Des trompe-l’œil chinois, XVIIe – XXe s., des huit cassures aux collages paysans :

 

 

 

 

 


Collages (1980 ca) Pièces de tissus collées, 57 x 48 cm (ancienne coll. FD)


La création récente du Musée chinois du quotidien à Lodève s’accompagne de la présentation d’un florilège de collages exécutés sur tissu durant les années 1970-1980 dans le Nord de la Chine. Cet événement permet de faire le point sur une notion fluctuante entre Est et Ouest, celle du trompe-l’œil. Ce concept de perspective fausse ou faussée, reste une perception occidentale qui prend une importance considérable dans les recherches à la fin du Moyen-Age, incluant aussi toutes les déformations possibles, telle l’anamorphose, la chambre optique, les traités sur la perspective, l’utilisation de supports variés : papier, bois, pigment,…

Les prolongements de cette approche artistique, mathématique, esthétique sont différents en Chine.

Depuis mai dernier, le Musée chinois du quotidien a, lors de son ouverture de préfiguration, exposé une dizaine de collages chinois qui ont étonné les visiteurs et suscité bien des interrogations. Il s’agit d’un florilège de pièces provenant de l’ancienne collection François Dautresme[1]. Parallèlement à ces œuvres reconnues, une production plus traditionnelle continue d’exister, production qui est tout aussi représentative du goût chinois, – celui des classes dites moyennes qui ne peuvent – ou ne veulent – accéder aux œuvres des grands maîtres classiques mais font néanmoins partager le plaisir de leurs acquisitions. Disparue durant la période de reconstruction du pays, cette forme artistique des « huit cassures » (bapo [八破图 ] en chinois) reste propitiatoire et montre que d’œuvres de rebut, éliminées, fragmentaires, peuvent renaître la fortune, l’opulence et se prolonger avec d’autres formes nées de la même source.

Les huit cassures et leur fortune en Chine

Yang Weiquan (1885-?) en est un exemple. Originaire du port de Minhou au Fujian, il se fixe à Shanghai en 1937 et produit des œuvres de type bapo [huit cassures], trompe-l’œil caractérisé par une succession de fragments peints de façon surprenante. Il a progressivement l’estime de ses confrères qui l’invitent à rejoindre leur organisation professionnelle lors des expositions. Les œuvres de type bapo sont quelque peu assimilables aux pièces de type propitiatoire produites lors du nouvel an lunaire. Elles se développent dès le XVIIe siècle dans un contexte antiquisant, tourné vers la mémoire du passé. Des séquences historiques sont évoquées avec les estampages de récipients de bronze commémoratifs, les motifs propitiatoires de céramiques, des parties de rouleaux et de livres relatant les fits et chroniques dynastiques, tous objets qui ont suscité la curiosité et l’intérêt des lettrés. Les sujets évoluent selon l’inspiration des artistes : ainsi les calligraphies et estampages vont céder la place à des photographies, publicités et autres pièces non destinées à être conservées, souvent avec des allusions littéraires. Ces peintures ont été appréciées durant les années 20 dans un centre cosmopolite ouvert comme l’était Shanghai. En raison de ce contexte particulier, les œuvres sont devenues rares, – seule une vingtaine dues à cet artiste ont été conservées dans les collections chinoises, taiwanaises, japonaises et occidentales. Cette forme trompe-l’œil ou « huit cassures » est aussi connu sous le nom de « tas de cendres de brocart » qui évoque un statut d’œuvre à contenu autrefois précieux. Le nombre « huit » indique autant la multiplicité des éléments peints que le caractère propitiatoire du contenu, et, dans le sud du pays, la prononciation est proche de celle de fa发dans l’expression facai, 发财, s’enrichir ou fada发达, se développer. Les œuvres sont majoritairement – comme celle-ci due à Yang Weiquan – des lavis peints sur rouleau, mais aussi des peintures sur éventail, des céramiques ou des flacons à opium. Ces œuvres n’ont jamais vraiment été considérées comme étant très raffinées par les collectionneurs chinois. Elles ont suscité l’intérêt des occidentaux qui ont vu là une similitude avec les collages de Braque ! En fait, il est vrai que le peintre a déconstruit le réel dans un cas comme dans l’autre. Au XIXe siècle, ce type d’œuvre est répandu. Yang Weiquan ouvre une petite boutique à Shanghai où est présentée sa production peinte. Sa réputation lui permet de rejoindre le « groupe des peintres chinois » (Zhonguo huahui) et de participer à leurs expositions[2]. Cette œuvre signée et située à Shanghai est très caractéristique de la production de Yang.

