Hou Junming, poésie du désir, thérapie de la repentance ?

Le colloque d’Arras, « Transferts culturels : de la poétique artistique »

文化转场:论艺术诗学

 Quelques éléments à propos de ma communication Hou Junming, poésie du désir, thérapie de la repentance ? ou du bon cheminement de la science de l’interprétation des signes, de leur valeur symbolique ou des rapports harmonieux texte-image au fil des œuvres de HOU Junming

par Christophe Comentale

Le colloque : « Transferts culturels : de la poétique artistique » 文化转场:论艺术诗学qui s’est tenu du 8 au 9 mars 2019 à l’institut Confucius d’Arras, co-organisé par l’Université d’Artois, l’Université normale supérieure de Pékin [法国阿尔多瓦大学与中国北京师范大学共同组办] a été sous la houlette de plusieurs enseignants aux profils tant d’historien de l’art que de plasticien : Jin Siyan, Centre de recherche Textes et Cultures, Institut Confucius de l’Artois, Université d’Artois, Chang Ming Peng, Université de Lille, IRHiS, Ye Xin, Université de Paris 8, ce qui a permis une importante pluridisciplinarité des contenus.

J’ai souhaité, en marge des sujets académiques plus classiques, mettre en avant les expérimentations d’un plasticien dont les filiations avec d’autres de ses confrères me semblent aussi originales que fortes.

Rappels : les maillons d’une continuité visuelle et psychologique

Quelques rappels ont été faits à d’autres artistes dans la même veine que celle privilégiée par Hou.

Ces liens à la fois indicibles et évidents renvoient à la présence-absence du corps : Ren Xiong 任熊 (1823-1857), Walasse Ting丁雄泉(1928-2010), ZHU Xinjian朱新建(1953-2014).

  • 
 Ren Xiong 任熊 (1823-1857).

Le premier d’entre eux, un peintre et graveur qui a vécu au XIXe s. durant la dynastie des Qing, Ren Xiong, frappe par ses hésitations entre un exhibitionnisme larvé et des représentations historiques durant sa brève existence puisque, selon les sources consultées, il meut à 35 ans sans que les causes de cette disparition soient connues.

Ren Xiong, Autoportrait (1856 ça), Lavis sur papier, 177 x 78 cm, (coll. Musée du Vieux Palais, Pékin).

Un Autoportrait (1856 ca), constitue l’œuvre la plus signifiante pour notre propos. Ce rouleau mural montre un personnage peint grandeur nature, les yeux fixés droit devant soi, le visage sérieux. Il porte une longue robe ample, laissant à nu une épaule et une partie du torse. L’image est celle d’un homme au caractère trempé oublieux des usages du monde qui ne semble pas l’intéresser, comme cela se voit au texte :

« Dans ce monde tourmenté, qu’est-ce qui s’ouvre à moi? Je souris, je m’incline et tourne, flatteur, autour des gens, dans l’espoir de me faire des relations; mais qu’est-ce que je connais aux affaires? À quoi se raccrocher et se lier, dans cette grande confusion? Il est facile d’en parler, mais… Quand je me tourne vers ma jeunesse, je me souviens de penser autrement; chargé de bonnes intentions, je fais le portrait des anciens pour les présenter [comme des modèles]. Mais où sont les ignorants, où sont les sages? Finalement, je n’en ai aucune idée. En un coup d’œil, tout ce que je peux voir est le vide infini.

 

Composé par Ren Xiong, dit Weichang, sur l’air des «Douze rapports journaliers».

De cette œuvre qui fait véritablement entrer l’art chinois dans une modernité singulière, on remarquera qu’aucune analyse d’historien de l’art chinois ne fait la moindre allusion à la sensualité qui suinte à travers cette composition, prudemment ravalée au rang de portrait en pied historique !

