ŒUVRES magiques et médusées d’Alain Cardenas-Castro

ŒUVRES magiques et médusées

par Marie-Paule Peronnet et Christophe Comentale

Les liens Est-Ouest d’Alain Cardenas-Castro trouvent toute leur place dans la galerie Younique, attachée à la promotion d’artistes latino-américains. Et, younique aussi, cette fresque réalisée in situ pour l’événement !

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Les [huit] territoires graphiques de Joël Leick

Un cycle complet fait 60 ans dans l’imaginaire de la pensée chinoise. C’est ce qui se profile pour ce créateur assez anticonformiste et tenant d’une approche complexe pour une création totale.

L’année 2020 lui a permis d’être à l’honneur à la Bibliothèque nationale du Luxembourg au fil d’un florilège exceptionnel d’œuvres marquantes qui racontent ses parcours.

Créateur fécond à l’univers complexe et protéiforme, Joël Leick est structuré d’une façon séduisante, effrayante, attirante autant que perturbante. Plusieurs territoires — en fait plus de huit — se partagent et marquent les bolges d’un univers où les actes qui y sont égrenés sentent le soufre, celui de la connaissance, du raffinement et du plaisir, trois ingrédients répandus au fil des œuvres qui jalonnent ces territoires. Comme je l’avais énuméré dans un article récent de la revue Art et métiers du livre (2020, 338), les œuvres se répartissent selon ces catégories aussi parfaites que fluctuantes, parfois en surimpressions éphémères : livre d’artiste (1), livre de dialogue (2), correspondance avec Michel Butor (3), hommage à Rimbaud (4), série Corps-paysage vécu (5), série Éléments du paysage (6), série Paesaggio (7), série Nature des choses (8). Quelques explications pour pénétrer ce monde d’une liberté polychrome et calligraphique.

(ill. 1) Joël Leick dans son atelier parisien. La préparation d’un tirage taille douce (2016) © Ch. Comentale

par Christophe Comentale

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Parution

Notre consœur, Sarah Wilson, professeur d’art moderne et contemporain au Courtauld Institute of art de Londres a eu la gentillesse de confier à notre attention cet article Mao, militancy and media: Daniel Dezeuze and China from scroll to (TV) screen, paru en ligne en novembre 2019 dans le recueil Art, Global Maoism and the Chinese Cultural Revolution.

Nos remerciements les plus vifs pour ce travail d’une sinophile expérimentée sur la Chine. Cette contribution nous renvoie à des analyses pertinentes sur le travail d’une avant-garde qui sait aller bien au-delà du réel comme au XVIIe siècle le jésuite Daniello Bartoli, dans le Della Cina (De la Chine) puis la vaste production d’écrits qui a suivi l’ouverture [toujours relative] du pays, notamment un Dalla Cina [Depuis la Chine] de la politicienne italienne Maria-Antonietta Macciocchi, visiteuse occasionnelle des communes populaires et autres lieux idoines pour que de nouveaux amis du pays puissent faire des rapports circonstanciés.

Ce travail nous fait remonter le temps. Notre consœur propose en effet en 2015, la candidature de Daniel Dezeuze, à la Triennale qui avait lieu au Musée provincial d’art de Guangdong à Canton. Rappelons que Daniel Dezeuze a été un des piliers du groupe Supports/Surfaces, actif durant les années 70 en France, il a permis à une bourgeoisie nantie et éclairée de soutenir le régime chinois alors reconnu par la France.

Bonne lecture à tous.

Un rappel : Sarah Wilson et Daniel Dezeuze sont invités au colloque sur le paysage qui se tiendra le 15 mai prochain au Musée chinois du quotidien de Lodève.

Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

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Anna Romanello — CLIO ART FAIR — New-York

Félicitations à notre consoeur Anna Romanello qui présentera ses œuvres à la Clio Art Fair prochainement.