Cette forme artistique naît d’une part des recueils d’antiquités publiés dès les Song et d’autre part d’une conception particulière de la « nature morte » qui dénote un goût fort pour les antiquités : estampages de récipients de bronze commémoratifs, céramiques, gravures… L’œuvre ici représentée a la forme d’un sceptre d’autorité (ruyi), forme dont Yang a laissé d’autres compositions. Le jeu entre les estampages en noir ou en gris plus ou moins profond est rehaussé par les débris de reliures en papier, flétries et rongées par l’acidité du papier aux coloris surannés. Ultime élément décoratif, lui aussi immédiatement gâché, cette femme, à la partie supérieure de l’œuvre, occupée à contempler les lotus en pleine floraison. Le sujet se prolonge sur quatre lamelles d’éventail, incomplètes et submergées parmi cet ensemble de témoignages passés.

Des huit cassures aux collages en tissu

Depuis que la Chine a regagné un statut social qui a entraîné avec notamment l’entrée du pays à l’OMC, une vision autre de l’œuvre d’art, standard de vie, d’une vie où l’oeuvre est aussi un produit culturel destiné à une classe sociale nantie, les artistes se sont intéressés à ce type de pièce. On trouve ainsi des bribes du Quotidien du Peuple avec des images des décennies passées.

Les articles en chinois et en anglais accompagnant cette présentation succincte montrent le regain d’intérêt pour cette forme de création : d’une part des artistes chinois s’attachent à copier avec entrain des motifs puisés dans les recueils d’antiquités, estampages, motifs céramiques, journaux,… qui ramènent au plaisir des évocations historiques plus ou moins rétrospectives. De l’autre, le musée des Beaux-arts de Boston a, l’an dernier, à l’initiative de Nancy Berliner, fait une première exposition sur le sujet.

Ces collages dont quelques images sont proposées ci-après, me semblent un bon prolongement aux trompe-l’œil en huit cassures. Le propos est ici tout à fait autre : il s’agit de la récupération des tissus les plus divers, leur superposition en plusieurs couches permet en général de réaliser des semelles pour les chaussures traditionnelles de type espadrilles pour trouver une comparaison approchante. Lors du travail de récupération des tissus effectué par des femmes du Nord de la Chine, ce processus de réutilisation des matériaux s’accompagne d’un bon sens et aussi d’un goût pour leur disposition sur une surface où des zones de plein et de vide sont reconstituées avec une facilité apparente, ce qui est une façon de montrer la proximité de ces personnes avec les grands principes du plein et du vide qui contrôlent les structures de toutes œuvres. Ces nouvelles abstractions sont une nouvelle approche à une forme esthétique a priori ignorée, forme que François Dautresme avait, voilà une quarantaine d’années, déjà repérée sur son terrain familier, la Chine et ses régions magiques.

[1] Selon Adeline Zhu, une de ses fidèles collaboratrices, « François Dautresme allait dans les régions au Nord du Fleuve Jaune trouver les centres de production de ces collages. Il est cependant toujours resté très discret sur les lieux exacts des provenances ».

[2]   Voir l’article de Nancy Berliner, « Questions of authorship in “bapo” : trompe-l’œil, in 20th century Shanghai », colloque Les Grandes expositions chinoises à Paris, 12 décembre 1998, Paris, CREOPS-Sorbonne, 1998.

Flyer du musée chinois du quotidien (juin 2018).

