D’une série de trois gravures de Nouvel an de Marion Tournebise

par Christophe Comentale

Dans ses écrits, notamment avec la vaste somme que constitue l’Introduction du christianisme en Chine, le père jésuite Matteo Ricci (1552 – 1610), premier sinologue et géopoliticien occidental, note durant ses années au service du monarque chinois Wanli (1563 – 1620), que le pays reste à la fois horrible et merveilleux, sachant rester mystérieux à qui ne sait s’y acclimater… Ces propos sont tout à fait conformes à ce que l’on ressent en fin d’année, voire au début de la nouvelle, si l’on suit le calendrier grégorien, face à un climat peu agréable.


Ci-dessus, de gauche à droite, 1 – Marion Tournebise préparant un sujet, mission du Hunan, déc. 2019 ; 2 – Marion Tournebise, sinisation parmi des motifs propitiatoires, Changsha, déc. 2019 ; 3 – Marion Tournebise au Hunan, avec et sans les collègues des Beaux-arts.


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A propos de Hi Five !, livre d’artiste de Béatrice Coron

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

En février 2020, une présentation de livres d’artistes est organisée en la bibliothèque de Fels sise au sein de l’Institut catholique de Paris. Parmi ces livres qui ne sont pas des livres, The impatient patient (2003) de la plasticienne Béatrice Coron. C’est l’occasion de présenter ici l’actualité de cette découpeuse éclectique avec un de ses derniers livres.

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José Félix Cárdenas Castro, pintor, arquitecto y político, entre el exilio y el regreso al Perú (7)

por Alain Cardenas-Castro

traducido del francés por Teshy Castro Gutiérrez

Foto de José Félix Cárdenas Castro acompañando el artículo publicado el 24 de noviembre de 1917 en el número 508 de la revista Variedades.

 

[…] José Félix Cárdenas Castro, también llamado el nuevo artista, es casi un niño, solo tiene diecisiete años y no ha tenido un maestro para su arte, excepto la naturaleza misma, al contemplarla, se inspiró y la  reprodujo adquiriendo una experiencia como mostramos en sus obras […]

Este extracto del artículo titulado « El Cuzco. Artistas Cuna, González Gamarra – Eguren Larrea – Mendizábal – Cárdenas Castro « , presenta al dibujante, pintor y arquitecto José Félix Cárdenas-Castro (1899-1975), de manera elogiosa, como artista emergente para revelar al público. Este artículo publicado en el número 508 de la revista peruana Variedades, el 24 de noviembre de 1917, destaca a los jóvenes talentos autodidactas, algunos dibujantes y pintores, como lo demuestran las cuatro obras reproducidas en apoyo del artículo. Una primera pintura al óleo, El Tocador de Quena (fig. 1) y tres dibujos, Marena, India hiladora de los alrededores del Cuzco (fig. 2); Pasando a vado en El Río Urubamba (fig. 3); El Correo (fig. 4).

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Pavan, Une humanité dévoilée

Lors d’une visite au Salon Art Montpellier, foire méditerranéenne des arts contemporains, qui s’est tenu du 8 au 11 novembre 2019, nous avons eu l’occasion de voir le travail d’un fresquiste et peintre, Patrick Pavan. Alyzée Duvic, historienne de l’art et agent de l’artiste, a eu l’amabilité de fournir la présentation ci-après sur ce parcours d’un fresquiste hors normes ! [ChC].

(Fig.1) Patrick Pavan sculptant une silhouette humaine dans un mur de béton chez un particulier.

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Marc Brunier-Mestas, graveur. Êtres hybrides et succubes : essai de typologie.

par Christophe Comentale

En marge

En marge d’un portrait à paraître en 2020 dans la revue bimestrielle Art et métiers du livre, et afin d’accompagner une journée de recherches au Musée chinois du quotidien sur les formes étranges et les êtres hybrides, quelques créations de Marc Brunier-Mestas liées à ce vaste thème sont présentées ci-après. Elles constituent le florilège d’une visite à son exposition qui a eu lieu en septembre 2019 au centre culturel du Creux de l’enfer de Thiers.


Ci-dessus, à gauche, salle d’exposition du Creux de l’enfer, à droite, dépendances.


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JUAN MANUEL CÁRDENAS CASTRO. Exposition monographique au Museo Histórico regional – Casa del Inka Garcilaso de la Vega, Cusco, Pérou (9)

Cette livraison constitue le neuvième article relatif à l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro. Je rappelle que les précédents contenus sont consultables sur le blog.

par Alain Cardenas-Castro

Ma dernière mission au Pérou s’est déroulée du 25 septembre au 18 octobre 2019. Elle a eu pour objectif de suivre et coordonner l‘exposition que j’ai conçue et réalisée sur le peintre Juan Manuel Cárdenas Castro. J’ai pu ainsi développer le projet d’itinérance régional de cet événement muséal.

Les vingt-huit peintures, gouaches et dessins qu’il m’a été permis de choisir dans les fonds de six collections privées ont parfaitement reflété l’œuvre de Juan Manuel Cardenas-Castro, représentant majeur et précurseur du courant pictural indigéniste au Pérou.

 

Cet événement Juan Manuel Cárdenas Castro fait partie du projet global de recherche et de revalorisation de l’œuvre du peintre cusquénien et également de la lignée familiale des peintres Cardenas à laquelle il appartient. Cette manifestation est le résultat d’un travail d’équipe qui s’est partagé entre la France et le Pérou. La manifestation a été largement relayée auprès du public par les organes de la presse locale durant mon séjour qui a duré trois semaines.

