre-courant de la société péruvienne d’alors, peut se résumer par les propos de Abraham Valdelomar entre provocation et égocentrisme — à remettre dans le contexte parodique dans lequel ils ont été tenus.[8] ­­

Le jeune José Félix Cardenas-Castro qui côtoie ces milieux d’artistes et d’intellectuels, influencés par les courants modernistes européens, intégrera ses concepts et acquerra au cours de cette période une autonomie qui lui permettra d’envisager l’objectif de rejoindre l’autre continent aux fondements et centre de la création artistique, érigée en modèle au cours de cette deuxième décennie du XXe s. Le modèle du parcours de son frère ainé qu’il accompagne à Lima quelque temps le confortera dans son projet de le rejoindre à Paris.

A cette époque, l’Europe est un passage obligé pour les artistes latino-américains. Ils appartiennent le plus souvent à la bourgeoisie ou aux classes moyennes de la société et rejoignent non par grandes vagues migratoires mais petit à petit la capitale du monde libre, la ville lumière. Paris, après avoir vue une première colonie latino-américaine se disperser avec la première guerre mondiale, voit se reformer une nouvelle communauté pendant l’entre deux guerre. A partir de la deuxième décennie du XXe s. elle est plus nombreuse et se regroupe, non plus à Montmartre mais à Montparnasse qui est devenu le passage obligé pour les artistes étrangers en provenance du monde entier. Ce brassage d’artistes et d’intellectuels se retrouvent dans les cafés parisiens : au Dôme, au Select ou à la Rotonde et, à partir de 1927, à la Coupole.

 L’exil à Paris

Cet article anonyme de la revue Variedades paru à la fin de l’année 1917 — un des premiers à évoquer José Félix Cardenas-Castro — souligne le talent particulier des peintres cuzquenos à décrire leur culture en dévoilant le secret qu’ils détiennent pour y arriver qui proviendrait de l’amour dévoué à leur pays. Pourtant, cela n’empêchera pas José Félix Cardenas-Castro de partir pour Paris, âgé de 22 ans. Il part peu de temps après son frère Juan Manuel. Les relations épistolaires que les deux frères exilés entretiennent avec Mariano Cardenas-Castro, le troisième des Cardenas resté au Pérou, donnent des informations sur cette fratrie partagée entre exil et attachement à sa patrie. D’ailleurs, les autres correspondances avec le père, Manuel, et la sœur cadette, Carmela, témoignent également des liens extrêmement forts qui unissent les membres de la famille.

Pour rappel, le corpus documentaire retrouvé dans l’atelier de la rue Vineuse[9] comporte des fonds de natures différentes. L’un d’eux est composé de documents manuscrits pour la plupart et parfois dactylographiés témoignant des relations épistolaires entre les membres de la famille Cardenas. D’une part, les Cardenas en exil à Paris depuis le début des années 1920, et, d’autre part, les membres de la famille restés au Pérou. Cette correspondance entre plusieurs générations sera entretenue et fluctuante au fil du temps.

Il est à noter que pour sa bonne conservation ce fonds comportant des éléments parfois très fragile[10] a fait l’objet d’un transfert sur support numérique et qu’au fil de mes investigations ce classement pourra être modifié par de nouveaux apports documentaires.

Ces échanges de courriers entre les membres de la famille Cardenas seront répartis en trois périodes chronologiques :

  1. Une première période correspond au départ de Juan Manuel Cardenas-Castro pour Paris au cours de l’année 1920 (date à préciser) à partir de laquelle une correspondance s’établit entre Mariano et son frère Juan Manuel et entre Manuel Cardenas le père de famille et son fils Juan Manuel. S’y ajoute, entre 1921 (après le 3 juillet)[11] et 1922 (avant le 9 mars) sans date précise le départ de José-Félix pour rejoindre son frère à Paris, un temps qui inaugure une nouvelle série de correspondances entre Mariano et Manuel du Pérou adressé à Juan-Manuel et José Félix à Paris.
  2. José Félix quitte la France pour retourner au Pérou au début de la seconde guerre mondiale, en 1939, il va s’instaurer une deuxième période d’échange principalement entre José Félix et Juan Manuel.
  3. À partir des années 1960, les échanges entre Carmela et son frère Juan Manuel et les autres courriers composent cette troisième et dernière période.