  • Avec Walasse Ting (Ding Xiongquan) (1929-2010), le cours de la vie est autre. Né à Shanghai en 1929, Ding Xiongquan (ill.2) est un artiste autodidacte à l’imaginaire singulier. Peintre, sculpteur, lithographe et poète, il quitte la Chine en 1949 et s’installe aux États-Unis ; il acquiert la nationalité américaine en 1974. Au début de l’année 1953, il effectue différents voyages, va notamment à Paris où ses affinités esthétiques le rapprochent d’artistes comme Karel Appel, Asger Jorn et Pierre Alechinsky, des représentants du mouvement CoBrA. Depuis 1963, il vit à New York et peint à l’acrylique des femmes la plupart du temps très dénudées ou plus rarement enveloppées de vêtements qui sont des pans de tissu mettant davantage en situation une nudité suggérée. Ces mêmes beautés sont aussi rendues de plain pied ou en buste, seules ou en compagnie de certains animaux tels le cheval, le chat, le perroquet. Une végétation exubérante recadre ces sujets pour faire naître une polychromie forte et née des estampes de nouvel an chinoises. Les couleurs favorites de Ding sont des associations de roses, rouges, jaunes avec des bleus, violets, verts qui traduisent des sujets à l’érotisme parfois léger parfois provocant. Souvent accusé d’être un peintre léger voire superficiel, il n’en reste pas moins un homme qui aime le plaisir des sensations liées à un hédonisme qui le fait vibrer. Il joue de ses thèmes avec légèreté dans un renouvellement constant des formes et des couleurs traduites en des variantes qui savent rester surprenantes et susciter l’intérêt soutenu du regard.

Walasse Ting, Nature morte, 1985, litho en coul, 120 x 160 cm

« Pour moi, le grand voleur de fleurs [caihua dadao], mes sceaux sont comme des pétales, parsemés à la surface de l’œuvre ». Walasse Ting, Propos inédits.

 


Parmi ses 13 livres, One Life Cent (E.W. Kornfeld, 1964), un portefeuille de 62 lithographies de 28 artistes, comme Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann, James Rosenquist, Asger Jorn, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Kiki Kogelnik, Joan Mitchell et Sam Francis.


  • Zhu Xinjian (1953-2014), classicisme et érotisme

zhu xinjian, inpingmei, taille douce vs lég

Zhu Xinjian, Beauté, linogravure (coll privée)

Zhu Xinjian朱新建, né en 1953 à Dufang, dans la province du Jiangsu, il suit l’étude des textes et de la peinture ancienne. Il effectue quelques voyages dont un inévitable séjour en France, notamment aux Beaux-arts de Paris dont il constate l’extrême liberté d’action laissée à chaque artiste. Ses descriptions de beautés fuyantes montrent que le nu est envisageable dans bien des contextes. L’approche lettrée, intellectuelle de chaque description envisagée avec le complément indispensable de la calligraphie ne donne en rien une œuvre impersonnelle. Bien au contraire, la puissance des descriptions est là pour générer une symbiose entre image et caractère, avec un tracé calligraphique légèrement aigu et parcouru de saccades. Zhu continue une carrière de peintre indépendant qui lui permet des réalisations comme sa série de petites eaux-fortes pour le Jin Ping Mei, roman érotique Ming (ill.4) ou des suites de dessins de la même veine. Plus récemment, ses thèmes ont rejoint la vie actuelle avec ses moments de réflexion, de promenades. Ses personnages abandonnent parfois le vêtement classique pour le jean ou le pull ample.

Hou Junming, 
thérapie de la repentance et masochisme de la victoire ?

Du bon usage de la biographie

Hou Chun-Ming (ou Hou Junming selon la phonétique utilisée en Chine populaire) naît en 1963 au sud de Taiwan, près de la ville de Chiayi [Jiayi] dans le village de Liujiao [Six jambes – 六脚村]. Il entre à l’académie nationale des arts où il obtient son diplôme en 1987 avec deux séries d’œuvres, L’élégance du terrain 工地秀 et Le classique de l’intestin 大肠经, il se spécialise dans les domaines de la peinture à l’huile et de la gravure, notamment sur bois, il continue d’étudier la diversité du pigment et des papiers.