(ill. 1) L’exposition Juan Manuel Cárdenas Castro dans la salle d’exposition temporaire du musée historique régional de Cusco. © Pierre-Henry Cardenas-Castro

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Les manuels de peinture

par Christophe Comentale

Le statut de l’artiste chinois est et reste particulier au fil des dynasties. En tout premier lieu, la technique doit être maîtrisée à un degré tel que l’artiste doit s’être complètement libéré de toute contrainte gestuelle. Alors seulement, il sera en mesure de développer les thèmes qui lui tiennent à cœur. Ainsi, les apprentis-peintres ont-ils des modèles auxquels ils recourent pour s’entraîner à copier tous les thèmes possibles, il s’agit des manuels de peinture. On en trouve déjà trace dans les nombreux manuscrits découverts à Dunhuang, mais c’est avec la dynastie des Ming (1368-1644) que l’imprimerie a laissé des témoignages nombreux de ce type de manuel, ce qui est lié au développement particulièrement intense de l’image, connue par les éditions xylographiques qui en conservent la mémoire. C’est aussi sous les Ming que l’estampe en couleurs est à son apogée et produit des impressions polychromes particulièrement réussies et souvent copiées, permettant ainsi de véhiculer ces modèles innombrables. Un des documents particulièrement représentatifs de ce type d’édition est le « Studio des dix bambous » (shizhuzhai huapu).

Une typologie vaste de manuels didactiques

(ill.1) Le Corpus des antiquités en planches, « Bogutulu » [ 博古图录]

L’on se doit de mentionner d’autres manuels de peinture afin de montrer l’importance prise par ce type de documents et également la diversité de ces manuels, d’intérêt parfois inégal. Ainsi, parmi ces nombreux recueils, l’on peut distinguer le « Jiya huapu »[集雅画谱], « Shiyü huapu »诗余画谱[ ], « Huasou » [画薮 ], « Xuehu meipu » [雪湖梅谱], Chengshi zhupu [ 程氏竹谱], Chengshi mofan [程氏墨范], Baiyong tupu [ 白咏图谱], Baimei tupu [ 百美图谱], Suoyuan shipu [索园石谱 ],.. Ces volumes, à contenu didactique, se rapprochent parfois d’autres ouvrages encyclopédiques plus larges, couvrant davantage de domaines, tels le Corpus des antiquités en planches, « Bogutulu » [ 博古图录] (ill.1), sorte de sommaire illustré relatif aux pièces antiques, en particulier jades et bronzes, des notices précises accompagnent chaque planche xylographique, « Renjing yangqiu » [人镜阳秋], « Tiangongkaiwu » « Wujingzongyao [武经总要 ], Yangzhang tujie » [ 养正图解], « Guifan tushuo [闺范图说 ], Zhuangyuan tushuo [ 状元图考]. Quelques ouvrages, devenus, comme tous ceux cités, très rares en édition originale, ont fait l’objet de retirages successifs. Certains de ces ouvrages sont considérés comme particulièrement représentatifs du savoir et des centres d’intérêt des clercs.

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Livres chinois

Sélection de livres chinois tirés des collections de la bibliothèque de Fels.

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels, Exposition du 16 septembre au 16 octobre 2019.

Commissariat, Guillaume Boyer et Christophe Comentale.

Propos introductifs

Les fonds riches et divers de la bibliothèque de Fels contiennent des livres chinois d’époques et de formats différents. Ces ouvrages en chinois édités en Chine par des Chinois mais aussi par des Français lors du positionnement des hommes d’Église ou des savants occidentaux en Chine, montrent la diversité de l’histoire de l’imprimerie en Chine et aussi l’évolution des images traitées au fil des exemples choisis. Les étudiants en histoire de l’art de la filière Asie complèteront leurs cours par des exemples vus en situation, tout comme les étudiants de l’Institut catholique de Paris, conscients du poids de ce pays dans le monde actuel, feront preuve de curiosité en passant dans ce lieu convivial qu’est la bibliothèque.

Grands utilisateurs des technologies de ce siècle, les Chinois restent des collectionneurs de pièces patrimoniales dont les livres constituent le maillon essentiel du lettré, de l’homme cultivé et battant de la Chine contemporaine.

Outre les fonds anciens, les dons et acquisitions ne cessent d’enrichir le patrimoine de l’établissement. Plusieurs dizaines de livres sont récemment entrés dans les collections de la bibliothèque de Fels, il s’agit des fonds de livres donnés grâce à la générosité de Françoise Dautresme. Ces documents ont été acquis par son cousin François Dautresme, marchand, collectionneur et fondateur de la Compagnie française de l’Orient et de la Chine. Grâce à une immense curiosité, à un goût sûr, il a pu montrer que les Chinois aiment les beaux objets.

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A propos d’une photographie de Max T. Vargas et d’une chronique de Manuel Beltroy : recherches croisées pour préciser l’âge de Juan Manuel Cardenas-Castro (8)

par Alain Cardenas-Castro

Afin de lever l’ambiguïté quant à la date de naissance de Juan Manuel Cardenas-Castro pour laquelle il y a un doute concernant l‘année[1], j’ai entrepris d’analyser en détail la photographie la plus ancienne connue à ce jour dans le corpus des documents iconographiques de la famille Cárdenas (ill. 1) tout en tenant compte des informations provenant d’un article paru en 1964 dans un quotidien péruvien. En croisant ces nouvelles données avec celles antérieures, j’ai pu obtenir une date probable venant réduire les interrogations sur l’année de naissance de Juan Manuel.

(ill. 1) Maximiliano T. Vargas. Tirage argentique contrecollé sur carton brun, recto (s.d.), 11,5 x 18,5 cm, avec montage 13,5 x 20 cm (Col. A. Cardenas-C.)

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