De la suite d’une mission de recherche au Pérou autour de l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro (6)

par Alain Cardenas-Castro


Une des rares représentations photographiques de Juan Manuel Cardenas-Castro parue dans le n° 436 de la revue péruvienne Variedades, le 8 juillet 1916.


Afin de poursuivre le travail de recherche sur Juan Manuel Cardenas-Castro, lors de mon dernier voyage au Pérou en mars dernier[1], je me suis rendu de nouveau à Lima, à Cuzco et à Urubamba. J’ai pu, d’abord, retourner sur un des sites de la Bibliothèque Nationale du Pérou à Lima, ensuite, préparer les projets culturels envisagés dans la ville de Cuzco, dans le cadre de la valorisation de l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro, et, enfin, revenir sur le lieu de naissance de mon père pour continuer à collecter des informations sur mes origines péruviennes.

Lima

Pour ce qui a trait aux recherches documentaires sur Juan Manuel Cardenas-Castro, j’ai trouvé de nouvelles ressources imprimées en poursuivant mes investigations à la Bibliothèque Nationale du Pérou.

J’ai, dans cette optique consulté à nouveau le fonds des publications périodiques afin de compléter le corpus des illustrations qui ont été réalisées par Juan Manuel Cardenas-Castro pour la revue Variedades[2] et j’ai recherché les premières illustrations de Juan Manuel Cardenas-Castro pour la presse péruvienne, parues dans la revue Lulú.[3]

Les nouvelles ressources trouvées dans ces deux revues péruviennes m’ont permis de constater que, d’une part, Juan Manuel Cardenas-Castro a réalisé sa première illustration pour la revue Variedades dans le numéro 412 publié le 22 janvier 1916, en illustrant la nouvelle d’OMEGA[4] intitulée « Las monjas no mucren » et qu’il a continué de manière régulière sa collaboration tout au long de cette année 1916 jusqu’au 30 décembre ­— pour l’illustration d’un texte de Manuel Beingolea dans le numéro 461. Sa collaboration a continuée jusqu’à l’année 1920 incluse. Conséquemment sa participation à la revue Variedades se résume bien à cinq années, de 1916 à 1920.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas, (ill. 1, 2, 3 et 4) les numéros de la revue Variedades de l’année 1916 en 3 volumes ; la couverture du n° 412 de l’année 1916 suivie des 2 illustrations de Juan Manuel Cardenas-Castro pour la nouvelle d’OMEGA « Las monjas no mucren » dans le n° 412. © Alain Cardenas-Castro


J’ai aussi pu constater que dans le numéro 436, daté du 8 juillet 1916 — au cours de la première année de collaboration de Juan Manuel Cardenas-Castro à la revue Variedades — le critique d’art Téofilo Castillo[5] a rédigé un article sur Juan Manuel Cardenas-Castro pour la rubrique Notas de arte[6]. Il dresse un portrait élogieux du jeune artiste en commentant deux de ses portraits de femme intitulés Pecado et Tentacion, réalisés à l’aide de la technique du pastel et reproduits, pour le premier, en noir et blanc et en marge de l’article, et pour le second dans le supplément artistique de la revue (voir photos ci-dessous).

 

 

 

 

 

 


Ci-dessus, de gauche à droite, les 2 pastels Pecado et Tentacion et le portrait photographique de Juan Manuel Cardenas-Castro illustrant le texte analytique et critique de Téofilo Castillo dans la rubrique Notas de arte du n° 436 de la revue Variedades, paru le 8 juillet 1916. © Alain Cardenas-Castro


J’ai reproduit en annexe le texte analytique et critique de l’article de Téofilo Castillo dans sa version originale.

