A propos de donation et d’accrochages de sérigraphies de Nouvel an (année 2018) et aussi des lithographies de Nouvel an taïwanaises, principalement des sérigraphies et aussi des lithographies, gravures sur bois (année 2017) conservées à la bibliothèque Yvonne Oddon

par Christophe Comentale

L’accrochage a lieu du 19 février au 31 mars 2018. La bibliothèque accueille les visiteurs du lundi au vendredi, de 10 à 18 heures.

PROPOS INTRODUCTIFS ET MISE AU POINT

Depuis près de quarante ans, je regarde des images. Des images du pays où je vis, mais aussi et surtout d’autres lieux, afin de voir les relations qui vont de l’un comme de l’une à l’autre. Mon attention s’est concentrée sur les images de l’Asie sinisée.

A priori, une image est unique. Afin de pouvoir en garder trace, une impression par tous les moyens possibles est encore la façon la plus évidente d’en garder une trace lorsqu’elle est donc imprimée à un nombre variable d’exemplaires.

Je suis au Muséum depuis une vingtaine d’années, et, au cours de missions – parfois antérieures à cette affectation – diverses et variées, j’ai constitué une collection d’images chinoises et taiwanaises. J’en avais, à la demande de collègues du département d’ethnologie, fait quelques moissons qui rejoignaient alors les fonds de l’institution. Après avoir pris mes fonctions, les choses ont continué, le travail aussi. Différentes expositions ont permis d’en montrer la variété, des conférences et colloques ont également été les moyens assez logiques de montrer l’importance de ces images au sein des sociétés asiatiques sinisées contemporaines. Une habilitation passée voilà quelques années à Paris-Sorbonne a permis de fédérer ces recherches. Elle est consultable dans différentes bibliothèques. J’ai, parallèlement, souhaité commencer à donner des images collectées depuis ces décennies passées.

L’intérêt des collègues en charge du patrimoine au sens le plus large a permis l’an passé et cette année de montrer un florilège de pièces chinoises (en 2017) et taiwanaises (en 2018). Je les en remercie.

Je profite de l’accrochage susmentionné pour publier ce texte précédemment paru dans la revue Art et métiers du livre en janvier-février 2017 (318, pp. 50-57). J’y ai apporté des informations complémentaires, l’ai en particulier enrichi de données prévues pour un catalogue, hélas non édité. Ces données seront, par ailleurs, d’une certaine utilité aux visiteurs de cet événement modeste comme pour autant d’autres, similaires, organisés par des institutions possédant ou exposant des images chinoises de Nouvel an.

DES SERIGRAPHIES DE NOUVEL AN TAIWANAISES ET PROPITIATOIRES

Le Musée de l’Homme dresse sa masse imposante au sommet de la colline de Chaillot. Fondé en 1937, il est l’un des douze sites du Muséum national d’histoire naturelle. Le cœur du bâtiment reçoit les collections constituées dans un but concret : initier ou conforter des recherches entreprises au sein des laboratoires du Muséum. Il conserve parmi ses fonds un ensemble de gravures sur bois et de sérigraphies porte-bonheur taiwanaises et chinoises anciennes et contemporaines.

La réalisation des œuvres, de leur conception à leur impression Les études sur la réalisation des gravures sur bois sont nombreuses, celle des sérigraphies n’a pas encore fait l’objet d’un travail spécifique (ill. A, B, C, D).

 

(ill. A) Chen Qiaoyu, Dix mille lapins accueillent cent années de bonheur, Taiwan, 2010, gravure sur bois.

(ill.B) Chen Wenzhi, Paix à la maisonnée, Année du Coq, Taiwan, 2005, bois

(ill. C) Chen Xiurui, Accueillir le printemps, Année du Rat, Taiwan, 1995, sérigraphie

(ill. D) ZHU Weibo, Année du Cheval, 2002, sérigraphie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La production des sérigraphies de Nouvel an est une approche originale à laquelle le ministère de la culture de Taiwan s’attache depuis plusieurs décennies. Cet ensemble unique rassemble les œuvres d’artistes qui ont laissé la trace de leur œuvre au niveau national et international

ESTAMPES ET GRAVURES CHINOISES POPULAIRES : DE LA TRADITION AU RENOUVEAU

(ill. Q) Calendrier, année 1998, grav. sur bois

 La période du Nouvel an lunaire (ill. Q) est le moment de mettre toutes ses chances pour aller vers un bonheur au fil des mois à venir. Les images présentées durant cette exposition vont donner une idée de la force de la symbolique qui émane de chacune d’elles

 

 

 

 

 

[ Cette synthèse reprise à différents travaux et enrichie au fil des missions, permet de faire un point plus précis sur la complexité de la classification de ces images ]


Le tableau suivant regroupe les éléments du plan de l’ article développé ci-après.
Quant à l’article, il permet de comprendre les liens entre l’image de Nouvel an
à Taiwan et en Chine au fil du temps, en l’occurrence pour l’époque moderne et
contemporaine.

Introduction

  • de l’existence et de la conservation des estampes populaires
  • propos classificatoires et méthodologiques
  • l’évolution de la gravure au fil des dynasties
  • quelques remarques sociohistoriques

1 – origines et développements

  • rites, rituels et fêtes
  • les fêtes de populations han et non-han
  • les estampes populaires d’offrande
  • des classifications des estampes populaires, majoritairement liées au nouvel an :

1- typologie de Lü Shengzhong

2- typologie de Wang Shucun

2 – la localisation de la production

3 – les techniques

4 – les thèmes

  • les dieux de l’agriculture
  • les patrons fondateurs de métiers
  • les bouddhas et dieux taoïstes populaires
  • us et coutumes
  • estampes folkloriques de bon augure

5 – index des types d’estampes

6 – symboles

7 – bibliographie


Introduction

La gravure populaire chinoise épouse la diversité géographique, ethnologique de ce vaste pays, et les fluctuations des thèmes, de leur mise en image suivent les évolutions et orientations sociopolitiques diverses et chronologiques.

L’ethnie dominante de la Chine, celle des Han, doit, au cours des siècles, toujours compter avec ou contre ce qu’il est convenu d’appeler « les minorités ethniques » qui, du nord au sud, ont montré la richesse de thèmes liés aux mythes primordiaux et à leurs implications en matière de vie quotidienne, civile, religieuse ou militaire.

* De l’existence et de la conservation des estampes populaires

L’environnement naturel chinois n’est pas propice à la conservation de ces témoins des manifestations humaines, tout comme la destination de certaines d’entre elles suppose d’emblée une suppression (combustion, démantèlement,…) pour l’accomplissement d’un rituel.

La collection, vue comme thésaurisation, juxtaposition et amassage prévisionnel d’abord puis mise en évidence de témoignages, la collection a toujours été une préoccupation humaine, et ce, principalement depuis des dynasties comme celles des Tang (618-907) ou Song (960-1279). L’objet des pièces collectionnées a constamment été tourné vers la rareté liée à l’utilisation de matériaux difficiles à se procurer ou recelant des données hors du commun. L’attention portée à leur intégrité a dépendu de la mise en oeuvre de critères muséologiques » avant la lettre; notamment en ayant analysé les causes contraires à cela. Dans l’environnement naturel globalement peu propice – il suffit de voir combien les musées ont actuellement de difficultés ou de problèmes avec la conservation du patrimoine – ces témoins de l’activité humaine prennent une place des plus précieuses pour l’étude de la civilisation et de sa diversité.

La diversité des thèmes traités, leur analyse, les croisements, récupérations faits d’un champ ethnique ou linguistique renforcent encore l’intérêt de l’existence des images et la puissance de la magie qu’elles continuent d’exercer sur une société en pleine transition.

L’art gravé dit populaire a sollicité l’attention des archéologues autant que celle des historiens et historiens de l’art. Archéologues et historiens cherchant à voir quelle est la forme la plus profonde des racines de l’humanité, tandis que les historiens de l’art vont, avec des témoignages reculés, constater comment celle-ci a évolué.

Pour la Chine, le Fleuve Jaune est le berceau de la civilisation, cependant que d’autres centres livrent également des preuves de l’existence humaine. Les images ont été révélées par la campagne de fouilles renforcées ces dernières années.

La culture de Hemudu, antérieure de près d’un millier d’années à celle de Yangshao, a livré diverses pièces dont notamment des ossements. L’un d’eux représente deux races mythiques d’oiseaux à deux têtes : bec crochu, oeil rond, une sorte de fine huppe surmonte celle-ci. Le corps plutôt arrondi se termine par quatre pattes griffues. Le tracé procède d’un trait fin. Une autre pièce, un récipient en céramique noire, trouvée sur le même site, montre un porc sauvage gravé. De forme allongée, l’animal est doté d’un groin démesuré, l’oeil exagérément ouvert reprend un motif très semblable sur le corps.

* Propos classificatoires et méthodologiques

La classification des estampes populaires présente différentes possibilités : par thème ou par utilisation. Suivant les auteurs chinois consultés ou rencontrés, chacun voit les limites de chaque propos. Il nous a semblé plus cohérent a priori d’opter pour une recherche de classement par thème, les utilisations et sortes d’estampes n’étant pas vraiment respectées ; de même, les thèmes se recoupent parfois en sous-thèmes plus ou moins connexes, qui demandent quelque explication supplémentaire pour être compris, au sein d’un glissement de « sens » que le créateur a voulu lui donner.

* L’évolution de la gravure au fil des dynasties

Sous les Yin et Shang, l’art de la pierre et du jade gravé est important, tout comme l’on trouve des motifs gravés dans les récipients de bronze vert. Les plastrons et omoplates gravés révèlent aussi l’art du couteau par la multiplicité des pièces gravées.

Sous les Zhou, on trouve déjà la présence de traces imprimées. Dans le Boguzhai jiyin, 博古齋基因 (corpus d’impressions de l’atelier des antiquités), deux marques gravées des Zhou de l’ouest, l’une ronde, l’autre carrée, qui représentent un phénix. La forme est très proche de celle que l’on peut voir sur des bronzes. On a ici déjà des estampes de petite taille.

De la période des Royaumes Combattants à la dynastie des Qin, les sceaux sont variés et souvent zoomorphes ou couverts de caractères ; de la dimension d’un pouce carré, ils sont gravés en creux ou en relief.

