Les succès de la peinture de personnage : étude d’une série de portraits de Dong Baichuan

par Christophe Comentale

Dong Beichuan, Les 26 personnages, Musée chinois du quotidien, du 15 au 30 juin 2019, Ô marches du Palais, 2 bd Jean Jaurès, Lodève.

Depuis l’inauguration en 2018 du musée chinois du quotidien, et même depuis plusieurs années, le centre culturel Ô marches du Palais a mis l’accent sur l’importance des échanges culturels Est-Ouest. C’est dans ce même esprit qu’un créateur chinois, Dong Baichuan, exposera un florilège de 26 œuvres, des paysages et des personnages au premier niveau de l’établissement, réservé aux expositions temporaires.

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José Félix Cardenas-Castro, peintre, architecte et politique, entre exil et retour au Pérou (7)

par Alain Cardenas-Castro

[…] José Félix Cardenas Castro, appelé aussi le nouvel artiste, est quasiment un enfant, il n’a que dix-sept ans et n’a pas eu de professeur pour son art si ce n’est la Nature même, en la contemplant, il s’en est inspiré et en la reproduisant il a acquis un savoir-faire comme nous le montrent ses œuvres. […]

 Cet extrait de l’article intitulé « El Cuzco. Cuna de artistas, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – los hermanos Cardenas Castro », présente le dessinateur, peintre et architecte José Félix Cardenas-Castro (1899-1975), de manière élogieuse, comme un artiste émergeant à révéler au public. Cet article paru dans le n° 508 de la revue péruvienne Variedades, le 24 novembre 1917, met en avant le jeune autodidacte doué des talents certains de dessinateur et de peintre comme en témoignent les quatre œuvres reproduites en accompagnement de l’article. Une première peinture à l’huile, El Tocador de Quena (ill. 1) et trois dessins, Marena, India hiladora de los halrededores del Cuzco (ill. 2) ; Pasando un vado en el río Urubamba (ill. 3) ; El Correo (ill. 4).

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D’un thème récurrent, fascinant et honni, le faune

A propos de La détresse du faune, œuvre de Nicolas Lebel alias Lebelen

par Christophe Comentale

Pour sa réouverture en juillet 2018, le musée des arts et des sciences de Lodève, ancien Muséum devenu musée de Lodève, a tablé sur un thème a priori fédérateur, celui du faune dans l’art occidental classique et moderne.

Des faunes ?

Il y en a dans toutes les collections de France, de Navarre et d’outre-monts. L’équipe scientifique du musée a pu, outre un faune gigantesque dû au sculpteur Paul Dardé qui a, par ailleurs, les honneurs d’une partie du rez de chaussée, à l’aide de prêts des musées de France, obtenir des prêts de pièces antiques, médiévales, renaissantes et contemporaines. Belles pièces de l’école italienne, des Nabis, beaucoup de faunes dus à Picasso aussi.

Choix étincelant mais pour le moins incomplet. La visibilité était excellente…

Pendant ce temps, au même moment aux Marches du Palais, le musée chinois du quotidien ouvrait également. Le complément naturel du musée des arts et des sciences de Lodève…

La détresse du faune (2018), huile sur toile, 150 x 200 cm

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Portrait reconstitué. CHENG Fu-Lung, la tentation de l’Occident

par Christophe Comentale et Alain Cardenas-Castro

Comme de nombreux créateurs, notamment asiatiques, Chinois ou Taiwanais, après avoir effectué son service militaire obligatoire et une fois son diplôme de l’Académie nationale des arts en poche, section peinture, Cheng Fu-Lung [ZHENG Fulong郑富隆] grâce à l’aide de la famille décide de découvrir la France vers la fin des années 80..

Cheng Fu-Lung, La chambre (1985), Huile sur toile, 130 x 196 cm.

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Hou Junming, poésie du désir, thérapie de la repentance ?

Le colloque d’Arras, « Transferts culturels : de la poétique artistique »

文化转场:论艺术诗学

 Quelques éléments à propos de ma communication Hou Junming, poésie du désir, thérapie de la repentance ? ou du bon cheminement de la science de l’interprétation des signes, de leur valeur symbolique ou des rapports harmonieux texte-image au fil des œuvres de HOU Junming

par Christophe Comentale

Le colloque : « Transferts culturels : de la poétique artistique » 文化转场:论艺术诗学qui s’est tenu du 8 au 9 mars 2019 à l’institut Confucius d’Arras, co-organisé par l’Université d’Artois, l’Université normale supérieure de Pékin [法国阿尔多瓦大学与中国北京师范大学共同组办] a été sous la houlette de plusieurs enseignants aux profils tant d’historien de l’art que de plasticien : Jin Siyan, Centre de recherche Textes et Cultures, Institut Confucius de l’Artois, Université d’Artois, Chang Ming Peng, Université de Lille, IRHiS, Ye Xin, Université de Paris 8, ce qui a permis une importante pluridisciplinarité des contenus.

J’ai souhaité, en marge des sujets académiques plus classiques, mettre en avant les expérimentations d’un plasticien dont les filiations avec d’autres de ses confrères me semblent aussi originales que fortes.