A partir de 1988, il mêle installation et performance, publie notamment avec la galerie Yonghan 永汉 (Sinitude éternelle) La petite dame 小女人. Il continue en 1992 ses recherches, rédige et crée Notes sur la recherche des dieux 搜神记qui fait suite à Planches de repentance au plaisir suprême [jiletuchàn 极乐图懺]. Le nom de son village natal sera l’occasion de jeux de mots et d’associations d’idées très libres, que Hou a déjà mises sous le regard du public lors d’invitations aux plus prestigieuses manifestations d’art actuelles, dont la Biennale de Venise de 1995. Il est parmi les créateurs chinois qui apportent une implication personnelle très forte à leurs installations ou à leurs œuvres murales : toutes recèlent une thérapie qui passe par la sexualité constamment au centre de sa problématique. L’intimité du corps, l’expression des pulsions les plus intimes, rien n’est épargné au spectateur dont ce créateur est très proche : une thérapie de la convivialité pour la guérison de tous ? Une thérapie qui fabrique une poétique très personnelle, celle de la consolation reconstituante (reconstructive) que donne la possession d’une culture. Rousseau ?

Hou Junming, galerie Moisan, Paris, 2010

Hou est très rousseauiste – il connaît l’auteur en traduction chinoise -, en tout cas, le langage est autant un acte automatique qui campe aussi une situation concrète comme un acte émotionnel et esthétique, mais au sein duquel il prend toujours toute la place, n’hésitant pas d’une part à décrire l’état dans lequel il se trouve et d’autre part à expliquer l’incidence de cet état sur sa création et sur sa vie. La recréation est toujours aussi totale, elle doit aller de stades de mal-être successifs vers un triomphe final et qui clôt chaque épisode. On a l’impression de lire les Confessions de Rousseau. On a aussi l’impression toute naturelle de se trouver entre Dante (1265-1321) et Virgile [Publius Vergilius Maro] (70 av. n. ère – 19 ap. J. C.) lorsque Hou se confie [ou pas] à un ami de longue date, Jian Dan 简丹, un journaliste et homme de lettres taiwanais qui assume à merveille ce rôle d’écoutant autant que de confident patient lors des silences de l’artiste.

Dans un long texte de préface de 2007, Epitaphe d’un garçon chanceux [幸运儿的基誌铭], Hou se met face au monde à expliquer ses émotions : « Peut-être est-ce en raison de symptômes de guérison, mais, lorsque je suis en voiture, je ne peux m’empêcher de pleurer à chaudes larmes. Je suis souvent obligé de m’arrêter sur le bord de la route pour pouvoir me laisser aller à pleurer. Les larmes tombent silencieusement et mouillent mon vêtement. En mon for intérieur, je sais que mes larmes ne viennent pas de ces symptômes, mais d’une autre expérience entre corps et esprit, d’une tristesse entre vie et mort. Je suis à une autre croisée des chemins de ma vie.

Si je devais maintenant écrire une épitaphe pour moi-même, je la commencerais comme suit : ici repose un garçon chanceux. (Préface II, Epitaphe d’un garçon chanceux) (in catalogue LH, 2008).

幸运儿的基誌铭

文/侯俊明

可能是因为刑断的关系吧,我最近常常开车途中就会热泪盈眶的想哭啦。所以也就常常就把车子停在路边,让自己可以哭出来。饮泪也好,矇哭也好,即使只是静静的流下眼泪,就让眼泪流花了脸,浸湿衣衫吧。

其实我知道,不完全是因为刑断,而是我的身心再一次在经历著生离死别的悲场。我正站在生命的另一个转捩点上。

如果要我此刻为自己写一则基誌铭,我的开头会这么写:这里躺着的是一个lucky boy。

  • L’art de séparer le corps

Le parcours à travers l’œuvre de Hou commence avec une œuvre qui résume un choix et une sensibilité culturels à travers la richesse de l’art chinois. De ces allers et retours naît cette œuvre qui est à la fois une synthèse à travers soi-même, L’art de séparer le corps (1996).

Cette pièce importante est constituée de 20 panneaux de carton fort (38 x 54 cm chacun) mis bout à bout, gravés, sculptés en fait. Sur le relief obtenu est passée une encre noire. Cette matrice potentielle est enduite de vermillon et parfois de traces de noir dans les creux.