Les tuiles faîtières sont ornées de motifs qui permettent l’obtention d’estampages en relief, au trait, souvent assez fins. Les pièces de la dynastie des Han de l’ouest du site de Mawangdui à Changsha sont à remarquer. Parmi celles-ci, une pièce à motifs floraux est parvenue, pour laquelle la matière de la matrice qui a permis le tirage est inconnue. Il s’agit à l’heure actuelle de la plus ancienne pièce imprimée en relief connue.

Sous les Cinq Dynasties, la gravure bouddhique est en pleine expansion[I].

On commence à avoir des notes nombreuses de l’estampe populaire, notamment de nouvel an, sous les Song.

> Carte des centres d’impression des estampes populaires de Nouvel an

Après une importante expansion de la gravure sous les dynasties Ming et Qing, un changement notable survient après les guerres de l’opium, l’occident amène la mécanisation, notamment en matière d’imprimerie. Dix centres sont des plus actifs au sein du pays en matière d’estampe de nouvel an : Yangliuqing à Tianjin, Yangjiabu (ill. N) au Shandong, Zhuxianzhen au Henan, Wuqiang au Hebei, Taohuawu (ill. W) à Suzhou, Mianzhu au Sichuan, Fengxiang au Shânxi Zhangzhu au Fujian, Foshan au Guangdong, Shaozhou au Hunan.

(ill. N) recueil gravé, Yangjiabu (années 70)

(ill. W) Chat, gravure sur bois en coul, centre de Taohuawu (Suzhou), XXe s., années 60-70

Sous les Song, il est dit dans le Dongjing menghualu 東京夢華路 dû à un nommé Meng Yuanlao 蒙冤錄 qu’à l’approche des fêtes, on imprime et vend des dieux des portes, Zhongkui, des planches et des charmes de pêcher, des images du dieu de la richesse, des images de chevaux de papier, et de daim tournant la tête ».

Sous les Ming, Liu Ruoyu 劉若愚dans son Zhuozhongzhi dit qu’après l’hiver, on suspend des images de bon auure, cependant que les mots estampes de nouvel an n’apparaissent toujours pas.

Durant la 30e année de règne de Daoguang (1850) Li Guangting 李光聽 dans son Xiangyan jieyi 香煙介意 dit «  qu’après être de retour chez soi, alors on colle les « peintures de nouvel an ». le mot apparaît dans ce contexte.

Après la fondation de la république populaire de Chine, on parle de xinnianhua « estampe de nouvel an », tandis qu’en général nianhua, traduit de cette façon, signifie estampe de l’année [à venir étant sous-entendu].

 

 

 

* Quelques remarques sociohistoriques

– Les tendances de la gravure populaire sont plus ou moins variées. Ainsi, une tendance lettrée est présente si l’on se rappelle que les oeuvres des lettrés sont créées sur papier, et que leur réalisation demande une très forte maîtrise technique. Ainsi, des créateurs célèbres de la dynastie Qing ont confié leurs oeuvres à l’atelier de Yangliuqing, afin que les pièces soient adaptées aux « critères » de l’estampe de Nouvel an[II].

– les formes traditionnelles doivent conserver une certaine saveur et spontanéité qui n’a rien à voir avec une quelconque élaboration. Certains ateliers ont eu une période de production plus ou moins longue. A la fin des Qing, à Tianjin, Qi Jianlong et Dai Lianzeng sont des ateliers qui font appel aux patrons et modèles de différents artistes. Les oeuvres prestigieuses peuvent ainsi évoluer sans qu’il soit possible de retrouver le modèle originel, ceci suppose qu’il existe un sens collectif de la créativité, par exemple le thème du dieu du chariot au Yunnan, ou celui des gardiens de portes, qui changent si l’on se déplace du nord au sud du pays.

Yang Zhonghai (1875-1923) du Shandong, actif à Yangjiabu (Weifeng), est à la fois graveur et peintre. ce type d’exemple n’est pas isolé, il est à retrouver sous les Ming avec la participation d’artistes de cour à ce type de production.

1 – origines et developpements

Parallèlement à l’existence d’un art officiel, de cour, les manifestations des êtres humains, fussent-elles les plus modestes, se doivent d’être conservées pour garder son échelle et sa diversité à l’art ou à ce qu’à un moment donné on comprend comme tel, même si à l’origine toute manifestation a une fonction plus immédiate, ou psychologiquement différente.

– Rites, rituels et fêtes

Le rythme des saisons est consigné selon les lunaisons, qui ont donné lieu à la mise en place d’un calendrier lunaire, que le milieu agricole suit pour le déroulement des activités liées principalement aux récoltes et aux disponibilités qu’elles imposent, de la préparation des champs jusqu’à la maturité des céréales. Le tableau ci-après donne le détail de ces 24 périodes.

nom de la période dates du calendrier solaire dates du calendrier lunaire
début du printemps 4 ou 5 février début de janvier
la pluie 19 ou 20 février mi-janvier
le réveil des insectes 5 ou 6 mars début de février
équinoxe de printemps 20 ou 21 mars mi-février
pure lumière 4 ou 5 avril début de mars
pluie des céréales 20 ou 21 avril mi-mars
début de l’été 5 ou 6 mai début d’avril
les épis sont à moitié poussés 21 ou 22 mai mi-avril
les épis ont des barbes 5 ou 6 juin début de mai
solstice d’été 21 ou 22 juin mi-mai
petite chaleur 7 ou 8 juin début de juin
grande chaleur 23 ou 24 juin mi-juin
début de l’automne 7 ou 8 août début de juillet
fin de la canicule 23 ou 24 août mi-juillet
rosée blanche 7 ou 8 septembre début d’août
équinoxe d’automne 23 ou 24 septembre mi-août
rosée froide 8 ou 9 octobre début de septembre
gelée blanche 23 ou 24 octobre mi-septembre
début de l’hiver 7 ou 8 novembre début d’octobre
petite neige 22 ou 23 novembre mi-octobre
grande neigee 7 ou 8 décembre début de novembre
solstice d’hiver 21 ou 22 décembre mi-novembre
petit froid 5 ou 6 janvier début de décembre
grand froid 20 ou 21 janvier mi-décembre

Tableau : Les 24 périodes du calendrier lunaire

 

nom de la fête date notes
fêtes traditionnelles des Han
la fête des lanternes (yuanxiao) 15e jour 1ère lune
fête du dragon printanier 2e jour 2e lune
le jour de Qingming[III] (des morts) 15e jour du 3e mois lun.
fête de duanwu[IV] (du Dragon) 5e jour du 5e mois lun. duanyangjie
fête d’actions de grâce au Ciel 6e jour de la 6e lune
fête de qixi (le Bouvier et la Tisserande) 7e jour de la 7e lune
fête de zhongyuan (fête bouddhique)[V] 15e jour de la 7e lune
fête de la mi-automne[VI] 15e jour de la 8e lune
fête de chongyang 9e jour de la 9e lune
fête de Laba 8e jour de la 12e lune
fête du foyer
fête de la dernière nuit de l’année (chuxi)
fêtes traditionnelles des non-Han
nouvel an du calendrier tibétain
fête du bain des Tibétains
festival du canon fleuri des Dong
fête de l’Eau des Dai[VII] 10 jours après qingming poshui jie
foire de Mars des Bai 15-20 de la 3e lune
fête de Dumu des Yao[VIII] 29e j. du 9e mois lun.
fête des flambeaux des Yi 20e j., 6e mois lun. dure de 1 à 3 j.
festival de la balançoire des Miao
festival traditionnel des Mongols
fête musulmane traditionnelle
fête du Bairam (fin du ramadan)
fête du bon début des Shui
fête du cinq mars des Zhuang[IX] 3e jour du 3e mois lun.
festival de chants (aken) des Kazaks 3 mars Guangxi
fzstival de chants et de danses des Jingpo été
fête du « Ha Jie » des Jing 23 janv. ou 10/6 ou 10/8 Guangxi (Dongxing)
nouvel an mongol (le mois blanc)
nouvel an (a nie) des Daur[X]
nouvel an des Yao[XI]
fête du souhait d’abondance (wangguo)
fête du Dama[XII] 14 juin
fête du Xuedun (festin du lait fermenté) 30 juin Tibet
fête (lamaïste) du Sugadawa [XIII]
fête du huit avril des Miao[XIV] 8 avril ville de Guiyang
nouvel an des Yi[XV] octobre
fête commémorant naissance Mahomet 12 mars Hui et Uygur
fête du 3 mars (bonne récolte) 3 mars Li (Hainan)
festival de danses du boeuf de printemps[XVI] jour de lichun Dong
fête de dégustation du riz nouveau 6 juin, avt moisson du riz Miao
festival des barques-dragons 23-27 mai Miao
fête du Ku-za-za:souhait de bonne récolte 6e mois lunaire (été) Hani
fête traditionnelle des Bouyei : Tiao Hua
fête des Lanternes du temple Ta’er Si (site bouddhique) Qinghai[XVII]
fête de la cueillette des fleurs jour de Qingming ethnies Benlong, Dai
fête de la Moisson[XVIII] ethnie Gaoshan

Tableau : Les fêtes des populations chinoises « han » et non-han

 

 – Les estampes populaires d’offrande

L’estampe à caractère populaire, gravée par des personnes plus ou moins habiles pour traduire différents épisodes de la vie quotidienne est inégalement présente selon les situations géographiques et les périodes chronologiques à prendre en compte.

– Des classifications des estampes populaires, majoritairement de nouvel an

1 – la typologie de Lü Shengzhong

Lü Shengzhong a mis sur pied un classement qui se veut a priori simple, et repose sur deux sortes d’indicateurs :

– l’existence d’oeuvres réalisées pour des moments de fêtes diverses, le nouvel an étant la plus importante :

  • ainsi, l’estampe de nouvel an[XIX] comprend huit sortes principales (zhongtang), sancai, tiaoshan, maofang, qiangwei, yueguang, doufang, hengpi) .
  1. l’estampe pour lampion,
  2. l’estampe de fenêtre
  3. l’estampe de rideau
  4. l’oeuvre d’autel,

– la destination : en général, l’oeuvre est là pour faciliter l’obtention d’une faveur à des dieux. Lü inclut alors les dieux locaux populaires, taoïstes, bouddhiques, et même les intercesseurs, comme les montures des dieux.

