Livres chinois

Sélection de livres chinois tirés des collections de la bibliothèque de Fels.

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels, Exposition du 16 septembre au 16 octobre 2019.

Commissariat, Guillaume Boyer et Christophe Comentale.

Propos introductifs

Les fonds riches et divers de la bibliothèque de Fels contiennent des livres chinois d’époques et de formats différents. Ces ouvrages en chinois édités en Chine par des Chinois mais aussi par des Français lors du positionnement des hommes d’Église ou des savants occidentaux en Chine, montrent la diversité de l’histoire de l’imprimerie en Chine et aussi l’évolution des images traitées au fil des exemples choisis. Les étudiants en histoire de l’art de la filière Asie complèteront leurs cours par des exemples vus en situation, tout comme les étudiants de l’Institut catholique de Paris, conscients du poids de ce pays dans le monde actuel, feront preuve de curiosité en passant dans ce lieu convivial qu’est la bibliothèque.

Grands utilisateurs des technologies de ce siècle, les Chinois restent des collectionneurs de pièces patrimoniales dont les livres constituent le maillon essentiel du lettré, de l’homme cultivé et battant de la Chine contemporaine.

Outre les fonds anciens, les dons et acquisitions ne cessent d’enrichir le patrimoine de l’établissement. Plusieurs dizaines de livres sont récemment entrés dans les collections de la bibliothèque de Fels, il s’agit des fonds de livres donnés grâce à la générosité de Françoise Dautresme. Ces documents ont été acquis par son cousin François Dautresme, marchand, collectionneur et fondateur de la Compagnie française de l’Orient et de la Chine. Grâce à une immense curiosité, à un goût sûr, il a pu montrer que les Chinois aiment les beaux objets.

Continuer la lecture

A propos d’une photographie de Max T. Vargas et d’une chronique de Manuel Beltroy : recherches croisées pour préciser l’âge de Juan Manuel Cardenas-Castro (8)

par Alain Cardenas-Castro

Afin de lever l’ambiguïté quant à la date de naissance de Juan Manuel Cardenas-Castro pour laquelle il y a un doute concernant l‘année[1], j’ai entrepris d’analyser en détail la photographie la plus ancienne connue à ce jour dans le corpus des documents iconographiques de la famille Cárdenas (ill. 1) tout en tenant compte des informations provenant d’un article paru en 1964 dans un quotidien péruvien. En croisant ces nouvelles données avec celles antérieures, j’ai pu obtenir une date probable venant réduire les interrogations sur l’année de naissance de Juan Manuel.

(ill. 1) Maximiliano T. Vargas. Tirage argentique contrecollé sur carton brun, recto (s.d.), 11,5 x 18,5 cm, avec montage 13,5 x 20 cm (Col. A. Cardenas-C.)

Continuer la lecture

De la linogravure appliquée à mes estampes, à mes livres et aux peintures

par Alain Cardenas-Castro

L’histoire de cette technique et de ce matériau renvoie à des périodes et à des lieux autres. J’ai privilégié mon parcours et les rencontres avec des œuvres de divers créateurs comme Pablo Picasso ou Manuel Fiorini comme autant Leopoldo Méndez ou Charles-Hossein Zenderoudi.

J’ai adapté ce matériau et les tirages d’œuvres qui sont réalisées à partir de matrice que je grave à différents types de mes œuvres, autant les multiples que les œuvres dites uniques.

Continuer la lecture

Regard sur les paysages de Magali Martija Ochoa : carnets au pastel gras et peintures à l’huile

par Alain Cardenas-Castro, Christophe Comentale et HU Jiaxing

Plusieurs rencontres avec Magali Martija Ochoa ont permis une familiarité progressive aux œuvres de cette artiste éclectique. Un article à paraître dans la revue Art et Métiers du livre (éd. Faton), a été le déclencheur de ces entretiens. Pour la présente livraison, nous avons privilégié le thème du paysage au sein d’un florilège d’œuvres choisies en raison de leur intérêt intrinsèque et esthétique.

(ill. 13), extrait de À avec accent, double-page, 50 pages, 17 x 11,5 cm, pastel gras, huile et crayons sur papier, couverture en papier peint, dos cousu, 2018.

Continuer la lecture

La collection François Dautresme entre objets d’art populaire et design intuitif

par Ma Li Dautresme
Propos introductifs d’Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Depuis la création du Musée chinois du quotidien le 11 juillet 2017, les choses ont un peu évolué, mais pas de façon exagérée !
La vie d’un musée est faite de répétition(s), toutes dans une continuité : il y a ce que le public voit quand il entre visiter les lieux, il y a aussi tout le travail de préparation, de conservation, les mouvements des collections, des objets. Bref tout ce qui se fait, en interne, pour que, progressivement, au fil du temps, les choses avancent. Cet axe bien spécifique, le travail sur les collections, ne cesse de préciser le statut et la valeur spécifique des pièces.
En parallèle, il est normal que des publications étoffent, accompagnent cet ensemble de données.
C’est pourquoi nous avons demandé à Ma Li Dautresme, elle aussi à l’initiative de ce beau projet, de nous livrer le fruit de son observation sur les collections familiales. Elle a choisi un texte  qui a déjà quelques années : il s’agit de son mémoire La collection François Dautresme entre objets d’art populaire et design intuitif, texte rédigé en 2016 alors qu’elle fréquentait l’école Camondo (Paris).