A son arrivée à Paris José Félix poursuit des études d’architecture à l’École des Beaux arts, rue Bonaparte — je n’ai pas encore identifié d’éléments documentaires appartenant à ce temps de productions graphique et plastique.

Il est possible de reconstituer le parcours de vie et l’itinéraire artistique de José Félix Cardenas-Castro en le répartissant en trois temps, depuis cette année 1917 à Lima après une jeunesse péruvienne à Urubamba et Cuzco, jusqu’à son exil en France entre 1921 ou 1922 et 1939 et son retour définitif au Pérou. Il y a finalement peu de traces de ses productions plastiques durant ces trois périodes.

La politique : de l’AGELA à l’APRA

Conscients de partager une histoire commune, ces jeunes exilés issus des différents pays latino-américains se fédèrent au sein d’une association, L’association générale des étudiants latino-américains (AGELA)[12]. Cette jeune génération de l’entre-deux guerres assiste à des faits marquant de l’Histoire tels que la révolution bolchevique, la réforme de l’université, la consolidation de l’hégémonie américaine dans un monde capitaliste en crise, notamment avec la montée du fascisme en Europe.

José Félix Cardenas-Castro appartient à cette génération. Il acquiert des convictions politiques, déjà au Pérou[13], et se ralliera ou formera des groupes associatifs ou politiques en arrivant à Paris. Ainsi il sera en 1925, l’un des membres fondateurs de l’AGELA avec, entre autres, Miguel Angel Ásturias[14]. A l’origine, cette association a pour objectifs d’améliorer l’aide existante apportée aux étudiants d’origine latino-américaine en leur fournissant un accès aux soins médicaux gratuits et en créant une bibliothèque. Cette jeunesse en exil, baignant dans l’effervescence culturelle, idéologique et politique, des années d’après guerre, retrouvera à Paris un ferment déterminant pour la transformation de cette entreprise associative en corporation anti-impérialiste. La solidarité et le sentiment d’appartenance à cette Amérique du Sud d’origine latine expliqueront, parmi d’autres engagements, la prise de position de l’association estudiantine pour la défense du Nicaragua contre l’intervention Nord américaine en 1925 ou la participation à la manifestation parisienne pour la libération des militants anarchistes nord-américains Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti.

Tout au long de ces années 1920, ces jeunes latino-américains contribueront à travers cette association à définir une nouvelle Amérique du Sud contemporaine. Au-delà, certains devenus, politiciens, diplomates, médecins, artistes, continueront à forger l’identité de cette Amérique dite latine. [15] José Félix est représentatif de cette génération. Il fera partie des Péruviens recrutés par Raúl Haya de la Torre[16] pour créer la première cellule en Europe de l’APRA avec César Vallejo[17], Felipe Cossío del Pomar[18], Ravines d’Eudocio[19], Edgardo Rozas, Rafael et Alfredo Gonzalez Willis.

C’est après avoir fondé l’Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine (APRA) lors de son exil contraint — à la suite de ses activités politiques hostiles au gouvernement péruvien — à Mexico en 1924 que Raúl Haya de la Torre se rendra à Paris en 1925 où il sélectionnera un groupe d’étudiants de l’AGELA, principalement de la région de Cusco et créera avec eux la première cellule européenne apriste. (Voir en bibliographie Arturo Taracena Arriola)

Le retour au Pérou : architecture, peinture et enseignement

(Ill. 12) José Félix Cardenas-Castro, Torito de Pucará (1943)

(Ill. 11) En partant de la droite, quatre des six enfants de José Félix Cardenas-Castro.