– les autres oeuvres telles que monnaies d’offrande, charmes de protection, …

2 – la typologie de Wang Shucun

Les estampes populaires sont souvent liées au nouvel an, les dieux y sont fréquemment mêlés. Wang Shucun a répertorié 48 sortes d’images, pratiquement toutes présentes dans les différentes provinces. Les critères sont liés aux dimensions, usages,… En fait, cette classification, qui se veut des plus rigoureuses, est obligée de tenir compte des buts parfois très immédiats du graveur : résoudre une peur, combler une angoisse, donner à la pièce protectrice un rôle que l’on retrouve avec des types voisins d’images, tout au moins au niveau des dimensions.

– certaines, plutôt de dimensions modestes, sont placées isolément. Celles de type doufang « boisseau carré » sont de format carré, plus ou moins important suivant les provinces. Le caractère, notamment celui du bonheur ou du printemps annoncent le nouvel an, et sont donc favorables à un nouveau cycle de vie. Peu d’histoires sont décrites. Les planches sont placées en haut des portes, dans les greniers à riz, sur les réserves d’eau.

– elles vont parfois en pendant : gardiens des portes, estampes des fenêtres, enfants des portes, on les appelle aussi les paires parallèles [duiping (对平)]. Les dimensions vont d’un à cinq pieds (un pied vaut en moyenne 0,333 m).

* Pour les gardiens des portes, différentes variantes existent : la représentation la plus fréquente montre deux généraux majestueux, imposants, debout, mais ils peuvent tout autant être à cheval, deux guerrières les remplaceront parfois dans des positions identiques.

* pour les enfants des portes, des bambins, souvent des garçons et parfois de filles, sont dans des positions identiques à celles des gardiens des portes, assis ou debout. ce type d’oeuvre est collé dans une cour, sur une porte,…

Le thème de l’enfant permet des glissements vers d’autres comme la licorne apporte des fils, le lauréat aux concours,… Il y a plus d’une centaine de ce type de thème où l’enfant véhicule un concept favorable.

– des estampes sont employées en plusieurs feuilles : de type « lihua » (peinture historique), elles sont de dimensions plutôt importantes (comme celles dites « sandai » ou « sancai ») et sont couvertes de sujets tels que les huit immortels taoïstes, les trois étoiles,… autre type, huaduizi, paire de peintures. Elles représentent souvent des histoires ou romans célèbres.

– le format est très spécifique : ces oeuvres de type yueguang (ou yuanguang), le nom peut se traduire par [estampe exécutée pour la] pleine lune, sont de format rond, sans usage complètement codifié. Elles traitent fréquemment du thème de la belle Chang’E (ill. P) s’envolant vers la lune pour échapper à son époux, et représentée en compagie du lapin de lune pilant la drogue d’immortalité.

(ill. P) Chang’E et le lapin pilant l’elixir d’immortalité dans l’astre lunaire, Weishanxian, Yunnan, gr bois, 13,5 x 14,5 cm

– les différences entre estampes servant de  patron (digao) et donc reproductible par le biais de modèles transitoires  (guogao) réalisés à partir de cet instrument unique, sont prises en compte. Wang Shucun montre bien le critère de rareté de ces pièces. En effet, les artistes et collectionneurs ne montrent aucun intérêt pour ce type de pièce, tandis que le chercheur est d’un avis différent.

– la distinction entre estampe en noir ou en couleurs est importante : l’oeuvre au trait, en général noir ou cinabre, implique un classement différent de celle qui est l’objet de rajouts partiels ou spécialisés, suivant les époques ou régions[XX].

Un genre particulier d’estampe populaire chinoise, le cheval de papier

« le modernisme destructeur marche à grands pas. Les dieux s’en vont et leur souvenir ne sera probablement conservé, même dans les campagnes, que pour les réclames de la B. A. T. Co Ld qui distribuera des « Tsao-wang cigarettes » magnum size pour quelques « copper cents ».

(Albert Nachbaur, Les images populaires chinoises, p. 3)

Les manifestations d’intérêt pour toutes sortes de sujets, notamment la protection des êtres humains par des divinités ou idoles remontent aux temps les plus lointains. Un certain type d’estampe, zhima [纸马] est aussi connu sous d’autres appellations, jiama 甲马], shenma [神马], guiru luma [归入路马], baifen [白粉].

Les caractères zhima « cheval sur papier », ou jiama « cheval encarapaçonné », constituent à eux seuls une définition liée à un usage précis. L’origine du nom est due au fait que l’image d’un dieu était souvent ornée d’une vignette portant un cheval volant, la monture d’un dieu, destinée à emmener celui-ci dans le ciel. Les pièces ainsi appelées concernent toutes les divinités du panthéon syncrétique constitué par la religion populaire, notamment en milieu agricole où les images perdurent (ill. E, F). Les plus anciennes pièces conservées actuellement datent de la dynastie des Tang (618-906).

(ill. E) esprit du chien celeste, gr. sur bois, Yunnan, XXe s., années 70-80

(ill. F) la divinité qui raccompagne ses hôtes, hommes et femmes, Yunnan, XXe s., années 70_80

Un autre type s’en rapproche, l’estampe appelée ruifu [瑞福], ou hufu 護符]. Le caractère propitiatoire est appliqué non à des divinités mais à la symbolique qui se rattache à certains objets. Ces estampes sont produites en nombre important lors de l’année nouvelle.

Ces images des dieux sont tirées à l’encre de Chine à partir d’une matrice de bois en relief. Le support est encore souvent un papier à base de bambou, dont le fond est parfois en couleur, jaune ou rose, tandis que sur le sujet au trait sont passées à la brosse plate ou au pinceau plutôt épais des taches de couleurs en lavis, principalement le jaune, le vert, le rouge, le violet, le bleu.

D’après le Menglianglu de Wu Zimu, les sujets les plus fréquemment représentés sont Zhongkui, le cheval de la Fortune, le cheval qui tourne la tête vers l’arrière.

Le Mengxu congkao de Zhao Yi rédigé sous la dynastie des Qing indique qu’autrefois les dieux peints sur du papier étaient tous représentés sur leur monture, d’où l’appellation de « cheval de papier ».

Ces estampes, présentes dans nombre de villes des provinces de Chine, vont, suivant les localisations, privilégier telle ou telle scène ou divinité. Hangzhou[XXI], qui, au début du 12e siècle, devient la capitale politique et culturelle du pays où s’installe la dynastie des Song du sud, Hangzhou est un centre de production de ces estampes avec des thèmes comme la divinité protectrice pour l’élevage des vers à soie, la divinité qui permet une pêche abondante,…

2 –  la localisation de la production

Les gravures sur bois de type « zhima » sont produites et présentes dans les différentes provinces :

  • Hebei : Wuqiang, Neiqiu, Yangliuqing,
  • Shandong : Yanggu,
  • Yunnan : Lijiang, Dali, Nanjian, Baoshan,
  • Jiangxi : Jiujiang,
  • Jiangsu : Wuxi, Xuzhou, Yangzhou, Nankin,
  • Zhejiang : Hangzhou, Yuzhou…

3 – les techniques

(ill. S) table d’impression des estampes de Nouvel an

La facilité d’exécution de la gravure sur bois permet des tirages en nombre élevé, parfois plusieurs dizaines de milliers d’unités, tirées sur une même matrice ou sur des matrices identiques. Les gravures exposées en tous lieux doivent être remplacées par d’autres – en général en début d’année – faites à l’imitation des anciennes. Copie à l’identique ou nouveau modèle sont exécutés de la même manière :

une ébauche à l’encre ou un calque sur un papier très mince. Le dessin est ensuite décalqué sur une planche plate, que l’on grave au burin en suivant les contours du dessin. La taille ainsi pratiquée laisse apparaître un contour en lignes noires. Le tirage s’effectue en nombre, à l’aide d’une table à impression dotée d’une fente (ill. S)

Les rajouts de couleurs sont effectués avec un gros pinceau, humecté de matières colorantes. La définition des couleurs distingue entre les tons durs (noir, violet, rouge) et tendres (jaune, vert, « rouge pêcher ou rose).

4 – les thèmes

Les dieux (ill. G, dieu de la longévité) sont présents dans tous les endroit de l’environnement humain. Ils sont d’une diversité infinie (ill. E, divinité du chien céleste).

(ill. G) Dieu de la longevite, grav sur bois e n coul offerte lors des anniversaires

 

(ill. E) esprit du chien celeste, gr. sur bois, Yunnan, XXe s., années 70-80

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– Les dieux de l’agriculture

* Shennong et Tianzu, dieux de l’agriculture

D’après la légende, Shen Nong, portant le nom de Jiang, était empereur dans la haute antiquité. On lui doit la fabrication des outils qui permettent au peuple de se livrer à la culture des terres, et d’entrer ainsi dans la société agricole, car ne vivant plus uniquement de chasse et de pêche.

Sheng Nong goûta toutes les herbes, et fut très versé dans les propriétés de simples ou plantes médicinales. Il apprit ainsi aux gens à soigner leurs malades.

Tianzu a été le fonctionnaire chargé de l’agriculture sous les règnes des empereurs Shun et Yao.

* Roi-Boeuf

Cette divinité protégeait les bovins des épidémies. Dans l’antiquité, le 1er jour du 13e mois lunaire, les paysans lui offraient des sacrifices.

La légende veut que le duc Wen (755-716 av. J. C.) qui régnait dans le pays abattit des catalpas qui se transformèrent en boeufs et qui s’en allèrent. Le duc envoya ses cavaliers à leur poursuite. Les boeufs, apeurés, se précipitèrent dans une rivière et y disparurent. En souvenir de ces boeufs perdus, le Duc fit construire un temple.

* Roi-Cheval

La coutume d’offrir des sacrifices au Roi-Cheval remonte à la dynastie des Zhou (11e s.-256 av. J. C.) et s’est transmise au fil des générations. Le 23e jour du 6e mois lunaire, les éleveurs de chevaux et conducteurs de chars se rassemblaient afin de célébrer sa naissance.

Les anciens Pékinois lui offraient un mouton au prétexte qu’il ne mangeait pas de porc, car il était musulman.