Françoise Dautresme dans la réserve de Saint-Denis (juil. 2017). Plusieurs collages sont exposés avec d’autres objets propitiatoires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

八破图

也叫“集破、”“集珍”、“打翻字纸篓”等,八破其中的八是虚数,代表内容丰富,又是“发达”“发财”的意思。破是破碎残缺不全,破家值万贯,碎碎平安的意思。

中文名八破图     锦灰堆,集破、”“集珍”

出现地方清代的鼻烟壶

历代名家 吴华,宋山,韩英

起源

编辑

“锦灰堆”起于元代,最早出现在清代的 [1]  上,它源自中国传统本身,并受到西方物质文明的一定影响,非常真实的描绘古代文人雅士书房所常见的杂物。具三维视觉艺术特点的写实画法。如:古旧字画、废旧拓片、青铜器拓片、瓦当拓片、虫蛀的古书、废弃的画稿以及扇面信札等。这些杂物件件呈现破碎、撕裂、火烧、沾污、破旧不堪的形状,给人以古朴典雅、古色古香、雅气横生、耐人寻味的感觉,有人称之为“非书胜于书、非画胜于画”。因此备受文人雅士的青睐。

“锦灰堆”起初只是画家成画后对剩余笔墨的几笔游戏,通常是对书房一角的随意勾勒.翻开的字帖,废弃的画稿,参差的秃笔,杂乱无章层层叠叠挤入画纸。看去像是字纸篓打翻了,所以又叫 »打翻字纸篓 »。创作 »锦灰堆 »,一般是在画纸上先框定轮廓,形状不拘、然后就中设计摹画若干重叠交错的小事物,诸如旧书的残页,揉皱的画幅,发黄的报纸,甚至门券邮票等等,只要上面有书有画即可,而且大多还是破烂的面貌,活像灰堆里拾出来的,这就是 »锦灰堆 »名称的由来。锦灰堆必须是精心绘制而成。粘贴、版画、或用现代科技等方式制作的锦灰堆便失去了锦灰堆的传统绘画意义,因而价值上便远远逊于绘制作品。

现状

由于绘制“锦灰堆”技术含量高,绘画者需多才多艺,要善写真、草、隶、篆以及能模仿各家字体和善画花鸟鱼虫、山水人物,熟知各种碑拓、青铜器造型、能篆刻各种印章、熟知古代当票、邮票等事物样式等等绝活。制作难度大,耗时之长,胜任者极少,所以日渐萎缩,终成绝响。解放前后极少善画者因年事已高难以胜任,使“锦灰堆”这一传统技艺走向失传。

历代画家:

由于“锦灰堆”绘制难度大,要求技术含量高,所以绘制“锦灰堆”的画家极少。有文献记载的更寥寥无几,通过现存的作品中和有关资料显示,“锦灰堆”画家有:

吴华

宋山

韩英

钮传礼字小川(1921-2005年),

弘法深

李铸青

朱敬五

郑左辰

李成华

陈二指

杨谓泉(杨谓泉款均为郑达甫所做)

(以上画家及作品照片由美国皮博迪博物馆提供)

胡善述(无相关资料,南京民间藏有其“锦灰堆“画作)。

袁少甫

郑达甫(1891~1956年),据新编《镇海县志》“人物传”记载,镇海浦镇十七房郑氏人,他“家贫少孤,在家乡小学任教,性喜绘画,尤擅临摹”。20余岁时到慈溪一店铺司账,后来到了上海,靠卖画为生。

当时上海有个福建商人杨渭泉,好笔墨而不善画。他结识了郑达甫后,便使了个移花接木的歪招,干脆延留郑达甫在家,专门为其代笔作画。而郑达甫此时生活窘迫,有人邀他代笔,自是欣喜。

有了稳定的代笔人,精于谋划的杨渭泉,便以自己的名义大登广告,吹嘘自己工于绘制“锦灰堆”。每幅画出售所得利润,杨郑二人六四分账,郑达甫还要自费购买笔墨颜料等。这种奇怪的合伙生意一直做了20来年,杨渭泉一直坐享名利。后来战乱一起,失去了绘画生意的客源,郑达甫成了“废角料”,杨渭泉便毫不留情地把他赶了出去。