José Félix Cardenas-Castro met fin à son exil en France en 1939. A son retour au Pérou, juste avant la guerre, il se retrouve seul à Lima, sans ses enfants qui restent en France avec leur mère[20] (ill. 11). Il en confiera, en 1945, par un acte notarié la charge à son frère Juan Manuel. En 1946, quatre de ses six enfants le rejoindront au Pérou, bénéficiant ainsi, de l’accompagnement d’une association d’aide au rapatriement des enfants de sud-américains. La peinture de José Félix Cardenas-Castro intitulée Torito de Pucará [21](ill. 12), datée de l’année 1943, rend compte de cette phase difficile pendant laquelle il se retrouve seul et reconstruit sa vie au Pérou. La figure du taureau qui est dans la culture andine un symbole propitiatoire et de fertilité, s’accommode dans cette composition, d’un foyer solitaire avec, pour seul compagnon, un cendrier métallique vide au sein d’un espace clos garni d’un voilage qui forme séparation avec l’espace de vie.

« La photo sans annotation au dos a été prise par ma sœur Liliane, mon père travaillait tard le soir et pour se détendre, dessinait quand il avait le temps, sur la table à dessin qu’il avait fabriqué lui même. Cette photo date des années 1950, je dirai 1954, quant au format, elle est grande comme une carte postale ». Jean-Paul Cardenas-Castro, propos inédits (2019)

(Ill. 13), ci-dessus, à gauche, photographie du corps enseignant de l’Ecole des beaux-arts de Lima (1946), dans la rangée inférieure, de gauche à droite José Félix Cardenas-Castro et Carlos Quizpez Asín (col. privée)

(Ill. 14), ci-dessus à droite, Carlos Quizpez Asín, Portrait de José Félix Cardenas-Castro (1947), dessin au crayon sur papier, dédicacé : A Jose Felix con mucho carino, Carlos Quizpez Asín, 47 (col. privée) © Alain Cardenas-Castro

C’est au cours de cette période qu’il intégrera le corps des enseignants de l’École nationale des Beaux arts du Pérou, à Lima, en tant que professeur de décoration artistique aux côtés de son collègue et ami Carlos Quizpez Asín[22], professeur de dessin et de peinture. La photo de groupe des enseignants de l’Ecole datant de 1946 sur laquelle ils posent l’un à côté de l’autre (ill. 13) et le portrait de José Félix dessiné et dédicacé par Quizpez Asín témoignent de ces rapports amical et confraternel avec le peintre muraliste (ill. 14).

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis son retour au Pérou, aux occasions festives José Félix envoie des cartes aux formats allant de 8 x 15 à 10 x 15 cm. Elles sont écrites et peintes ou dessinées au recto (ill. 15 à 21). Ces œuvres de petits formats adressées aux membres de sa famille restées en France, à son frère Juan Manuel et à ses enfants font partie, d’une part, des deuxième et troisième périodes d’échanges de correspondance du corpus retrouvé dans l’atelier de la rue Vineuse et détaillé plus avant et, d’autre part, d’une correspondance que m’a communiqué les enfants de José Félix. Ces petits formats sont peints à l’aide de techniques comme l’aquarelle ou le pastel. Ces cartes envoyées régulièrement de Lima évoquent les mêmes préoccupations esthétiques que celles de sa prime jeunesse. On y retrouve de nombreux éléments relatifs à l’architecture dès lors qu’il pratiquera sa profession d’architecte au Pérou en travaillant, d’une part, pour le Ministère du développement et des travaux publics, à Lima, et en honorant des commandes particulières, d’autre part.