Par ailleurs, en consultant les numéros de la revue Lulú disponibles à la Bibliotéca Nacional del Peru[7] j’ai trouvé quelques parutions des années 1915 et 1916 contenant des illustrations réalisées par Juan Manuel Cardenas-Castro, dont le numéro 17 de l’année 1915 comportant une illustration de couverture signée J. M. Cárdenas. (voir photos ci-après et en bibliographie)

 

          

 

 


Ci-dessus, de gauche à droite, les numéros disponibles de la revue Lulú des années 1915 et 1916, à la Bibliothèque nationale du Pérou ; le numéro 17 de la revue ; son illustration de couverture réalisée par Juan Manuel Cardenas-Castro ; le détail de la signature et un sigle que je n’ai pas encore identifié © Alain Cardenas-Castro


 Cuzco

J’ai d’abord pris la mesure du lieu puis connaissance de plusieurs structures institutionnelles à Cuzco qui sont prêtes à accueillir l’exposition « De l’art indigéniste »[8] dans le cadre du projet biculturel que je mène entre le Pérou et la France. En effet, les musées Hiram Bingham et le Museo Inka del Cusco qui dépend de l’Université Nationale San Antonio Abad de Cuzco et le musée Inca Garcilaso de la Vega qui dépend du Ministère de la Culture, présentent des thématiques et des liens forts avec ce projet d’exposition. Aussi, le Museo del Convento de Santo Domingo Qorikancha administré par l’ordre des dominicains de la ville de Cusco, la Galería Museo Banco de la Nación, la Sala naciónal de cultura « Mariano Fuentes Lira » qui dépend de l’université Diégo Quispe Tito et le Museo municipal de arte contemporaneo seront certainement des lieux de présentation. J’ai pu, grâce à l’intermédiaire du comité d’organisation de la partie péruvienne du projet[9] rencontrer les responsables de ces sites qui ont été très intéressé par la pertinence de cet événement culturel bilatéral.

La raison de l’intérêt porté au projet est la reconnaissance de la valeur culturelle et historique de l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro. Ses peintures, qu’elles se rattachent au courant indigéniste péruvien[10] ou qu’elles mettent en scène l’Histoire précoloniale du Pérou, sont immédiatement reconnues comme appartenant au patrimoine commun pour chaque péruvien. Cette identification est d’autant plus forte en son épicentre géographique, la ville de Cuzco, ancienne capitale de l’empire Inca qui est pour une grande part dépositaire de l’identité historique et culturelle du pays. De plus, l’exil et le parcours de vie des frères Cardenas-Castro au début du XXe s. sont parsemés de rencontres avec les jeunes intellectuels latinos américain se regroupant à Montparnasse et qui deviendront pour certains d’entres eux les grandes figures littéraires, politiques du Pérou comme César Vallejo, Carlos Mariatégui, Raoul Haya de la Torre, etc.[11]. C’est pour cette raison qu’il m’a paru important de projeter le commencement de cette exposition depuis le Pérou, à partir de la ville de Cuzco pour terminer son itinérance en France, à Paris, afin de retracer de manière significative ce parcours remarquable.

J’ai, toujours dans cette ville de Cuzco, tenu à informer le professeur de l’université d’art Diego Quispe Tito de Cuzco, Enrique Léon Maristany, tuteur dans le cadre de ma recherche de l’avancée de mes travaux. Nous avons visité ensemble le campus de l’université à la rencontre des professeurs et des élèves dans leurs différents ateliers. Les étudiants en arts plastiques de l’université se répartissent dans plusieurs ateliers de techniques et pratiques artistiques parmi lesquels on rencontre de nombreux apprentis peintres, sculpteurs, graveurs qui pour certains s’expriment au travers de représentations relevant de l’Art indigéniste.[12] Ces nouvelles générations font perdurer activement ce courant artistique péruvien.

 

 

 

 

 

 

 

 


Ci-dessus, de gauche à droite, et de haut en bas, quelques œuvres d’étudiants dans les différents ateliers de l’université d’art Diego Quispe Tito de Cuzco en compagnie du professeur Enrique Léon Maristany. © Alain Cardenas-Castro


Ainsi, j’ai pu avancer le projet de la réalisation d’une peinture murale dans l’enceinte de l’UNSAAC (Université San Antonio Abad de Cuzco) que nous avions évoqué avec la Directrice de la bibliothèque de l’université lors de ma première mission. Par l’intermédiaire de la directrice, nous avons eu l’occasion de présenter au Vice-recteur en charge de la Recherche le projet biculturel dans son ensemble et particulièrement la proposition d’un mural qui viendrait l’illustrer dans l’enceinte de l’université. Cette production viendrait clore le cycle des productions artistiques à réaliser dans le cadre de ma recherche[13]. La conception et la réalisation de ce mural seront l’occasion de collaborer avec des peintres muralistes péruviens pour venir réaffirmer et concrétiser les échanges culturels bilatéraux entre le Pérou et la France.