Le Roi-Cheval avait quatre bras et trois yeux. Tout cuirassé, il était aussi robuste et héroïque qu’un général. Aussi, ce jour, militaires, soldats comme officiers, prenaient également part aux cérémonies.

Boeuf et cheval sont des animaux importants pour l’agriculture et la nourriture. Des gravures de protection sont réalisées à leur intention, car elles assurent ainsi la prospérité des paysans.

Il existe aussi un dieu des étables qui est l’esprit protecteur des animaux domestiques, les gravures étaient collées au nouvel an, afin de les protéger des épidémies.

* dieu des plants

Dans la banlieue de Pékin, nombre de paysans cultivaient les produits maraîchers. Le 7e jour du 11e mois lunaire, ils célébraient l’anniversaire du dieu des Insectes, en organisant des spectacles. A la même occasion, ils sacrifiaient au dieu des Plants dans un temple qui lui était dédié. Le dieu de la Grêle et le dieu de la Guerre étaient également exposés dans ce temple.

Le dieu de la grêle chevauchait un tigre, celui de la pluie un dragon.

* dieu du village

Il a parfois été appelé dieu du sol (she shen). Il existe, suivant les régions, différents dieux, chacun s’occupant de sa région. Certains sont de personnages célèbres, auxquels cette fonction est donnée.

Sous les Ming (1368-1644), les autorités administratives demandèrent à ce qu’un temple commémoratif soit construit tous les cent foyers. Très populaire, notamment dans le Chine du sud-ouest, les gravures le représentant étaient collées dans les niches sur les murs.

* déesse de ver à soie

La légende dit que Lei Zu, la fille de Xi Ling et concubine de l’Empereur Jaune apprit aux gens à élever des vers à soie, à dévider des cocons et à tisser la soie pour en faire des habits. Son savoir s’est transmis au fil du temps.

l’eau

* dieu des eaux

Dans l’antiquité, le dragon était maître des eaux, et de ce fait, révéré en tant que sachant dominer ces surfaces diverses, du lac à la mer. Ce dieu est souvent représenté comme un personnage en arme et plutôt puissant.

Le dieu vendeur d’eau, dans l’ancien Pékin, les habitants achetaient de l’eau pour la vie quotidienne.

– le dieu de la Grêle est associé au dieu de la pluie ; le premier est souvent monté sur un tigre, le second sur un dragon, ils apportent l’orage.

– le dieu du Tonnerre souvent avec ceux de l’Eclair, du Vent et de la Pluie.

* dieu du char ou chariot (ill. H) : associé à des souhaits de distance parcourues ou de quantités de marchandises transportées.

(ill. H) divinité du chariot, gravure sur bois, rehaut lavis sur papier jaune, Neiqiu, Hebei 17,5 x 9,4 cm

* déesse des fleurs

* dieu de la prospérité des étables

* dieu du grenier : svt représenté sous forme de fonctionnaire, adulte ou enfant, militaire ou civil ; dans la Chine du nord, on avait l’habitude de vénérer un hérisson comme le vieux dieu du grenier, car ces animaux

* dieu du vin : le Shuowen jiezi (dictionnaire étymologique des caractères) de Xu Shen, qui vit durant la dynastie Han, dit que Shao Kang (Du Kang) fabriquait des balais et du vin. Connu sous le nom de Dan, il devient roi du royaume de Xia (21e-16e s. av. j. c.) et est l’inventeur de la distillerie en Chine.

* général Liu Meng

– Les patrons fondateurs de métiers

* dieu teinturier

(ill. de Yangliuqing)

Dans la Chine ancienne, les teinturiers brûlaient des portraits d’idoles en papier comme sacrifice aux immortels Mei Fu* et Ge Hong* le 9e jour du 9e mois lunaire, qui était leur anniversaire de naissance. ces estampes montrent le rythme du travail de ces artisans.

*Mei Fu et *Ge Hong : les artisans dessinant des estampes du nouvel an et les teinturiers rendaient un culte aux Immortels Mei Fu et Ge Hong dont les statues furent installées dans un temple du district de Lianqing, province du Sichuan.

D’après les Chroniques du district de Dazu, le templs dédié à Mei Fu et Ge Hong fut construit en 1791, soit la 56e année du règne de l’empereur Qianlong de la    dynastie des Qing, *Mei Fu était originaire de Shouchun (district de Shouxian, province de l’actuel Anhui). Sous les Han, il fut fonctionnaire subalterne à    Nanchang. Pendant le règne de Yuanshi (1-5 av J. C.), le gouvernement devint si despotique, que Mei Fu se retira de la vie politique, et s’ en alla à Jiujiang, où il vécut en solitaire et suivit la doctrine taoïste.

* Ge Hong (284-364), originaire de Jurong (actuel Jiangsu) tenta des expériences pendant des années pour découvrir la pillule d’immortalité à base de cinabre. Quand il apprit que la région de Goulou (district de Beilou, Guangxi actuel) produisait du cinabre en abondance, il demanda à être nommé chef de cette région. Au cours de son voyage en passant par Guangzhou, il resta au mont Luofu pour trouver les composants de la pillule d’immortalité et devenir lui-même immortel.

* le maître de la médecine chinoise, Wei Zhenren

(ill. de Pékin)

Ce personnage originaire de l’Inde est appeleé également Cizang ; il était fonctionnaire responsable de la cuisine impériale durant le règne de l’empereur Zhongzong (707-710) de la dynastie des Tang (618-907). En l’an 737, soit la 25e années de règne de l’empereur Xuanzong, il arrive à Chang’an, capitale des Tang où il soigne les malades de façon magistrale, il distribue gratuitement les médicaments.

* Empereur Jaune (pour les tailleurs)

* Fée Feilu (pour les brodeuses)

* Confucius (pour les enseignants)

Kong Qiu ou Zhongni (551-479 av. J. C.), connu sous sa forme latinisée de Confucius, est né à Zouyi, principauté de Lu dans la province du Shandong, durant la fin de l’époque des Printemps et Automnes (770-476 av. J. C.). Il fut ministre de la Justice de la principauté de Lu. Après sa disgrâce, il fit le tour de plusieurs principautés. Sa politique consistait à faire gouverner le pays par un dirigeant dont la moralité devait être fondée sur l’humanité et la justice. Ses propositions politiques, ses paroles et actions furent réunies par ses disciples dans les Entretiens. Sur trois mille, soixante-douze étaient compétents dans les Six Arts (rites, musique, tir à l’arc, conduite du char, calligraphie et calcul). Le 4e jour du 11e mois lunaire, anniversaire de sa naissance, les maîtres d’école lui offraient des sacrifices et avaient un jour de congé.

* dieu de la Fortune (ill. J) (pour les commerçants)

(ill. J) le dieu de la fortune offre le bonheur, gravure sur bois en couleur

Il est aussi appelé jubao zhaocai [聚宝招财].

Il est représenté seul ou accompagné de son épouse, et, a souvent quatre jeunes garçons comme assistants, délégués à la recherche des richesses.

Ce dieu apparut avec le développement de la société, et la conviction selon laquelle la richesse pouvait apporter le bonheur. Tous les commerçants le vénéraient. Dieux de la Richesse civil et militaire étaient très populaires dans l’ancien temps. Le dieu de la Richesse militaire était le général Zhao Gongming, connu comme un officier impressionnant, habillé dans un costume et montant un tigre noir, en brandissant une épée. Il fut tué par Jiang Ziya et le titre de maréchal lui fut accordé après sa mort. Plus tard, le peuple le vénérait comme le dieu assurant les profits. Le dieu de la Richesse civil était Bi Guan, un fonctionnaire loyal qui fut tué de façon cruelle par le tyran Zhou de la dynastie des Shang (16e-11e s. av. J. C.). Les hommes d’affaires collaient leur image à l’occasion de la fête du printemps et priaient les dieux de la Richesse pour faire plus de profits et se procurer plus de richesse.

pour ces figurations traditionnelles, le lettré Zhao Gongming est plus populaire au sud du pays, tandis que le militaire, Guan Gong est plus apprécié au nord.

Certains attributs lui sont apparentés : un vase magique, jubao pen 聚寶盆, duquel sort l’arbre aux sapèques yaoqianshu 搖錢樹. Ce vase a la propriété de reproduire les trésors au fur et à mesure qu’on les enlève, tout comme les feuilles de l’arbre sont des sapèques, et les fruits des lingots. Il suffit de secouer le fût de l’arbre pour que feuilles et fruits tombent, ils auront repoussé le lendemain.

La légende remonte à la dynastie des Ming, est relative à l’histoire du pêcheur Shen Wansan 沈萬三, qui tire cet arbre de ses filets.

* Meng Tian (pour les fabricants de pinceaux)

* Cai Lun[XXII] (pour les papetiers)

* Lü Dongbin (pour les artisans de bâtons d’encre)

Lü a pour attributs l’épée transcendante et le fouet.

* dieu du contrôle de la Durée de Vie (cuisiniers)

à mettre en relation avec le dieu du destin, autre nom pour le dieu du foyer. L’appellation de dieu du destin apparaît pour la première fois dans de courtes nouvelles de la dynastie des Song (960-1279).

* Maîtres Lu et Zhang [cf Wang Shucun, ill. 840, p. 821]

Ces deux personnages sont présents sur des oeuvres de différentes provinces, notamment au Yunnan.

La tradition veut que dans le royaume des Nan Zhao南趙 (748-902) est apparu dans la mer Er 洱海, en fait un lac, une sorte de dragon bien semblable à un gros serpent (mâng 蟒: boa, python ou dragon) qui blessa un homme. Un tailleur de pierre nommé Duan Yecheng 段也成 fut avalé par le monstre. Comme il se débattait sans cesse à l’intérieur de l’animal, il en vint alors à bout, mais il mourut aussi.

Afin de se rappeler ce héros, les habitants ont voulu lui élever un temple. Cependant, personne ne connaissait cette technique. Un jour, deux hommes arrivèrent, un nommé Zhang Ban, maçon, et un charpentier Lu Ban. Ils souhaitaient aider à faire un temple avec les restes du serpent qui avait été brûlé. Ils y parvinrent en une nuit. Après quoi ils disparurent. les gens leur firent cette estampe pour se les rappeler et les honorer.