Le texte, à la fois dans un registre de journal et de confession, voire de thérapie, fait le point sur une situation psychologique particulière :

« Durant le 6e mois de la 85e année de la République de Chine [1996], le temps était étouffant, et la moralité du peuple n’était plus ce qu’elle avait été. Un jeune homme voulait avoir des relations sexuelles avec deux amantes en même temps. Mais, contre toute attente, il oubliait toujours de se situer dans un rapport à autrui, et quoi qu’il fît, il finissait toujours par être blâmé. Il était toujours à la limite de se voir déchiré. Mais, après avoir souffert de ces tourments pendant bien longtemps, il les transcenda, et se rendit maître dans l’art de séparer le corps. Il fut ainsi capable de suivre ses désirs. Il pouvait à son gré disposer ou faire disposer de son corps démembré. Il laissait ses amantes, pleines de ressentiment et jalouses, le réduire en pièces sans éprouver de douleur. Compilé par Hou de Liujiao, en l’année bingzi [1996] ».

 Hou fait différents emprunts à la gravure chinoise traditionnelle, notamment à la production de la dynastie des Ming (1368-1644), pour les lignes structurelles, les personnages et les objets ou aussi les accessoires. Malgré ces assimilations diverses, il sait rendre de façon très contemporaine ses compositions, ne serait-ce qu’avec les formats adoptés qui gardent à l’œuvre un statut d’œuvre d’art :

  • De la confession autobiographique

2006 – Journal oreiller, pl 9, fruits défendus

Outre une approche purement iconographique du travail de Hou, ses textes sont un élément qui renvoie à une confrontation, à une écoute directe avec l’artiste sur ses émotions, ses états d’âme. Encore une fois, ce type de texte renvoie aux états d’âme de Rousseau dans les Confessions. Ainsi en va-t-il de sa série Notes ou Journal de l’oreiller.

« Quand j’ai eu 23 ans, j’ai commencé à signer mes œuvres « Hou de la ville de Six jambes ». C’est un petit village dans une grande plaine du sud dans cette île où je suis né, Liu jiao, le nom se prononce six jambes et c’est devenu une description de moi : jeune homme parcourant une terre chaude pieds nus et taillant son corps à l’aide d’une épée, les gens me regardaient et m’appelaient le maître,

A 40 ans, j’ai commencé à planter des fleurs dans mon jardin et personne ne m’a plus appelé ainsi. (Préface II, Epitaphe d’un garçon chanceux). (in catalogue LH, 2008)

二十三岁之后我以六脚侯氏著名发表作品

岛屿南方大平原上的小村庄 我的出生地 六脚之名●象 是对自我形象的描述

起乱的少年的六脚踩在炎热的土地上舞著●鱼剑●●自身人们睁大眼睛看著 在赞许中带著嘲讽 叫我大师。

当我四十岁开始在院子里种花之后   就再也没有人这么叫我了

  • Du paradis à l’enfer de Hou

Paradis érotique (1992), (ill.7) se répartit autour d’une série de 8 œuvres. Toutes sont exposées en 1995 à la 46e Biennale internationale d’art de Venise.

1992 : La recherche des dieux 搜神 suite à Planches de repentance au plaisir suprême [jiletuchàn 极樂圖懺]. Une série de huit planches au format de 102 sur 78 cm constitue cet ensemble.

Comme Hou le rappelle dans ses écrits, « Paradis érotique est mon premier travail d’impression de grandes dimensions. J’ai choisi la xylographie non seulement pour sa linéarité simple et cependant forte en noir et blanc, mais tellement parlante pour moi en raison de son si grand pouvoir d’expression. De plus, j’étais fortement intéressé par des images venant de coutumes et histoires populaires, comme des divinités pour des fêtes de temple et des billets de banque funéraires pour le culte des ancêtres. (…) Tous ces éléments étaient faits sous forme de gravures sur bois. J’étais dans ma première jeunesse, plein de force et d’énergie ». (in catalogue LH, 2008, p. 33).

  • 1993 : Notes sur la recherche des dieux

planche 5, Dieu de la Guerre, 
le Seigneur au cheval blanc 
戰神,白马郎君
Gravures sur bois, 203 x 250 cm, 15 planches pour le Dieu de la Guerre, 16 pour le Seigneur au cheval blanc (ill.8).