La CLIO ART FAIR, The Anti-Fair for Indépendant Artists, du 5 au 8 mars 2020 à New York, NY.

Nos lecteurs habituels pourront retrouver une actualité du travail de l’artiste en se reportant à l’article Notule relative à deux œuvres d’Anna Romanello publié le 9 décembre 2018.

 

Les trois expositions de printemps de la fondation Custodia : un florilège de dessins italiens, la présence de deux graveurs contemporains.

par Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Dans un article publié en 2017 sur la diversité des pièces acquises par Frits Lugt au fil du temps, des fonds qui constituent le patrimoine de la fondation Custodia sise dans deux hôtels particuliers, les hôtels Turgot et Lévis-Mirepoix, Christophe Comentale a eu le plaisir de voir de plus près ce cadre recréé comme une peinture du Siècle d’Or et — c’est là une de ses originalités fortes — meublé, décoré de façon quotidienne, mais un quotidien destiné à des chercheurs, à des curieux, à des personnes intéressées, certes par les dessins flamands, néerlandais ou français, mais autant par l’art grec ou romain, les miniatures indiennes ou les porcelaines chinoises…

Lors de la réunion de presse durant laquelle Geer Luijten reçoit des correspondants de divers médias, tout en écoutant le maître des lieux faire le point sur les nouvelles acquisitions et également sur les expositions, nous avons le plaisir de laisser vaguer le regard sur les pièces qui confèrent son charme à ce vaste lieu de curiosités Est et Ouest.

Du 15 février au 10 mai 2020, Heures d’ouverture : tous les jours sauf le lundi, de 12h à 18h. Fondation Custodia / Collection Frits Lugt, 121 rue de Lille – 75007 Paris
Tél : +33 (0)1 47 05 75 19 coll.lugt@fondationcustodia.fr 

      

   


Ci-dessus, trois porcelaines chinoises, dites d’exportation, de type bleu et blanc (fin dyn. Ming, fin XVIe s.). Deux bols (cat. p. 38, inv. 6660 & p. 63-64, inv. 6967) et un plat (cat. p.26, inv. 7248) à motifs propitiatoires, au centre le caractère en graphie cursive de la longévité entouré de branches de bambou et de prunus. Sur le pourtour, deux trigrammes symbolisant  l’eau et du feu (yin et yang), des motifs de chauves-souris, de nuages et de grues.


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NATURE — ELEMENT

Exposition d’un ensemble de trente oeuvres sur papier et sur toile et de quelques sculptures de Didier Scuderoni.

par Alain Cardenas-Castro


Ci-dessus, vue générale et affiche de l’exposition


Après une formation multiple qui le rend familier à toutes les matières, Didier Scuderoni, peintre en lettre, ébéniste, céramiste, effectue en parallèle, depuis plusieurs décennies, avec la plus intense curiosité, un voyage au pays des images, les siennes, celles qu’il voit, au fil de ses voyages en Afrique, beaucoup en Asie, notamment la Chine et Taïwan, où il réalise depuis une dizaine d’années des expositions de ses lavis, acryliques et sculptures en différentes matières, bois, résine, béton… Parallèlement à cette activité, l’artiste peintre, plasticien, aussi scénographe, enseignant et directeur des expositions au musée chinois du quotidien y est  à nouveau accueilli pour présenter des œuvres anciennes et une importante série sur des éléments bien particuliers de la nature, les animaux.

Gibbon (2018), acrylique sur papier, 70 x 50 cm

Que l’on ne s’y trompe pas, et le face-à-face avec les œuvres est radical, en dépit d’un savoir-faire technique qui incite au calme de la contemplation, on retrouve presque instantanément une inquiétude dans ces descriptions de mondes végétaux où la paix de l’environnement, le silence qui doit en émaner, n’empêchent nullement de subodorer des tensions, des drames qui atteignent les insectes, insectivores et autres petits êtres peuplant ces environnements quasi imperceptibles et menacés. Cela renvoie par exemple à des nouvelles de l’écrivain italien Dino Buzzati, publiées en français dans un recueil de nouvelles, « Le K », voilà plusieurs décennies. Elles ont, à l’égal de ces oeuvres, elles aussi conservé tout un poids dramatique et une intensité intrinsèque.