Le bandeau au registre supérieur dit « Maîtres Zhang et Lu ». Les deux personnages sont représentés, assis, en tenue mandarinale, longue robe et bonnet. entre les dossiers des fauteuils, différents instruments de travail, peu distincts, peut-être scie, marteau, équerre.

* dieu du foyer [灶王] (ill. K)

(ill. K) Le dieu du foyer, planche xylographiée en couleurs. A la partie supérieure doit être inséré le calendrier

Cette divinité, zaowang, est représentée seule ou avec son épouse.

D’après le Huainanzi, ce serait un fonctionnaire de l’antiquité préposé à l’administration du département du feu au temps de Yandi, empereur Shennong, le Divin laboureur. Après sa mort, il avait été fait « génie du fourneau ».

Il a souvent en main le yügui 玉桂, tablette de jade des empereurs et princes des anciens temps. Souvent aussi sont présents deux fonctionnaires, les panguan [ÅйÙ], qui ont pour mission de rechercher les hommes vertueux. Ils tiennent l’urne du bien et celle du mal. ils surveillent les actions des hommes, et pour toute bonne action mettent une boule jaune, noire pour les mauvaises. Suivant le nombre de boules noires ou jaunes, le dieu distribue récompenses ou châtiments.

Derrière le dieu, le palefrenier, matong 馬桶, tient par la bride le cheval de selle. La présence de la monture renvoie à l’importance du voyage vers l’empyrée céleste.

– Les bouddhas et dieux taoïstes populaires

* Cakyamuni

* Li Tieguai : un lavis en couleurs, [ BNest Oe 58 in fol., pl. 63] le présente sur des nuées, de sa gourde, des flammes d’immortalité à un personnage qui se protège derrière une pierre.

* le luohan aux longs sourcils : un lavis en couleurs, [ BNest Oe 58 in fol., pl. 53] le présente en vêtement vert pâle et doublure bleue, emmanchement intérieur violet et blanc.

* jeune dieu de l’efficacité : c’est l’un des dieux vénérés par les pêcheurs, surtout ceux du Grand Canal ; cette divinité avait le pouvoir de sauver les pêcheurs tombés dans l’eau.

* Empereur de jade

* dieu de la Guerre

* dieu Tigre blanc (ill. L)

(ill. L) Tigre blanc, Neiqiu, Hebei, gravure sur bois 127

Le tigre est souvent représenté comme un fauve, cependant que sa puissance a toujours une composante jugée comme plutôt irrationnelle.

La croyance populaire a du tigre le roi des montagnes, d’où l’appellation de « divinité des montagnes ».

Deux divinités sont représentées, assises, à droite, le dieu des montagnes, glaive en main, semblable à un général, le dieu du sol à gauche, a l’aspect d’un vieillard, il a en main un rouleau. Devant eux est couché un tigre, deux paires de caractères aux coins inférieurs gauche et droit.

Au tigre blanc peut être associé le tigre subjuguant les cinq fléaux. Cet animal d’essence divine était capable de garder la maison et de repousser les mauvais esprits. En outre, les taoïste vénèrent l’image du Grand maître Zhang montant sur le dos d’un tigre. Les cinq fléaux (scorpion, serpent, mille-pattes, lézard, crapaud) sont souvent combattus par ce prestigieux animal.

* dieu de la localité

* dieu qui surveille les mauvais esprits

* tous les dieux célestes et terrestres.

Vers la fin de l’année lunaire, les habitants ruraux du nord devaient consumer leur ancienne copie d’estampe et la remplacer par une nouvelle afin de souhaiter un année bonne et favorable. Les dieux proviennent de légendes. On trouve le dieu de la Guerre, de la Richesse, de la Montagne, du Lieu, la déesse du mont Taishan, le dieu de la Médecine, le Roi-boeuf et le Roi-cheval, les quatre grands empereurs taoïstes, les divinités bouddhistes Avalokitesvara, Cakyamuni, Bodhidharma.

* trois grands officiers célestes

* déesse de la Vision

Parmi les vieux temples de Chine, se trouve le temple de Bixia Yunjun où est vénérée la déesse du mont Tiansha, la déesse de la Vision, la déesse donneuse de Garçons. les femmes de la région le fréquentent.

Ceux qui ont mal aux yeux font leurs dévotions à la déesse de la Vision. Lorsque la divinité leur a été favorable, ils lui offrent en sacrifice un objet de tissu en forme d’oeil.

* dieu des Lettres

Les Chinois ont d’abord considéré wenchang ou wenjun comme une étoile de bon augure. Plus tard, il est vénéré comme le Dieu des Lettres qui s’occupe des examens impériaux et des créations littéraires ainsi que de la hiérarchie officielle et de la promotion des mandarins. A son anniversaire, le 3e jour du 2e mois lunaire, tous les mandarins prenaient un jour de congé pour lui offrir des sacrifices, afin d’obtenir ses faveurs. C’est cette divinité qui favorise le succès aux examens (ill. M)

(ill. M) Le lauréat aux examents, Yangjiabu (années 70), Yangjiabu (Shandong), gravure sur bois en couleur

– Us et coutumes

* immortel du pôle sud

* reine mère de l’ouest

* dame donneuse de garçons

* astre kui

* diagramme du divin taiji

Dans la Chine ancienne, les philosophes présumaient que l’univers était en état de « chaos » (taiji) avant que l’être humain ne fasse son apparition sur la Terre. au fil du temps, Terre et Ciel ont pris forme et se sont divisés en éléments naturels, métal, eau, bois et eau. Plus tard encore, les quatre éléments se sont subdivisés en huit trigrammes ou signes symboliques, constitués chacun de trois lignes ininterrompues. D’où les huit trigrammes naturels : ciel, terre, tonnerre, vent, eau, feu, mont et marais. Le taoïsme a adopté les huit symboles dans un talisman que les taoïstes suspendaient sur la porte pendant le nouvel an lunaire pour exorciser les démons.

* trois étoiles (Bonheur, Promotion, Longévité)

* dragon noir qui offre le bonheur

* duc Jiang Taigong

* roi terrestre

* dix rois célestes

* six sages de la famille

– Estampes folkloriques de bon augure

* cartes imprimées avec les personnages du roman au bord de l’eau

* Zhongkui (ill. O)

Ce lettré malheureux est des plus fréquemment représentés. Les couleurs de ses vêtements sont, notamment pour la robe, traduites dans une palette qui varie de l’orange vermillon au rouge cinabre.

Une image, un lavis en couleurs, [ BNest Oe 58 in fol., pl. 48, non représenté] le montre épée en main. Il maintient du pied un démon agenouillé. Zhongkui porte une robe bleue à doublure jaune pâle. Le dessin fait environ 15 x 20 cm, la feuille 25 sur 25.

* buffle du printemps

Le « commencement du printemps » est le premier des 24 périodes de l’année solaire. Les gouverneurs locaux organisaient souvent des activités comme « accueillir le printemps » et « fouetter le buffle du printemps » pour encourager les paysans dans l’agriculture. L’estampe du Buffle du Printemps était souvent imprimée avec la référence des 24 périodes de l’année solaire, très utile pour les paysans.

Par exemple, si le « commencement du printemps » tombe au douzième mois de l’année, l’image de l’enfant (dieu Arista) est peinte devant le buffle, indiquant que le printemps viendra plus tôt que d’habitude. Si le printemps arrive au premier mois de l’année, l’enfant se trouve derrière l’animal, montrant que la terre reste gelée plus longtemps que de coutume et que le temps n’est pas favorable aux semailles avant cette date. Si l’enfant garde un pied nu, cela veut dire que le bon climat apportera une bonne récolte.

* tigre dompteur des cinq venins

* cheval de la Fortune

* cinq bénédictions

* pavillon riverain (pour le contrat)

* dieux de la porte

A l’origine, il s’agit de généraux chargés de protéger l’empereur, qu’il s’agisse du souverain Minghuang ou de l’empereur Taizong. Au premier est associé le nom de Zhongkui, pour les seconds, deux généraux victorieux ont été chargés de cette mission. Les noms les plus souvent présents sont ceux de Taijing et Jingde.

L’image évolue au fil du temps, et l’on trouve aussi le fonctionnaire céleste, la beauté ou l’enfant à de semblables responsabilités, la personne étant debout ou à cheval.

Le peintre Wu Daozi, actif de 720 à 760, a laissé une représentation du personnage. Une description de zhongkui est dans l’ouvrage de Guo Ruoxu 郭若需, le Tuhua jianwenzhi 圖畫見聞之.

* dieu du soleil

Les taoïstes croient que le Soleil, la Lune et les Etoiles sont des dieux dirigés par l’Empereur de Jade. On dit que le Dieu du Soleil se rend à la Cour de 1er jour du 2e mois lunaire. Le palais du Soleil était ouvert au public pour deux jours. Les habitants locaux achetaient souvent des idoles en papier de ce genre et les vénéraient dans la cour du Palais, priant pour une bonne récolte. Sur cette estampe, e Dieu porte un habit impérial avec un e tablette de jade dans les mains. Deux enfants se tiennent à ses côtés, avec chacun un large éventail dans les mains. Un grand coq est derrière eux. L’image est décorée de traits qui rayonnent semblables aux éclats du soleil levant.

la lune (ill. P)

(ill. )P Chang’E et le lapin pilant l’elixir d’immortalité dans l’astre lunaire, Weishanxian, Yunnan, gravure sur bois, 13,5 x 14,5 cm

L’astre nocturne a suscité nombre d’images dans lesquelles reviennent différents personnages et objets, minéraux.

– Le lapin de lune pilonne des plantes médicinales sous un cannelier devant le Palais de la Lune. Autour de la lune sont les images du dieu de la Guerre (Guan Yu), du dieu de la Richesse, du dieu des Etoiles et des immortels.

– L’accès au palais de la Lune suppose le franchissement d’un portique décoratif.

La lune est liée à la fête de la mi-automne, fête qui remonte à la dynastie des Song. Elle tombe le15e jour du 8e mois lunaire. Pendant la fête, les familles nobles faisaient décorer leurs résidences et les gens du peuple se rassemblaient dans les restaurants pour admirer la pleine lune. En même temps, on confectionnait des gâteaux de lune et on les offrait en sacrifice à la lune. Sous la dynastie des Qing, les habitants du sud vénéraient la lune en brûlant de l’encens en forme de boisseau, enveloppé dans du papier multicolore. On y mettait aussi des décorations de papier, comme par exemple des oriflammes et le portique décoratif du Palais de la Lune. Après avoir rendu hommage à la lune, on consumait tous ces objets en papier.