Urubamba

En dernier lieu, je suis retourné à Urubamba, le lendemain du jour des morts, le jour des vivants.

Au cimetière d’Urubamba, le jour des morts, le 1er novembre, est consacré à l’entretien des tombes des défunts. Les familles nettoient les emplacements, rénovent les caveaux et procèdent à leurs ornementations avec une grande variété d’objets et d’innombrables décorations florales. Le jour suivant, celui des vivants, le 2 novembre, c’est le moment où les membres des familles se retrouvent lors de repas festifs autour des monuments lapidaires ou dans les champs des morts afin de les honorer. Durant tout le temps de cette journée, des musiciens sont recrutés pour jouer les morceaux favoris des ancêtres disparus. Les genres musicaux et les générations de musiciens se succèdent pour animer les lieux de musiques modernes ou traditionnelles comme le huayno[14].


Cimetière d’Urubamba, Cuzco, Pérou, le 2 novembre 2018. © Alain Cardenas-Castro


A cette occasion, en recherchant les tombes de mes aïeux, Je n’ai pas retrouvé les tombes de mes grands-parents paternels, Manuel Cárdenas et Maria Castro car les tombes anciennes qui ne sont pas conservées et entretenues, ce qui a été le cas, sont réattribuées.


Ci-dessus, plusieurs tombes avec les noms de plusieurs Cárdenas défunts, cimetière d’Urubamba, Cuzco, Pérou, 2 novembre 2018. © Alain Cardenas-Castro


En revanche, j’ai pu repérer des tombes sur lesquelles des inscriptions mentionnaient le nom de la famille Cárdenas et à leur proximité immédiate des regroupements que j’ai pu identifier comme des membres de ma famille éloignés en degré de parenté, des Cárdenas « vivants » avec qui nous avons pu échanger. Les explications sur ma présence et les présentations faites, nous avons constaté mutuellement, certaines caractéristiques morphologiques communes que nous avions les uns avec les autres, comme la ressemblance dans les traits et les expressions du visage. Après avoir échangé sur nos possibles ancêtres communs et l’évidente appartenance de chacun à cette lignée, nous avons projeté de nous revoir lors d’une prochaine rencontre annuelle de tous les membres de la famille Cárdenas originaires de la région de Cuzco, rencontre qui s’est organisée depuis peu.


Ci-contre, de gauche à droite, Les recto et verso du porte-clef blason réalisé pour illustrer les rencontres annuelles, depuis le 28 juillet 2015, des membres d’une des lignées de la famille Cárdenas, celle de Sr. Avelino Cárdenas Gutiérrez. © Alain Cardenas-Castro


Beaucoup d’éléments sont encore à découvrir pour reconstituer les origines familiales, le parcours et l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro au Pérou et en France. Je continue mes investigations et élabore pour cela quelques outils d’aide à mes recherches, une page dédiée à Juan Manuel Cardenas-Castro sur les réseaux sociaux et une association à but non lucratif qui vont me permettre de recevoir des informations et organiser le développement et la gestion des prochains événements à venir autour de la lignée des Cardenas- Castro, peintres et muséographes.

[1] Voir l‘article CARDENAS-CASTRO Alain (2018), Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/juan-manuel-cardenas-castro-et-la-revue-variedades-1917-1920-4/

[2] Idem

[3] Lulú. Revista semanal ilustrada de Arte, literatura, modas y variedades est une revue péruvienne destinée à un lectorat féminin. Dirigée par Carlos Pérez y Cánepa et administrée par Aurelio J. Martin, elle paraît à partir de 1915. Lors de ma première mission durant le mois de mars 2018, j’ai pu constater que l’article d’Emilio Delboy publié dans la revue Stylo[3] en 1920 ­rapportait la participation de Juan Manuel Cardenas-Castro à la revue Lulú.