Les oeuvres sur toile, notamment avec la présence de ce primate apparemment débonnaire, ne sont pas faites pour apaiser les âmes sensibles. « Afin de bien mettre en perspective le drame qui se joue dans les contrées d’Afrique » rappelle Didier Scuderoni, « j’ai mis en scène ce singe dont des milliers de ses congénères finissent brûlés en même tant que les terres déforestées ». L’animal est ici comme en sursis, celui qui mène à sa disparition et à celle de ses semblables. Dans cette même veine d’interrogation sur la société, « De l’autre rive » est une huile qui prend une vision du monde sur la relativité des positionnements humains.
Avec « Comportements », ces trois lézards sont devenus des sortes de volutes qui, insaisissables, en éternel déplacement, rappellent le côté changeant et éphémère des choses et tout aussi instable du monde.
Comme l’a souligné dans sa présentation lors de l’inauguration Jean-Christophe Mironneau, le directeur général de ce musée pas comme les autres, cette manifestation permet de continuer de présenter des créateurs hors du commun et des sentiers battus.
Cette ville de Lodève au patrimoine immobilier superbe, aux établissements muséaux originaux : le « musée de Lodève », ancien Muséum, de ce fait doté d’importantes collections, devenu musée de sciences naturelles et possédant des collections dédiées au sculpteur Paul Dardé, un Centre national de la tapisserie,…
Le musée chinois du quotidien s’est doté d’un conseil scientifique et d’un site, le blog science et art contemporain, destiné à toutes les publications scientifiques et pédagogiques qui paraissent mensuellement depuis plus de trois ans. Une partie de ces publications est orientée Chine, en complément des collections chinoises exposées, certes, mais, en raison de la pluridisciplinarité des chercheurs, elles prennent  aussi en compte d’autres régions du monde : l’Amérique du Sud, l’Europe, de même que des sections chronologiques autres.

Herbes folles

Des séminaires et colloques centrés sur les points qui tiennent à cœur à ces curieux de tout permettent  de faire le point sur la diversité de l’art moderne et surtout contemporain absents dans les institutions de la ville.
Sans trahir de secret autre, une commission est en train d’étudier la place de ce musée autre au sein de la région afin de lui donner sa vraie place pour la création rétrospective et courante dans le vaste domaine de l’histoire de l’art.

A suivre !
Tout comme les prochaines oeuvres de Didier Scuderoni dont un livre d’artiste est exposé en ce même mois à Paris à la bibliothèque de Fels.

NATURE — ELEMENT : Exposition du 4 au 29 février 2020, Ô Marches du Palais, 2 bd Jean Jaurès 34700 Lodève. Du mardi au dimanche de 10 à 13 h et de 16 à 20 h

Le livre d’artiste, un livre qui n’est pas un livre

Institut catholique de Paris, Bibliothèque de Fels,

Le livre d’artiste, un livre qui n’est pas un livre. Du 5 au 28 février 2020, du lundi au vendredi, de 9h à 19h.