* dieu xuan tian : selon un canon taoïste, l’Empereur de jade envoya le dieu xuan tian soumettre les démons dans le monde humain. Xuan tian, doté d’un pouvoir extraordinaire, descendit du ciel et alla à la rencontre des démons. Ceux-ci lui résistèrent avec deux animaux magiques : une énorme tortue et un serpent géant. Mais le dieu finit par prendre les démons et les soumit, ce qui est traduit par la position comme écrasée sous les pieds. Il en enchaîna certains dans la grotte de Fengdu. Depuis, le peuple vit dans la paix.

5 – index des types d’estampes

(Les termes spécifiques employés pour distinguer entre les formats, techniques, … qui constituent la richesse de l’estampe sont listés ci-après alphabétiquement)

Nom en pinyin équivalent français
cais taoyin[XXIII] estampe en couleurs
caixuange[XXIV] estampe de promotion
caizhi diaoke[XXV] gravure en couleurs
chuanghua[XXVI] estampe de fenêtre
chuangpang[XXVII] estampe de fenêtre
danmo taoban[XXVIII] estampe en traitement lavis
denghua[XXIX] lampion
dongzha[XXX] estampe d’hiver
doufang[XXXI] boisseau carré
digao[XXXII] esquisse de base
duiping pendant
fenben[XXXIII]
fojianzhi[XXXIV] estampe de fenêtre
gejing yanglin[XXXV]
gongjian[XXXVI] estampe de promotion
guaqian[XXXVII] argent accroché
guatongzi bambin escaladeur
guogao esquisse de transition
hengpi[XXXVIII] estampe en calicot
hengtiao[XXXIX] bandeau historié
huaduizi[XL] oeuvre à sentences parallèles
huiben[XLI] esquisse peinte
jiaoche weizi[XLII] estampe des ponts et chars
kangwei[XLIII] estampe du foyer
lihua[XLIV] peinture historique
maniqi estampe tibétaine des portes
maofangzi lanterne carrée (?)
menshen[XLV] gardien ( ou dieu) des portes
mentong[XLVI] enfant des portes
niuzi[XLVII] estampe au boeuf
patongzi enfant en escalade
pingtiao[XLVIII] peinture en écran
ruifu[XLIX] charme de protection
sancai[L] oeuvre en trois volets
sanjieying [LI] et marque d’aigle
shuimo huiben[LII] impression au lavis
taben estampage
taose estampe en couleurs
taoyin zhaose[LIII] estampe en couleurs
xihua[LIV]   « événements sociaux »
xiyangjing[LV] miroir occidental
yangtiaozi[LVI] estampe occidentale
yinben[LVII] imprimé
yinben zhaose[LVIII] estampe en couleurs
yueguang[LIX] estampe « pleine lune »
zaoma[LX] cheval du foyer
zhima cheval de papier
zhongtang[LXI] estampe de « salle centrale »
zhumo taoyin[LXII] estampe coul., tirage cinabre
zhuowei[LXIII] tour de table

6 – Les symboles (éléments)

La symbolique figurant sur les images chinoises, essentiellement et majoritairement propitiatoire, est assez récurrente. Cependant les combinaisons des différents signes, objets, caractères, mêle vite l’auditif au visuel. Les jeux basés sur l’homophonie sont sans fin et peu évidents pour l’approche occidentale.

Une liste des principaux symboles est donnée pour mémoire.

A – les animaux

canard et canard mandarin : symbole de fidélité conjugale.

chat : la prononciation est l’homophone de « âge de 90 ans », et exprime le souhait d’une longévité exceptionnelle.

chauve-souris : homophone du mot bonheur « fu ». Cinq chauve-souris sur une même composition signifient les cinq bonheurs (bonheur, dignité, longévité, joie, richesse).

coq : « ji », homophone de fortuné et heureux, symbole de bon augure.

crapaud : attribut d’un immortel patron des marchands, symbole de succès et de richesse. Le « crapaud d’or à trois pattes » signfie que l’on passe avec succès les trois degrés des examens. Une légende rapporte que la femme de Yi l’archer, après avoir dérobé la drogue d’immortalité, s’enfuit dans la lune mais y fut transformée en crapaud.

grue : monture des immortels, elle était censée vivre mille ans. Son retour cyclique fit d’elle un symbole du printemps et de la végétation.

hirondelle : symbole de fécondité.

pie : symbole de rencontre heureuse, joie.

poisson : la carpe symbolise courage et persévérance, et aussi succès aux examens ; le poissson rouge « jinyu » signifie or et richesse.

tigre : le symbole du tigre-roi est associé à l’idée de protection

tortue : elle représente le monde, sa carapace est de forme plutôt arrondiecomme le ciel, carrée au niveau du plastron est similaire à la terre. Elle évoque l’équilibre du monde et de sa stabilité, la longévité.

B – les animaux fabuleux

dragon

jilin : tient du lion avec des écailles et des sabots de cheval. Il sert de monture aux enfants qu’il apporte aux parents qui en désirent.

phénix : présage de bonheur, de longévité, surtout s’il est associé au dragon (emblèmes impériaux).

C – les objets

orgue à bouche, voir : sheng.

sapèque : la ligature de pièces de monnaie est le symbole par excellence de la richesse ininterrompue, sens voisin de celui du lotus.

sheng : C’est l’homophone de la naissance. Il symbolise le souhait d’une nombreuse postérité.

sceptre : « ruyi » en chinois, se traduit par « conforme à vos désirs ».

D – les fleurs et fruits : grenade, lotus, pêche, pin, prunier, sapin,

E – les personnages : cinq fils, dieu des portes, enfant, Zhongkui

F – les caractères : bonheur, longévité, printemps.

 

7 – Eléments bibliographiques

  • Chavannes, Edouard, De l’expression des voeux dans l’art populaire chinois Paris : Bossard, 1922. 43 p. : 18-XIV ill en noir. [texte paru d’abord in : le journal asaitique, 1901 (sept-oct.]
  • Comentale, Christophe, L’imagerie du nouvel an chinois et sa symbolique in : bulletin du vieux papier, juil. 1988, pp. 385-395 : ill.
  • Comentale, Christophe, L’image en Chine : signe, illustration et livre in : Art et métiers du livre, 1989 (159), pp. 3-53 : ill. en noir et en coul.
  • Comentale, Christophe, Les images porte-bonheur populaires chinoises Paris : éd. You-feng, 2004. 226 p. ill. en noir et en coul.
  • Comentale, Christophe, 2011. De la Chine du Néolithique à l’image multiple. Mémoire d’habilitation à diriger des recherches. Université Paris-Sorbonne (Paris-4), 18 novembre 2011, 240 p. et cinq tomes d’annexes.
  • Comentale, Christophe, La bibliothèque Yvonne Oddon et les estampes chinoises / Nathalie Charrier-Arrighi et Christophe Comentale in : Art et Métiers du Livre, 2016 (318), pp. 50-57, : ill.
  • Dieux et démons de l’Himalaya : art du bouddhisme lamaïque, exposition, Grand Palais, du 25 mars au 27 juin 1977. Paris : RMN, 1977. 315 p. : ill. en noir et en coul.
  • Hou Ching-Lang, Monnaies d’offrande et la notion de trésorerie dans la religion chinoise Paris : IHEC, 1975. 238 p. : 31 ill. en noir et en cour. Bibliog. pp. 171-178. Index pp. 224-238. [21 planches sont des originaux, parfois pliés en raison de leurs dimensions]
  • Lü Shengzhong, Zhongguo minjian muke banhua [l’estampe xylographique populaire chinoise] Changsha : hunan meishu chubanshe, 1992. 227 p. : ill.
  • Nachbaur, Albert et Wang Ngen joung, Les images populaires chinoises Pékin : A. Nachbaur (16 kan yu hutong), 1926. N. p. : ill en cour. [l’ouvrage contient une quarantaine de pièces originales, parfois pliées en raison de leurs grandes dimensions. Il a été tiré à 200 ex. (1-200) et 20 ex. (A-T). Relativement rare aujourd’hui, il est notamment à la bibliothèque nationale, département des estampes, sous la cote Oe 199 fol.]
  • Qi Xing, Les fêtes traditionnelles chinoises Pékin : éd. en langues étrangères, 1987.144 p. : ill. en noir Trad. de : Zhongguo chuantong jieri mins Ren Cheng, Zhongguo minjian jinji (les tabous populaires chinois) Pékin : zuojia chubanshe, 1990. 631 p.
  • Rudova, Maria, Chine, coutumes et traditions dans l’imagerie populaireLéningrad : ars mundi, 1988. 178 p. : 178 ill. en coul
  • Wang Shucun, Zhongguo minjian nianhuashi tulu £­ histoire illustrée de l’estampe de nouvel an et populaire chinoise Shanghai : Shanghai renmin meishu chubanshe, 1991. 2 vol., 841 p. : 872 ill.
  • Wang Shucun, Le papier fétiche : le culte des dieux à travers les estampes folkloriques. Pékin : éditions du nouveau monde, 1992. 191 p. : [6] ill. en noir et 300 en cour. Trad. de : Zhongguo gudai minsu banhua [l’estampe populaitre de la Chine antique]
  • Wang Shucun, Zhongguo minjian nianhua baitu (cent illustrations d’estampe populaires de nouvel an chinoises). Pékin : renmin meishu chubanshe, 1988. N. p. : 100 ill. en noir
  • Wang Shucun et Ye Youxin, Minjian nianhua (estampes de nouvel an populaires) Pékin : renmin meishu chubanshe, 1985. 30-219-73 p. : 221 ill. (zhongguo meishu quanji ; 21
  • Wang Shucun, Ancient chinese woodblock new year prints Beijing : foreign languages press, 1985. 184 p. : 140 ill. en coul. [après une présentation en pleine page, chaque illustration est décrite séparément] Trad. de l’ouvrage : Zhongguo gudai muban nianhua xuan : sélection d’estampes de nouvel an xylographiques anciennes chinoises
  • Yuan Ke, Zhongguo shenhua chuanshuo cidian (Dictionnaire des termes mythologiques et traditionnels chinois) Shanghai : shanghai cishu chubanshe, 1985. 540 p. : ill. en noir et en coul.
  • Zhang Zichen, Zhongguo minsu yu minsuxue (Les coutumes populaires chinoises et l’étude du folklore) Hangzhou : Zhejiang renmin chubanshe, 1985. 354 p. : ill. en noir et en coul.
  • Zhongguo minli (le calendrier chinois populaire [lunaire]). Taipei : guoji daluguan, 1995 64 p. : ill.
  • Zhou Wu, Zhongguo gudai banhua baitu (cent illustrations d’estampes anciennes chinoises) Pékin : renmin meishu chubanshe, 1982. N. p. : 100 ill. en noir

Remerciements

Mesdames Messieurs

Anne Banny, Nathalie Charrier-Arrighi, Chen Chao-pao, Annie Curien, Bruno David, Jean-Christophe Domenech, Elise Edy, Feng Jicai, Eric Fileyssant, Joëlle Garcia, Cécile Huang Yizhi, Gildas Illien, Hélène Keller, Lien Lili, Emmanuel Lincot, Sun Chengan, Vincent Thimotée, Wang Kun, Zhu Ming.


