Portraits d’hier et de demain (3) De la peinture murale péruvienne : À propos de deux œuvres de Tadeo Escalante, muraliste du Sud-andin (1)

Rapport succinct d’une mission de recherche menée en octobre 2019 dans la région de Cuzco. Durant ce séjour de recherche, l’auteur a pu fournir un ensemble de photographies inédites. L’accès parfois difficile aux lieux n’a pas pu permettre une qualité toujours identique de ces documents. Ils sont complétés par une iconographie justifiée dans la partie bibliographique.

par Alain Cardenas-Castro

En Amérique latine, la peinture murale est souvent associée au mouvement constitué par les peintres muralistes mexicains[1]. Toutefois, cette technique a été utilisée couramment au Pérou. Depuis les premières grottes ornées, comme celle de Toquepala[2] (ill. 1), jusqu’aux réalisations plus récentes des peintres péruviens, Carlos Quispez Asin (1900-1983) (ill. 2), Juan Bravo Vizcarra (1922-2016) (ill. 3) ou Jorge Chirinos (1968) (ill. 4), la peinture murale au Pérou s’est renouvelée continuellement.

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ŒUVRES magiques et médusées d’Alain Cardenas-Castro

ŒUVRES magiques et médusées

par Marie-Paule Peronnet et Christophe Comentale

Les liens Est-Ouest d’Alain Cardenas-Castro trouvent toute leur place dans la galerie Younique, attachée à la promotion d’artistes latino-américains. Et, younique aussi, cette fresque réalisée in situ pour l’événement !

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Les uniques. Regard sur quatre œuvres rares de Jacqueline Ricard

par Christophe Comentale

Peintre, éditrice-fondatrice des Editions la Cour pavée, amatrice et créatrice de gaufrages uniques, dans la lignée d’artistes tels István [Etienne] Hajdú (1907, Turda, Roumanie – 1996, Bourg-la-Reine), Jacqueline Ricard, comme cet aîné sculpteur et inventeur de reliefs entre bois et métaux, aime la proximité des arbres, celle des pierres et reliefs qui sacralisent les sites où elle enchaîne des missions d’observation. Elle sait, par ailleurs, la place de l’écrit, du signe, une approche favorable aux coopérations avec des créateurs, des gens de lettres. Ces analyses de sinuosités cachées entre pétroglyphes et traces immémoriales ont très naturellement amené cette voyageuse à enchaîner à l’international des expositions qui font admirer son travail depuis différents points du monde de l’art.

Regard sur un œuvre peint, gravé, de gaufrages nés entre les méditations sinueuses du bouddhisme chan et un besoin de se mettre à l’unisson des éléments.

Une cinquantaine de livres ont vu le jour, quatre œuvres, sélectionnées ci-après, jalonnent ce parcours d’une créatrice polymorphe.

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NOTULE. À propos de Géographie [ vs Globe ], un dessin d’Alain Cardenas-Castro sur papier chinois.

par Christophe Comentale

Dans le sillage d’expositions à venir dont une à la bibliothèque de Fels, établissement patrimonial sis à l’institut catholique de Paris en mai-juin prochains, Alain Cardenas-Castro a commencé une réflexion sur ce que peut être un document de type livre ou bien un manifeste à lecture encyclopédique en quelque sorte.

Une utilisation appropriée de papier chinois, le papier Xuan, au grammage extrêmement faible, moins de 10 grammes par mètre carré, permet de faire le point sur une odyssée que ce créateur poursuit depuis plusieurs décennies. Cette feuille provient d’un choix rare de papiers chinois, majoritairement en provenance de la province du Anhui. Malgré son demi-siècle d’existence, le matériau a conservé son élasticité : le plasticien a jugé opportun de laisser, sans les doubler, les six pliages qui se partagent cette surface digne des anciennes cartes où le manque de connaissance du monde devient une suite de contrées quasi magiques.

(ill.1) Alain Cardenas-Castro, Géographie (2020), papier chinois, feutre, crayon graphite, linogravure, acrylique, 78 x 70 cm © Jean-Christophe Domenech.

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1001 façons de voir le monde à travers le dragon du Musée de l’Homme.

par Alain Cardenas-Castro

(ill. 1) Le Musée de L’Homme et le parvis des droits de l’Homme, Paris (2020) © Jean-Christophe Domenech – MNHN

Inauguré en 1938, le Musée de l’Homme a fermé ses portes en 2009 pour une rénovation qui a durée six ans. C’est aujourd’hui une institution muséale incontournable à Paris (ill. 1). Revendiquant les héritages successifs des deux musées qui l’ont précédé, le musée d’Ethnographie du Trocadéro et le Musée de l’Homme, ce nouveau musée permet de comprendre les caractéristiques et les spécificités de l’Être humain, sur un parcours permanent d’exposition, la Galerie de l’Homme.

