A propos de Hi Five !, livre d’artiste de Béatrice Coron

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

En février 2020, une présentation de livres d’artistes est organisée en la bibliothèque de Fels sise au sein de l’Institut catholique de Paris. Parmi ces livres qui ne sont pas des livres, The impatient patient (2003) de la plasticienne Béatrice Coron. C’est l’occasion de présenter ici l’actualité de cette découpeuse éclectique avec un de ses derniers livres.

D’une découpeuse de papiers et de Tyvex

Béatrice Coron, plasticienne dont la carrière internationale se poursuit au rythme de plusieurs expositions par an, en Europe, mais surtout aux Etats-Unis, sa patrie d’adoption, aurait pu aussi être couturière, architecte d’intérieur, conférencière, guide… Des métiers qui font partie de cette admirable pluridisciplinarité acquise pour devenir une des découpeuses de papier les plus dynamiques. Les découpeuses chinoises ne s’y sont pas trompé : lors d’expositions de Béatrice Coron dans différentes villes, elles ont admiré cette liberté d’expression qui se dégage de ces œuvres narratives, parfois des narrations qui se poursuivent durant des mètres et sont la source de voyages imaginaires forts pour un public épris de merveilleux autant que d’histoire.

Béatrice Coron aime cutter, découper le Tyvek, un textile non-tissé, composé de fibres de polyéthylène haute densité (HDPE) d’une épaisseur variant entre 0,5 et 10 μm. Après extrusion, les fibres sont disposées de façon aléatoire et non-directionnelle et ensuite consolidées sans liant sous pression par un procédé thermique. Le Tyvek est commercialisé sous forme de feuilles ou de rouleaux de différentes tailles. En parallèle à ces découpes de papiers et textiles très divers, elle réalise des découpes pour des commandes publiques, la mise en scène d’œuvres métalliques change alors d’échelle et de poids…

A propos de Hi Five !

Au fil de ses travaux, de ses découpes, Béatrice Coron rétablit ses narrations entre impression et découpage. Un nouveau livre campe la ville d’adoption de cette Lyonnaise : « depuis 1985, je vis et travaille à New York, tout d’abord et pendant quinze ans, comme guide touristique, puis comme artiste. Je suis curieuse des histoires du passé et du présent. Durant mon temps libre, j’aime explorer les quartiers de la ville. Ma mémoire, souvent très déformante, et mes expériences ont formé une vue très subjective de la ville.» déclare cette créatrice protéiforme.

Toujours obsessionnelle et perfectionniste, elle a tout conservé de ses matériaux : « quand j’ai découpé la série, j’ai les chutes du découpage, c’est ce que j’appelle « le négatif », ces parties sont un peu les efforts fournis pour un tirage de tête. Quant aux cinq quartiers : Manhattan, Queens, Brooklyn, The Bronx et Staten island, ils vivent à travers un texte de Mick Stern. Chaque panneau de 76 cm sur 243 cm est découpé à la main en Tyvek dans une édition de 4. Ils sont exposés à la New York Historical Society pour l’exposition “In Profile: A look at Silhouettes” du 17 janvier au 5 avril prochain (ChC).

Un texte de Mick Stem, communiqué par la plasticienne a inspiré à Béatrice Coron ces panneaux de vastes dimensions, il est reproduit ci-dessous.

Beatrice Coron, Papercutter artist, in Session 10: Beauty, Imagination, Enchantment, on Thursday, March 3, 2011, at TED2011, in Long Beach, California. Credit: James Duncan Davidson / TED

Eléments bibliographiques

 

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