Notes au texte

[I]voir notamment Ll’image en Chine, in Art et métiers du livre, déc. 1991, pp.3-53.

[II]il s’agit de Gao Yinzhang et Qian Hui’an.

[III]15e jour du 3e mois lunaire, généralement au début du mois d’avril ; avant, il y avait des offrandes aux ancêtres. La fête est associée à celle du repas froid.

Depuis 1949, il y a une fête du repas froid.

[IV]fête qui tire son origine da la commémoration du poète patriote Qu Yuan, originaire de la principauté de Chu durant la période des Royaumes Combattants (475-221 av. J. C.), qui désapprouvait la corruption politique de son état. Ses projets de réformes furent repoussés plusieurs fois, il fut calomnié puis condamné à l’exil. Quand, en 278 av. J. C. l’état de Chu fut envahi par les Qin, il en ressentit une grande humiliation et se jeta dans le fleuve le 5e jour du 5e mois de la même année. Les gens prirent alors des barques pour aller rechercher son cadavre. L’usage de manger les zongzi, des gâteaux de riz glutineux, le jour de la fête des Barques-Dragons est aussi lié à l’histoire de Qu Yuan. Selon la légende, après le suicide du poète, l’habitude fut prise de mettre du riz dans des tubes de bambou, et de le jeter au poète. A une personne qu’il rencontra sur la berge, le poète conseilla d’envelopper le riz dans des feuilles de bambou et de les attacher avec des ficelles multicolores, ce dont le dragon qui dévorait le riz avait en horreur.

[V]cette fête tombe le 15e jour du 7e mois lunaire. Les habitants de Kaifeng, capitale de la dynastie des Song du nord (960-1127) avaient l’habitude de brûler des costumes en papier et d’autres objets funéraires durant la fête en tant que sacrifices. Ces coutumes étaient transmises de génération en génération et avaient cours dans d’autres villes, y compris Dali au Yunnan. A cette fête, les Bai confectionnaient des costumes en papier multicolore et des monnaies funéraires en papier et les mettaient ensemble, avec une tablette portant les noms de leurs ancêtres dans un sac en papier. Ils brûlaient le tout dans la nuit pour l’envoyer à leurs ancêtres dans l’autre monde.

[VI]Tempêtes de vent, typhons, éclipses ont toujours été ressentis comme des calamités, bien que, dès le 8e s. av J. C., les astronomes chinois aient été capables de prévoir les éclipses. Cependant, les croyances populaires ont conservé une autre approche de ce phénomène naturel. Ainsi, dans le nord, un chien tente d’avaler la lune qu’il régurgite au son de formations et orchestres. Dès qu’une ombre se profile sur l’astre, les paysans s’emparent de tous les instruments propres à obliger le chien à lâcher l’astre.

Dans le sud, il s’agit d’une grenouille, qui rappelle la version du crapaud, à trois pattes en lequel avait été changée la Dame de la Lune, Chang’E, après qu’elle eut absorbé l’élixir d’immortalité de son mari.

On offre en sacrifice à la lune les ‘’galettes ou gâteaux de lune’’ [Ô±ý] . En général, ces galettes sont faites de farine, d’huile, de sucre et de fruits secs. On en trouve aussi avec un oeuf de cane, ou de la viande, des noix. Elles ont offertes par boîtes de quatre. Les saveurs sont, ces dernières années, bien plus nombreuses de même que toutes sortes de boîtes peuvent contenir ces présents. Ces gâteaux circulaires qui symbolisent l’unité familiale, sont souvent disposés en pyramides de 13, comme il y a 13 mois dans les années intercalaires. La célébration de la fête durait d’un à trois jours selon la fortune de la famille. La fête elle-même avait lieu à minuit, lorsque l’astre était haut dans le ciel, ceci dès la dynastie des Han, sous le règne de l’empereur Wudi (141-87 av. J. C.), qui avait ordonné la construction d’une terrasse pour cette seule circonstance, lieu sur lequel se tenaient des banquets. Les femmes, quant à elles, étaient recluses dans un autre lieu, sorte de terrasse où elles admiraient la lune tandis que des musiciens aveugles jouaient. Sous les Tang (618-907) le poète Li Bo a composé sur le thème de la lune et de sa vacuité, lui qui, dit-on s’est noyé en voulant contempler de trop près son reflet.

La fête est aussi l’occasion de fabriquer des lanternes de différents motifs, papillon, animaux du zodiaque, notamment celui du lapin. Certaines lanternes sont parfois exécutées en matières plus ou moins précieuses comme la soie, alors que la plupart sont en papier. Dans le nord, le lapin est en terre cuite, revêtu des habits des officiers civils ou militaires. Le lapin s’est aussi illustré dans le bouddhisme par son sens du sacrifice., n’hésitant pas à proposer au bouddha de se nourrir de sa chair, lorsque ce dernier se travestit en pèlerin pieux et affamé. Pour l’en remercier, le bouddha déclara que son image ornerait la face de la lune. Il a été adopté aussi par les taoïstes, qui le représentent pilant dans un mortier en forme de crâne de crapaud le cinabre d’immortalité .Il est assis sous un arbre, le cassia, dont l’écorce est l’un des ingrédients, et fleurit toujours durant la fête de la lune. Le lapin a pour compagnon le bûcheron chargé d’abattre tous les pieds de cassia qui sont sur la lune.

[VII]c’est une fête célébrée par l’ethnie des Dai au Yunnan. On commémore la victoire sur le démon du feu. Celui-ci avait six femmes. Il en choisit une septième à laquelle il avoua qu’il pouvait périr si on l’étranglait avec un de ses cheveux. Là où sa tête tomba, le feu surgit, il fallut alors beaucoup d’eau pour éteindre cet incendie.

[VIII]on célèbre en cette occasion la déesse Miluotuo.

[IX]la fête du chant (zhuang), se déroule dans la province du Guangxi. Au 7e s., sous les Tang, vivait une jeune fille nommée Liu Sanjie, douée pour le chant. Dans ses chants, elle exaltait le travail et l’amour et l’amour et dénonçait les excès des riches. Elle fut tuée par l’un d’eux qui lui en tenait rancune, alors qu’elle coupait du bois dans la montagne. Actuellement, pendant 3 jours ont lieu des chants en strophes alternées entre hommes et femmes.

[X]cérémonie du culte des ancêtres, offrandes sur les tombes, ménage dans les maisons.

[XI]le 1er janvier, récitation d’une pièce de théâtre intitulée « labour ».

[XII]courses de chevaux, taureaux, concours de tir à l’arc ; foire d’échange de produits agricoles et d’élevage.

[XIII]15 avril (selon le calendrier tibétain) commémore la naissance du bouddha.

[XIV]c’est aussi une fête traditionnelle du sud Bonyei ; le thème varie suivant les régions : fête du roi des boeufs, fête des bergers ou fête du repiquage.

[XV]sacrifice aux ancêtres d’un cochon, d’un boeuf et d’un mouton

[XVI]fabrication d’un boeuf en bambou et papier, tête décorée de fleurs rouges.

[XVII]Tibétains, Mongols, Tu, Han et Hui

[XVIII]3 à 5 jours après la moisson d’automne, chants et danses.

[XIX]une évolution particulière à Taiwan où elle est devenue une estampe à thème populaire, mais pour une fraction de la production, des artistes habiles la négocient comme un produit qui appartient au réseau commercial de consommation destiné à une classe « cultivée » et dotée d’un certain pouvoir d’achat.

[XX]les termes ainsi énumérés sont regroupés et explicités dans la partie « lexique terminologique ».

[XXI]la ville est capitale au cours de l’histoire, sous les WuYu 吳越 (908-978)

[XXII]La biographie de ce personnage qui vit sous la dynastie des Han est connue par l’Histoire des han postérieurs (23-220), document compilé par divers membres de la famille Ban (Ban Gu et sa soeur Ban Zhao). Cai Lun est un eunuque en poste à la cour, l’invention du papier lui est attribuée traditionnellement, cependant, des fouilles archéologiques font remonter cette invention à une centaine d’années avant cette période.

[XXIII][xxiii]c’est le type de production le plus large d’estampe de nouvel an. Les couleurs sont appliquées par impression, une par une : rouge, vert, jaune, bleu, orange, sans qu’il soit besoin d’un artisan qui coordonne la répartition de la partie peinte.

[XXIV]ce type d’estampe a de nombreuses appellations populaires :

– shengguantu (estampe de promotion),

– xuanxiantu (estampe de divinité choisie),

– xiaoyaotu (estampe sans contrainte),

– fenghuangqi (bannière de phénix),

– hulumen (calebasse),

– culitu. Il s’agit d’un jouet connu sous la dynastie des Tang.

[XXV]les termes équivalent à guaqian. Sur du papier rouge, on grave d’abord des ligatures de sapèques, puis le signe de la svatsika, enfin, en d’autres couleurs comme l’or en feuille, vert, jaune, on sculpte personnages ou autres motifs floraux qui sont collés par-dessus. Cela est visible dans le Fujian, le Guangdong, en fait, plus dans les provinces du sud qu’au nord.

