David Feruch, artiste visuel

Espace l’Atelier de Belleville, 29, rue de la Villette (Paris 19e)

Art & CO Afterwork, soirée du 26 avril 2018, de 18h à 23h.

par Christophe Comentale

« Nous avons souhaité depuis quelque temps que la rubrique Comptes-rendus se fasse l’écho de manifestations, parfois de courte durée, voire de soirées, dont le contenu est important dans le domaine de l’art contemporain et des expériences esthétiques présentées de façon éphémère. » Alain Cardenas-Castro.

Un contexte nouveau

Ma Li Dautresme, architecte d’intérieur et directrice artistique, assure le commissariat de cette soirée, « voulant créer des liens entre les différents métiers d’arts notamment en prescrivant des oeuvres d’art sur mesure (…). Ces afterworks ont lieu cette fois-ci dans une galerie de Paris – l’Atelier de Belleville – pour que nous puissions nous y rencontrer et échanger tous ensemble autour d’un artiste invité. L’itinérance est de rigueur pour chaque événement, aucun lieu – différent pour chaque afterwork – n’est exclu, l’art est au centre de chaque rencontre… ».

David Feruch, artiste visuel, imprime souvent ses tableaux sur aluminium comme des surfaces vivantes, des images qui parlent de l’homme dans la ville, l’Urban Spirit qui nous entoure.

Under water (2014), Techniques mixtes, impression Uv sur Dibon, 100 x 50 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm

De la biographie et d’un activisme continu

Né en 1967 à Paris, photographe plasticien, il a 17 ans lorsqu’il décide de devenir photographe. Le déclencheur est assez classique : lors d’un repas chez ses grands-parents à Grasse, il photographie sa famille assise autour de la table à l’heure du déjeuner : c’est une révélation !

Le parcours professionnel s’est densifié depuis lors : en 1986, pendant un mois et demi, il assiste Bernard Charlon, ancien reporter de guerre à l’Express, dans la réalisation des cinquante-deux portraits des patrons du Comité Colbert. Il apprend ensuite la maîtrise de la lumière en studio aux côtés de Dominique Lamy. Devenu photographe professionnel, il travaille durant quelque temps pour la galerie Bernard Baruch-Steinmitz, spécialisée dans les antiquités.

A la fin des années 1990, il entrevoit l’immense potentiel artistique qui réside dans le numérique et est l’un des premiers à s’en servir pour travailler ses œuvres. Il allie photographie, travail sur ordinateur et peinture. Ses clichés font l’objet de collages de dessins, de scans, d’évolution constructive sur ordinateur, pour ensuite être imprimés. David Feruch aime travailler sur plaques d’aluminium afin de donner de la profondeur à ses créations. Le mouvement, l’ascension et les couleurs sont des éléments clés de son travail. Les courbes rendent les oeuvres dynamiques. Il aime, par ailleurs, mettre en scène le ciel bleu et les nuages ainsi que les couchers de soleil, qui confèrent à son œuvre une musicalité, hors du temps.

TIME (2014), Techniques mixtes, impression sur aluminium brossé, 100 x 75 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm « Time est construit comme un processus de défragmentation d’un disque dur. Le vide se comble et les barres de mémoire s’affirment. Il y a aussi des piques de variation. L’arrière-plan suggère la hauteur, au-delà des nuages. Au-delà du métal, c’est aussi en arrière-plan en haut à gauche, et au premier plan, en bas à droite, deux montres : l’une, le temps historique l’autre, le temps numérique, celle du temps recomposé où chaque heure est enrobée d’un filaire rouge. »

DING DING DONG (2014), Techniques mixtes, impression sur aluminium brossé, 100 x 75 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm « Le quotidien, les arts la vie le 9, enrubanné dans une silhouette de femme entouré de l insaisissable cosmos abstrait qui nous entoure. « 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il expose régulièrement à Paris : en 2015, il prend part à une exposition collective à Londres, manifestation qui lui inspire la série d’images « London Control ». Il revient ensuite à un travail plus abstrait avec l’exposition «Under Water Up to the Stars ». En 2016 il expose à la galerie Sonia Monti une série de très grands formats.

EVOLUTION (2009), Techniques mixtes, impression Uv sur Dibon, 80 x 80 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm « L’évolution dans l’espace, les objets ont des formes venues de la préhistoire du présent et du futur. Elles suivent une courbe d’évolution similaire à celle de l’homme. En arrière-plan, le motif comme un solo de guitare ne se répète jamais à l’identique. »

SIGNE (2009), Techniques mixtes, impression Uv sur Dibon 80 x 80 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm « Signe est un travail sur l’apesanteur, l’objet en mouvement figé dans l’espace à un instant T. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de cette soirée, une quinzaine de pièces étaient aux cimaises, parfois des grands formats. On note la présence de ciels dont les nuées sont parcourues de motifs autres, comme nés de reflets de ceux qu’un temps, des surréalistes comme Tanguy ont traduit dans des huiles étonnantes. L’évocation de cet artiste amateur de mondes complexes et irréels, de même que le rappel d’une polychromie très présente montrent l’originalité et le dynamisme de plasticiens qui savent laisser l’aspect technique hors de leur problématique afin de donner la part essentielle à leur esthétique.

Up to the Sky (2014), Techniques mixtes, impression Uv sur Dibon, 100 x 50 cm, châssis affleurant aluminium brossé 2.5 cm « L’homme face aux éléments .Signature du temps figé sur des autoroutes de nuages, spermatozoïde du temps, création de la couleur. La nature est revêtue d un regard humain. L’expression de la nature de l’homme est bonne.Il se réjouit. »

 Quelques expositions

  • 2017- Slow art, film courts. Train de nuit, New life, Space dog, poème écrit dans le terrain vague du ciel.
  • 2016 – Galerie Sonia Monti, Paris. Exposition collective, Collection de Thonel d’Orgeix, video.
  • 2014 – Chez Grace, Paris. Under Water up to the Stars. Exposition individuelle.
  • 2010 – Espace Vendôme, Paris. Série New Vision. Exposition individuelle.
  • 2009 – Salon de la Tour Eiffel, Paris. Série Monotype.

 

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