C’est une Galerie qui répond, selon trois parties successives, aux trois questions : Que sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? L’Être humain est ainsi défini dans une première partie décrivant, tour à tour, son corps, sa pensée, les liens qu’il crée en intégrant un groupe et son langage. Une deuxième partie est consacrée aux origines de l’Humanité depuis la Préhistoire. Elle se termine par une troisième et dernière partie qui vient clore le parcours d’exposition en évoquant la globalisation de notre monde contemporain.

Un des premiers agencements muséographiques à découvrir en entrant dans la Galerie de l’Homme est une vitrine murale qui vient reposer sur le mur orienté au nord de l’aile Passy du Palais de Chaillot. Cette vitrine de grandes dimensions, intitulée « 1001 façons de penser le monde » (ill. 3) est le dispositif qui définit l’Homme de manière la plus sensible, dans ce musée de sciences et de société qui lui est dédié. Par ailleurs, pour élaborer la disposition de son contenu composé d’une cinquantaine d’objets, la scénographe s’est inspiré des cabinets de curiosités[1] qui apparaissent en Europe dès la Renaissance. De cette vitrine emblématique de la Galerie de l’Homme, un des objets les plus curieux et remarquable est certainement le dragon sculpté par l’artiste taiwanais Liu Po-Chun (Liu Bocun) (ill. 2).

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À propos de quatre dessins inédits : Juan Manuel Cardenas-Castro, illustrateur (10)

par Alain Cardenas-Castro

En parallèle à l’établissement d’un catalogue raisonné qui approchera si possible de l’exhaustivité, je présente ci-après le résultat de recherches relatives à différents dessins, des pièces mineures, exécutées par Juan Manuel Cardenas-Castro durant la fin des années 1960. Cet aspect de l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro nécessite encore des recherches multiples menées dans le cadre de missions et diplômes divers tel que je le vois parfois avec les cours donnés ici et là ou durant des conférences.

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D’une série de trois gravures de Nouvel an de Marion Tournebise

par Christophe Comentale

Dans ses écrits, notamment avec la vaste somme que constitue l’Introduction du christianisme en Chine, le père jésuite Matteo Ricci (1552 – 1610), premier sinologue et géopoliticien occidental, note durant ses années au service du monarque chinois Wanli (1563 – 1620), que le pays reste à la fois horrible et merveilleux, sachant rester mystérieux à qui ne sait s’y acclimater… Ces propos sont tout à fait conformes à ce que l’on ressent en fin d’année, voire au début de la nouvelle, si l’on suit le calendrier grégorien, face à un climat peu agréable.


Ci-dessus, de gauche à droite, 1 – Marion Tournebise préparant un sujet, mission du Hunan, déc. 2019 ; 2 – Marion Tournebise, sinisation parmi des motifs propitiatoires, Changsha, déc. 2019 ; 3 – Marion Tournebise au Hunan, avec et sans les collègues des Beaux-arts.


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A propos de Hi Five !, livre d’artiste de Béatrice Coron

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

En février 2020, une présentation de livres d’artistes est organisée en la bibliothèque de Fels sise au sein de l’Institut catholique de Paris. Parmi ces livres qui ne sont pas des livres, The impatient patient (2003) de la plasticienne Béatrice Coron. C’est l’occasion de présenter ici l’actualité de cette découpeuse éclectique avec un de ses derniers livres.

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José Félix Cárdenas Castro, pintor, arquitecto y político, entre el exilio y el regreso al Perú (7)

por Alain Cardenas-Castro

traducido del francés por Teshy Castro Gutiérrez

Foto de José Félix Cárdenas Castro acompañando el artículo publicado el 24 de noviembre de 1917 en el número 508 de la revista Variedades.

 

[…] José Félix Cárdenas Castro, también llamado el nuevo artista, es casi un niño, solo tiene diecisiete años y no ha tenido un maestro para su arte, excepto la naturaleza misma, al contemplarla, se inspiró y la  reprodujo adquiriendo una experiencia como mostramos en sus obras […]

Este extracto del artículo titulado « El Cuzco. Artistas Cuna, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – Cárdenas Castro « , presenta al dibujante, pintor y arquitecto José Félix Cárdenas-Castro (1899-1975), de manera elogiosa, como artista emergente para revelar al público. Este artículo publicado en el número 508 de la revista peruana Variedades, el 24 de noviembre de 1917, destaca a los jóvenes talentos autodidactas, algunos dibujantes y pintores, como lo demuestran las cuatro obras reproducidas en apoyo del artículo. Una primera pintura al óleo, El Tocador de Quena (fig. 1) y tres dibujos, Marena, India hiladora de los alrededores del Cuzco (fig. 2); Pasando a vado en El Río Urubamba (fig. 3); El Correo (fig. 4).

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