因此,目前在古玩市场中流通的工笔绘制“残画”,凡落款为“古闽杨渭泉”的,皆是郑达甫的旧作。

现代锦灰堆

郑达甫被迫回家后,不得已只好以打柴、卖烧饼讨生活,此时他仍坚持画画。解放后,这段隐秘被人捅破,他所绘“锦灰堆”被邀参加全国第二届美展,首次回归主人名下。郑达甫也随即被上海市文史馆聘为馆员,受到人们的尊敬。

姚华(1876—1930)

字重光、号茫夫。贵州省贵阳人,生于清光绪二年,(1876年)卒于民国19年(1930年)。一生主要活动在北京,他在诗文、词、曲、碑、版及古器的考据和音韵方面都有很高的成就。对于中国古代传统文化上进行了比较广泛的涉足,在近代美术史上做出了丰富的理论方面的贡献。姚茫夫先生取“泰山二十九字”残碑做颖拓,郭沫若赞为:“茫夫颖拓实古今来别开生面之奇画也”。郑振铎称为:“大胆的创造性的艺术劳动”。茫夫先生博览多识,他曾为陈师曾先生拟汉画像题词曰:师曾善为汉画像石刻而变化于己,能以不美为美,尽纳妍妙于高古之中。先生的画作曾被鲁迅先生收入《北平笺谱》,并赞为:“大盛则师曾、茫夫……之时代。”这无疑是对先生创造的劳动高度赞扬。

刘保筠(1901—1951)刘保筠:字竹斋。1901年生于河北涿州,1951年卒于北京。受姚茫父先生影响,精于“锦灰堆”。于齐白石、胡佩衡、王梦白、肖谦中、陈半丁等均为画友。民国后期先生任职县委党部和省委党部,后被选为国大代表,有清正廉洁之政名。1944年以后居北京,住宅在新街口附近,于齐白石铁栅老屋为近邻,故于白石先生交游较多

宋翼青(1918—2007)

锦灰堆宋翼青,字云程,又名亦卿,1918年生于涿州城西南茂田庄。早年就学于男高小、育才中学,文学、书法、篆刻受业于周葆生、徐幼宗、刘葆筠,绘画受教于柳汀先生,为王先生早年弟子。六十年代,经民国名医吴彩臣先生介绍,得识齐璜大弟子两石翁王铸九先生,并与之交游。宋氏先后从业于小学教师、县政府秘书、县文化馆职员,上世纪八十年代于商业机械厂退休。空有绝世绘画天才,而困守小城,郁郁不得志。先生早年受柳汀先生画风影响,以花卉、鸟虫为主,后得两石翁心授,笔墨拙朴、典雅而有富贵气。先生尤擅画“锦灰堆”(又名八破),受张海若画风影响,得刘竹斋真传,其“八破”冠绝当代画坛而无雁行者。翼青涿州画友有张曾扬、郭笃民、焦润之、王恨庚、王自兴等,皆涿州画界俊彦。已故。

锦灰堆传承人:

耿玉洲,1945年生于山东淄博市周村区,自幼酷爱书画,长期临摹芥子园画传,曾先后拜画家陈伯鸣、徐金堤为师,习画花鸟山水。1966年任周家小学民办教师,在此期间一边教学一边研习书画艺术,几十年勤学不辍。1992年在周村地区创办第一所周村业余书画学校。1993年初去中国美术学院专修花鸟专业,从师卢坤峰、叶尚青、朱颖人、闵学林等名家。毕业后专攻海派吴昌硕先师画风十几载。1999年拜画家宋翼青为师学习“锦灰堆”得到先生真传。

现代八破图

为更好的传承和保护“锦灰堆”这一优秀的传统技艺,近几年来专攻“锦灰堆”的创作技法,并在不断学习前人绘画技法中不断研发出自己特有的创作技法。成为新中国建立后“锦灰堆”艺术第一位传人,其作品多次在国内外展出,已成为当今收藏爱好者手中的珍品。

耿学知,耿玉洲之子,1973年生于山东淄博,号桃源居士、桃花源斋主人。幼时贪玩不愿以书画为伍,青年时得父亲友人们相劝始随父习画。师法任伯年、吴昌硕等海派文人画家。94年冬随父迁住秦皇岛,结识李壮阁、李英、丁宝栋、宋宝顺等书画名家并得其精心指教,并与乔海光、刘宏等青年画家为友整日研讨书画。2006年随父耿玉洲学习锦灰堆创作至今。现为中国锦灰堆艺术第四代传承人,国家一级美术师.