Commissariat de Guillaume Boyer, Alain Cardenas-Castro et Christophe Comentale

Quelques mots avant de tourner autour des vitrines

Comme le rappelle l’un des commissaires, Christophe Comentale, « Depuis que j’ai le plaisir d’expliquer le raffinement, la diversité des sources et des images dans l’Asie sinisée aux étudiants du département d’histoire de l’art de l’institut catholique de Paris ou bien lors de conférences et manifestations diverses, ici ou là [plutôt en Chine], je m’aperçois, dès que je veux comparer ce qui peut l’être, que les regards sont un peu perdus. En ces temps de surinformation disparate, regarder les sites, les bases et les banques d’images, cela est, certes, bien, mais encore faut-il se rappeler ce que l’on a vu, comprendre ces images parfois presque surréelles tellement les outils informatiques les ont trafiquées, amenées à un statut complètement impossible. Lorsque les étudiants pénètrent dans des créneaux chronologiques plus anciens, ils semblent perdre pied et, s’ils ont devant les yeux simultanément une gravure sur bois occidentale du XVe siècle ou une divinité tutélaire chinoise, alors les choses se compliquent. Il en va de même quand on leur présente une œuvre de jeunesse de Zao Wuki [Zhao Wuji] et un estampage de la dynastie des Han ! Ils sont très sérieux, trop sérieux, parfois ! L’historien de l’art, tel un détective, doit autant aimer les images que les gens, savoir vivre avec, même si ces œuvres sont parfois discrètes, reléguées, hors du temps, oubliées »…

C’est pourquoi cet ensemble d’oeuvres qui constituent notre choix de livres de création – à notre avis improprement appelés d’artistes, tout comme art book est insuffisant en anglais ou tout autant chuangzuo shu 创作书 [livre de création] voire shougongshu 手工书 [livre artisanal] en chinois – doit leur permettre de regarder avec une simplicité toute franciscaine des livres a priori disparates, en tout cas hors des normes du livre instituées par le milieu de l’édition. Il s’agit de livres nés des envies, des désirs d’auteurs divers et variés, des auteurs qui aiment jouer avec les mots, avec les matériaux et autant avec les formes…

       

Bref, cette quinzaine de livres risque d’en désorienter certains, mais, comme beaucoup veulent se colleter à l’art moderne et contemporain international, ce petit parcours pourra être, pour certains, un bon début.


Ci-dessus, (ill. 8), livre n°1 – Marc Brunier-Mestas, Sales bêtes ; (ill. 2 et 3), livre n°6 – Béatrice Coron, The impatient patient ; (ill. 4), livre n°7 – Dominique Digeon, Dites, qu’avez-vous vu ?


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A propos d’un lavis de Zhou Qixiang, Jouer avec les grues.

par Christophe Comentale

Durant l’inauguration de son exposition « La vie poétique de Zhou Qixiang, peintures et sculptures », qui a lieu à Paris en la mairie du 13e arrondissement, du 20 janvier au 1er février 2020, outre les discours du maire du 13e arr. et de Tan Buon Huong, député et conseiller de Paris, le public a eu le plaisir d’assister à la création d’une oeuvre au lavis, Jouer avec les grues par le peintre Zhou Qixiang.

Jouer avec les grues戏鹤 (2020), lavis d’encre et de pigment, 70 x 36 cm. Signé et daté en colonnes, cachet cinabre.

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胡安·马努埃尔·卡德纳斯·卡斯特罗 描绘原住民生活的画家 / Juan Manuel Cárdenas Castro, peintre indigéniste.

Il est parfois opportun d’informer nos lecteurs, étudiants, chercheurs et historiens de l’art, des projets muséographiques présentés de temps à autre ailleurs et des documents spécifiques permettant leur promotion et leur diffusion.

À ce propos, l’événement biculturel Juan Manuel Cárdenas Castro a commencé au Pérou en octobre 2019 et il se poursuit actuellement par une série d’expositions itinérantes. Il se terminera en France en 2021. Le dossier de presse réalisé à l’occasion de cette première exposition à Cusco a été traduit en espagnol.

Afin que ce document soit accessible à un public plus large, nous avons choisi de le traduire en chinois (voir ci-après). Pour rappel, l’annonce de cette première exposition de Juan Manuel Cárdenas Castro au musée historique régional de Cusco a été publié le 19 septembre 2019 sous le titre Juan Manuel Cárdenas Castro, peintre indigéniste.

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