(Ill. 15) José Félix Cardenas-Castro, sans titre (1975), pastel sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

(Ill. 16) José Félix Cardenas-Castro, sans titre, (sd) aquarelle sur papier, 10,5 x 15 cm (col. privée) © A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

(Ill. 17) José Félix Cardenas-Castro, sans titre (1974), aquarelle sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

(Ill. 18) José Félix Cardenas-Castro, sans titre (sd), pastel sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

(Ill. 19) José Félix Cardenas-Castro, sans titre (1970), pastel sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

(Ill. 20) José Félix Cardenas-Castro, sans titre (sd), aquarelle et stylo bille sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

(Ill. 21) José Félix Cardenas-Castro (sd), sans titre, aquarelle sur papier

 

La thématique indigéniste est toujours présente sur ces cartes peintes où les architectures sont décrites uniquement dans un environnement peu ou pas urbanisé.

L’une d’entre elle n’a peut-être pas fait l’objet d’un envoi. Elle est dessinée au stylo à bille sur le verso d’une carte d’invitation à l’exposition de Silvia Harper de Wyse à « El instituto culturel peruano norteamericano » à Lima en 1961 (ill. 22 et 23).

 


(Ill. 22 et 23), José Félix Cardenas-Castro, dessin au stylo-bille sur carte d’invitation (1961), 8 x 15 cm.


Ces dernières années, j’ai pu accéder et consulter les fonds des collections privées des enfants de José Félix Cardenas-Castro. Cela m’a permis de rassembler les quelques œuvres présentées ci-après (ill. 24 à 32). Je préciserai que ce corpus restreint ne comporte pratiquement aucune information documentaire concernant les dates d’exécution.

(Ill. 24), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, pastel sur papier (col. privée) © J. P. Cardenas-Castro

(Ill. 25), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, aquarelle sur papier (col. privée) © A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

(Ill. 26), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, aquarelle sur papier (col. privée) © J. P. Cardenas-Castro

(Ill. 27), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, huile sur toile (col. privée) © A. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

 

(Ill. 28), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, huile sur toile (col. privée) © A. Cardenas-Castro

(Ill. 29), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, huile sur toile (col. privée) © J-P. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

(Ill. 30), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, aquarelle sur papier (col. privée) © J. P. Cardenas-Castro

(Ill. 31), José Félix Cardenas-Castro, Portrait de Pierrot et Jean-Paul, huile sur toile (col. privée) © J. P. Cardenas-Castro

(Ill. 32), José Félix Cardenas-Castro, sans titre, pastel (col. privée) © E. Cardenas-Castro

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces différentes réalisations peintes et dessinées me permettent de reconstituer au fil de mes investigations un ensemble disparate qui constitue une œuvre remarquable du peintre José Félix Cardenas-Castro qu’il est nécessaire de découvrir pour comprendre une partie importante de l’Histoire de l’art entre le Pérou et la France et l’articulation des passages et transmissions et influences entre les différentes générations de peintres Cardenas.


[1] Francisco González Gamarra (1890-1972), peintre, dessinateur, sculpteur et musicien péruvien, est né à Cusco dans une famille d’artistes. Il étudie à l’American School of Cusco où il fait preuve d’une grande maîtrise du dessin et d’un grand talent artistique. Le directeur de l’école lui permet d’enseigner, en tant qu’étudiant, les matières artistiques et le dessin. Il poursuit ses études à la faculté des arts de l’Université San Antonio Abad, et, en 1910, il remporte le concours national organisé par le magazine liménien Variedades qui lui permet de devenir caricaturiste de la revue. Il s’installe à Lima et continue en parallèle ses études à la faculté des lettres de l’Université de San Marcos. Au cours des années 1920 il voyage aux Etats-Unis et en Europe en présentant ses productions artistiques et diffusant la culture péruvienne. De retour au Pérou, il fondera la Société des Beaux-arts et dirigera l’Ecole nationale des Beaux-arts.

[2] Darío Eguren Larrea (1892-1942) est un peintre, dessinateur, caricaturiste, journaliste et écrivain péruvien né à Cusco. Il devient dessinateur et peintre en Argentine. Il collabore en tant qu’illustrateur à de nombreuses revues au Pérou, en Argentine et au Chili. Il fréquentera avec Abraham Valdelomar le “Palais concert”, Café-salon de thé de la fin de la Belle Epoque à Lima, où se retrouvent les intellectuels péruviens de la deuxième décennie du XXe s. Il publiera trois livres au cours des années 1920.