锦灰堆现状与耿氏父子锦灰堆艺术:

“锦灰堆”艺术在第三代传人耿玉洲和第四代传人耿学知的传承和多年的探索研究下,增加了新的技法,加入了新的主题,使“锦灰堆”这一古老艺术有了新的活力。2010年至2011年耿学知创作的《玉兔迎春》、《残破美的艺术锦灰堆》、《光辉历程》等作品多次被新华社发布为全国通稿。《人民日报》海外版、《光明日报》、《中国文化报》、《科技日报》等多家报刊及中国政府网、中国新闻网、中央电视台、中央人民广播电台和各省市新闻媒体多次报道了耿氏父子的“锦灰堆”艺术。

2009年耿氏父子开始着手整理和书写有关“锦灰堆”的历史渊源、现状、发展及绘制等多个方面的文字资料,并将“锦灰堆”这一古老艺术申报了非物质文化遗产。

2011年5月,美国皮博迪博物馆“锦灰堆”研究专家南希女士和耿氏父子在北京会面,在对耿氏父子“锦灰堆”艺术的传承和发扬的肯定下,还给予了大量的“锦灰堆”资料和作品照片,并邀请耿氏父子参加即将举办的“锦灰堆’150年世界巡展。

(source : site baike.baidu.com/item/八破图, en chinois.


BOSTON (June 2, 2017)—This summer, the Museum of Fine Arts, Boston (MFA), opens China’s 8 Brokens: Puzzles of the Treasured Past, the first-ever museum exhibition dedicated to bapo (“eight brokens”) painting, a revolutionary artistic genre that emerged in China during the mid-19th century. Bapo refers to the damaged cultural ephemera hyper-realistically depicted in the works—worm-eaten calligraphies, partial book pages, burned paintings, remnants of rubbings and torn-open letters. The term “eight brokens” also alludes to the hidden messages of the images—often wishes for good fortune. Eight is a lucky number in Chinese culture, and broken, or less-than-complete, objects can also have favorable implications, since perfection could bring about misfortune. The art form was largely forgotten after 1949, but has recently been rediscovered by contemporary artists and collectors, prompting curators to decipher the meaning of the images, and solve the puzzle of the paintings. The MFA houses the largest museum collection of bapo paintings, and 32 new acquisitions are on view to the public for the first time in this exhibition of more than 40 works, which also features important loans from museums and private collections located in the US and Asia. China’s 8 Brokens: Puzzles of the Treasured Past is on view in the Lee Gallery from June 17 through October 19, 2017, and an illustrated publication—the first to focus on bapo painting—is planned for release in 2018. Presented with generous support from the Tan Family Education Foundation. Additional support from the Dr. Lawrence H. and Roberta Cohn Exhibition Fund, the Joel Alvord and Lisa Schmid Alvord Fund, the Roger and Dawn Nordblom Fund for Chinese Paintings in Honor of Marjorie C. Nordblom, and The June N. and John C. Robinson Fund for Chinese Paintings in Honor of Marjorie C. Nordblom.

China’s 8 Brokens: Puzzles of the Treasured Past showcases the finest examples of bapo painting dating back to the 19th century alongside three-dimensional decorative and functional objects that feature bapo imagery, such as porcelain plates and inner-painted snuff bottles. Additionally, the exhibition showcases how the genre visually resonates with European and American trompe l’oeil (“fool the eye”) paintings, as well as how contemporary Chinese artists are reviving the bapo aesthetic.

“Many of the bapo paintings—with their deteriorating remnants of traditional culture—are declarations of mourning for the past, but others are filled with humor and hidden messages. The exhibition is designed to assist viewers in decoding and delighting in these puzzles,” said Nancy Berliner, the MFA’s Wu Tung Curator of Chinese Art, who organized the exhibition and was the first scholar to undertake a thorough study of bapo painting.