« Il y a à Taiwan de nombreux temples et les gens croient en toutes sortes de dieux (…). Je suis très curieux sur les causes de ces croyances populaires. Aussi, chaque fois que j’entre dans un temple, je demande aux gens du lieu quels sont les dieux qu’ils révèrent et qui sont ces dieux. La plupart du temps je n’obtiens pas d’informations très claires. Soit j’ai deux sons de cloche, soit ils ne répondent pas à mes questions. Parfois, je me demande même s’ils n’inventent pas une histoire. C’est pourquoi j’ai décidé de créer mes propres dieux et de donner vie à un mythe propre ». (in catalogue LH, 2008, p. 59).

  • 1995 : Œuvres érotiques des quatre saisons 四季春宫

1995 – Quatre saisons d’images érotiques, pl 2 Eté

Une série de quatre gravures sur bois de 200 x 78 cm, chacune sur une saison, renvoie aux images érotiques et didactiques aussi, dont bon nombre est produits sous les dynasties Ming et Qing. Hou rappelle l’origine de cette série, une origine encore liée à ses démêlées sentimentales et affectives :

« En 1994, lors de mon premier mariage, ma femme souhaita quitter Taipei. Des amis nous aidèrent à trouver une vieille maison dans la campagne autour de Miaoli. (…) En me retrouvant dans la campagne, j’ai été forcé de me confronter à un environnement brut. Comme je ne partageais aucune expérience émotionnelle avec les gens du lieu et que tous mes repères sociaux étaient coupés, ma vie a pris une tournure difficile. Je ne pouvais trouver aucun langage approprié à ma création et tout ce qui me restait c’était d’avoir du sexe là où j’allais. Ce faisant, je souhaitai me mettre à l’aune d’un monde naturel, d’y trouver ma nourriture, différente de celle de la ville que j’avais eu précédemment. C’est pourquoi j’adoptai le style de paysage des lettrés pour la Pornographie des quatre saisons. 
Pour être honnête, durant mes premières années de vie campagnarde, c’est en vain que j’essayai d’établir une relation harmonieuse avec la Nature ». (in catalogue LH, 2008)

  • 1996 : Jardin des plaisirs, criminels, androgynes 乐园罪人不女男袘人


Cette série est une transition à la fois iconographique et émotionnelle qui fait le point sur les frustrations de Hou, frustrations qui ne cessent d’alimenter un regard plus aigu sur le monde qui l’entoure.


Pêcheurs au paradis, quatre gravures sur bois, 191 x 219 cm :
 Adultère, L’art de découper le corps, Le divin bâton, Le bâtard.
Androgynie, une gravure sur bois, 160 x 60,5 cm


  • 1999 : Dieu te hait 上帝恨我

Cette série (ill.11) est celle qui, le plus frontalement, donne les mécanismes de punition / récompense / plaisir / états émotionnels qui secouent Hou au fil de sa vie quotidienne.

1999 – Dieu hait les occupés

On pense autant à La città del Sole de Tommaso Campanello qu’à la Divine comédie de Dante dans cette typologie ascensionnelle et pyramidale. Les critères adoptés par Hou quant au jugement céleste sur les actions humaines reste pour le moins aussi original que surprenant et donne aussi un reflet du comportement social à Taiwan.

Cet ensemble est constitué d’une série de sept œuvres, 179 x 88 cm 
Première planche : Dieu hait l’épouse malheureuse – l’enfer du lit de clous
. Deuxième planche : Dieu hait les relations illicites – Enfer par sciage
. Troisième planche : Dieu hait l’impuissance – Enfer de l’érection. 
Quatrième planche : Dieu me hait – Enfer de sa propre responsabilité. Cinquième planche : Dieu hait les obèses – Enfer du corps à modifier
. Sixième planche : Dieu hait les affairés – Enfer de la compétition
. Septième planche : Dieu hait la pauvreté – Enfer du froid

  • 2007 : Huit livres du nommé HouConfession de Zhenming à l’âge de quarante-sept ans