Voir en bibliographie l‘article : CARDENAS-CASTRO Alain (2018), Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/juan-manuel-cardenas-castro-et-la-revue-variedades-1917-1920-4/]

[4] Je n’ai pas encore identifié OMEGA l’auteur de la nouvelle intitulée « Las monjas no mucren » publiée le 22 janvier 1916 dans le numéro 412 de la revue Variedades. Illustrée par Juan Manuel Cardenas-Castro.

[5] Téofilo Castillo Guash (1857-1922) est un peintre et photographe péruvien et l’un des meilleurs critique d’art de son temps au Pérou.

[6] Notas de arte, Resureccion quijano (1916, 8 juillet), n° 436, pp. 867-869, ill. n/b et coul.

[7] Les numéros disponibles de la revue Lulú dans le fonds des publications périodiques de la Bibliotéca Nacional del Peru. Pour l’année 1915 : 2, 3, 5, 8, 9, 10, 11, 12, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22 et pour l’année 1916 : 25, 35, 39, 40, 41, 42, 44, 45, 46, 54.

[8] L’exposition « De l’art indigéniste » (titre provisoire) est une exposition itinérante qui sera présentée au Pérou et en France. Son objectif est, d’une part, de valoriser les œuvres inédites des frères Juan Manuel et José Felix Cardenas-Castro au Pérou en présentant leurs activités à Paris durant les années 1920, et, d’autre part de présenter parallèlement les travaux de peintres péruviens, de genres et de générations différentes. Pour la France, les lieux d’expositions seront précisés ultérieurement. L’événement pour sa partie française fera l’objet d’un prochain article.

[9] Pour la partie péruvienne, le comité d’organisation de l’exposition « De l’Art indigéniste » dans le cadre du projet interculturel entre le Pérou et la France est composé d’un commissaire artistique, d’un commissaire exécutif et d’une coordinatrice chargée de la production des événements.

[10] Voir l’article en bibliographie : À propos d’Échange entre Urubamsinas et Yunca. P.C., une peinture énigmatique de Juan Manuel Cardenas-Castro (2)

[11] Sur le sujet, voir l’article : CARDENAS-CASTRO Alain (2018), De Juan Manuel et José Félix Cardenas-Castro : deux artistes péruviens au sein de la diaspora latino-américaine à Paris (3) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/de-juan-manuel-et-jose-felix-cardenas-castro-deux-artistes-peruviens-au-sein-de-la-diaspora-latino-americaine-a-paris-3/

[12] Voir l’article en bibliographie : À propos d’Échange entre Urubamsinas et Yunca. P.C., une peinture énigmatique de Juan Manuel Cardenas-Castro (2)

[13] Pour rappel, dans le cadre de ma recherche, je suis accompagné par les professeurs Eric Bonnet, Emmanuel Lincot et Christophe Comentale pour la France et Enrique Leon Maristany pour le Pérou et j’aurai l’occasion de réaliser des productions plastiques, pour certaines en France et pour d’autres au Pérou. Le mural qui sera réalisé à Cuzco, au Pérou viendra clore le cycle de ces productions.

[14] Le Huayno est la danse traditionnelle la plus rependue parmi les populations Quechua et Aymara de la Sierra andine. La musique qui accompagne cette danse est également appelée Huayno. Elle est jouée avec des violon, guitare, tambour et flûte à bec verticale. Un prochain article rendra compte du rapport que Juan Manuel Cardenas-Castro a entretenu avec la musique andine. (voir en bibliographie)

[15] cf blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/juan-manuel-cardenas-castro-et-la-revue-variedades-1917-1920-4/