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A propos de cartes de vœux uniques d’Alain Cardenas-Castro

par Christophe Comentale

Lors d’un séminaire relatif à l’expression des vœux à l’Est et à l’Ouest, séminaire qui s’est déroulé courant 2018 au Musée chinois du quotidien de Lodève, j’ai souhaité présenter quelques oeuvres collectionnées au fil du temps, un ensemble de quatre pièces, des cartes de vœux, réalisées par Alain Cardenas-Castro. Cette démarche fait, par ailleurs, suite à une publication sur le sujet.

Coutumier des œuvres fixes mais aussi mobiles, Alain Cardenas-Castro exécute en marge de son œuvre monumental des pièces qui sollicitent le jeu et l’exploitation d’un moment privilégié.

Alain Cardenas-Castro, Carte de voeux 2018, Acrylique, feutre, linogravure, fil de relieur sur pages d’édition xylographique, 18 x 13,5 cm pour chacune des quatre feuilles qui constituent cette œuvre.

Le support de l’œuvre, des feuilles prises à un cahier, provient d’un stock de papiers de rebut que Françoise Dautresme a mis à disposition de ce plasticien. Il s’agissait, à l’origine, d’une reliure à ficelle comme cela se voit aux huit piqures qui ont permis de passer le fil de reliure. Alain Cardenas-Castro a ignoré cet aspect des choses puisqu’il a, après avoir ôté la ficelle qui retenait l’ensemble des pages, à nouveau, relié au fil rouge ces quatre éléments pour créer cette forme dépliante et pliable, comme une affiche qui peut se transformer en livre. Repliée, l’affiche redevient une séquence de pages consultables et lisibles de façon plus coutumière comme pour toute consultation de livre.

Par ailleurs, la relative transparence du matériau permet cette présence du livre. Sur les plages rouges du document chinois, dont trois caractères indiquent qu’il s’agit d’une officine de médecine par les simples, le Jishengtang济生堂。Cette officine est fondée à la fin de la dynastie des Qing par un nommé Wang, médecin, herboriste.

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Notule de février

A propos d’une œuvre d’Anne Mandorla, Porte en Chine (2018)

par Christophe Comentale

« Homme craintif, tenant rentes et cens

Des Muses, crois, si jamais tu descends

Au val de peur, qui hors d’espoir te boute,

Mal t’en ira : pour ce à moi te consens

En déchassant crainte, souci et doute ».

(Clément Marot, Bon espoir, envoi de la ballade)

(ill. 1) Anne Mandorla, Porte en Chine (2018), Assemblage-collage de gravures sur cuivre et sur bois, 6,4 x 10,3 cm. (coll. particulière)

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Graver l’univers dans un pouce carré. Deux mots sur les cachets chinois

par Laurent Long

Le sceau reste indispensable pour tout acte officiel en Extrême-Orient : chèque, contrat… où il remplace notre signature. Mais, contrairement à nos tampons en caoutchouc purement utilitaires, le cachet est, en Chine, un élément à part entière de la culture savante.

Depuis les environs du Ve siècle av. J.C., le sceau authentifie et rend exécutoires les actes de l’Administration; il évoque la perfection des institutions et la gloire des généraux du passé.

Les lettrés, se devant de cultiver les arts par excellence que sont en Chine la calligraphie et la peinture, vont s’intéresser aux sceaux. Pourquoi? Parce qu’ils concilient deux de leurs passions : la belle écriture et les antiquités. Quoi, mieux que le sceau, gravé de caractères archaïques, pouvait réunir ces deux aspirations?

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Notule sur « Javelots », une œuvre sur panneau de Francis Coffinet

« Mon cheminement de plasticien vient faire écho au poème. Une poursuite du poème par le signe et par la forme ». Francis Coffinet, Propos épars, 2019. 

par Christophe Comentale et Frédéric Harranger

Francis Coffinet (1956, Bar-sur-Seine), est poète, plasticien et acteur français. « Le travail plastique est toujours pour [lui], en quelque sorte, une poursuite du poème par le signe et par la forme » …

Du modèle à la forme

Pour une fois, trop étreindre semble possible, surtout quand l’on sait l’omniprésence du corps entre vie et mort, corps toujours sublimé au fil d’une sensualité à dessein occultée, accidentelle. Ce créateur pluriel semble éternellement en recherche sur le regard d’autrui, sur la multiplicité des sources auxquelles il puise ses images. Art brut, pratiques rituelles et personnelles, matériaux divers autant que matières ponctuellement reprises, travaillées, magnifiées afin de devenir des icônes de l’intimité dont la lecture se fait psalmodie, monologue de pulsions d’une sensualité réfrénée, gommée parfois au fil de certaines poésies ou en focale sur d’autres.

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Un mural de Jorge Luis Chirinos Vásquez, « Passé, présent et futur de la Médecine » : propos sur la peinture murale cuzquénienne.

par Alain Cardenas-Castro et Jorge Luis Chirinos Vásquez

En descendant l’avenue de la Culture depuis l’Université San Antonio Abad, on peut longer le mur d’enceinte de l’Hôpital régional de Cusco et découvrir cette peinture monumentale intitulée Passé, présent et futur de la Médecine.

Ce mural a été réalisé pour commémorer les cinquante ans de cette institution en accueillant le visiteur qui pénètre dans ce bâtiment de forme pyramidale. Il vient s’ajouter aux nombreuses peintures urbaines comme celle de Juan Bravo Vizcarra ou régionales de Tadeo Escalante (voir les références bibliographiques) qui contribuent à la tradition des muralistes cuzqueno pour la diffusion et le partage de leur culture et de leur identité appartenant au monde andin.

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