Bapo dates back to the mid-19th century, when a number of artists across China departed from the age-old subjects of landscapes and figures. Instead, they began to paint illusionistic compositions that depict deteriorating fragments of cultural treasures of the past, arranged in a haphazard manner. Although bapo works bear a resemblance to European and American trompe l’oeil paintings and modern collages, the aesthetic grew directly out of Chinese visual traditions. The practice of pasting multiple cherished calligraphies or paintings on a single panel, such as a screen, first arose in 8th-century China. It flourished again in the 17th century, reflecting a penchant among some nouveau riche for flaunting the plentitude of their personal collections. After centuries of pasting and fastidiously reproducing ancient masterworks, some artists began to create disorderly representations of decomposing papers and artifacts, creating a surprising new genre that carried into the 20th century.

As bapo spread from town to town and artist to artist, styles proliferated and meanings multiplied. Clever artists hid layers of meaning within their assemblages, and clever viewers took on the enticing challenge of deciphering them. Often, these unconventional works reflected conventional messages, such as mourning for the past. In Willing to Reside in a Shabby Alley (1945) by Chen Bingchang (1896–1971), four characters on an imprinted seal within the composition translate literally to “protect the deficient and look after that which is lacking”—that is, to cherish broken and worn-out things. The ancient expression dates back at least 2,000 years and echoes the bapo sentiments of treasuring even the damaged remnants of the past. Another traditional message frequently incorporated into bapo paintings was wishing for good fortune. In Scepter (1950), Zheng Zuochen (1891–1956) formed his collage of finely limned papers into the shape of a ruyi, a traditional Chinese scepter. The word ruyi translates literally to “may you achieve all you desire,” and the Chinese viewer would immediately recognize the shape and its intended meaning. Likewise, in a 1934 work attributed to Yang Weiquan (1885–after 1940), the paper fragments form a rock—a symbol of longevity in China.

For socially aspiring patrons, bapo paintings also offered an opportunity to flaunt their own sophistication. Traditional Chinese society held scholars and their lifestyle in the highest regard, and many of the items seen in bapo works are the paper accoutrements of the literati life—ancient artworks, classic writings and treasured artifacts from antiquity. The ability to distinguish a famous poem or artwork was proof of cultural sophistication. Lotus Summer of the Xinghai Year (1911) by Liu Lingheng (1870–1949), for example, contains a painting within a painting. The full, open fan seen at the top bears a monochrome landscape—an imitation of the 18th-century artist Wang Hui.

Some artists hid political commentary within bapo paintings. The 19th century was a disastrous time in China, filled with violent domestic rebellions and invasions from British and French forces—only a preface to further destruction during the 20th century, which brought more incursions by foreign armies, occupation of the Forbidden City (1900), toppling of the imperial dynasty (1911), invasion of the Japanese (1930s), World War II and civil war between the Communist and Nationalist parties. Instead of explicitly criticizing present circumstances, many bapo artists expressed their reactions through relevant references to the past. In his four-piece work Burned, Ruined, Damaged Fragments (1938), Li Chengren invoked an ancient calamity that occurred in 213 BC. According to legend, the hegemonic first emperor of China, known as Qin Shi Huang, commanded the burning of all books that were inconsistent with his own approach to governing—a historic conflagration that led to the tragic near-loss of all Confucian texts. Li created his painting shortly after the horrific Massacre of Nanjing during the Sino-Japanese war, in which up to 300,000 people perished. With his reference to the devastating Qin Shi Huang, the artist may have been subtly alluding to the ghastly current state of his country.

In addition to paintings, several examples of decorative arts featuring bapo designs are on view in the exhibition, showcasing how the aesthetic had integrated into the popular culture of the 19th and 20th centuries. Among these is an inner-painted snuff bottle, made to contain tobacco leaves and decorated by artist Ding Erzhong using a tiny brush squeezed through the vessel’s orifice. Other highlights include a colorfully glazed porcelain plate (19th century, Peabody Essex Museum) featuring an ink dragon painting and Meeting Immortal Friends, a rare example of bapo silk embroidery that remarkably and realistically translates the visual characteristics of an ancient rubbing into a textile.