Éléments de bibliographie

  • CARDENAS-CASTRO Alain (2018), Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4), in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/juan-manuel-cardenas-castro-et-la-revue-variedades-1917-1920-4/
  • Stylo, lustracion mensual ano I – num. 4, International publicity c. Lima Perú, septembre 1920
  • Lulú, revista semanal illustrada para el mundo feminino,
  • Variedades, revista semanal illustrada, casa editoral M. Moral, Lima, numéros des années 1915 à 1916
  • Jorge Andres Aravena-Decart. Représentations et fonctions sociales des musiques d’inspiration an- dine en France (1951-1973). Sociologie. Université de Franche-Comté, 2011. Français. <NNT: 2011BESA1046>. <tel-01290504>
  • CARDENAS-CASTRO Alain (2018), De Juan Manuel et José Félix Cardenas-Castro : deux artistes péruviens au sein de la diaspora latino-américaine à Paris (3) in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF février 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/de-juan-manuel-et-jose-felix-cardenas-castro-deux-artistes-peruviens-au-sein-de-la-diaspora-latino-americaine-a-paris-3/
  • CARDENAS-CASTRO Alain (2018), À propos d’Échange entre Urubamsinas et Yunca. P.C., une peinture énigmatique de Juan Manuel Cardenas-Castro (2), in blog : Sciences & art contemporain IN – MH – OUT – OFF janvier 2018. URL : http://alaincardenas.com/blog/oeuvre/de-juan-manuel-et-jose-felix-cardenas-castro-deux-artistes-peruviens-au-sein-de-la-diaspora-latino-americaine-a-paris-3/

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Annexe

Texte de Téofilo Castillo

Y va de estrenos: José Manuel Cardenas, de improviso pastelita hecho y derecho. Habla elocuentemente en su favor la dama togada de negro que aparece en la tricromia del Suplemento.

Fué un atardecer que Challe presento a Cardenas en la sala de redaccion de la Cronica, llevando dos laminas. Yo temblé pensando serian dos elucubraciones de un nuevo deforlista. Chasco para mi y para todos. No habian tales deformaciones : en su lugar surgieron dos notas femeninas fresquisimas, rutilantes. Suspiré y aplaudi. Hacia tiempo yo no veia en Lima siluetas artisticas de mujer que no fueran cloroticas y anquilosadas, y aquella sana vision de carnes turgentes, niveas, causaronme efecto delicioso de primavera. Felicité calurosamente al autor por no haberse aun contagiado de la mania reinante e idose a buscar en la clinicas y gabinete zoologicos de dissecion tipos para sus produciones.

Hablamos. Cierto : las dos mujeres de sus dos pasteles no habian sido estudiadas del natural ; eran fruto exclusivo de su fantasia. Aqui es dificil hallar modelos. El es muy trigueno, por consiguente le gustan las rubias, las gringas. A esosolo se se reduce el génesis de su obra ultima. Esto ra mucho y su mirar es inquieto, subterraneo, como de quien vuelve de un sueno hipnotico prolongado.

– ¿Cleopatra ? ­— le pregunto, senalando el busto desnudo, cuyas carnes muerde una sierpe y la frente aparece mutilada.

No es el Pecado me contesta gravemente y queda de nuevo en silencio, recostado sobre los retratos de militares franceses, tapizando un muro de la redaccion y que Julio Hernandez cuida con singular esmero.

Caso raro es de este pintor que tiene et coraje de empezar su carrera haciendo cosas trascendentales. – ¿ Se dara cuenta del peligro que le amenaza ? No sabra que aqui la seriedad no es moneda que corre, que quien no hace muecas no come ?… Creo que Cardenas es o un inocente o un valiente : si es lo segundo, supera al mejor torera, pues este, si cae en la faena, quedale siquiera el consuelo de concluir entre butifarras, charangas y cohetes « de arranque ».Alg es algo, peor es nada, como puede acontecerle a Cardenas alcontinuar metiendose a pintor trascendentalista… Perdoneseme esta filosofia, tambien de chirigota, y sigo :

El pastel que Cardenas titula Pecado es hermoso : tiene algo de macizo, fuerte, equilibrado. Su tipo no pertenece a nuestra raza moderna de alfenique, con ribetes ridiculos de sajonismo : parece celtibera o vascongada, de cepa vigorosa, antiquisima. DOnde fué a sonar el artista peruano este su personaje ? Vaya uno a averiguarlo ! Cardenas es cuzqueno y por alla, entiendo, nada ha podido sugerirle semejante empaque de formas, expresion cosmopolita, reconstruccion de un ideal etnico superiorisimo.

Sospecho que el joven pintor presenta tendencia hacia el simbolismo…Esto no seria malo, si el sabe mantenerse en limites mesurados y no se le occura echarse à la banda de las exageraciones y a esta hora undecima del decadentismo sibolico hacer aqui la triste labor que estan realizando en Espan ­— la patria excelsa de los pintores mas excelsos ­— un l’Pangloss, Max Ramos, Zamora, Maetszu, Masés, Koss y otra sarta de majaderos.

