Les Editions du Fenouil. Naissance d’une nouvelle collection, « Réceptions », des monographies entre Est et Ouest

par Christophe Comentale

 

Lieu de diversité textuelle et iconographique, creuset de sujets entre textes et image, les éditions du Fenouil ont fait leur apparition en 1985. Depuis plusieurs années, elles ont acquis une visibilité saisonnière ou plus vivace qui contribue de donner vie à des livres de types différents.

 

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« A wake-up call for our non-stop world » : paysages dystopiques de la Chine en 2015

par Sarah Wilson

L’admiration anglaise pour la Chine et la « fusion » de nos paysages est bien connue, elle se situe autour de la figure de William Chambers qui a conçu les jardins de Kew, avec sa célèbre pagode érigée en 1762. Il est également l’architecte de la Somerset House, l’ancien siège de notre Royal Academy et actuellement le Courtauld Institute (Université de Londres), qui abrite ma vie professionnelle depuis toujours. [1]

Pourtant la vision de la révolution industrielle britannique et de ses paysages sont au cœur de mon intervention : sujet-précurseur de la situation de la Chine en 2015. Le film de Zhaou Liang, Béhémoth, et la vidéo du duo allemand UBERMORGEN, Chinese Coin, Red Blood, (Monnaie chinoise, sang rouge) nous offrent des paysages chinois où le feu et le sang remplacent le « paradis » d’un jardin ou les nuages entassés d’une peinture sur soie.

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« PAYSAGE »

par Irène Faivre

Immobile, devant un paysage, l’invitation au voyage commence. Je me retrouve enveloppée et la quiétude s’empare de moi. Je m’abandonne à des pensées vagues et rêveuses. Dans ce calme, le silence m’enlace et devient un formidable miroir. Cette vision sous mes yeux, comme un réflecteur m’amène au plus profond de moi-même. Il m’entraîne et me livre les cicatrices de mon enfance. Au cœur de ce cahot intérieur se cachait le Joyau, ma Qualité, ma Lumière. Quoique ces cicatrices restent indélébiles, faisant toujours partie de ma personne (sans pour autant me dominer !), elles ne régissent plus ma vie et au fil du temps, elles sont même devenues une force.

Une force de création, une force pour traduire l’invisible.

Tout ceci a pris naissance au détour d’une rencontre déterminante, où j’ai pu accéder à la création, en l’occurrence ma rencontre avec une personne remarquable, Véra Székély qui fut pour moi comme un don du ciel et un immense bonheur.


Enracinement (2018), acrylique, 28,4 x 38,71 cm « Ce sous bois  avec ses parties ombragées est baigné de lumière. En le peignant, j’ai pu y vivre des passages sombres de ma vie et les voir se transformer en Lumière. »


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A propos d’une œuvre de Daniel Dezeuze « Du châssis primordial il ne reste que quatre baguettes. »

par Boris Millot[1]

Art Paris 2020 a été un cru favorable à la redécouverte d’artistes rares, déjà consacrés au fil d’un œuvre singulier. Tel fut le cas de cette composition de Daniel Dezeuze.

Daniel Dezeuze, Triangulation, 1975, 132 x 121 cm, Galerie D. Templon

Du châssis primordial il ne reste que quatre baguettes, trop fines pour en assurer la rigidité mais suffisamment solides pour en maintenir l’ossature. Une traverse décentrée, qui aurait perdu sa fonction initiale, vient en partager inégalement le champ et en souligner la transparente vacuité. De la toile attendue, il ne reste que deux étroites bandes tissées, chacune fixée de biais sur l’un des montants verticaux et posée sur la barre transversale. Ainsi l’artiste semble avoir tracé, dans ce qui se rapproche d’un carré, les fragments décalés de deux diagonales. L’absence de toile ne se fait, cependant, pas sentir, le mur, support absolu, étale sa surface et vient par sa blancheur s’y substituer, créant, par contrastes chromatiques, une composition faite d’obliques et d’orthogonalités. Les jeux de déconstruction, menés par le groupe des douze[2], à ses débuts, semblent avoir, ici, perdu un peu de leur virulence au profit d’une nouvelle esthétique. Certes les plans se superposent et se confondent, (dé)mêlant toujours supports et surfaces, mais les lignes structurelles émergent et s’imposent par leur évidence. De la même façon, la matérialité s’exprime et refuse toute abstraction radicale. Le bois et le tissu s’affirment par leur teinte et leur texture et, par leur nature, rendent incertain le dessin. Ces subtiles déformations donnent au motif une grande vivacité, à la façon d’une figure angulaire tracée à la pointe du pinceau et non plus à la règle…

Daniel Dezeuze suit, une fois encore, ses premiers principes, lorsqu’il se présentait comme le partisan du châssis. Ce sont toujours ces mêmes cadres de bois, réduits à leur expression minimale, pour ne pas oublier que derrière le tableau se cache toujours une autre réalité… En souhaitant inverser les rôles, le choix des baguettes offrait l’occasion de malmener ce châssis immuable et de lui donner une souplesse habituellement réservée au tissu ainsi les lignes flottantes se tordent et les surfaces dépourvues s’animent… Les genres peu à peu s’entremêlent dans une grande confusion. Les volumes du tableau se désarticulent et le bois devient dessin quand la sculpture devient toile… C’est dans ce désordre apparent que l’imaginaire trouve sa place et ouvre toutes les voies du possible… défiant les grands discours pour plus de ravissements.