[3] Benjamín Mendizábal Vizcarra (1875-) est un sculpteur péruvien. Excellent élève au cours de ses études, il sera obligé de s’occuper d’une hacienda familiale à la mort de son père. Il commencera à s’exprimer artistiquement à Cuzco et partira en Europe de 1915 à 1921. Il s’initiera tardivement à la sculpture en Italie en travaillant auprès du sculpteur Pietro Piraino. Reconnu par ses pairs, son œuvre sera peu diffusée.

[4] L’indigénisme est un courant artistique et culturel qui s’est développé au Pérou au début du XXe s. avec des artistes et intellectuels tels que le peintre José Sabogal, le photographe Martin Chambi, le poète José María Arguedas, l’historien et anthropologue Luis Eduardo Valcárcel Vizcarra, etc.

[5] Abraham Valdelomar (1888-1919) est un poète, essayiste, dramaturge et journaliste péruvien. Auteur moderniste de la Belle Époque, Il sera l’initiateur du « Movimiento Colónida » et fondera la revue du même nom « Colónida » afin de rompre avec l’élitisme et l’académisme littéraire péruvien et élargir aux classes moyennes de province l’espace d’expression littéraire en y insérant, entre autres, la thématique indigène au discours moderne.

[6] Norka Rouskaya est une danseuse et violoniste classique suisse-italienne de son vrai nom Delia Franciscus.

[7] William Stein est un anthropologue péruvien, auteur du livre Dance in the Cemetery: Jose Carlos Mariategui and the Lima Scandal of 1917 (voir en bibliographie).

[8]El Perú es Lima, Lima es el Jirón de la Unión, el Jirón de la Unión es el Palais Concert y el Palais Concert soy yo”. « Le Pérou c’est Lima, Lima c’est le Jiron de la Union (le centre de Lima), le Jiron de la Union c’est le Palais Concert, le Palais Concert c’est moi ». Lima à l’époque compte moins de 200 000 habitants et n’est pas encore urbanisée, la Plaza San Martin n’existe pas, la jeunesse intellectuelle issue de tout le Pérou et de milieux populaires comme Mariatégui ou Valdelomar se retrouvent dans ce café ouvert en 1913. José Félix appréciera retrouver plus tard cette ambiance dans les cafés parisiens de Montparnasse.

[9] Le frère de José Félix Cardenas-Castro, Juan Manuel, a occupé l’atelier d’artiste situé au 18 de la rue Vineuse à Paris du 1er avril 1933 Jusqu’à sa mort le 28 novembre 1988. Voir l’article en bibliographie, Cardenas-Castro, Alain. L’espace de l’atelier et au-delà : à propos d’une esquisse représentant Juan Manuel Cardenas-Castro (1) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF, novembre 2017.

[10] De nombreux documents appartenant à ce fonds sont des lettres rédigées sur des papiers d’un très faible grammage qui les rend fragiles.

[11] Une lettre de Mariano Cardenas à son frère José Félix est datée du 3 juillet sans préciser l’année, elle mentionne les célébrations du Centenaire qui sont certainement celles de l’indépendance du Pérou qui situe le courrier le 3 juillet 1921. Elle annonce le financement de son voyage pour la France par le « Congreso regional del Sur ». Chronologiquement, la lettre suivante de cette correspondance est datée du 09 mars 1922. Dans cette lettre Mariano remercie son frère José Félix pour sa première carte envoyée depuis son arrivée à Paris. Concernant ce fonds, aucune autre lettre n’a été retrouvée entre ces deux dates.

[12] L’AGELA est une association d’entraide et d’accompagnement aux étudiants latino-américains de France créée en 1925. José Félix Cardenas-Castro est l’un des membres fondateurs de l’AGELA avec Miguel Ángel Asturias. Voir en bibliographie De Juan Manuel et José Félix Cardenas-Castro : deux artistes péruviens au sein de la diaspora latino-américaine à Paris (3) in blog Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF.