By the 1980s, awareness of bapo had all but faded. However, following the turmoil of the Cultural Revolution (1966–1976), several artists began to revive the art form. Geng Xuezhi (born 1973) creates dynamic compositions, infused with updated materials and a sharp graphic sensibility. His painting The Jade Rabbit Welcomes the Spring (2016) features contemporary newspapers, children’s cartoons and the cover of a 1950s children’s book. One fragment is a child’s drawing of a rabbit—Geng’s copy of a work by his own daughter.

Other contemporary works on view include Bapo Picture of a Pile of Brocade Ashes (2006) by Wang Chao (born 1974), an artist known for his use of the traditional Chinese woodblock printing medium, and Tang Taizong and Wang Yuanqi (2005), an oil painting by Chen Danqing (born 1953), from a series depicting European and Chinese art books that the artist had collected over the years. While the resonance of his work with bapo painting is palpable, Chen—one of China’s most celebrated contemporary oil painters—had never seen or heard of the genre until many years after he began this series of paintings.

“It is a rare opportunity—and incredibly exciting—to discover, investigate and put back into the public knowledge a historic and radically modern-looking art form that had never been recorded and that was all but forgotten,” said Berliner. “To see young artists now inspired to revive it with their own modern interpretations is a thrill.”

Art of Asia and China at the MFA

Among the finest in the world, the MFA’s collection of Asian art covers the creative achievements of more than half of the world’s population over the course of five millennia. The collection encompasses Japanese, Chinese and Indian painting and sculpture; Japanese prints and metalwork; Chinese, Japanese, Korean and Vietnamese ceramics; and the arts of the Islamic world; as well as contemporary works from across the region. The strength of the Chinese collection lies in masterworks of sculpture, painting and ceramics. Highlights include Buddhist stone sculpture and early handscrolls that are among the most famous Chinese paintings in the world. The ceramic collection is rich in imperial stonewares and porcelain, while an extensive collection of Chinese textiles is overseen by the David and Roberta Logie Department of Textile & Fashion Arts.

The Museum of Fine Arts, Boston (MFA), is recognized for the quality and scope of its collection, representing all cultures and time periods. The Museum has more than 140 galleries displaying its encyclopedic collection, which includes Art of the Americas; Art of Europe; Contemporary Art; Art of Asia; Art of Africa and Oceania; Art of the Ancient World; Prints and Drawings; Photography; Textile and Fashion Arts; and Musical Instruments. Open seven days a week, the MFA’s hours are Saturday through Tuesday, 10 am–5 pm; and Wednesday through Friday, 10 am–10 pm. Admission (which includes one repeat visit within 10 days) is $25 for adults and $23 for seniors and students age 18 and older, and includes entry to all galleries and special exhibitions. Admission is free for University Members and youths age 17 and younger. Wednesday nights after 4 pm admission is by voluntary contribution (suggested donation $25), while five Open Houses offer the opportunity to visit the Museum for free. The Museum’s mobile MFA Guide is available at ticket desks and the Sharf Visitor Center for $5, members; $6, non-members; and $4, youths. The Museum is closed on New Year’s Day, Patriots’ Day, Independence Day, Thanksgiving, and Christmas. The MFA is located on the Avenue of the Arts at 465 Huntington Avenue, Boston, MA 02115. For more information, call 617.267.9300, visit mfa.org or follow the MFA on Facebook, Twitter and Instagram.

Bibliographie sommaire

  • Site : baike.baidu.com/item/八破图, en chinois
  • Nancy Berliner, Questions of authorship in “bapo” : trompe-l’œil, in 20th century Shanghai. In : Colloque Les Grandes expositions chinoises à Paris, 12 décembre 1998, Paris, CREOPS-Sorbonne, 1998.
  • Comentale, Christophe, Cent ans d’art chinois. Paris : Ed. de la différence, 2010. 398 p. : ill. Bibliog. Index

Quelques exemples de trompe-l’oeil

Yang Weiquan, 杨渭泉, Trompe-l’œil (1940) encre et lavis sur papier, rouleau vertical. (Coll. du Pavillon des Bois & Textiles)

Anonyme, Trompe-l’œil (fin XIXe s.) Lavis d’encre et coul. Sur papier, 57,5 x 21 cm (coll. privée ; acq. Vente Pékin, 1996)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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