Continuer la lecture

Maisons, divinités et personnages de bois

par Christophe Comentale
Il est maintenant bien connu et admis que le bois est le matériau le plus utilisé en Chine pour la conception des structures immobilières. On a retrouvé des poteaux de fondations de maisons sur différents sites néolithiques, notamment à Liangzhu (3300-2000 av. n. ère), site imposant situé dans le delta du fleuve Yangzi ou Fleuve Bleu.
Pour fermer, orner, protéger de tels lieux de vie, les artisans sont, au fil des dynasties,  sollicités et vont redoubler d’inventivité ou au contraire reproduire des thèmes littéraires ou des motifs propitiatoires connus de tous et compris au premier regard pour donner un certain cachet aux demeures.
Les artisans chinois n’ont jamais cessé de produire des bois sculptés, les provinces côtières du Jiangsu et d’une importante partie du sud du pays montrent l’intérêt pour ce matériau aux ressources multiples.
Les notes consignées ci-après permettent de voir les imbrications entre le quotidien, les récits et le plaisir de ces reliefs de qualités très variables. Une constante : l’utile doit être beau, agréable à vivre.

Continuer la lecture

Charles Ferdinand de Lambilly, dessinateur et archéologue des lieux de voyages

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

« J’ai toujours travaillé dans la solitude et d’après mes seules impressions » déclare Monet pour qui la création artistique est essentiellement celle de l’artiste au sein de son sujet.

Ces propos s’appliquent également à Charles Ferdinand de Lambilly, de quinze ans l’aîné de ce dessinateur et peintre amoureux des lieux incongrus et magiques.

De Lambilly naît le 26 mai 1825 à Neuilly au sein d’une famille française de souche noble, cinquième enfant d’une famille de treize, de Laurent de Lambilly, marquis, et de Mary Fifield, anglaise.

Continuer la lecture

A propos d’un jade tubulaire de l’ancienne collection François Dautresme

par Christophe Comentale, coordination éditoriale, Alain Cardenas-Castro.

Le musée chinois du quotidien (Lodève) a, parmi les fonds de l’ancienne collection François Dautresme, notamment un ensemble intéressant d’une trentaine de pièces de jades de toutes époques, pu retrouver une de ces pièces tubulaires. La pierre est d’un vert clair, ponctué de nombreuses taches blanches ou ocre-jaune.

La curiosité de François Dautresme a permis à ce voyageur, collectionneur, de réunir un ensemble de pièces de jade dont la typologie fera l’objet d’une étude particulière.

Cette pièce est l’occasion de faire un point sur cette curieuse forme.

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Pièce dite en sabot de cheval. Jade, L. max. 5,1 cm, diam. intr, de 4,1 à 4,3 cm, diam. extr de 5,1 à 5,5 cm (anc. coll. FD, MCDQ, Lodève)


Continuer la lecture

Les succès de la peinture de personnage : étude d’une série de portraits de Dong Baichuan

par Christophe Comentale

Dong Beichuan, Les 26 personnages, Musée chinois du quotidien, du 15 au 30 juin 2019, Ô marches du Palais, 2 bd Jean Jaurès, Lodève.

Depuis l’inauguration en 2018 du musée chinois du quotidien, et même depuis plusieurs années, le centre culturel Ô marches du Palais a mis l’accent sur l’importance des échanges culturels Est-Ouest. C’est dans ce même esprit qu’un créateur chinois, Dong Baichuan, exposera un florilège de 26 œuvres, des paysages et des personnages au premier niveau de l’établissement, réservé aux expositions temporaires.

Continuer la lecture

José Félix Cardenas-Castro, peintre, architecte et politique, entre exil et retour au Pérou (7)

par Alain Cardenas-Castro

[…] José Félix Cardenas Castro, appelé aussi le nouvel artiste, est quasiment un enfant, il n’a que dix-sept ans et n’a pas eu de professeur pour son art si ce n’est la Nature même, en la contemplant, il s’en est inspiré et en la reproduisant il a acquis un savoir-faire comme nous le montrent ses œuvres. […]

 Cet extrait de l’article intitulé « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », présente le dessinateur, peintre et architecte José Félix Cardenas-Castro (1899-1975), de manière élogieuse, comme un artiste émergeant à révéler au public. Cet article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917, met en avant le jeune autodidacte doué des talents certains de dessinateur et de peintre comme en témoignent les quatre œuvres reproduites en accompagnement de l’article. Une première peinture à l’huile, El Tocador de Quena (ill. 1) et trois dessins, Marena, India hiladora de los halrededores del Cuzco (ill. 2) ; Pasando un vado en el río Urubamba (ill. 3) ; El Correo (ill. 4).

Continuer la lecture