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Être « paysagiste »

par Jean-Pierre Baudon, Paysagiste et Andréa Poiret, Géographe

La définition du terme « paysagiste » s’appuie sur celle de « paysage ». Selon le dictionnaire, le paysage est « une partie de pays que la vue présente à un observateur », l’observateur ne le voit pas, il le regarde (Perrier Bruslé, 2009-2010). Pour le philosophe A. Roger et le géographe A. Berque, le paysage ne devient paysage qu’à partir de sa perception par l’homme et de la relation culturelle qui se tisse entre les deux entités, c’est un « rapport » plutôt qu’un objet (Belchun, 2015). Le paysage se définit alors à la fois comme un phénomène et une représentation, se construisant d’une part, et s’interprétant de l’autre (Lenclud, 1995 ; Cusimano, 2002 ; Perrier Bruslé, 2009-2010). Le paysage peut être naturel, social et culturel sous-entendant aménagé, fabriqué et vécu (Lenclud, 1995). Le paysage est aussi le lien entre un lieu et notre identité, entre un lieu préexistant à notre perception, notre construction du paysage par son aménagement et/ou sa transformation mais également par notre regard subjectif et propre à chacun, suivant nos représentations des paysages et nos jugements de valeurs (Lenclud, 1995 ; Di Méo, 2002, 2004). Paysage et identité ont en commun qu’ils sont tous les deux subjectifs et propres à chaque individu, mais aussi en perpétuelle évolution. L’analyse des paysages et de ses représentations permet de saisir « l’état de santé de la nature et de la société » (Latiri-Otthoffer, 2018).

Aménagement paysager dans un centre de recherche agronomique de Montpellier – CIRAD (2012).© J-P Baudon.

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A propos du colloque et de l’exposition « De la Terre au Ciel », Musée chinois du quotidien, Lodève

Entre deux événements, entre deux années

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Conformément aux grands axes que se sont fixés les acteurs du bâtiment polyévénementiel des Marches du Palais lorsque l’idée a germé de fonder un Musée chinois du quotidien, des expositions, des séminaires et d’autres actions concertées permettent une mise en valeur des collections et également des rencontres croisées sur des pôles complémentaires à ceux initialement constitués qui sont enrichis progressivement de dons de pièces spécifiques acceptées avec la plus grande prudence.

Pour l’année 2020, en raison de la complexité des procédures, le nombre des événements a été considérablement limité. La présente manifestation, De la Terre au Ciel, permet de faire le point sur l’activité de créateurs très différents, mais, tous,  attirés par la diversité de la Nature, vaste sujet qui draine des techniques et des théories différenciées.

Les contributeurs présents à ce colloque viennent d’horizons différents, leurs interventions restent des approches complétées par des bibliographies succinctes.

Pour l’été – automne 2021, une exposition sur les caractères et l’imprimerie Est-Ouest est prévue. Elle présentera d’une part un florilège d’œuvres du musée et sera complétée par des pièces provenant de collections privées. Des ateliers animés en concertation avec les établissements scolaires de la ville seront un prolongement destiné à apporter des dimensions pédagogique et culturelle fortes.

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Une symphonie de couleurs : l’exposition Yang Ermin au musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam

par Marie Laureillard

Le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq de L’Isle-Adam propose une exposition intitulée Yang Ermin : la réapparition de la couleur du 19 septembre 2020 au 14 février 2021, accompagnée d’un catalogue publié aux éditions Faton (« coup de cœur » de la Librairie le Phénix). Présenté pour la quatrième fois en France, cet artiste chinois est l’un des tenants de la peinture « néo-lettrée » ou peinture au lavis, à laquelle il confère délibérément une riche polychromie. Il se situe ainsi dans la lignée de Lin Fengmian (1900-1991), Liu Haisu (1896-1994) et Wu Guanzhong (1919-2010), peintres qui tous étudièrent en France dans le courant du XXe siècle et opérèrent en leur temps une harmonieuse synthèse entre traditions picturales chinoise et européenne : la volonté de Yang Ermin d’exposer en France, symbole suprême d’art et de culture à ses yeux, pays de Monet, Bonnard ou Matisse, ne relève donc pas du hasard et l’inscrit directement dans cet héritage.

(ill. 1) L’Aube sur les monts Taihang (2012), lavis à l’encre sur papier Xuan, 113 x 80,5 cm, collection particulière.

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Œuvres magiques et polychromes d’Alain Cardenas-Castro. Papiers, livres d’artiste, sculptures et autres supports

Géographie éphémère, Galerie Younique, 65 rue Pascal 75013 Paris, du 13 septembre au 17 octobre 2020

compte-rendu par Marie-Paule Peronnet

(ill. 1) Géographie (2020), feutre, crayon graphite, linogravure, acrylique sur papier chinois, 78 x 70 cm. © Jean-Christophe Domenech.

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ŒUVRES magiques et médusées d’Alain Cardenas-Castro

ŒUVRES magiques et médusées

par Marie-Paule Peronnet et Christophe Comentale

Les liens Est-Ouest d’Alain Cardenas-Castro trouvent toute leur place dans la galerie Younique, attachée à la promotion d’artistes latino-américains. Et, younique aussi, cette fresque réalisée in situ pour l’événement !

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