La Tapada que Cardenas exhibio en la vidrieras del Palais Concert, mostraba algo de latecnica de esos artistas anormales, trashumantes, quienes cansados, aburridos de la correcion, la perfeccion plastica, buscan sensacion, de novedad en la contrahecho, torpe y feo. Su Tapada, tan carente de esbeltez y gracia, jamas pudo ser la limena finamente burilada por Palma. Er auna espanta-pajaros, escapada de las pajinas de « Hojas Selectas », « Por esos Mundos ». « La Esfera », vieux-jeu parisano, rastacuerismo puro. Su Pecado, en cambio, encarna asomos de euritmia clasica, contextura armonica pagana, reminiscencia helénica de cariatide. Quizas el hable mas a nuestras almas de Carrara que de Pafos, por el gesto banal, la monotonia mansa, sobada de su factura, sin planos anatomicos, sin trama epidermica revaladora de vida. Pero es un esfuerzo noble, un principiar gallardo, varonil, ajeno por completo a los moldes morbosos, corrompidos del decadentismo frances, tardiamente trasplantado a nuestro suelo a igual que Espana.

Alguien me pregunta :

­¿En que academia extranjera estudio Cardenas?

­En ninguna, contesto ­— agregando : no todos los que vienen de afuera y con medallas valen. Hasta hay quienes vienen empenachados vistosamente con plumas que a la distancia se ven son ajenas. Un titulo de academia no siempre involuera competencia : la leyenda de Bauer y su famoso doctorado de Buda l’est, esta presente. Gonzales Gamarra jamas salio del Peru y su labor modesta limena vale por un millar de ciertas excelsitudes importadas

T. CASTILLO, Lima, julio 6 de 1916

Annexe iconographique

Précisions liminaires

  • L’ensemble des illustrations trouvé au cours de cette mission n’est pas présenté de manière exhaustive dans le présent article. Comme pour le quatrième article sur l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro, Juan Manuel Cardenas-Castro et la revue « Variedades » 1917-1920 (4)[15], seulement une partie représentative des illustrations est communiquée ici. L’intégralité du corpus documentaire témoignant de l’activité spécifique de Juan Manuel Cardenas-Castro en tant qu’illustrateur pour la presse sera présentée dans le cadre de ma recherche doctorale et lors des expositions permettant de diffuser les connaissances relatives à cet artiste.
  • L’annexe iconographique ci-après comprend les illustrations des revues disponibles — pour la revue Lulú beaucoup de numéros ne sont pas présents à la BNP (Bibliothèque Nationale du Pérou) —, d’une part, les illustrations de Juan Manuel Cardenas-Castro parues au cours des années 1915 et 1916 dans la revue Lulú, et, d’autre part, celles parues dans la revue Variedades au cours des années 1915 et 1916.

Liste des planches

 

 

Remerciements

Mesdames, Eliana Miranda Cabrera, Maria Cardenas-Bänninger, Honorita Cárdenas Hinojosa, María Antonieta Castro Gutiérrez, María del Carmen Castro Gutiérrez, Teshy Castro Gutiérrez, Margot Delgado de la Flor Castro, Carmen Luz Diaz Vera, Térésa de Jesus Diaz Vera, Margot Gutiérrez de Castro, Maria Paola Matos Angulo, Edith Mercado, Gioconda Mercado Guerra, Evelyne Mesclier.

Messieurs, Carlos Hugo Aguilar Carrasco, Gilbert Alagón Huallpa, Patrick Bosdure, Miguel Angel Cáceres Del Río, Alvaro Castro Gutiérrez, Willi, Jorge Luis Chirinos Vasquez, Dani Cruz Condori, Denis Duclos, Cesar Roberto Gavancho Chávez, Edwin Victor Huamani Fernández, Enrique León Maristany, Jorge Molina, Luis A. Pérez Pérez, Wilbert Rozas Beltrán, Wellington Villavicencio Zans, Lucio Vita Gutierrez mendez.

 

Aimez & partagez :