[13] José Félix Cardenas-Castro est l’héritier d’un mouvement de protestation parti d’une grève des étudiants de l’Université San Antoni Abad à Cuzco en 1909 revendiquant un changement structurel autant qu’idéologique et politique dans la société cuzquénienne d’alors. Cette révolte sera le point de départ du courant de pensée autour d’une identité andine, appelée par Francisco Garcia Calderon, « Escuela cuzquena ». Les fondateurs de ce courant de pensée seront à l’origine de l’Indigénisme péruvien. José Félix fréquentera quelques années plus tard à Lima le Palais Concert avec ses collègues et amis, artistes et écrivains.

[14] Miguel Ángel Asturias (1899-1974) est un écrivain et diplomate guatémaltèque. Après une thèse de droits sur « Le problème social de l’Indien » il part étudier l’anthropologie à Paris où il rencontre les artistes de Montparnasse. C’est à partir de cette période qu’il se consacre à sa vocation littéraire avant d’entamer une carrière politique. En 1966, il reçoit le prix Lénine pour la paix et en 1967 le prix nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre.

[15] À l’origine, cette appellation a été utilisée par des intellectuels français et sud-américains vivant à Paris au moment de la désastreuse guerre coloniale que Napoléon III fomenta au Mexique à partir de 1862. Cette nouvelle définition de « territoire sud-américain » se revendique comme spécifiquement latine. Cela a été aussi une façon de distinguer ce territoire des États-Unis et de sa politique expansionniste. (voir en bibliographie)

[16] Víctor Raúl Haya de la Torre (1895-1979) est un homme politique péruvien, fondateur de l’Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine (APRA) en 1924. Partisan de solutions latino-américaines aux problèmes de l’Amérique latine, rejetant l’impérialisme américain et le communisme soviétique il sera en faveur de l’égalité des droits pour les populations indigènes et d’une politique économique socialiste.

[17] César Vallejo est un poète et écrivain péruvien (1892-1938). Après des études littéraires à l’Université de Trujillo il s’installe à Lima en 1917 où il fréquente les intellectuels qui se retrouvent au Palais Concert, point de ralliement de la bohème liménienne à partir de 1913 (voir en bibliographie Mémorias de Luis E. Valcárcel, 1981). César Vallejo rencontrera régulièrement lors de ses différents séjour à Paris depuis 1923 jusqu’à sa mort en 1938 ses compatriotes et amis de jeunesse les deux frères Cardenas-Castro. Un propos de Rodolfe Cardenas-Bäninger (1930-2016), le premier fils de Juan Manuel Cardenas-Castro témoigne de ces visites : « Mon très cher Alancito, C’est certainement Papa qui t’a commenté sa profonde amitié qu’il conservait envers César Vallejo. En ce qui me concerne, je me rappelle  que par deux fois qu’il était venu  à la maison, rue Vineuse,  il s’est  tapé les six étages avec moi sur ses épaules, un garçonnet d’à peine six ans, je m’agrippais à sa tête qui me paraissait tellement énorme,  on revenait de se balader avec Papa ». Suivant la date de naissance de Rodolfe Cardenas-Bäninger on peut dater cette rencontre au courant de l’année 1936 et localiser cette visite à l’atelier parisien de Juan Manuel Cardenas-Castro situé au 18 de la rue Vineuse.

[18] Felipe Cossío del Pomar (1888-1981) est un peintre péruvien et activiste politique. Il commence ses études à Lima et les poursuit en Belgique. A la carrière d’avocat à laquelle il est destiné il préférera celle de peintre. Il voyage en Europe, aux Etats-Unis et au Mexique où il fondera une école d’art.

[19] Eudocio Ravines (1897-1979). Homme politique, écrivain et journaliste péruvien. Il aura une trajectoire idéologique au travers les partis apriste, communiste, socialiste et se ralliera finalement à la droite en partisan d’une économie libérale.