19ces estampes sont utilisées dans la région du Hebei et du Shanxi. Comme l’hiver est rigoureux, portes et fenêtres doivent être fermées ; les jours de fête, les estampes sont changées. Elles sont au format de quatre pids carrés.

[XXVII]employées en pendant, une grande partie décrit des beautés, enfants,… comme dans le nord les habitations ont des structures variées, les fenêtres sont épaisses et ces estampes en couvrent les deux faces.

[XXVIII]une des techniques les plus anciennes pour la mise en couleurs. L’impression se fait à partir d’un contour en noir profond et d’une encre légère, on utilise parfois le jaune, le bleu, le vert, mais pas le rouge ou l’orange.

[XXIX]la veille du nouvel an, on avait l’habitude dans chaque foyer d’accrocher une lanterne, dans les provinces du Shanxi, Shânxi, Hebei, Fujian, Guangdong, Jiangsu, Shandong. sue les différentes faces étaient représentés des récits historiques, de théâtre, des motifs et personnages propitiatoires.

[XXX]appellation donnée par l’ethnie Dai, et dont le nom han peut se transcrire par diaochuang, soit bannière suspendue. il s’agit d’accessoires liés à la cérémonie bouddhique. Après que le bouddha Cakyamuni eut éliminé un de ses adversaires, les flèches qui lui avaient été décochées setransformèrent en motifs fleuris semblables à des bannières, et suspendus.

[XXXI]pour la plupart, de dimensions inférieures à celles de type « san cai », mais à contenu identique.

[XXXII]c’est la plus fondamentale des esquisses, celle qui permet toute l’élaboration de l’oeuvre future, dans l’art asiatique, ce type de document n’est pas prisé, seule, l’oeuvre achevée étant prise en considération. Cette phase de conception n’est assimilée qu’à une préparation à caractère technique.

[XXXIII]dans l’antiquité, on appelait ainsi l’esquisse ou patron de la peinture. Ce document était très important pour les gens d’alors ; ce type d’oeuvre est rare maintenant, car, après l’impression des oeuvres, le modèle ou patron originel est perdu.

[XXXIV]au sud du Shanxi est répandue une sorte d’estampe bouddhique en papier découpé, est assez semblable au type « estampe de fenêtre », quatre estampes font un ensemble dans une salle, cuisine. Motifs présents : récits à personnages historiques, fleurs,…

[XXXV]type d’estampe vendu en grande quantité en Mongolie intérieure ou au Tibet, et de grandes dimensions ; le contenu traite des quatre trésors du lettré, fleurs et antiquité. L’on en vend encore à Yangliuqing

[XXXVI]cette pièce est souvent montée en rouleau vertical, accrochée dans le salon ; elle est de grandes dimensions, 106 sur 62 cm, elle fête une promotion professionnelle, notamment dans le système administratif.

[XXXVII]autres appellations : diaoqian, huanletu, menjiantu. Ce type d’estampe est collé au linteau de porte ou au-dessus de l’autel bouddhique, en même temps que les huit immortels ou sutra bouddhiques, et semblables aux illustrations imprimées en couleurs.

[XXXVIII]ces oeuvres à format horizontal sont de dimensions variées. Elles comportent toutes des caractères fastes. Autre appellation, chuangding. Le contenu à sens favorable, « les huit immortels apportent la longévité », « que bonheur et émoluments soient présents », aussi histoires de romans, fleurs,…

[XXXIX]de format horizontal, des séquences de récits historiques célèbres prônent l’exemple ou rappellent des passages de la vie de personnages de renom, qui seront fastes à l’environnement immédiat d’accueil de ces pièces.

[XL]ces oeuvres, en pendant, prennent comme thèmes des sentences parallèles, tels les huit immortels, des histoires de romans.

[XLI]oeuvre originale du créateur, réalisée sans recours à un patron ou une esquisse initiale. Elle est très rarement conservée.

[XLII]appartient au type huazhi (papier fleuri). Le contenu est multiple : boisseau odorant, bannière de couleurs, mingyizhi. Ce type d’oeuvre permet d’envoyer au ciel le dieu du foyer ou autres divinités.

[XLIII]une des formes d’estampes du nord, de la même dimension que le type sancai. Elle comporte des fleurs et oiseaux, des récits tirés des romans, et décrits sur plusieurs séquences, comme le Rêve du pavillon rouge, le Général de la famille Yang, les Histoires de femmes vertueuses ; la présence de d’ornements fleuris latéraux différencie ce type du type « en trois volets ».

[XLIV]auparavant, il y en avait pratiquement une dans chaque foyer à la campagne. leur format est voisin de celui du type « sancai ». Un autre type est un peu plus petit. Les thèmes : les huit immortels et les trois étoiles.

[XLV]une des sortes les plus riches de ces estampes. Leur appellation est liée au sujet représenté. Estampes en pendant et souvent collées sur les portes (ou les ventaux auparavant). Les dimensions sont variables, pouvant aller de près de deux mètres de hauteur sur un mètre de large à 20 cm sur 10. Les personnages sont en position debout ou à cheval.

[XLVI]ces estampes, dont le nom est lié au sujet représenté, sont collées sur les portes des cours ou des habitations.

Ces « enfants des portes » peuvent être 1)

* du type « la licorne apporte des fils » et autres types à contenu propitiatoire, elles décrivent aussi des enfants joufflus, on les appelle « jintongzi (enfants dorés),

* du type « le lauréat au concours », on les appelle aussi menhua (peinture des portes). Il y a plus de cent variantes à ce type d’estampe.

[XLVII]autre appellation, zaotouhua (estampe de mangeoire), souvent collée dans l’écurie ou l’étable, ou sur la mangeoire, ou aussi des deux côtés du train. Les souhaits de voyage heureux valent tant pour le moyen de locomotion choisi que pour l’abondance de la mangeoire parée.

[XLVIII]appelée couramment peinture écran en quatre, six ou huit feuilles, dont le contenu est lié à des récits historiques comme les Trois royaumes, le serpent blanc, on décrit des fleurs et antiquités, les huit immortels taoïstes, les vingt-quatre exemples de piété filiale, ouvrage composé sous les Yuan par Guo Jujing ou des paysages. Ecrans accrochés dans les boutiques ou dans l’intérieur des particuliers aisés.

[XLIX]estampe proche de celle de type zhima.

[L]oeuvre divisée en trois volets, souvent collée sur les murs intérieurs de l’habitation. Le contenu et les thèmes sont variés : la jeune mariée apprécie les enfants, les vieillards les récits historiques, paysages, fleurs et oiseaux.

[LI]forme très employée au Shandong, ainsi appelée en raison des trois sections que l’histoire représentée se partage.

ying : nom générique des oiseaux de proie et aussi autour, aigle.

Sur la section inférieure, un dieu aigle saisit un esprit renard d’où la dénomination.

Chaque oeuvre est séparée en deux bandes à contenu parallèle. Il en existe une sorte un peu plus petite appelée « xiaotiaoying « aigle à petite bande ».

[LII]méthode qui imite le style précis, traditionnel, au lavis : on utilise plusieurs feuilles de papier xuan, superposées, puis on exécute l’oeuvre au pinceau ou à la brosse. Le papier xuan absorbe l’encre, les feuilles superposées absorbent toutes les traces de l’encre, l’artisan reprend son travail, alors quelques dizaines de ces estampes sont prêtes à la vente.

[LIII]oeuvre d’abord imprimée suivant les différentes couleurs, puis rehauts au pinceau, puis rehauts finaux de l’achèvement de l’oeuvre.

[LIV]pour les événements de la vie, naissance, mariage, une telle estampe est collée au foyer. Les thèmes qui illustrent ces événements sont « les deux divinités de la paix et de la concorde », « le lauréat aux examens », « la licorne apporte des fils »,…

[LV]autre appellation, yangpian (feuille occidentale), xihujing (paysage du lac de l’ouest),…

[LVI]estampe similaire à celle de type « chuangpang » – estampe de fenêtre -, tant pour la thématique traitée que pour l’utilisation, en pendant.

[LVII]on reproduit l’aspect d’une oeuvre à partir d’une gravure imprimée au trait d’encre, sans rehauts de couleurs. ce tirage peut se faire aussi en rouge.

[LVIII]contour imprimé au trait d’encre et rehauts au pinceau. Ce type d’oeuvre se voit au Sichuan à Mianzhu.

[LIX]le nom de ce type d’estampe est lié à la forme ronde de la pleine lune, qui à la fête de la mi-automne donne lieu à des réjouissances en l’honneur des divinités qui la peuplent. le contenu des oeuvres créées doit être faste à qui achète les estampes « que le double bonheur s’approche [: le mariage] », « que tout soit selon vos souhaits »,… sont quelques-unes des « formules » qui président à la réalisation des pièces.

[LX]type ainsi appelé zhima, cheval de papier, shenma, cheval divin. Ce type d’estampe était déjà connu sous les Song. Le dieu du foyer est souvent représenté sur sa monture, d’où cette appellation. Il peut aussi être assis seul ou avec sa compagne ; présents dans les maisons les plus ordinaires, il est collé dans les échoppes des artisans et les boutiques des commerçants. Une troisisème personnage se joint parfois au binôme : le roi est assis entre son épouse et sa concubine. Chez certaines minorités ethniques, il est debout, à ses côtés se tiennent ses deux assistants.

[LXI]la salle centrale, celle où l’on reçoit les hôtes, est parée d’oeuvres imposantes et souvent propitiatoires. Les sujets sont de bon augure, tels « le fonctionnaire céleste apporte le bonheur », « les deux divinités de paix et de concorde », « l’étoile de la longévité », « la divinité céleste apporte des fils », « les trois étoiles de la longévité, des émoluments et du bonheur ». Les oeuvres sont fréquemment des compositions verticales montées en rouleau.

[LXII]méthode qui cherche à reproduire les oeuvres du type « xieyi »

[LXIII]durant le nouvel an, les familles aisées parent leur autel consacré aux divinités bouddhiques d’un rideau composé d’une bande rouge, brodée ; pour les autres, force est d’en acheter un, imprimé, représentant différents sujets, tels « les huit immortels apportant la longévité », « phénix, dragon et pivoines », « des poissons d’or à foison dans l’étang » (jeu de mots pour « de l’or à foison dans la maison »), que les cinq phénix de la Nature se renouvellent ».

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