侯氏八传 / 圳鳴四十七自述
 Huit gravures, 210 x 150 cm et 6 gravures de 338 x 200 cm

« Ma création a commencé avec Jardin des plaisirs et A la recherche des dieux durant les années 90, j’y exprimais le côté sombre de la nature humaine en tant que divinité de la destruction à travers mes œuvres imprimées, jusqu’à ce manuscrit (手绘) Le gardien protecteur de quarante-sept ans, où je m’ouvre au dieu de la création pour une vie heureuse doublée d’une vision positive et pleine d’énergie. Toutes mes créations mettent en avant ce processus croissant allant du jeune rebelle à l’homme d’âge moyen protecteur de sa famille. Dans Huit livres du nommé Hou et Confession de Zhenming à l’âge de quarante-sept ans, je passe en revue tous les hauts et les bas, l’innocence et le démoniaque, mis en place ou perdus à travers les différentes étapes de ma vie sociale ou personnelle, tout ceci sous forme d’autobiographie ou d’autoportrait.

On peut être homosexuel aussi bien qu’hétérosexuel. On peut être aussi bien à la recherche d’une expérience divine que vouloir être un érotomane effréné. On peut être un père fort et solide aussi bien qu’un enfant vulnérable et en quête de protection. Voire même un être qui existe dans l’avenir. Peu importe que je sois un nommé Hou, ou un certain Hou du village de Liujiao, le Prince des transfigurations, le père de Mido ou le frère AMing dans un monde futur. Tous existent individuellement et simultanément dans ma vie, ils sont devenus des parties de ma personnalité. A travers la création, j’intègre toutes ces parties intérieures dans le Hou Junming à la force créative de haut niveau.

C’est au nom des dieux que j’en ai appelé au côté sombre, déprimé et primaire de la nature humaine dans Notes sur la recherche des dieux et je l’implore dans une création récente, Mandala, 曼陀罗pour que soit revivifié ce pouvoir qui m’apporte épanouissement et donne un sens de plénitude à ma vie ». (in catalogue LH, 2008)

Renvois bibliographiques (ordre chronologique)

  • Collecting spirits : the solo exhibition by Hou Chun-Ming. Taipei : 搜身 何俊明个展  : Hsiung shih gallery, 1993. [20] p. : [12] ill., couv ill.
  • Art Taiwan, Hou Chun-Ming台湾艺术侯俊明. Venise : Biennale di Venezia, 1995. [16] p. dont [12] p. de pl.
  • Contemporary Taiwanese art exhibition : the new identity台湾现代美术展. Fukuoka : MOMA / Taipei : Dimension, 1998.47 p. : ill. La parie relative à Hou Chun-Ming est aux pp. 24-27.
  • Tracing Taiwan : contemporary works on paper. New York : The Drawing center, 1998. 51 p. : ill. Panorama de l’art taiwanais avec différents artistes dont Hou Chun-Ming.
  • Hou Chun-Ming,livre posthume d’un homme de 36 ans  : 侯俊明 36岁求爱遗书 : 失婚一位男子写给前妻的102 封书信. Taipei : 台北 : 大魂文化 2002. (catch ; 47).
  • Hou Chun-Ming,Born again through daily morning writing : 侯俊明 以腹行走 六脚侯氏每一日的心灵梳写. Taipei : musée d’art moderne, 2006. 20 p. : ill. en noir.
  • Hou Chun-Ming,Born again through daily morning writing. Journal of pillow : 侯俊明 以腹行走 六脚侯氏每一日的心灵梳写。六脚侯氏枕邊记. Taipei : musée d’art moderne, 2006. 20 p. : ill. en noir.
  • The cryptic spells of a wizard : Hou Junming巫士的私房符号 何俊明 •六脚侯氏 In Artco : 今艺术, 2007; mars, 16 p. : ill.
  • Legend Hou’s sin & punishment, the printing creation events of Hou of Liuchiao township, 1992-2008 : 侯俊明的罪舆罚, 1992-2008六脚侯氏版画创作事件。Taipei : Garden city, 2008.361 p. : ill. Monographie relative aux oeuvres allant de 1992 à 2008. Une table des matières détaillée permet un état des lieux précis. Dans chacune de ces parties, Hou met l’accent sur ses textes.
  • Comentale, Christophe, Cent ans d’art chinois, 1909-2009. Paris : Ed. de la Différence, 2010. 398 p. : ill. Bibliog. Index.
  • Actes du colloque « Transferts culturels : de la poétique artistique »  (à paraître).

 

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