[20] José Félix Cardenas-Castro aura six enfants, Anita, Pierrot Jean-Paul, Liliane, André et Jacques, avec sa compagne française Olga Boucher qu’il épousera le 23 septembre 1939 (extrait des minutes des actes de mariage du 12e arrdt. de Paris, Année 1939, 2 oct. AF 83543-2066/19509). Ils divorceront en 1942.

[21] Le Torito de Pucará est un objet en céramique à valeur symbolique et propitiatoire dans les riruels andins. Typique du département de Puno, ce modèle réduit de taureau est vendu principalement dans la gare de Pucará. Utilisé dans les cérémonies de marquage du bétail et pour sa procréation, il est protecteur et amène bonheur et fertilité dans la vie conjugale.

[22] Carlos Quizpez Asín (1900-1983) est un peintre et muraliste péruvien. Après un apprentissage artistique à Lima, il fera partie des premiers élèves à intégrer l’Ecole nationale des beaux-arts fondée au Pérou en 1919. Il voyagera en Europe avec l’aide d’une bourse d’étude en commençant par Madrid. De retour au Pérou, il sera membre du corps enseignant de l’école dont il a été élève pendant 27 ans et aura pour élève des artistes tel que le peintre péruvien Herman Braun-Véga. Il introduira la technique de peinture murale à fresque au Pérou.

Éléments bibliographiques

Bibliographie

  • Lavarello Vargas de Velaochaga Gabriela. Artistas plásticos en el Perú : siglos XVI – XVII – XVIII – XIX – XX. Lima : G. Lavarello Vargas de Velaochaga, 2009, 507 p.
  • Iglesias Daniel. Du pain et de la Liberté: Socio-histoire des partis populaires apristes (Pérou, Venezuela, 1920-1962). Presses Universitaires du Septentrion 2018, 266 p.
  • Dancourt Carlos. « Mouvements intellectuels fondateurs : La escuela cuzqueña ». In: América : Cahiers du CRICCAL, n°19, 1997. Les filiations. Idées et cultures contemporaines en Amérique Latine. pp. 123-139.
  • « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », Variedades, n° 508, 24 novembre 1917.
  • Stein William W. Dance in the Cemetery: Jose Carlos Mariategui and the Lima Scandal of 1917. University Press of America, 1997, 271 p.
  • Rouillon Guillermo. La Creación Heroica de José Carlos Mariátegui, tomo I, La Edad de Piedra (1894 – 1919), D. Année : 1975, Editeur : editorial Arica S. A. Lima Pérou. p. 192, Légende : « A la derecha dentro del grupo, se puede observar la figura enclenque de Mariátegui. Apunte del dibujante Juan Manuel Cárdenas Castro. »
  • Sánchez Luis Alberto. Valdelomar o la belle epoque, México, Fondo de Cultura Económica, 1969, 450 p.
  • Bernabé Mónica. Vidas de artista: bohemia y dandismo en Mariátegui, Valdelomar y Eguren, (Lima 1911-1922), Rosario, Beatriz Viterbo Editora / Lima, Instituto de Estudios Peruanos, 2006, 243 p.
  • Valcarcel Luis E. Memorias, Instituto de Estudios Peruanos, Lima, 1981.
  • Cardenas-Castro, Alain. L’espace de l’atelier et au-delà : à propos d’une esquisse représentant Juan Manuel Cardenas-Castro (1) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF, novembre 2017
  • Cardenas-Castro, Alain. De Juan Manuel et José Félix Cardenas-Castro : deux artistes péruviens au sein de la diaspora latino-américaine à Paris (3) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF, février 2018.
  • Cardenas-Castro, Alain. Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF, avril 2018

Sites

  • Rengifo Balarezo, Antonio, (2018) “El joven periodista J.C. Mariátegui denunciado por profanar el Cementerio. Lima, 5 de noviembre de 1917”, Pacarina del Sur [En línea], año 9, núm. 34, enero-marzo, 2018. ISSN: 2007-2309. START: Modules Anywhere Consultado el Sábado, 6 de Abril de 2019. END: Modules Anywhere Disponible en Internet: pacarinadelsur.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1596&catid=15 Fuente: Pacarina del Sur – http://pacarinadelsur.com/home/brisas/1596-el-joven-periodista-j-c-mariategui-denunciado-por-profanar-el-cementerio-lima-5-de-noviembre-de-1917.

Lettres et documents

  • 1955 12 février, lettre de Guillermo Rouillón à Juan Manuel Cardenas-Castro à propos de ses relations avec José Carlos Mariátegui pour sa « Bio-bibliografiá ».

Fonds de la correspondance des Cardenas

Période 1

  • 1920 22 septembre, lettre de Mariano Cardenas-Castro à Juan Manuel Cardenas-Castro, première lettre envoyée du Pérou en France.
  • 1921 15 septembre, lettre de Mariano Cardenas-Castro à Juan Manuel Cardenas-Castro. José Félix Cardenas-Castro est à lima avant de partir pour la France rejoindre Juan Manuel.
  • 1921 3 juillet, lettre de Mariano Cardenas-Castro envoyée d’Urubamba à José Félix Cardenas-Castro à Lima. Mention des célébrations du Centenaire de l’indépendance du Pérou. Mariano rappelle à José Félix la résolution du Congreso regional de financer son voyage de Cuzco à Paris.
  • 1922 9 mars, lettre de Mariano Cardenas-Castro envoyée d’Urubamba à José Félix Cardenas-Castro à Paris. Il précise avoir reçu la première lettre de José Félix depuis son arrivée à Paris
  • 1923 2 mai, lettre de Manuel Cardenas d’Urubamba à son fils Juan Manuel à Paris. Le père de Juan Manuel se plaint de ne pas avoir eu de lettre depuis cinq mois. Il mentionne le projet de mariage de Mariano avec une fille de Valcarcel. Lettre adressée aux 2 frères Cardenas à Paris.
  • 1922 30 mai, lettre de Mariano de Cuzco à José Félix à Paris. Il mentionne la crise économique au Pérou et en fin de lettre donne affectueusement un « tiro de nariz » à JMCC.

Période 3

  • 1970 31 janvier, lettre de Fortunata de Cuzco qui décrit la photo joint à la lettre : “ te envio una fotita chica para que recuerdes tu casa estamos delante del corredor esta foto tiene mas o menos de cincuenta anos 1er yo, un amigo, Mercedes, tu papa Lucrecia, Edelmira, Fortu, Cesar la chiquita Alicia»

Documents administratifs

  • 1933 14 mars, engagement de location de l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro au 18 rue Vineuse à Paris.
  • 1939 23 septembre, acte de mariage de José Félix Cardenas-Castro et Olga Boucher, extrait des minutes du 12e arrondissement de Paris, Préfecture du département de la Seine (année 1939, 2 oct. AF 83543-2066/19509).
  • 1945 8 sept, copie de l’acte notarié enregistré à Lima et conservé sous le n° 1412 dans les archives del señor notario Dr. Samanamud Ricardo. Suite à son divorce, José Félix Cardenas-Castro déclare son frère Juan Manuel responsable légal de ses enfants restés à Paris.
  • 1964 13 octobre, avis de surface corrigée de 25 m2 par l’architecte expert Georges Favre pour l’atelier de Juan Manuel Cardenas-Castro au 18 rue Vineuse à Paris.

Remerciements :

Mesdames Christelle Cardenas-Castro, Elsa Cardenas-Castro, Sandra Cardenas-Castro, Lydia David, Anita Moreau, Liliane Wyon.

Messieurs Manuel Cardenas-Castro, Mario Cardenas-Castro, Jean-Paul Cardenas-Castro, Serge David, Ernesto Mächler Tobar.


 

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